Antiquité – Avenir

Créé par le 05 sept 2017 | Dans : Articles de fond, Blog du Che

Contribution de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, Livre à paraître.


Happés par le « court termisme » et affolés par l’instantanéité, notre civilisation disparaitrait sans le ressourcement dans la longue durée, c’est-à-dire dans l’Antique, ce passé principiel. Comment notre civilisation pourrait-elle encore nourrir un projet et l’envie d’un bel avenir, si elle laissait se tarir ses sources les plus profondes ? On définit souvent la civilisation occidentale comme « judéochrétienne ». Et certes on connaît peu de civilisations qui n’aient été, ou ne soient soutenues, par une religion, chrétienne, islamique, hindouiste, bouddhiste, etc. S’il n’est nullement dans mon propos de vouloir diminuer ce que la civilisation occidentale doit à l’Ancien et au Nouveau Testaments, j’observerai cependant que la deuxième religion de France, l’Islam, si elle n’ignore ni Moïse ni Jésus, vise cependant à « clore le cycle des prophéties ». Ce n’est pas une modeste ambition. Nous nous en accommoderons, dans notre société sécularisée et d’abord par la compréhension de ce que le Christianisme et l’Islam se sont développés, depuis quinze siècles, dans une si profonde interaction que ce dernier, lui aussi, fait désormais partie de notre identité moderne. Il est encore plus décisif que les musulmans déclarent s’accommoder de la laïcité et ainsi admettre le principe de l’autonomie du jugement individuel, contribuant à une lecture ouverte de leurs textes sacrés et à l’émergence d’un Islam de progrès. L’identité républicaine de la France puise à d’autres sources que la source vetero ou néotestamentaire. Faut-il rappeler à nos concitoyens que les sources de notre civilisation ne sont pas seulement à Jérusalem mais aussi à Athènes et à Rome ? C’est la mission de l’Ecole républicaine de transmettre cet héritage.

 

 

Ce sont les Grecs, et particulièrement Athènes, qui inventèrent une civilisation qui tend naturellement à l’Universel. Ils nous ont légué le culte de la Cité, au sein de laquelle chaque citoyen se doit de contribuer au Bien public. Bref, ils ont inventé la politique, la démocratie et aussi, il faut bien l’avouer, son corolaire inévitable : la démagogie. Encore cette dérive n’a pas eu que des aspects négatifs : l’apport des sophistes ne fut pas seulement d’apprendre comment on pouvait flatter le peuple. Ils affinèrent la langue et, à travers elle la pensée, tel Prodicos, qu’évoque Jacqueline de Romilly, qui donna à chaque mot son sens précis. Les sophistes contribuèrent ainsi à « serrer », si je puis dire, le raisonnement, la démocratie et le « logos » cheminant de pair. La Grèce nous a donc ainsi légué l’art de raisonner afin que, non seulement chaque citoyen puisse conformer, si possible, son action aux commandements de la Raison, mais surtout afin que le souci du Bien public s’impose dans la conduite des affaires de la Cité. La Grèce est aussi la mère de la philosophie, dont je rappelle que la IIIème République avait fait la discipline-reine de nos classes de terminale en lycée, à l’époque, décrite par Claude Nicolet, où la République française se voulait la résurrection de la « République athénienne ».

Ces deux concepts associés de démocratie et de raison, ou si l’on préfère de philosophie, auraient pu périr avec la liberté des cités grecques et le triomphe de l’Empire, celui d’Alexandre le Grand d’abord, mais surtout l’Empire romain, dans lequel la Grèce tout entière bascula, après qu’à Pydna (168 avant JC) les armées de Paul Emile eurent défait celles de Persée, dernier roi de Macédoine. Il n’en fût rien. Après moins de deux mille ans, l’idée de liberté a refleuri avec les cités italiennes de la Renaissance, la Florence des Médicis et de Machiavel et, au siècle des Lumières, avec les Républiques américaine et française, inspirées de Locke et de Rousseau. L’idéal de l’autogouvernement avait survécu. Et qui ne voit que par nos temps d’incertaine « globalisation », l’avenir lui appartient encore ? Plus grande est l’incertitude en dehors et plus puissante, au dedans, la volonté de reprendre barre sur son destin. Lire la suite sur le site de J.P Chevènement

Dans Libé, l’ entretien d’Alexis Corbière : «Le nom d’ »insoumis » s’est imposé dans le vocabulaire politique» Par Rachid Laïreche

Créé par le 25 août 2017 | Dans : Non classé

  • Alexis Corbière : «Le nom d’ »insoumis » s’est imposé dans le vocabulaire politique» dans Libération du 24/08/2017 Rachid Laïreche

La France insoumise se réunit à partir de ce jeudi à Marseille, terre d’élection de Jean-Luc Mélenchon. A cette occasion, «Libé» a interrogé le député de Seine-Saint-Denis, figure centrale du mouvement.

L’heure de la rentrée a sonné pour La France insoumise, réunie à partir de ce jeudi et pendant quatre jours à Marseille, terre d’élection de Jean-Luc Mélenchon. A cette occasion, Libération a interrogé le député de Seine-Saint-Denis, figure centrale du mouvement. Outre l’avenir des insoumis, il revient sur le «grand succès» de la campagne «de l’aveu même de nos adversaires», sur les premiers mois du «social killer» Macron aux «sourires permanents» et sur les polémiques à propos du Venezuela ou de Neymar.

C’est la fin des vacances, un nouveau cycle s’ouvre. Mais d’abord, retour en arrière : quel est le bilan de La France insoumise depuis sa création en février 2016 ?

La France insoumise rassemble désormais plus de 500 000 personnes autour de sa plateforme numérique. Force ouverte, populaire, rassembleuse, écologique, sociale et pour une VIe République, elle est tournée vers l’action concrète. Elle s’est constituée initialement en soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle, avec un score de presque 20% à l’arrivée, c’est-à-dire dans le même étiage qu’Emmanuel Macron. La campagne, de l’aveu même de nos adversaires même les plus hostiles, fut un grand succès, mêlant intelligence et inventivité.

Cette dynamique ne s’est pas arrêtée au soir du premier tour. A l’occasion des élections législatives, les candidats de La France insoumise ont été présents dans la quasi-totalité des circonscriptions, et ils ont accédé au second tour dans près d’une centaine d’entre elles. Au final, nous avons fait entrer à l’Assemblée nationale un groupe parlementaire original qui a fait entendre une voix forte et une alternative sérieuse. Enfin, le nom d’«insoumis», devenu très populaire, s’est imposé dans le vocabulaire politique en tant que nouvelle sensibilité politique.

Bien sûr, à cette heure, nous aurions souhaité gouverner le pays pour répondre aux immenses défis qui sont devant lui. Mais ces deux campagnes ont permis de faire naître un large mouvement populaire qui dirigera un jour ce pays. Lire la suite »

Un premier ministre bien embarrassé sur des questions de politique sociale!

Créé par le 25 août 2017 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin

« Je ne suis pas un surhomme » : Edouart Philippe sèche face à Jean jacques Bourdin sur RMC/BFMV titre Arthur Berdah dans son papier du Figaro. La vidéo disponible sur le scan politique du journal en ligne montre en effet un chef du gouvernement dans un total embarras quand il est « soumis à la question » par Jean-Jacques Bourdin. 

Ce dernier trimballe notre locataire de Matignon avec ses interrogations pourtant basiques : questionné sur la baisse des cotisations sur les pensions d’invalidité, Philippe répond sur un ton crispé : «Alors pour les pensions d’invalidité, s’agissant des pensions, je vous ai dit que… euh… donc des pensions… les pensions d’invalidité, pardon, je pensais aux pensions de retraite pendant que vous me posiez la question. Euh… Si vous m’autorisez à vérifier ça pendant la pause, je vous répondrai après la pause», avouant «bien humblement» que certains chiffres pouvaient «parfois» lui «échapper».

.Quant à la question sur la date à laquelle les pensions de retraite seraient revalorisées,  elle laisse un premier ministre s’enliser avant une mauvaise esquive. «Euh… Il y aura… Un processus de revalorisation… euh… des pensions de retraites, comme c’est le cas… Euh… Je ne sais pas si ce sera le 1er octobre ou le 1er janvier, là aussi je vais revenir exactement vers vous», Avant que son interlocuteur ne lui souffle la réponse d’un ton quelque peu méprisant : «Théoriquement c’est le 1er octobre». «Ben ça sera le 1er octobre», approuve alors le chef de l’exécutif à la façon d’un potage trimballé par un jury de concours!

Après l’intermède, le chef d’orchestre de la politique gouvernementale a pu vérifier quelques éléments majeurs et revient plus assuré. «Tout à l’heure vous m’avez posé deux questions précises, elles étaient parfaitement légitimes, il se trouve que je n’ai pas toujours (tout) en tête (…) mais quand je ne sais pas je vérifie», s’est-il félicité – interrompu par un mot de bon sens du journaliste, « remarquez, il vaut mieux! » – avant de poursuivre : «Les pensions de retraite augmenteront le 1er octobre à hauteur de l’inflation, donc il n’y a pas de sujet là-dessus», ajoutant ensuite que la question des pensions d’invalidité «n’est pas encore tranchée (mais) est encore en discussion».

Quelques minutes plus tard, le locataire de Matignon se fait à nouveau coincer par Bourdin. Après l’annonce de l’augmentation de l’allocation adulte handicapé promise pour 2018, « conformément aux engagements qui ont été pris», le premier ministre  affirme que «le minimum vieillesse augmentera également (…)». Il n’a en revanche pas su dire quand. «À partir de… Ah… Bon… Allez, encore une fois vous me laissez vérifier pour ne pas vous dire d’inexactitude», a-t-il balbutié.

Pour sa défense Edouart Philippe  qui accuse le coup réplique avec un accent se voulant stoïque : «Je n’ai aucune feuille devant moi, je n’ai pas tous les chiffres en tête, je ne suis pas un surhomme. Moi je suis un gars sérieux, j’essaie de faire les choses sérieusement. Quand je sais, je dis. Quand je ne sais pas, je vérifie».

Le journaliste du Figaro, Arthur Berdah, conclue son papier autour des réactions du député-maire PS d’Alfortville (Val-de-Marne), Luc Carvounas, sur BFMTV. Ce dernier fait part de son étonnement d’avoir «entendu le premier ministre de la 5e puissance du monde qui est incapable de répondre précisément à des questions qui sont attendues à quelques jours de la rentrée». «On l’interroge sur le chiffre du chômage aujourd’hui, il nous dit “je ne le sais pas”. On l’interroge sur l’impact de la CSG sur la pension d’invalidité, il dit “après la pause, je ne sais pas”. On l’interroge sur la date de revalorisation des retraites, il dit “après la pause, je ne sais pas”. Et puis après la pause, on l’entend sur les pensions d’invalidité nous dire “ce n’est pas tranché”. Mais attendez, il est premier ministre! Il ne sais pas dire face aux Français pour la rentrée politique si celles et ceux qui touchent une pension d’invalidité seront touchés par la CSG! ».

Chacun entend l’argument défensif du Premier ministre : « Je n’ai pas toujours tout en tête ». On peut néanmoins exiger de l’exécutif des réponses concrètes – et donc mieux préparées – sur ces sujets élémentaires qui constituent autant de questions que se posent légitimement des millions de compatriotes face à l’évolution de leur pouvoir d’achat (1)

Xavier DUMOULIN

(1) pour un éclairage plus précis sur quelques décisions gouvernementales

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2017/08/24/25001-20170824ARTFIG00088-je-ne-suis-pas-un-surhomme-edouard-philippe-seche-face-a-jean-jacques-bourdin.php

Actes du colloque de la Fondation Res Publica: « Où va la Turquie? »

Créé par le 24 août 2017 | Dans : Non classé

Les actes du colloque du 29 mai 2017 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.

 Voir les actes du colloque « Où va la Turquie? » en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.

Le ministre de l’Intérieur s’interroge sur le mécanisme comportemental de mimétisme dans la multiplication des assassinats avec un véhicule

Créé par le 23 août 2017 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

« A peu près un tiers » des personnes signalées pour radicalisation « présentent des troubles psychologiques », selon la déclaration du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, sur RMC/BFMTV. D’où cette perspective d’impliquer le monde médical dans le dépistage des menaces terroristes. Les sources ministérielles sont extraites du FSPRT (fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation)  soit environ 17.400 personnes recensées dans le FSPRT, créé en 2015, selon un rapport sénatorial publié au printemps.

Faisant suite aux crimes de Seine et Marne du 14 août dernier – un homme fonçant sur une pizzéria avec son véhicule, tuant une adolescente et blessant douze personnes – et à celui du 21 août – du fait d’un chauffeur de camionnette, présentant, semble-t-il, des troubles psychiatriques et un passé délinquant -  causant la mort d’une personne et en blessant une seconde, le ministre entend mobiliser la psychiatrie « pour identifier les profils qui peuvent passer à l’acte ». « Il est clair que le secret médical c’est quelque chose de sacré mais en même temps, il faut trouver le moyen qu’un certain nombre d’individus, qui effectivement souffrent de troubles graves, ne puissent pas commettre des attentats » déclarait mardi matin Gérard Collomb car si « ce n’est pas du terrorisme (…) on a de l’imitation ».  « Un certain nombre d’esprits faibles peuvent se laisser entraîner à des actes de mimétisme ». « C’est ça qui est grave, c’est qu’un certain nombre d’esprits faibles qui voient ce qui s’est passé à Barcelone, qui voient ce qui s’est passé contre le dispositif Sentinelle, se disent ‘on va passer à l’acte comme ça’ », a-t-il ajouté. « C’est ce contre quoi il faut se prémunir, ce contre quoi nous voulons travailler avec ma collègue la ministre de la Santé mais également avec l’ordre des médecins, les psychiatres (…) Nous ne voulons pas faire cela dans notre coin », mais « trouver le juste équilibre », a-t-il conclu.

Ces propos rapportés par la rédaction d’Europe1.fr avec AFP poussent à la réflexion quant à leurs conclusions. Ces dernières présentent sans doute une part de vérité mais risquent d’hypothéquer la relation de confiance entre le malade et son thérapeute. On aura tôt fait, dans le grand public, d’assimiler  dangerosité et malades psychiatriques quand bien même ces derniers sont statistiquement plus souvent victimes qu’auteurs de violences. Cette tentation de focaliser sur la maladie psychiatrique est d’autant plus forte qu’une partie non négligeable des personnes détenues serait atteinte de troubles du comportement. Ce qui pose d’abord la question de l’accompagnement médical et psychologique des personnes présentant des troubles mentaux dans notre pays.
Entre une approche qui a toutes les apparences du pragmatisme, ciblant les personnes dépistée comme dangereuses, en situation pathologique, et le cloisonnement des thérapeutes dans leur art au nom de la déontologie médicale et professionnelle, comment trancher ce conflit d’intérêt?
L’assimilation d’un potentiel de dangerosité terroriste avec le risque de passage à l’acte par mimétisme, chez des personnes au profil psychologique fragilisé par une pathologie mentale, présente des limites évidentes au regard des symptômes et manifestations des troubles en question. Le combat contre la stigmatisation de la pathologie mentale constitue aujourd’hui un grand défi qui ne doit pas s’effacer derrière l’émotion suscitée par le déferlement d’attentats terroristes. Ceux-ci frappent partout dans le monde au nom d’un islamisme radical dégénéré qui fait naître des « fous de dieu » par milliers!
Xavier DUMOULIN
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