« Les sondages ne sont pas mon problème. Mon souci est de toucher l’intelligence des Français et des candidats »

Posté par le 29 jan 2012 | Dans : Battre campagne, Blog du Che, Le Che

Jean-Pierre Chevènement était l’invité de Zemmour & Naulleau sur Paris Première, vendredi 27 janvier 2012.

 

  • A propos de la défaite de Lionel Jospin en 2002: Un candidat est toujours responsable de son programme, surtout quand il n’en a pas ou peu.
  • En politique, il ne faut jamais régler des comptes. Il y a beaucoup de violence et il faut savoir encaisser. Il faut rester calme et toujours se référer à des valeurs supérieures, à une certaine idée de l’intérêt public. C’est comme ça que j’ai été candidat en 2002 : pour défende des idées.
  • Je peux défendre encore aujourd’hui les thèmes qui étaient ceux de ma campagne. Pour le reste…
  • Les sondages ne sont pas mon problème. Mon souci est de toucher l’intelligence des Français et des candidats.
  • Je ne suis pas du tout hostile à Jean-Luc Mélenchon. Néanmoins, je ne pense pas qu’il situe sa candidature dans la même perspective que la mienne.
  • Le génocide arménien n’est pas contestable mais, pour moi, c’est l’intérêt de la République qui compte. Toute loi qui pénalise dans un domaine qui est celui de la liberté d’expression me déplaît. Cette loi est une manœuvre électoraliste.
  • Les lois mémorielles ne sont pas une bonne idée. Dans la République, on se bat avec des arguments. Quand ils sont bons, ils finissent par triompher. 
  • A propos de ses démissions : J’aurais pu démissionner beaucoup plus souvent. Je me suis borné à démissionner dans 3 circonstances importantes : le tournant libéral, la guerre du Golfe, la Corse.
  • François Hollande, rendons lui au moins ce mérite, a dit qu’il réviserait le traité européen prévu par N.Sarkozy et A.Merkel et qu’il y ajouterait des moteurs de croissance.
  • J’écoute ce que dit François Hollande. Je sais qu’entre les mots il y a des vides dans lesquels peuvent se glisser bien des ambiguïtés.
  • En politique on ne peut pas échapper à la dimension du pari. J’ai pensé influencer François Mitterrand, je l’ai d’ailleurs fait pendant 10 ans. J’ai voulu influencer Lionel Jospin et Segolène Royal. Je pourrais vouloir influencer François Hollande, mais je ne sais pas si je le peux. Si je le peux, ce serait mon devoir.
  • A propos du maintien de sa candidature : C’est un tableau d’ensemble qu’il faut regarder. Pour l’instant, je n’ai pas arrêté mon jugement. J’observe. Je suis le candidat pédagogue, le conseiller pédagogique à la fois de la gauche et de la France.
 

[Le fil de la campagne n°11] Ce que signifie faire bouger les lignes

Posté par le 28 jan 2012 | Dans : Non classé

Avec sa candidature, Jean-Pierre Chevènement ambitionne de faire entendre ses quatre grandes orientations d’intérêt vital pour la France. Des idées qui commencent à « faire bouger les lignes ».

« Je suis candidat pour faire bouger les lignes »: Jean-Pierre Chevènement l’a encore rappelé, notamment sur le plateau de la Matinale de Canal Plus. Et cette stratégie a déjà commencé à porter ses fruits. « Je peux considérer que j’ai, en effet, exercé une certaine influence dans la mesure où on a vu, tour à tour, Nicolas Sarkozy et François Hollande dire qu’il fallait brancher le FESF sur la BCE », a-t-il souligné sur France Bleu.

Avec sa candidature, Jean-Pierre Chevènement veut « toucher l’intelligence des Français et aussi celle des candidats », comme il l’a expliqué dans l’émission Zemmour & Nauleau, « pour qu’ils mettent en œuvre, par exemple, une autre stratégie européenne ». Une candidature pédagogique, pour faire entrer dans les esprits les quatre grandes orientations d’intérêt vital pour la France.

 

1/ Une monnaie moins chère que l’euro actuel surévalué de 25 %.Une monnaie moins chère pour permettre la réindustrialisation. Notre base industrielle a rétréci de moitié depuis trente ans. Or, sans base productive solide, pas de protection sociale efficace ! Voilà trente ans que Jean-Pierre Chevènement le répète : une industrie moderne c’est la condition de tout le reste : exportations, recherche, emploi, y compris dans les services, avenir de la jeunesse.2/ Il faut organiser une Europe de la croissance, avec politique monétaire active, une monnaie non surévaluée, un commerce ouvert aux concurrences loyales, un plan d’investissements dans les secteurs d’avenir (transition énergétique, transports et villes durables, etc.). Il n’est pas normal que l’Europe soit le seul continent voué à la stagnation économique.3/ Il faut préserver, avec la démocratie et les droits du Parlement, notre souveraineté budgétaire et fiscale, sauvegarder notre indépendance en matière énergétique, de défense et de politique extérieure. Pas question de brader l’atout nucléaire de la France. Nos centrales nous donnent une électricité 40% moins chère que celle qu’il faudrait produire en substitut. Pas question de laisser partir en fumée des centaines de milliards investis depuis un demi-siècle ! Pas question de sacrifier sur l’autel de la règle d’airain budgétaire, la dissuasion nucléaire qui garantit notre sécurité à long terme. Pas question de sacrifier non plus notre siège de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU ou notre réseau diplomatique, le deuxième du monde.4/ Il faut enfin redresser l’Europe : construire une Europe européenne qui soit un pôle dans le monde multipolaire de demain. Une Europe non pas fédérale – ce n’est pas mûr – mais confédérale, appuyée sur ses nations et sur la démocratie qui vit en chacune d’elle, une Europe à géométrie variable, avec une monnaie non pas unique mais commune. Pour construire cette « Europe européenne », une France forte est nécessaire.

 

Jean-Pierre Chevènement défendra ces idées lors de deux longues interviews, dimanche soir à 19h sur le plateau de BFM TV puis lundi à 17h sur la chaîne LCI.

Et pour faire circuler, vous aussi, ces quatre grands repères, faites suivre ce « Fil de la campagne » par mail à vos connaissances, et partagez le sur les réseaux sociaux !

« Je me suis porté candidat pour faire bouger les lignes. Je peux considérer que j’ai exercé une certaine influence »

Posté par le 27 jan 2012 | Dans : Battre campagne, Blog du Che, Le Che, Non classé

Verbatim de Jean-Pierre Chevènement dans son entretien du jour à France-Bleu

  • François Hollande a toutes ses chances à l’heure actuelle mais il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Il a donc raison de rester mobilisé, comme nous l’avons vu hier soir.
  • Je me suis porté candidat pour faire bouger les lignes. Je peux considérer que j’ai, en effet, exercé une certaine influence dans la mesure où on a vu, tour à tour, Nicolas Sarkozy et François Hollande dire qu’il fallait brancher le FESF sur la BCE. Mme Merkel a refusé mais en même la BCE inonde les banques de liquidités et, dans une certaine mesure, ces banques achètent des titres de dette publique, ce qui favorise une certaine détente. Il y a un petit répit.
  • Néanmoins le problème reste entier. Ce qui se profile avec le traité européen, qui est en voie de finalisation, c’est la récession à perpétuité.
  • Je pense pouvoir intervenir encore utilement pour faire préciser un certain nombre de points. Par exemple, François Hollande veut faire plier Mme Merkel pour obtenir qu’on ajoute des moteurs de croissance au traité européen. Ils sont nécessaires.
  • La désindustrialisation s’explique par une ouverture complétement incontrôlée de nos frontières, par le fait que nous avons une monnaie surévaluée. Et, comme je pense qu’il sera difficile de rétablir autour de l’Union Européenne des droits de douane, car beaucoup de pays y sont opposés, je pense que seule une dévaluation de l’euro serait de nature à faire revenir en France les investissements et empêcher les délocalisations.
  • Le Ministère de l’industrie est devenu un prête-nom, une annexe du Ministère des finances.
  • A propos du droite de vote des étrangers: Ce qui me paraît essentiel c’est l’intégration des étrangers qui le souhaitent. C’est cette voie qu’il faut privilégier. Je crains le communautarisme, les pressions qui peuvent s’exercer dans telle ou telle ville où une communauté est importante. Le communautarisme s’est beaucoup développé, comme on a pu le voir avec les lois mémorielles. Il faut prendre garde à ce que la République ne s’efface pas.
  • Dès 2001, je n’étais pas favorable à l’envoi de troupes au sol en Afghanistan. J’étais encore opposé au doublement des effectifs décidé par Nicolas Sarkozy. Pour autant, maintenant nous y sommes et nous devons agir en concertation avec nos alliés. Nous devons opérer un retrait dans l’ordre, la dignité et, si possible, favoriser l’émergence d’un Etat afghan qui se tienne.

Hollande voudrait porter haut son dessein républicain pour la France

Posté par le 27 jan 2012 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de X D

En affichant avec un tempérament d’acier une résolution courageuse, le candidat Hollande emprunte peut être un nouveau chemin. Ses paroles précisent des engagements en faveur d’une France qui se retrouve autour d’une perspective de reconquête démocratique face au monde de la finance et des marchés. Redistributeur, le candidat socialiste pose avec clarté les principes d’une refondation fiscale et sociale dans un esprit de justice. On peut lui reprocher cependant sa trop grande prudence sur la question des bas salaires.

La défense des services publics s’articule avec des priorités affichées : celle de l’école et de l’instruction de la jeunesse en premier lieu. Mais aussi la sûreté de nos concitoyens et le renforcement de la justice. Le candidat entend bien oeuvrer pour désenclaver les espaces de paupérisation aujourd’hui stigmatisés. Il a le courage d’afficher une politique d’équilibre entre prévention et répression prônant ainsi le développement des centres d’éducation fermée. Dans ses soixante propositions, le socialiste entend bien favoriser l’accès aux soins en dotant l’hôpital public d’un financement adapté à ses missions tout en luttant contre la désertification médicale.

Son projet de croissance et d’emploi ne manque pas de recherche de cohérence. François Hollande reste plus convainquant sur sa politique volontariste d’incitation à l’emploi des jeunes et au maintien des seniors dans leurs entreprise qu’il ne l’est sur la question des retraites. Mais on sait gré au candidat de rechercher un processus de rupture avec le dogme néo-libéral qui fait de l’emploi la variable d’ajustement en sacrifiant la croissance sur l’autel de la spéculation financière. En refusant l’asphixie de nos économies par les marchés financiers, le soldat Hollande campe un nouveau décor avec la renégociation du traité de Lisbonne qui passe aussi par une demande ferme auprès de nos partenaires allemands : celle de redonner les possibilités d’action à la BCE pour financer la dette souveraine des Etats et soutenir la croissance en Europe. Ce projet politique franchement assumé semble donner sens aux autres propositions en faveur du soutien à l’activité productrice des PME, au contrôle et à la réorientation du secteur bancaire.

Conforté par le tempérament et les explications du candidat on sera donc particulièrement attentif à la cohérence de son dispositif dans cette volonté de réorienter l’Europe en s’appuyant sur le peuple de France. En concluant sur ces bases sa confrontation avec Alain Juppé, le candidat socialiste marque une détermination nouvelle qui ne manquerait pas de force d’entraînement si elle devait dépasser le niveau du discours. On retrouverait alors avec lui le souffle mendésien pour aller vers une république moderne. C’est cet esprit que nous nous efforçons, encore et toujours, d’imprimer dans cette campagne décisive!

X.D 

Des proches du président battent presque en retraite

Posté par le 25 jan 2012 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de X D

Maladresse ou indiscrétion? la révélation de Nicolas Sarkozy ne passe pas inaperçue. En affirmant qu’en cas de défaite on n’entendrait plus parler de lui, le président donne des armes à son challenger. On dirait même qu’il rend les armes avant de rentrer en campagne.

C’est peut être sa façon à lui de fendre l’armure en évoquant à nouveau son goût pour l’argent et la dolce vita. Il est vrai qu’il cumule de vrais handicaps avec ses promesses trahies de pouvoir d’achat, de création d’emplois et de gestion rigoureuse de la chose publique et, en arrière plan, les affaires.

Son challenger ferait bien d’affûter ses arguments et de privillégier une posture offensive là où ça fait mal. Je veux parler de la finance, de la mondialisation libérale et de cette idéologie de l’argent roi qui voudrait légitimer la liquidation d’un modèle de civilisation.

A nous,  citoyens, de ne pas battre en retraite dans cette confrontation. Avec l’ambition du réalisme sans tomber dans la démagogie. Et tout en préparant l’alternative!

X.D

[Le fil de la campagne n°10] La seule protection efficace et rapide, c’est une monnaie moins chère

Posté par le 21 jan 2012 | Dans : Non classé

Présent sur le terrain, dans les médias et sur internet, Jean-Pierre Chevènement dénonce avec force la surévaluation de l’euro, qui porte préjudice à notre industrie en favorisant les délocalisations.

Plus d’une heure à discuter avec de jeunes étudiants en journalisme : Jean-Pierre Chevènement s’est prêté au jeu, mercredi 18 janvier, de Youtube Elections, une initiative en partenariat avec l’AFP et le CFJ. Avec conviction, il a répondu aux nombreuses questions des jeunes sur sa campagne. « Si je me suis porté candidat, c’est par patriotisme », a-t-il rappelé. « J’ai eu le sentiment que la France entrait dans une passe extrêmement dangereuse et que ce que j’avais dit depuis 20 ans allait se confirmer, c’est à dire que la crise de la monnaie unique allait se précipiter. » Pour lui, l’objectif initial de l’euro est un échec : « il risque de favoriser les affrontements plutôt que de les éviter ».
Une position qu’il a développée lors d’un débat avec des économistes sur le thème « Un plan B pour sortir de l’euro : comment s’y prendre? », live-tweetée en direct par Julien Landfried, responsable de la campagne numérique. L’occasion pour Jean-Pierre Chevènement de rappeler qu’il avait d’ores et déjà proposé « un plan A » avec une BCE intervenant massivement sur le marché de la dette.

Invité sur le plateau des 4 Vérités sur France 2, il a réaffirmé qu’il fallait se donner les moyens de la croissance en Europe, avec une moindre surévaluation de l’euro. « L’euro étouffe la croissance et favorise les délocalisations industrielles ».

 

Jean-Pierre Chevènement s’est d’ailleurs rendu jeudi dans l’entreprise alsacienne Lohr, constructrice de systèmes de transport, très représentative du savoir-faire industriel français. Mais malgré son avance technologique, Lohr connaît des difficultés. « Au moment où beaucoup de candidats parlent de réindustrialiser la France, voilà un exemple concret de ce qui pourrait être fait s’il y avait un ministère de l’industrie dans ce pays », a déploré Jean-Pierre Chevènement dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace.

Autour de lui, de nombreuses personnes se battent pour défendre ces idées. Parmi elles, Jean-Luc Laurent, président du MRC et un des trois porte-parole de la campagne. Retrouvez son portrait et d’autres sur Chevenement2012.fr, pour mieux connaître les coulisses de la campagne.

 

Pour y participer vous aussi, vous pouvez faire un don. Mais pour commencer, n’oubliez pas de transmettre dès maintenant cet article par mail à vos connaisssances.

Et pour les plus technophiles d’entre vous, suivez et diffusez sur les réseaux sociaux les prochaines interventions publiques de @chevenement. Il sera mardi soir l’invité politique sur RTL puis se rendra vendredi matin sur le plateau de la matinale de Canal Plus. Le soir même, il fera face à Eric Zemmour et Eric Naulleau sur Paris Première. L’émission sera même rediffusée sur M6 dans la nuit de dimanche 29 à lundi 30, à 00h15. A vos claviers !

Primaire à l’américaine : promesse d’un poney pour chaque électeur…

Posté par le 19 jan 2012 | Dans : a-le quartier libre de X D

 Le candidat à la présidentielle qui promet un poney à chaque américain …

… titre Le Monde en présentant la candidature originale de Vermin Supreme (Vermine suprême en français), candidat à la primaire dans le camp démocrate américain. En vrai-faux challenger le rival d’Obama fait sa troisième campagne dans le New Hampshire. Son programme : hygiène dentaire et poney pour chaque citoyen américain.

Un programme qui à première vue peut paraître aussi fantaisiste que son promoteur. Mais, à bien y réfléchir, de tels objectifs constituent en soi une perspective révolutionnaire dans toute l’acception du terme. En renouant avec la culture de l’homme de cheval, le candidat propose un retour aux sources de l’époque des pionniers. Avec en prime ce discours hygiéniste qui tord le bâton dans l’autre sens dans cet univers de malbouffe qui fait une maigre place à la santé et à l’accès aux soins.

Après tout, dans ces temps de désert d’avenir, ces propositions pourraient même inspirer le président français. On l’imagine mal cependant s’exonérant de tous ces odieux sommets des grands de ce bas monde, pour aller enfourcher un poney en guise de monture et prendre enfin le temps de la rencontre avec ses concitoyens et les petites gens de ce pays. Cela ramènerait sans doute le président à des réalités plus terre à terre  quant aux conséquences de sa politique antisociale. On m’objectera cependant que ça peut manquer de hauteur de vue.

En la matière, tout est affaire de perspective, là-bas comme ici!

X.D

Quelle politique économique face à la crise ?

Posté par le 15 jan 2012 | Dans : Non classé

Les débats de la présidentielle |LEMONDE14/01/2012

Jacques Attali, économiste, président de Planet Finance : « Si l’euro baissait de 15 %, on aurait les avantages de la dévaluation, sans l’inconvénient excessif de ce qu’elle représente. Il faut savoir aussi qu’il y a des moyens, comme l’Europe fait une grande partie de son commerce à l’intérieur, si la France veut défendre ses ressources à l’intérieur, son marché, sa compétitivité à l’intérieur de l’Europe, son moyen de le faire, c’est ce qu’on appelle en français la TVA sociale et ce qu’on appelle en allemand la dévaluation fiscale. La TVA sociale, pour moi, est une bonne réponse que si on la compense, parce que c’est un transfert de charges extrêmement injuste, mais qui est excellent en termes de compétitivité et donc de développement de l’industrie ou de protection de l’industrie, que si on la compense par une réforme de l’impôt sur le revenu pour compenser l’injustice. »

Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, candidat à la présidentielle : « L’euro à un moment c’était 80 centimes de dollars, nous connaissions une certaine croissance, c’était l’époque 1998-2001. Mais avec un euro à 1,30 et à 1,60, évidemment, nous sommes une zone de stagnation. Nous sommes la mer des Sargasses. A l’échelle mondiale, l’Europe est le seul continent où il n’y a aucune perspective de croissance, où les entreprises se refusent à investir, où les délocalisations sont massives : on transfère notre appareil de production vers les pays à très bas coût ou vers les autres pays qui connaissent un taux de croissance comme les Etats-Unis de 2,5, alors que nous, c’est 0. »

FÉDÉRALISME

J.-P. C. : « Les Chinois ont décidé que leur monnaie collait au dollar. Nous-mêmes, nous avons abandonné tous nos pouvoirs, nous sommes en quelque sorte défaussés, c’est pour ça qu’il y a une colère dans le pays. Nous nous sommes défaussés de toutes nos responsabilités sur des instances absolument technocratiques. (…) Le fédéralisme dont parlent Mme Merkel et M. Sarkozy, c’est un fédéralisme budgétaire, c’est un contrôle des budgets, c’est une mise sous tutelle des pays en déficit, ce sont des sanctions automatiques ou quasi automatiques frappant les pays les plus en difficulté. C’est idiot, et c’est coercitif et c’est antidémocratique. Et c’est la voie ouverte vers une Europe postdémocratique. »

J. A. : « Le raisonnement de Jean-Pierre Chevènement me paraît totalement erroné quand il dit que l’Europe va imposer des règles contraignantes et que si on se débarrassait de l’Europe, on n’aurait pas de règles contraignantes. En réalité, aujourd’hui, si l’Europe ne se dote pas d’un gouvernement européen, les contraintes nous seront imposées par le marché, par les prêteurs. (…) Si on ne va pas vers une souveraineté partagée entre pays européens, nous perdons, nous sommes en train de perdre notre souveraineté et je dis que, quoi qu’il arrive, le prochain président de la République, qu’il s’appelle Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Sarkozy ou François Hollande, s’il ne fait pas un pas vers la souveraineté européenne, il n’aura plus aucun pouvoir. »

POLITIQUE INDUSTRIELLE

J. A. : « Il faut certainement penser loin, c’est-à-dire penser à des produits nouveaux. Ça veut dire développer la rechercher, l’innovation -- ce qui nous distingue de nos concurrents allemands et italiens, parce que, contrairement à ce qu’on croit, l’Italie exporte beaucoup plus. (…) Je ne suis pas sûr qu’il faille pour cela fermer les frontières. »

J.-P. C. : « Il faut que les grands groupes que nous avons créés, gouvernements de gauche et de droite confondus, apprennent à renvoyer l’ascenseur, parce qu’ils font leurs investissements à l’étranger aujourd’hui pour l’essentiel. Il faut aider le surgissement de petites et moyennes entreprises industrielles. Il faut une politique de l’éducation, de la recherche. »

[Le fil de la campagne n°9] Le traité de Maastricht a bien été une révolution… à l’envers

Posté par le 14 jan 2012 | Dans : Battre campagne, Blog du Che, Le Che

Constant dans ses idées depuis quarante ans, Jean-Pierre Chevènement continue à se battre pour une autre Europe, démocratique, indépendante des marchés financiers et respectueuse des intérêts de la France.

 

[Le fil de la campagne n°9] Le traité de Maastricht a bien été une révolution... à l'envers
Philippe Seguin avait trouvé la bonne formule : « si le traité de Maastricht était adopté, ce serait l’envers de 1789″. Nous y sommes. L’Europe est gouvernée « avec la menace de ce que les marchés pourraient nous faire demain », a déploré Jean-Pierre Chevènement sur I-télé. Invité de l’émission Elysée 2012, il a regretté qu’il n’y ait aucune réflexion, dans cette campagne, sur l’Europe de demain. Et a réaffirmé le sens de sa candidature, « pour que les intérêts de la France soient pris en compte par les candidats ». Depuis le congrès d’Epinay, il y a quarante ans, Jean-Pierre Chevènement maintient le cap, défendant des idées cohérentes sur la durée, auxquelles l’actualité récente a donné raison. « C’est parce que je suis constant que j’estime avoir une légitimité  pour être candidat », a-t-il rappelé sur Radio Nova, considérant bénéficier d’une crédibilité « que n’ont pas ceux qui nous ont fourvoyés ».
 

« La dictature de l’actionnariat »

Parmi ces grandes idées, la réindustrialisation de la France est depuis longtemps une priorité pour Jean-Pierre Chevènement. Cette semaine, il s’est rendu dans les Bouches-du-Rhône, où il a notamment rencontré les ouvriers du site Arkema de Fos-sur-Mer, qui craignent un futur plan social. L’entreprise est menacée d’être cédée au fonds d’investissement Klesch. « On est dans une logique de dictature de l’actionnariat », analyse Jean-Pierre Chevènement dans La Provence. « Il faut reconstituer un ministère de l’Industrie et une banque nationale d’investissement pour rétablir le contrôle sur les financiers ». 900 usines ont fermé depuis 2008, comme le candidat l’a rappelé sur France Inter et Public Sénat, « mais nous n’avons aucun moyen de les défendre. La commission européenne interdit la politique industrielle. » Jean-Pierre Chevènement l’a répété sur Twitter lundi dernier, à l’occasion d’une séance de questions-réponses en live avec les internautes : « la réindustrialisation doit nous rapporter des milliards ! Une condition : une monnaie moins chère. L’euro à 1 dollar ».
 

Jean-Pierre Chevènement sur Twitter, Youtube et Facebook

Pour faire circuler les idées de Jean-Pierre Chevènement, n’hésitez pas à live-tweeter ses prochaines interventions dans les médias avec le hashtag #che2012. Il sera notamment sur le plateau des 4 vérités lundi sur France 2, puis invité de Youtube Elections 2012  mercredi, un événement en partenariat avec le CFJ, l’AFP et Twitter. Jean-Pierre Chevènement participera également lundi à une conférence à Paris sur le thème « Un plan B pour sortir de l’euro : comment s’y prendre ? » avant de se rendre jeudi à Strasbourg. D’ici là, vous pouvez découvrir un entretien avec Julien Landfried, un des porte-parole de Jean-Pierre Chevènement et le responsable de la campagne en ligne. Le prochain portrait sera consacré à Jean-Luc Laurent, président du MRC. Pour participer vous aussi à cette campagne, informez vos connaissances en leur transmettant cet article par mail ou sur Facebook. N’oubliez pas que vous pouvez aussi faire un don ou rejoindre l’équipe des volontaires.

Au-delà des promesses de l’affiche …

Posté par le 12 jan 2012 | Dans : a-le quartier libre de X D

Des amis me prient de réserver ma soirée. Je les invite à la préparer ensemble sur les lieux du tournage.

D’accord pour faire circuler en boucle cette annonce mais à une condition : que la sortie du bling-bling s’accompagne d’un big-bang de l’Europe de Maastricht et de Lisbonne et d’une sortie par le haut du carcan monétariste et de la crise financière.  En bref une stratégie de sortie du capitalisme financier international. Et pour cela une vraie force de frappe : celle de l’intelligence politique et du retour à la souveraineté populaire! Serait-ce demander l’impossible au prétendant à la magistrature suprême?

Pour ce premier rôle alternatif,  il y a bien des talents affichés. Les a-t-on vraiment bien repérés dans ce casting des favoris? C’est qu’on voudrait contourner cette règle d’or de la grande politique, ce grand art machiavélien qui sait utiliser la virtù pour faire fructifier la fortuna (1). C’est à dire, aujourd’hui, mener ce combat pour une véritable alternative républicaine et sociale, sur des axes de rupture avec l’Europe de la finance, cette passoire de la mondialisation des échanges et ce fleuron des politiques régressives néo-libérales ! 

C’est du reste le seul cap à tenir, si difficile soit-il dans l’adversité farouche de ces couches dominantes néanmoins  fragilisées par l’effondrement de leur légitimité, tant sur le plan idéologique que politique. Un ralliement à un candidat qui ne porterait pas cette perspective chevillée au corps ne ferait-il pas de nous des pantins au service de gagne-petits de la politique?

La politique, disait Mao, n’est pas un dîner de gala. Et ce n’est pas non plus du cinoche ou du spectacle de marionnettes! Derrière les jeux d’ombres chinoises, sachons démêler le bon grain de l’ivraie.

A bon entendeur Salut !

Le citoyen  X.D

(1) Les gagne-petit de la politique condamnés au syndrome des saute-frontières

Archives vivantes du CERES…

Posté par le 10 oct 2010 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de X D

220pxtizian085.jpgL’Enlèvement d’Europe par le Titien (1559-1562)

Sur votre agenda: rencontre autour de Didier Motchane et Gaël Brustier sur les « Archives du CERES »Le 29 novembre 2010 à 20h au Conseil régional d’Ile-de-France, 33 rue Barbet de Jouy, 75007 Paris (salle 100).

Ce diable de CERES qui dénonçait déjà l’enlèvement de l’Europe dans les années 70 nous ouvre à nouveau la mémoire avec ces publications préfacées sous la plume d’un mentor historique : Didier Motchane.

Annoncées sur le site du MRC et sans doute préparées de longue date par quelques étudiants que nous avions écoutés la veille de l’entrée en campagne de Jean-Pierre  Chevènement fin 2006, ces cahiers nous offrirons des références précises sur l’histoire originale de ce courant de gauche de la social-démocratie, unitaire pour deux (PS-PC) quand l’échec de l’euro-communisme et le « virage à droite » du PS alimentaient un durcissement sectaire d’un parti communiste revenu, à la fin des années soixante dix, à une ligne plus orthodoxe résumée par la formule d’Etienne Fajon : l’Union est un combat!

A l’heure de la stratégie de rupture républicaine pour sortir de la grande régression voulue par le capitalisme financier international, cette initiative mérite d’ être encouragée et soulignée. Puisse-t-elle contribuer à donner sens aux combats d’aujourd’hui !

C’est que de la lutte pour la défense du droit à la retraite au programme de salut public porté par une révolution citoyenne, il n’y a qu’un pas de deux à faire ensemble!

A bon entendeur, salut … et bonne lecture, aux amis de la mouvance républicaine et sociale.

XD

A lire aussi sur ce blog :

Héritiers de l’Avenir

L’honneur de Jean Pierre Chevènement

Tristes tropismes

 

Posté par le 15 oct 2010 | Dans : Non classé

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Après la faillite d’une Europe de la finance…vive l’Europe des nations et des peuples!

Posté par le 28 nov 2010 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de X D

Après la Grèce, l’Irlande!

Et ce n’est qu’un début! Faillite des banques privées, déficit des finances publiques, endettement des Etats jugé préoccupant… Les fameux critères de convergence ( Traités de Maastricht et d’Amsterdam ) viennent au secours des banquiers et des spéculateurs financiers pour faire entendre raison aux peuples victimes de la crise du capitalisme financier mondialisé.

Mains basse des néo-libéraux sur les dépenses sociales (retraites, prestations sociales, assurance-maladie, minima sociaux…) au prétexte de diminuer les déficits, sur la rémunération du travail et les bien nommées (idéologiquement s’entend!)  »charges sociales » pour renforcer la compétitivité des entreprises sur le marché européen et mondial et sur les taux d’intérêt des prêts consentis aux Etats pour renflouer leurs finances publiques et privées avec des conditions drastiques imposées aux peuples et des rémunérations du loyer de l’argent très élevées offertes aux bailleurs de fonds internationaux!

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Du sarkozysme à la régression antidémocratique : l’AGAUREPS-Prométhée explore les analyses et réflexions de Sami Naïr et Jacques Généreux

Posté par le 02 déc 2010 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de X D, a4-Le blog citoyen croque Sarkozy et sa politique

Quels sont les symptômes de cette régression ? quelle est sa logique ? dans quels champs s’opère -t-elle ?

Pourquoi cette tendance régressive (1) en œuvre depuis les années 70 (2) connaît-elle une soudaine amplification sous N.Sarkozy?

Comment situer dans ce cadre l’actualité politique et sociale et particulièrement

-         l’agression contre une population stigmatisée et désignée en terme ethnique dans une circulaire – j’évoque les Roms- ;

-         l’agression contre le monde du travail au travers la remise en cause du droit à la retraite – puisque contrairement aux dires du gouvernement il s’agit bel et bien d’une attaque frontale, d’une contre-réforme.

Cette régression de la démocratie sociale et des principes républicains resurgit avec l’aggravation de la crise du capitalisme financier mondialisé et sur fond de délitement du lien social.

Les symptômes sont nombreux.

Dans le champ du social : le chômage et la précarité ; les conditions de travail (productivité-flexibilité) ; les bas salaires ; les retraites…

Dans celui de la santé : les difficultés d’accès aux soins avec notamment l’augmentation des charges à reste pour les assurés (3) ; le développement des accidents du travail ( risques psycho-sociaux-organisationnels ) et des maladies professionnelles ; le phénomène sociétal des conduites addictives…

Dans le champ idéologique : entre le néo-libéralisme conservateur et le néoconservatisme libéral.

Le tout sur fond de délitement de la société ( invalidant à présent les références à la sociologie de Durkeim) et de dislocation des économies dans le processus de la globalisation ( au-delà des théories marxistes sur la crise du capitalisme monopoliste d’Etat).

Ce fond là offre un terreau particulièrement fécond au néo-conservatisme de N.Sarkozy.

Je voudrais évoquer à nouveau les deux exemples actuels qui, à mes yeux, restent bien signifiants de cette grande régression :

la remise en cause de la liberté de prendre sa retraite à soixante ans et de jouir d’une retraite décente ;

l’atteinte aux droits de l’homme et à sa dignité dans l’organisation administrative et policière d’une chasse ethnique.

Dans ces deux cas, ne s’agit-il pas de la négation des fondamentaux de notre construction démocratique, républicaine et sociale au nom d’une idéologie néo-conservatrice procédant par amalgame et dogmatisme pour tenter de masquer ses objectifs au service d’étroits intérêts de classe ?

Je poserai l’hypothèse d’une capacité d’alternative républicaine dans une visée d’émancipation sociale. Une capacité d’alternative au phénomène sarkozyste qui doit être préalablement analysé en profondeur. Car on peut aussi s’interroger sur le sarkozysme, cet état d’esprit qui, au delà de sa personne, contaminerait la société française !

A la manière d’un Sami Naïr, - à qui nous empruntons la réflexion qui suit pour vous la livrer toute entière et souvent avec ses mots -, dans sa dénonciation du détournement d’une politique de civilisation (politique présentée lors de vœux présidentiels en début de quinquennat ), on peut aller au-delà de la simple exhibition d’un style pour s’interroger.

De quoi Sarkozy est-il le symptôme ? Comment a-t-il conquis l’hégémonie dans son propre camp ? L’axe des forces économiques, financières et médiatiques qui l’ont porté aux nues, la projection de cette geste dans la Nation, l’adhésion de couches populaires et moyennes en réponse à une attente déçue par d’autres, tout cela constitue le phénomène Sarkozy porté dans un  premier temps par les sondages avec son omniprésidence. Est-ce Berlusconi ? Louis Napoléon Bonaparte ? Pétain ?

Pour le philosophe A.Badiou, Sarkozy est l’incarnation d’un vieux fond pétainiste, un humus réactionnaire rendu possible par le basculement à droite de couches moyennes et populaires écrasées sous la domination du capitalisme moderne.

Pour d’autres, c’est un Berlusconi (vulgarité, goût du tapage, culte de l’argent, mépris des règles du jeu, manipulation de puissants réseaux médiatiques, démagogie populiste, occidentalisme confessionnel conservateur, etc.).

Pour preuve, l’appui indéfectible du vrai Berlusconi dans l’épreuve qui voit la France dénoncée par les institutions de Bruxelles sur le minable et révélateur dossier des Roms fomenté par Hortefeux et le président Sarkozy.

Mais malgré le piteux état de la gauche et le brouillage de ses repères et références, la France n’est pas l’Italie ( avec le blocage de son système partisan – démocratie chrétienne et ex-P.C devenu parti démocrate libéral – faisant de Berlusconi un post Le Pen dont le succès est assuré par la désagrégation stucturelle de ces deux groupes centraux). Le contrôle des médias ne suffit pas à confondre Sarkozy et Berlusconi.

Reste la thèse du bonapartisme (caractérisé par le soutien électoral initial conjugué des couches populaires – certes à présent fortement érodé -- et des aristocraties financières françaises mondialisées à l’instar de l’alliance des petits paysans « parcellaires » -- cf Marx- et des couches aristocratiques, industrielles et financières ; caporalisation de la presse ; confessionnalisme).

Plus discutable, la comparaison avec les relations  prétendument charismatiques d’un président au-delà des médiations démocratiques. Sarkozy n’est pas à la hauteur de son modèle Napoléon le petit. Mais la posture plébiscitaire et la démagogie laisse place à cette possible inspiration : celle de mettre en place un système de re-légitimation permanent par l’opinion publique, un objectif en échec (après le remaniement gouvernemental de cet automne 2010).

Qu’elle est en fait la signification du sarkozysme ? Plus que le « bling-bling », n’est-ce point un nouveau temps de la politique, un temps désignant l’éclipse de la politique ?

Ce n’est pas un signe superficiel mais l’irruption d’une virtualité qui a tout balayé : culture, différenciation politique, repères identitaires. « Une variété typiquement française du postmodernisme américain », toujours selon Sami Naïr à qui nous empruntons encore l’essentiel de ces propos.

N. Sarkozy est un président conservateur et post moderne qui traduit l’américanisation de la vie politique, après celle du marché, de la culture, des codes vestimentaires, de la chanson…

Une certaine relation aux idées, à la politique, au savoir, à l’histoire, à l’être collectif.

Les idées en elles-mêmes n’ont aucune valeur et ne peuvent concurrencer les ressorts du faire humain, la lutte des intérêts particuliers et le culte de l’argent. Les valeurs, si elles existent, ne peuvent être réalisables dans ce monde. Seules comptent les essences confessionnelles.

Les idées n’auraient d’importance que dans leur utilité fonctionnelle et non pas dans leur vérité intrinsèque. Elles doivent être utilisées dans leur transitivité totale ( il n’y a pas de différence entre les valeurs de droite et de gauche). Ce qui importe c’est l’efficacité ! Il n’y a plus d’enjeux  dans la politique – ça passe ailleurs dans le marché – la politique n’est qu’un enjeu de pouvoir.

Le grand politique sait conquérir la machine, s’y imposer, la conserver. Les moyens priment sur la fin, le paradigme n’est plus dans l’articulation des fins et des moyens mais dans la pure assimilation du pouvoir comme fin en soi.

Cette geste sarkozienne n’épargne pas hélas ses adversaires !

Si les enjeux de valeurs et de civilisation ont disparu c’est qu’il n’y a plus d’histoire : c’est le post modernisme politique d’où l’histoire a disparu – il n’y a que la durée et des évènements.

Le style sarko c’est la victoire conjuguée de Fukuyama et de Huntington résumée par l’écran TF1 (des faits divers) !

Il n’y a pas davantage de social mais du culturel-identitaire. Il y a une platitude de l’histoire : tout bouge mais demeure étale – le chaud des conflits et le froid des consensus se valent parce que le but est le tiède et le mou. Attention à gauche à ne pas glisser dans la société du « care » !

Il n’y a plus de conscience d’un monde différent possible, sinon seulement des techniques élitaires de gestion des attentes et aspirations repérées avec omniscience par les instituts de sondage.

La politique travaille l’opinion, scrute ce qu’elle veut ici et maintenant !

Le sarkozysme la perçoit en coupes symptomales : tel segment sensible à la peine de mort doit avoir de la répression rétroactive pour les crimes sexuels ; tel autre défend le devoir de mémoire, donnons lui la concélébration rituelle ; celui-là trime sans succès et voit fondre son pouvoir d’achat, gorgeons le avec le « travailler plus pour gagner plus » !

Il y en a pour tout le monde. Le dirigeant politique est un héros de l’instant qui invente des coups médiatiques avec toujours une longueur d’avance.

Ca nous ramène aux Roms et à la contre-réforme des retraites. Le sarkozysme c’est l’agrégation des trois familles de la droite : conservatrice, libérale et néo-bonapartiste. Il voudrait rayonner avec cette dernière quand un vote interclassiste a pu réunir sur son nom en 2007 la France d’en haut de la dérégulation et celle du bas, de la boutique et de la petite entreprise, du salariat modeste en quête de sécurisation morale, abusée le temps d’un scrutin présidentiel par un candidat se posant en recours protecteur.

Il s’agit moins d’un bloc hégémonique durable que d’une coalition momentanée dans ce qui définit le sarkozysme agissant.

L’autoritarisme néo-bonapartiste de Sarkozy fonctionne certes sur fond de populisme mais aussi d’une conception de l’action politique : introduire partout la concurrence, la marchandisation, le profit et ce dans tous les domaines (santé, éducation, assurances sociales, retraites, etc.).

Dans ce post-modernisme, sur fond de néo-bonapartisme et de populisme, analysé par Sami Naïr, l’histoire est un processus heurté, conflictuel, où les meilleurs gagnent et où les vaincus ne doivent s’en prendre qu’a eux-mêmes. Car ces derniers ne sont pas victimes de la configuration des rapports sociaux mais d’un état naturel de lutte dans la société auquel ils n’auront pas su s’adapter ;

Que peut la tradition républicaine contre ce post-modernisme qui s’étend aux sociétés européennes parce qu’il résulte des contraintes inhérentes à la construction européenne, vecteur de la globalisation libérale ?

Le sarkozysme a du plomb dans l’aile pour n’avoir su transformer ses illusions dans la réalité quotidienne des gens. Sa trivialité paroxystique reste malgré tout intégrée à la manière d’être de l’homme économique réduit à l’individualisme méthodologique cher à Raymond Boudon. Elle nous met néanmoins au défi de repenser un socialisme néo-moderne défini par Jacques Généreux dans une approche anthropologique et de philosophie politique posant les bases théoriques d’une perspective de vraie politique de civilisation, chère à Edgar Morin et Sami Naïr. C’est toute la question du sens de la modernité de notre formation sociale, la France républicaine, de sa place, de son rôle et de son devenir dans un monde en mutation dominé par le marché.

Une politique de civilisation à l’intérieur du pays commence par une politique de citoyenneté, une politique de laïcité, une politique de solidarité.

A l’échelle internationale c’est un véritable engagement de la France dans une autre construction de l’Europe des peuples qui favoriserait la croissance et l’emploi, c’est une politique qui lutte pour introduire des règles dans le système mondial (réforme du FMI, de l’OMC avec l’introduction de clauses sociales et environnementales dans les transactions de marchandises et d’équipement, une promotion du commerce équitable).

C’est une politique pour un pacte historique avec les peuples du Sud ( modernisation des infrastructures, économie du savoir, création de biens communs universels : eau, mers, sols, agriculture, biens sociaux – santé, éducation, formation-).

Nous voici à présent bien loin des stigmatisations et des régressions sociales et proche du sujet central qui  occupa l’autre partie de cette rencontre du 22 septembre 2010 de l’AGAUREPS-Pométhée : l’éducation nationale bien nommée instruction publique dans le vocabulaire républicain. Un thème lui aussi axé sur l’émancipation sociale et humaine.

Eléments de l’intervention de X.D (Mont de Marsan) de l’AGAUREPS- Prométhée lors de la réunion du 22 septembre dernier.

(1) Tendance régressive analysée par un Michel Foucault décryptant dès le milieu de cette même décennie 70 « la gouvernementalité néolibérale » dans ses leçons au collège de France.

(2) Malgré l’intermède politique notable des deux premières années (81-début 83) du gouvernement socialiste de Pierre Mauroy (81-84).

(3) Sans négliger l’importance du bénéfice de la CMU de base et/ou complémentaire pour les très bas revenus.

  

Le communisme français, la démocratie et la république sociale.

Posté par le 16 déc 2010 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de X D

Peut-on être communiste aujourd’hui? Ainsi questionnait Roger Garaudy dans un ouvrage nourri édité chez Grasset en 1968. Je l’ai découvert en 1974, date de mon engagement au sein du nouveau parti socialiste qui prônait une ligne d’unité de la gauche (1). Recommandés dans la riche bibliographie socialiste de l’époque, ces écrits m’ont initié aux grands débats qui traversaient alors le Parti communiste français quelques années après le processus de déstalinisation entrepris par Waldeck Rochet, ce Kroutchef français.

Au fil de mes années de militance socialiste d’un bout à l’autre de la France au gré de mes pérégrinations, j’ai pu accompagner dans les luttes, les forums et les campagnes électorales ces camarades communistes en qui je salue encore le courage et la détermination. Beaucoup de ceux que j’ai cotoyés ne sont plus membres du parti communiste à présent à l’instar d’anciens ministres de P. Mauroy ou de grande figures intellectuelles et militantes telles que Pierre Juquin, Philippe Herzog ou Lucien Sève.

Par delà le devenir des militants communistes une question surgit : le communisme a-t-il encore un avenir? C’était d’ailleurs le thème d’une émission télévisuelle récente qui rassemblait autour de Robert Hue quelques idéologues. L’idée d’une mutation ou d’un dépassement reste une perspective qui ne saurait faire l’impasse sur une histoire pour aborder le présent autrement.

L’histoire intérieure du Parti communiste français, en quatre volumes publiés chez Fayard entre 1980 et 1984, oeuvre magistrale mais contestée, de l’ancien secrétaire des étudiants communistes, Philippe Robrieux, apporte mille détails truculents sur la vie mouvementée d’un parti sans cesse recomposé et déchiré entre ses choix fondateurs dans une tactique dite de classe contre classe et son aspiration à représenter tout le peuple français (2). Les clés d’identification des impasses de la conception léniniste furent  plus pertinemment développées par Jean-Pierre Chevènement et Didier Motchane dans deux ouvrages adaptés à la conjoncture politique des années soixante dix.

Dans « les socialistes, les communistes et les autres » édité chez Aubier Montaigne en 1977, Chevènement revient sur les origines de la scission de Tours  et sur l’impasse française vers le socialisme pour faire un bilan du léninisme et établir les chances et les conditions de la réussite d’une union de la gauche alors aux portes du pouvoir. Ce que Didier Motchane avait théorisé dans une approche marxienne renouvelant et dépassant les doctrines socialistes et révolutionnaires figées dans une doxa archaïque. Dans ses « clefs pour le socialisme », ouvrage édité chez Seghers en 1973, le théoricien du CERES revisitait les concepts marxistes en les débarrassant de leur gangue lénino-stalinienne ou réformiste pour redonner corps et sens à la stratégie de rupture avec le capitalisme.

Cette refondation théorique réfutait les idées reçues sur la ligne de partage originelle entre réformistes et révolutionnaires, ce qu’un ancien militant du CERES et grand intellectuel recyclé au sein du NPA, Philippe Corcuff, exprimera plus tard à sa manière dans une critique mélancolique de la gauche intitulée  » les socialismes français à l’épreuve du pouvoir » édité chez Textuel en 2006 dans ses développements sur Léon Blum au congrès de Tours.

Confronté dans la militance aux postures théoriques et pratiques de mes camarades et amis communistes -- que j’ai même rejoints, un temps, dans les années 90, aux côtés de Max Gallo ou de Charles Fiterman, en oeuvrant au sein des refondateurs, -- je n’ai jamais désespéré d’une force qui pèse positivement sur le destin de notre pays. Du soutien au Front Populaire, sans participation ministérielle, à la résistance et à la Libération dans le gouvernement du général De Gaulle, des luttes aux côtés des ouvriers et paysans exploités jusqu’aux soutien des peuples opprimés et contre le colonialisme, de l’Union de la gauche aux combats contre l’Europe de Maastricht et au Non de 2005, je me retrouve dans cette histoire et ces luttes sans accepter les postures équivoques de la période stalinienne et les empreintes laissées sur un parti aujourd’hui en panne d’identité.

Ma grande lucidité sur la tragédie et les espoirs du communisme français -- qu’il faut situer dans le contexte historique national et international  - m’incline, dans un paradoxe qui n’est qu’apparent, à la compréhension du phénomène communiste et surtout des raisons d’agir des militants et sympathisans communistes envers lesquels je n’ai cessé de rester en dialogue.

En renouant à la façon d’Anicet le Pors, esprit cultivé et ouvert, avec la tradition républicaine, tradition certes constante dans l’histoire du PCF -- et surtout chez les historiens marxistes  à qui l’on doit, de Mathiez à Soboul, la connaissance du mouvement populaire et révolutionnaire à l’origine de la construction républicaine française -- mais néanmoins souvent galvaudée en raison d’égarements doctrinaux ou politiques étrangers au socialisme jaurésien, le Parti communiste se grandit. Il ne peut, du reste, relever le défi de son propre dépassement qu’en mettant ses forces importantes au service d’une perspective d’alternative démocratique et sociale qui se joue dès à présent dans la bataille des idées, dans les luttes et dans les urnes. Et bien sûr dans la perspective de l’unité d’une gauche d’alternative…

La recherche d’un nouveau destin républicain suppose  une large union pour la défense de la République et la promotion d’un programme de salut public pour sortir la France et les peuples de l’Europe des ornières du néolibéralisme conservateur! Le MRC n’a pas de plus hautes ambitions que de délivrer ce message qui ne se réduit pas à une campagne électorale mais prépare ici et maintenant l’écriture d’une nouvelle page de notre histoire en 2012.

X.D

(1) Histoire du nouveau parti socialiste, P.Guidoni, 1973, Tema action, 406 p. La connaissance de l’histoire antérieure du parti socialiste français s’enrichit aussi à la lecture du fasicule du regretté André Philip, les socialistes, seuil, 1967, 246 p. Les oeuvres magistrales de Jacques Droz et Jean Elleinstein citées en note 2 intègrent naturellement des développements précis sur l’histoire socialiste. A conseiller aussi l’histoire documentaire du parti socialiste en 4 tomes sous la direction de V.Chambarlhac, M.Dury, T.Hohl, J.Malois aux éditions universitaires de Dijon, 2006.

(2) sur l’histoire du PCF, lire aussi Histoire du parti communiste français, Jacques Fauvet en collaboration avec Alain Duhamel, 2 tomes, 1965, Fayard ; Les communistes français, Annie Kriegel, Seuil, 1968, 320 p ; Histoire général du socialisme sous la direction de Jacques Droz, 4 volumes, collection Quadrige PUF, 2736 p, 1997 ; Histoire mondiale des socialismes sous la direction de Jean Elleinstein, 6 volumes, Armand Collin, 1984.

La France est-elle finie ?

Posté par le 22 déc 2010 | Dans : Blog du Che, Projet politique

http://www.chevenement.fr/v/4b145473c44a1476ef683bf4bb7f7c57edb48d5a

La France va-t-elle se résigner à sortir définitivement de l’Histoire pour devenir un simple parc d’attractions, à l’extrémité occidentale d’une Europe elle-même marginalisée? Ou bien trouvera-t-elle la force de redevenir la nation de citoyens dont elle a fourni le modèle, pour offrir un avenir à sa jeunesse et continuer son histoire ?

Dans ce livre décapant, Jean-Pierre Chevènement éclaire le chemin par lequel nous en sommes arrivés là. Au moment où la monnaie unique, créée il y a vingt ans à Maastricht, prend l’eau, il montre comment le «pari pascalien» de François Mitterrand sur un au- delà des nations appelé «Europe» n’a pas seulement recouvert le ralliement de la gauche française au néo- libéralisme, mais s’enracine dans un doute plus ancien de nos élites sur la France.

Méditation sur le destin de notre pays entre de Gaulle et Mitterrand, il rend enfin lisible, dans toute sa cohérence, l’histoire de notre dernier siècle. Il fournit ainsi les clés qui peuvent permettre un retour de la France du XXIe siècle au premier rang des nations.

Jean-Pierre Chevènement est l’un des artisans décisifs du Congrès d’Épinay (1971) qui a refondé le Parti socialiste, il est l’auteur des programmes de ce parti en 1972 et 1979 et l’un des négociateurs du Programme commun de la gauche (1972). Plusieurs fois ministre de 1981 à 2000 (Recherche, Industrie, Éducation nationale, Défense, Intérieur), il défend depuis longtemps l’idée d’une « autre politique ». Président d’honneur du MRC, sénateur du Territoire de Belfort, il est aussi vice-président de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat.


Plan détaillé

Introduction

I – 1971-1983 : La gauche perd la bataille qu’elle n’a pas livrée
Épinay, contradiction motrice
Passer à travers les gouttes
Une victoire à contre-courant
Une « alliance en fer » pour démontrer l’inanité d’une « autre politique »

II – 1983-1989 : Bruxelles-Paris : le chemin le plus court pour la normalisation libérale
Trois cents directives pour déréglementer
L’Europe et la vie des saints

III – 1989-1995 : Le pari pascalien de François Mitterrand
L’Europe est aux nations ce que l’infini est au fini
La question allemande
Enlever à l’Allemagne son mark
« La France ne peut pas s’isoler »
La chute du mur et le forcing de Helmut Kohl
Le marché Mitterrand-Kohl
« Ou vous changez d’attitude, ou vous abandonnez la politique ! »

IV – 1916-1992 : Aux racines du « pari pascalien » de François Mitterrand
Archéologie de la « vision » mitterrandienne
Mesure de la France
Le tragique isolement de notre pays dans les années trente
L’énigme de la dissolution en cinq semaines de l’armée française
« Vaincre notre histoire » ou « passer le témoin » ?

V – 1990-2008 : Le triomphe de l’inégalité
De la mondialisation heureuse à l’ubris
Un monde darwinien
Moutons
Retour à Marx… et à la Belle Époque

VI – 1990-2010 : Le retour de l’Allemagne
L’Allemagne impose benoîtement ses choix : les contours de l’Europe
L’ordre économique et monétaire
L’ordre institutionnel
Une stratégie mercantiliste
Une nation « redevenue normale »
Le déclin du courant fédéraliste et l’adoption du modèle républicain civique

VII – 2008 et sq. : La crise du néolibéralisme
Responsabilités de la finance américaine
La fable d’une « crise morale »
La crise du capitalisme anglo-saxon
L’épuisement d’un modèle

VIII – 2010 et sq. : La crise de la monnaie unique
Une zone monétaire loin d’être optimale
Le vice de conception initial de l’euro
La crise grecque, répétition générale des crises à venir
L’euro sous tutelle américaine
Il y a quelque chose de pourri au royaume de l’euro
Changer les règles du jeu de l’euro
À défaut, un plan B

IX – 1983-2010 : La gauche piégée
Une confusion délibérément entretenue
Pour quelques miettes de croissance de plus
On ne modifie que très difficilement le génome d’un grand parti
Le piège néolibéral
Le piège européiste
Eût-il été possible, pour ne pas en arriver là, de faire autrement ?
Le temps des petites ambitions et des seconds couteaux

X – 1940-2040 : Finis Franciae ?
La déconstruction de la France
L’histoire de la France, un immense échec ?
La France exécutrice testamentaire des idées de la Révolution
La nécessaire estime de soi

XI – 2010-2040 : France-Allemagne : sortir de l’Histoire ou la continuer ensemble ?
L’Histoire, une option écartée ?
Le ralliement à la « culture des vainqueurs » n’ouvre pas la voie à une « Europe européenne »
Une comparaison déséquilibrée des deux « après-guerres »
Napoléon facile bouc émissaire de la « catastrophe »
L’impasse faite par l’Allemagne sur sa défense
La clé de l’« Europe européenne »
Vers une recomposition de la gauche allemande ?
Ensemble continuer l’Histoire

XII – La gauche, la droite et la République du XXIe siècle
Le clivage droite/gauche, un legs de la Révolution française
Ce qui reste du socialisme : une méthode
Les « trous noirs » de la pensée socialiste
Le mythe de la refondation à zéro : tradition et révolution
Au-dessus de la droite, et de la gauche telles qu’elles sont devenues, la République Faire fond sur la France pour redresser l’Europe
L’impasse du fédéralisme : quand les socialistes font voler les coquecigrues
La gauche doit se mettre à la hauteur du défi
Critiquer Nicolas Sarkozy non sur sa personne, mais sur son projet
Se réapproprier les valeurs de transmission
La gauche doit rencontrer la République… et la France

XIII – Le grand pari sur la France au XXIe siècle : faire vivre le modèle républicain
D’abord se comprendre soi-même
Promouvoir et faire vivre le modèle républicain dans le monde
Retrouver le sens de la durée
Rompre avec la dictature de l’instant
Dépasser l’horizon des marchés
Changer les règles du jeu
Deux projets républicains : la politique industrielle
Autre priorité majeure
L’Éducation et la Recherche
La machine éducative enrayée : le « quartile réfractaire »
L’« effet maître »
Prendre une vue « systémique » des choses
À l’articulation du lycée et de l’enseignement supérieur
Résorber les fractures de notre système d’enseignement supérieur et de recherche
L’idéal de l’homme libre
L’École au cœur du modèle républicain civique

XIV – Le grand pari sur la France au XXIe siècle : organiser la « résilience » de l’Europe
Réapprendre à penser en trois dimensions
Deux changements majeurs
La « République européenne des peuples » : un nouveau mode d’emploi des institutions européennes
Intérêt général européen et projet(s) partagé(s)
La Russie
La Méditerranée et l’Afrique
Nouer une relation politique avec les pays émergents
Une France libre, condition d’une Europe résiliente
Y a-t-il une alternative au couple franco-allemand ?

Conclusion

En route pour 2012, édito de Jean-Luc Laurent, secrétaire général du MRC

Posté par le 23 déc 2010 | Dans : Fédérations MRC d'Aquitaine

2011 est l’année de la mobilisation : nous passons à l’offensive. Nous nous sommes dotés du Programme de Salut Public, dont les quarante propositions déclinent notre ambition  pour la France. Celle de « l’autre politique » qui saura remettre la nation sur les bons rails des principes républicains.

L’aggiornamento que nous appelons de nos voeux devra résister aux idéologies surannées qu’incarnent le libéralisme et son pendant européiste. Alors que l’euro sombre jour après jour, la justesse de nos analyses n’est plus à démontrer : d’Athènes à Dublin, cette monnaie unique régie par une Banque Centrale Européenne et des gouvernements ivres d’orthodoxie libérale contraint les peuples à de sévères cures d’austérité. C’est sans doute la plus-value sociale qu’attendaient les thuriféraires des traités de Maastricht et de Lisbonne.

Dans un même registre prospectif, le nouveau livre de Jean-Pierre Chevènement fera date. Fondé sur une analyse solide et argumentée avec des propositions pertinentes, il répond à une question salutaire, au fond la seule qui vaille : la France est-elle finie ? Prenant le contre-pied des déclinologues, Jean-Pierre Chevènement réaffirme avec force la capacité du peuple français à se choisir un dessein d’avenir. Pour cela, les citoyens doivent se réapproprier collectivement la France et redevenir maîtres de leur destin.

Cet ouvrage décapant fournira aux militants du Mouvement Républicain et Citoyen les clés idéologiques indispensables pour sortir de la pensée unique qui alterne entre le libéralisme et le social-libéralisme dans laquelle nous sommes englués depuis 1983. Je vous en conseille vivement la lecture et la diffusion à une large échelle.

Afin d’accompagner sa sortie, le MRC édite une affiche consacrée à la promotion du livre qui sera distribuée à l’ensemble des fédérations. Jean-Pierre Chevènement accomplira également un vaste tour de France et sera disponible pour un marathon médiatique de grande ampleur qui lui permettra de donner à son livre et à notre message l’écho qu’ils méritent.

Diagnostic et programme d’action tout à la fois, ce livre de Jean-Pierre Chevènement confirme sa stature d’homme d’Etat mettant son expérience au service des citoyens pour sortir la France de l’ornière. Il appartient au MRC d’appuyer l’action de Jean-Pierre Chevènement pour préparer 2012 et l’aider à faire bouger les lignes.

 » La France est-elle finie ?  » Le passé, l’avenir et nous par Marie-Françoise Bechtel

Posté par le 23 déc 2010 | Dans : Non classé

 

Titre provocateur que celui de cet ouvrage, où Jean-Pierre Chevènement prend date avec l’avenir sans donner quitus au passé.

Mais susciter le réveil des consciences est dans le droit fil de la tâche historique qu’il a choisi d’assumer depuis une quarantaine d’années. Dans la continuité de cette mission, il pose aujourd’hui, sans complaisance et sans délectation morose, la question de notre avenir.

LE PARI DU PASSÉ

Et tout d’abord est la question : que nous est-il arrivé, à nous progressistes et républicains depuis trente ans ? Et qu’est-il arrivé à la France qui, « il y a un demi-siècle, nourrissait encore des rêves de grandeur avec le général De Gaulle, ou même il y a trois décennies l’ambition de « changer la vie » avec François Mitterrand, (et qui) apparaît aujourd’hui comme un pays sans avenir, désespérant pour sa jeunesse. » ?

La première partie de l’ouvrage cherche d’abord à restituer sa pleine dimension à la question. La posture critique est celle d’une interrogation raisonnée. Ce n’est pas l’indignation pamphlétaire, c’est d’abord la volonté de comprendre : d’Epinay aux années 2000 avec pour temps fort le tournant européen de la France. Défrichement, mise en perspective magistrale, parfois réévaluation lorsque c’est nécessaire1. Le résultat est un tableau saisissant qui restitue une logique en lieu et place de la succession des événements, éclairant le rôle des hommes2 sans négliger les facteurs qui font des pouvoirs et des idéologies plus ou moins latentes la clé de l’histoire telle qu’elle se fait.

Mais l’ouvrage ne s’en tient pas à l’analyse, si brillante soit-elle du « que nous est-il arrivé » ? Il faut aller au coeur de ce qui l’a permis, « l’énigme » de notre histoire : « Pour avoir vécu celleci au premier rang depuis quarante ans, je sais qu’il ne sera pas possible de réinventer l’avenir de notre peuple sans l’avoir éclaircie. »

D’où deux hypothèses centrales qui sont au coeur des premiers chapitres de l’ouvrage.La première : ce qui nous est arrivé dans les années quatre vingt à quatre vingt dix trouve sa source voire sa continuité dans les années trente à quarante qui ont vu la France cesser de croire en elle, les élites trahir le peuple et l’esprit de défaite s’insinuer dans la conscience collective au-delà du sursaut de la 5° République. C’est une hypothèse rarement soutenue. Accablante, peut-être ; lucide certainement, cette évaluation de notre potentiel négatif creuse profond dans le terreau qui a alimenté notre renoncement.

La seconde hypothèse est celle du « pari pascalien » de François Mitterrand, qui parcourt largement cette première partie. Dans une investigation caractérisée par la hauteur de vues, sans réclamations mesquines ou appels au « bilan »,

Jean-Pierre Chevènement expose les divergences, évalue les contradictions et en vient finalement à conclure que le pari de l’ancien chef de l’Etat, largement tributaire de son histoire personnelle, aura été une fuite en avant : « La France est notre patrie, l’Europe est notre avenir ». On ne saurait être dupe de la portée réelle de cette formule qui veut dire au fond pour son auteur que « la France est finie »3.

LES PROLÉGOMÈNES DE L’AVENIR

En contrepoint du « pari pascalien » la deuxième partie de l’ouvrage déploie et ordonne les défis du futur. Moins encore peut-on ici résumer une pensée qui avance en se construisant elle-même, non plus par hypothèses raisonnées mais par la synthèse d’une expérience nourrie à l’épreuve du feu et toujours alimentée par une réflexion personnelle fondée sur des références historiques philosophiques, littéraires même.

Comme François Mitterrand dans la première partie, l’Allemagne est le profil clé de cette deuxième partie. Mais c’est l’avenir de la France qui en est le pari. D’abord l’Allemagne dont on doit reconnaître qu’elle domine aujourd’hui l’Europe, comme « nation redevenue normale ». Jean-Pierre Chevènement, en dialogue avec plusieurs penseurs notamment Peter Sloterdijk, ne se dit d’ailleurs pas totalement convaincu par la thèse de la normalité retrouvée. L’Allemagne aujourd’hui joue mondial et non européen mais les atouts « incontestables » qu’elle déploie mettent en péril une vision raisonnable de l’avenir de l’euro et par là de l’Europe elle-même. Sans prise de conscience de cette impasse historique, notre avenir commun qui est pour nous Français la seule issue, ne pourra se jouer. Si l’ouvrage décline les risques économiques, financiers et monétaires avec une grande précision, l’idée qui le sous-tend est que la question historique de l’Allemagne dépasse l’économie et même la politique. C’est le modèle culturel allemand qui est aujourd’hui en jeu.Pour Jean-Pierre Chevènement l’Allemagne doit redécouvrir l’idée de « mesure » 4. Ensuite, l’enjeu du futur, celui de l’après crise. Il est de savoir comment, pour nos deux nations au destin lié, la question de l’universel se posera au 21° siècle. L’avenir de la France est à ce prix.

Ce qui n’empêche pas l’auteur, au contraire, d’établir une « feuille de route républicaine ». Elle intègre l’Europe dont il faut organiser la « résilience » et même l’« intérêt général européen ». La France, « exécutrice testamentaire des idées de la Révolution » doit retrouver un  pouvoir de proposition. Alliée à une Allemagne qui aurait découvert le chemin de la « mesure », que ne pourrait-elle faire : « Quel prodigieux destin pourrait alors s’ouvrir aux deux peuples issus du partage de l’Empire de Charlemagne en 843, s’ils parvenaient à s’entendre sur quelques défis communs :

• un modèle social préservé ;

• une défense autonome ;

• une alliance sans subordination avec les Etats-Unis ;

• une main tendue à la Russie pour construire une grande Europe des peuples ;

• un co-développement organisé avec la Méditerranée et l’Afrique ;

• une régulation économique mondiale tendant à instaurer une concurrence équitable entre les grands pays émergents, dont le développement, davantage orienté par leurs besoins, est naturel, et les vieux pays industrialisés,soucieux à juste titre de préserver leur modèle social. »

***

On n’a pu ici donner qu’un trop bref aperçu de la richesse et la nouveauté de cette approche. L’ouvrage approfondit et met en perspective les constantes de la pensée chevènementienne : la question de la formation de la nation française, la participation des élites aux combats de la République, puis leur trahison, le caractère incontournable de la question allemande, mais aussi la volonté persévérante d’analyser pour comprendre, en faisant surgir le politique en lieu et place du politicien, le désir de construire l’avenir à partir des questions pertinentes, le sentiment de la hauteur à laquelle se situent les enjeux.

Certains appellent certes à « dépasser l’horizon des marchés » et « la dictature de l’instant ». Mais qui d’autre le fait en ayant en vue une haute ambition pour le pays, fondée sur une pensée du monde ? C’est que l’intelligence alliée au caractère reste une singularité. Nous le savons bien, nous qui suivons Jean-Pierre Chevènement pour ces mêmes raisons.

1 Ainsi l’acte unique que Jean-Pierre Chevènement évalue aujourd’hui davantage qu’hier comme l’élément clé de la « normalisation libérale » qui « de Paris à Bruxelles » a traduit en langage national le défaitisme européen

2 Si le rôle de Jacques Delors y apparaît tout particulièrement accablant, tantôt « Saint Sébastien, criblé de flèches », tantôt apôtre benoît de renoncements présentés comme autant de progrès, héraut de cette bataille que « la gauche a perdue sans l’avoir menée », on reconnaît là la froide ironie bien dans le caractère de Jean-Pierre Chevènement, arme plus efficace que la chaude indignation

3 « Je prête là peut-être beaucoup à François Mitterrand, mais il me semble qu’on ne peut comprendre son choix de l’Europe comme le vulgaire déguisement d’un ralliement au néo-libéralisme triomphant. Ce choix procède d’un cheminement et d’une vision du monde qui lui sont propres. Le « pari pascalien » qu’il a fait sur l’Europe ne peut se comprendre que d’une seule façon : il prend acte de ce qu’après l’effondrement de la France, il y a soixante-dix ans, sans précédent et sans équivalent dans notre Histoire, rien ne peut plus être comme avant. »

4 « L’expérience allemande doit conduire ce peuple profond et naturellement ouvert à la spiritualité à redécouvrir l’idée de mesure. L’Allemagne redevenue normale, ce n’est pas seulement une Allemagne en rupture avec le « décorum germanique » (romantisme sombre, héroïsme, ressentiment, comme le suggère Sloterdijk), c’est une Allemagne ayant transformé durablement son expérience en conscience, pour faire aussi de la mesure une force. Dans cette conception, il n’y a pas de « grâce de la naissance tardive », selon l’expression qu’aimait à employer le Chancelier Kohl ; il y a un chemin de régénération non pas seulement pour le peuple allemand, mais pour l’Humanité entière. »

Serviles platitudes journalistiques

Posté par le 01 jan 2011 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de X D

Dans ce titre, je n’évoque pas les voeux du nouvel an qui restent l’expression traditionnelle et utile d’une sociabilité de bon aloi et que nous présentons à tous nos fidèles internautes. Cet euphémisme plat veut simplement souligner l’ambivalente ambiguité de l’expression de nos convictions les plus sincères quand elles alimentent à notre insu des postures serviles aux antipodes de nos objectifs.

Je ne pointe pas ici les propos journalistiques empruntés  relatant,  sans jamais les décoder, les faits, gestes, voire même les turpitudes des importants qui font l’actualité. Point n’est besoin de préciser que l’époque préfère la notoriété à l’intelligence et confond popularité et mérite. Ce disant, les résultats d’un sondage donnant au couple présidentiel un record de taux d’agacement à 115% m’amuseraient si ce n’était l’imbécilité même de cette démarche sondagière!

Non, je veux désigner les termes à la mode dont se repaissent nos bonnes âmes à longueur de discussions, d’émissions et d’articles.

Prenez celui de transparence. Les uns l’exigent en tous domaines au risque de mettre à mal les droits les plus élémentaires tels que la protection de la vie privée que l’on doit même préserver chez ceux qui appartiennent au cercle des dirigeants de tous poils! Comme si l’exercice d’une importante fonction publique ou privée  exposait par principe son détenteur aux voyeurismes les plus déplacés et exonérait d’avance les pratiques de paparasites. Pour autant la diffusion d’informations soi-disantes diplomatiques mérite-t-elle autant de récriminations quand les services concernés n’ont su prendre les mesures élémentaires de protection des données par ailleurs de peu d’importance? Qui ignorait le capital de sympathie du ministre de l’Intérieur de l’époque auprès de l’administration Bush avant l’affaire Wikileaks?

Le populisme tant décrié et mis à toutes les sauces illustre à merveille le risque de mésusage du sens réel du mot. Le « Qu’ils s’en aillent tous « de Mélenchon mérite -t-il autant de réprobations quand il s’agit de marquer le refus d’une connivence des élites ? L’inexorable montée de Marine Le Pen ne saurait interdire aux autres de se faire entendre au risque de laisser le FN engranger ce rejet populaire de la façon d’être de nos prétendues élites. Ce disant je m’amuse de ces postures inclinant à la facilité ou à l’amalgame, préférant pour ma part le style Chevènement, plus classique, à celui du président du PdG, orateur  cinglant abusant quelque peu de son talent de bête de scène. La dénonciation cohérente des élites mondialisées n’empêche nullement l’exigence d’une critique constante de la financiarisation de l’économie, à commencer par celle de l’Europe du traité de Maastricht qui remonte à loin…

L’indignation retrouve aussi sa place dans un monde injuste et révoltant. De là à considérer la primauté du sentiment sur le raisonnement, il n’y a qu’un pas que ne franchirait pas le très respectable Stéphane Hessel, auteur de cet opuscule « indignez-vous! »qui remporte un succès de librairie inégalé dans le genre.

Ultime exemple autour des sempiternelles dénonciations  de l’individualisme qui résumerait l’idéologie du chacun pour soi. En langage savant : l’individualisme méthodologique de Boudon versus les sociologues De Singly et Corcuff qui revisitent la question individuelle pour remettre en perspective une dimension essentielle de l’anarchisme, composante libertaire du courant révolutionnaire. Pour le républicain basique que je suis, ne s’agit-il pas, plus prosaiquement de concilier l’intérêt général avec la reconnaissance  de la  capacité critique de l’individu? Autrement dit la citoyenneté!

C’est dire qu’il y a place  au questionnement de chacun d’entre-nous dans notre dénonciation d’une marche du monde qui ne finira pourtant jamais de ruser avec la petitesse caricaturale de nos visions des choses. Disant cela je ne  me permettrais pas de m’ériger en censeur, me sentant tout autant visé dans cette auto-flagellation d’une  gauche intellectuelle doutant d’elle même au point de  s’installer dans les références de ceux(ce) qu’elle combat plutôt que  de questionner ses idées reçues.

X.D

 

Fric, krach et gueule de bois

Posté par le 12 jan 2011 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de X D

France 2 s’est honorée hier soir d’un documentaire pédagogique sur le roman de la crise. Autour de Pierre Arditi, l’émission tentait de remonter aux sources du grand virage néolibéral avec force illustrations puisées dans l’histoire. Les conflits sociaux mettant aux prises les contrôleurs aériens des Etats-Unis d’Amérique avec Ronald Reagan, intransigeant puis victorieux et licenciant des milliers de grévistes après une longue et rude épreuve. Même scénario dans l’Angleterre de la dame de Fer qui dut son surnom à son attitude dans la guerre qu’elle mena aux mineurs avant de démanteler des pans entiers de l’industrie et des services publics. Objectif avoué d’une façon on ne peut plus provoquante : balayer le socialisme!

Cette période marquée par la nouvelle hégémonie des théories de Milton Fridman avec les Chicago boys qui testèrent leurs « principes » dans le Chili de Pinochet et les golden boys, ces pionniers d’un monde de la finance globalisée où l’argent facile règne en maître pour qui spécule sans limites. En France un Messier ou un Tapie exprime ces grandes réconciliations avec les valeurs de l’argent. Ces mêmes valeurs jadis honnies par un François Mitterrand dénonçant l’argent qui corrompt… avant d’être lui-même l’otage du néoconservatisme libéral en marche dans le monde anglo-saxon.

Cette France plongée dans un paradoxe absolu après une éphémère expérience de relance économique avec « l’autre politique » accompagnant les nationalisations des banques et des grands monopoles industriels. Peine perdue quand, en 1983, la parenthèse libérale -- qui ne devait jamais se refermer -- redoublait de rigueur envers les plus pauvres, ouvrant la voie à la précarité et au chômage de masse avec une inversion du partage de la valeur ajoutée au profit du Capital.

François Mitterrand et Jacques Delors engagaient la France dans une fuite en avant au travers de l’Acte unique préparant le grand marché et la monnaie unique. Avec les traités de Maastricht et d’Amsterdam, s’en était fait de toute véléité de changement social en France et en Europe.

Pour décoder cette histoire et ses ressorts, comprendre la politique d’un François Mitterrand et le ralliement de la gauche au social-libéralisme, il faut aller plus loin. Dans le livre de Jean-Pierre Chevènement nous trouvons le récit et les clés de cette histoire. Une histoire à revisiter à la veille d’échéances majeures pour le destin de la France quand l’idée même d’une compétition DSK-Sarkosy nous donne déjà la gueule de bois!

X.D

A lire : La France est-elle finie? de Jean-Pierre Chevènement , éditions Fayard, janvier 2011, 315 pages.

« Je ne suis pas plus impatient d’être candidat que le Christ de monter sur la croix »

Posté par le 14 jan 2011 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de X D

Ainsi s’exprimait hier Jean-Luc Mélenchon dans ses voeux à la presse dans un café parisien. Celui qui déclare son envie de « participer à une audace comparable à celle de la gauche en 1981″ déplore la lenteur du processus de désignation d’un candidat commun au PCF, à la gauche unitaire et au PdG. Par delà les impatiences du leader du PdG on peut surtout s’interroger sur les tenants et aboutissants d’une telle démarche.

Cette gauche de radicalité suffirait-elle à relever le défi de l’alternative? Elle dispose certes d’une base partisane et d’un matelas de voix qui peut la crédibiliser. Pour autant est-elle, au sein même de ses différentes composantes, complètement d’accord sur la stratégie à adopter vis à vis du PS? L’attaque frontale du social-libéralisme pour créer un véritable espace de type Die Linke mènera-t-il à l’affirmation d’une stratégie d’un pôle de radicalité autonome?  en vue d’une éventuelle maison commune? sur des bases anticapitalistes, agrégeant aussi la formation trotskiste du NPA? avec la capacité de porter un projet commun?

A la veille de la préparation des élections locales on est encore loin de ces perspectives quand se joue encore la confrontation entre les deux principales formations du Front de gauche. Le PC entend préserver ses élus locaux et parlementaires qui pèsent toujours dans la vie politique locale et nationale quand le PdG voudrait une traduction électorale de son attractivité politique ici et maintenant. Ce qui rend parfois difficile la résolution des désaccords aux élections locales. En arrrière-plan, les dirigeants du PCF se rangeraient bien, in fine, à l’idée d’une candidature unique Front de gauche aux présidentielles, avec une validation de la base. D’où la candidature du député Chassaigne et la consultation interne… Et cette réaction du député du Rhône André Gérin qui officialise sa propre candidature et dénonce tout de go la candidature Mélenchon qui « roule pour le Parti socialiste » et celle de Chassaigne « un alibi pour faire avaler celle de Mélenchon ».

Au fond Jean-Luc Mélenchon devrait monnayer sa personne contre l’assurance d’une place prédominante des élus et parlementaires communistes. Lesquels ne pourraient être élus, dans la foulée des présidentielles, qu’avec un bon report de voix socialistes!

Quoi qu’il en soit la stratégie d’alternative aux élections présidentielles gagnerait à s’incarner dans des choix clairs et sans arrières pensées aucune. A la question récemment posée par des journalistes à  Jean-Pierre Chevènement sur l’éventualité de son soutien à Jean-Luc Mélenchon, le président d’honneur du MRC répondait en ses termes : “Mélenchon cherche à constituer un pôle de radicalité à gauche, ça n’est pas mon cas”… “Moi je m’adresse à tous les Français et je reste fidèle à ce que je disais en 2002: ce qui est nécessaire à la France c’est un candidat qui soit l’homme de la Nation”.

Une stratégie d’alternative reposant sur une volonté de faire vivre le modèle républicain français et prônant une République européenne des peuples priorisant la croissance et l’emploi, ne saurait s’accomoder de petits calculs politiciens. Pour le dire tout net, l’hypothèse d’une compétition Sarkozy -- DSK ne permet aucune possibilité de ralliement au second tour d’une gauche authentiquement républicaine et sociale à l’actuel président du FMI, chantre du social-libéralisme.

Le paradoxe est que l’hypothèse d’une telle farce électorale, mettant en scène une opposition factice avec les tenants d’une politique du pareil au même, valide plus que jamais le scénario d’une candidature républicaine pour une autre politique. Pour Jean-Pierre Chevènement se serait un devoir. La candidature de cet homme d’Etat représenterait une chance pour la France.

Ce fondateur du parti d’Epinay qui a déjà bu le calice jusqu’à la lie pour avoir  pris toutes ses responsabilités dès la parenthèse libérale de 1983, puis lors de la première guerre du Golfe, du référendum sur le traité de Maastricht, de la tentative jospiniste de partition de la République dans le dossier corse, du référendum contre le projet de constitution européenne et contre le traité de Lisbonne, a indiscutablement le charisme, l’intelligence et l’expérience nécessaire pour porter un nouveau dessein de progrès. Ancien ministre d’Etat à la recherche et à l’industrie, à l’éducation nationale, à la défense, à l’Intérieur, le sénateur préside une fondation qui n’a rien à envier aux autres think-tanks de la gauche.

Ce républicain élu au sénat contre la volonté du PS et de l’UMP sait bien de quoi il parle quand il propose de rassembler les forces vives de la Nation autour d’un projet républicain. Et pour partager, d’une certaine manière, son goût du sacrifice, je n’en savoure pas moins l’humour de celui qui demande aujourd’hui à DSK de retrouver le chemin de Damas…

X.D

« Pour Chevènement, il faut fermer la « parenthèse libérale »", entretien de Jean-Pierre Chevènement à L’Humanité Dimanche

Posté par le 24 jan 2011 | Dans : Blog du Che

Avec « La France est-elle finie? », Jean-Pierre Chevènement analyse les circonstances et les raisons politiques et idéologiques qui ont conduit le PS à se rallier au libéralisme dans les années 1980, au nom de la construction de l’Europe. L’ancien ministre socialiste explique sur quoi, selon lui, il faudra s’appuyer pour fermer cette « parenthèse » ouverte avec le soutien de Mitterrand.

Humanité Dimanche : Pourquoi avez-vous décidé de sortir ce livre maintenant ?
Jean-Pierre Chevènement :
C’est que la crise de 2008/2009 éclaire d’une lumière crue les erreurs commises dans les années 80 et 90. Il faut les connaître pour trouver les moyens du redressement. Prenons la monnaie unique : les règles de la monnaie unique sont fixées en 1989 par le groupe Delors composé des gouverneurs de banques centrales et notamment de celui de la banque centrale allemande. Et c’est lui qui tient la plume et impose l’indépendance de la BCE, la lutte contre l’inflation identifiée comme la seule mission de la BCE. Règles copiées sur celle de la Bundesbank et acceptées par la France au Conseil européen de Madrid (juin 1989). La libération des capitaux à l’égard de tous les pays du marché commun mais aussi à l’égard des pays tiers, y compris les paradis fiscaux, apparaît dans l’acte unique négocié en 1985. Cette clause est imposée en fait par Margaret Thatcher. Ce texte est ratifié en 1987 par les socialistes mais aussi par la droite, alors majoritaire. La libération des capitaux intervient, le 1er janvier 1990, sans harmonisation préalable de la fiscalité sur l’épargne, sous l’impulsion du Chancelier Kohl et sans objection de la France. Elle introduit une inégalité fondamentale entre le capital et le travail et va ouvrir la voie aux délocalisations industrielles.

HD : C’est donc au milieu des années 80 que les socialistes Français commencent à dériver vers le social-libéralisme ?
JPC :
Lorsque je démissionne en mars 1983, le choix vient d’être fait par François Mitterrand de ce que Lionel Jospin -- alors Premier secrétaire du PS -- appelle la « parenthèse libérale ». Une parenthèse qui reste ouverte… avec les conséquences que l’on connait. En effet, après la période 1981-1983, le PS met en œuvre sur le continent avec Helmut Kohl, les politiques de dérégulation que Thatcher, Reagan avaient initiées dans le monde anglo-saxon. François Mitterrand substitue la perspective de l’union politique de l’Europe au projet national de transformation de la société française qui était celui de 1981. C’est ce que j’appelle son « pari pascalien » sur l’Europe en référence à ce que Pascal écrit à propos de Dieu : « si vous pariez sur Dieu vous gagnez tout et vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter ». Mitterrand, lui, fait le pari sur un au-delà des nations appelé « Europe ». Comparé à la misère des nations telle que l’ont révélée les deux guerres mondiales, l’Europe est un au-delà merveilleux qui nous protègera et nous garantira la prospérité et la paix. On sait ce qu’il en est advenu : l’Europe a été le masque du ralliement au libéralisme.


 

HD : Comment faire, pour que la gauche « remette les yeux en face des trous », pour reprendre une de vos expressions ?
JPC :
Après leurs séjours prolongés dans le bain acide du néo-libéralisme, il faut dépasser la droite et la gauche telles qu’elles sont devenues, l’une ayant tourné le dos à la nation, l’autre aux couches populaires par une stratégie de rassemblement républicaine sur un projet de gauche profondément renouvelé. Il faut une gauche rassembleuse sur un projet de redressement de la France dans l’Europe et de l’Europe elle-même. Une Europe fondée sur les nations qui sont les cadres essentiels de formation de la volonté démocratique. C’est en s’appuyant sur la volonté démocratique des peuples qu’on redonnera l’élan à l’Europe et à ses nations.

Avoir « les yeux en face des trous » c’est comprendre que la crise est devant nous et s’armer pour y faire face, c’est savoir qu’en dernier ressort on ne pourra s’appuyer que sur la souveraineté nationale pour redresser l’Europe. La France doit peser pour amener le gouvernement allemand à revoir ses priorités budgétaires et monétaires dans l’intérêt de l’Europe et de l’Allemagne elle-même, qui n’a pas intérêt à une récession européenne généralisée. C’est aborder la crise de l’euro de préférence en en changeant les règles du jeu pour préserver l’euro et sinon en préparant un plan B en changeant de jeu- monnaie commune-SME bis- pour enrayer la désindustrialisation qui fragilise notre modèle social.
C’est également assumer les valeurs qu’avait su assumer la Troisième République et soi dit en passant le Parti communiste à la Libération dans des domaines comme l’école, la science, les valeurs de la connaissance, l’effort, le souci de la sécurité, et enfin le civisme qui ne va pas lui-même sans le patriotisme… Nous ne devons pas laisser ces valeurs à la droite. Bref, nous devons rompre aussi avec l’héritage libéral-libertaire.

HD : Quel regard portez vous sur ce qui se passe à la gauche du PS ?
JPC :
Ce qui se passe à la gauche du PS m’intéresse. Jean-Luc Mélenchon n’a pas toujours eu les même choix que les miens. Il était pour le traité de Maastricht, mais à tous pécheurs miséricorde ! Je lui trouve un certain mérite. Il a eut la volonté de rompre avec le PS. Mais est-ce qu’il suffit de créer un pôle de radicalité ou un pôle de gauche à coté du PS ? Est-ce qu’il ne faut pas avoir une ambition plus large ? C’est là que se trouve la pertinence de l’idée républicaine, pour rassembler plus largement, pour imprimer un autre cours à la politique Française. Le Front de gauche, à mon sens, porte certaines ambigüités sur la nation, la souveraineté nationale et le bon usage que l’on peut en faire pour rassembler, redresser la construction européenne et peser sur le cours de la politique allemande actuelle pour pouvoir l’amener l’Europe et l’Allemagne, encore une fois dans son intérêt même, à revenir sur un certains nombre de choix budgétaires et monétaires qui risquent de plonger l’Europe dans une profonde régression.

HD : Serez-vous candidat à l’élection présidentielle de 2012 ?
JPC :
Je constate une chose, dans le système politique actuel, la seule véritable occasion de peser c’est la présidentielle. En 2012, il faut un candidat républicain avancé et capable de rassembler largement. Je n’en écarte pas l’hypothèse, y compris pour moi-même.

Propos recueillis par Stéphane Sahuc le 20 janvier 2011

 A lire dans le blog citoyen

Le communisme français, la démocratie et la république sociale.

Désert d’avenir à gauche ? Sept modestes contributions du blog citoyen, socialiste et républicain aux débats d’idées

Retour sur la parenthèse libérale

Jospin se raconte à la télé

MAM et les raccourcis d’une diplomatie bien mise à mal!

Posté par le 03 fév 2011 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de X D, a4-Le blog citoyen croque Sarkozy et sa politique

Innocence, inconscience ou inconséquence? A écouter notre ministre, bien étrangères à ses affaires, il n’y aurait que malice politicienne à lui demander des comptes. Elle affiche, comme à son habitude, sur un ton prude et emprunté, sa parfaite innocence dans ces procès journalistiques et politiques.

Peu importe qu’elle et son compagnon, Patrick Ollier, lui même ministre des relations avec le parlement, aient bénéficié entre Noël et le jour de l’An de l’avion du tunisien Aziz Miled, entre Tunis et la ville de Tabarka, pour y passer des vacances dans un hôtel lui appartenant.

Peu importe que cet Aziz Miled soit un proche du beau-frère de l’ex-président Zine el Abidine Ben Ali et qu’il fasse partie d’une liste de personnalités tunisiennes dont la Suisse a gelé les avoirs le 19 janvier.

«Honnêtement, je n’ai pas pensé que ça pouvait causer le moindre problème» affiche-t-elle sur le ton désinvolte d’une plénipotentiare oublieuse de ses lourdes charges. Pour un peu, MAM serait victime d’une machination politico-médiatique tout comme Aziz Miled qu’elle présente comme une victime du clan Ben Ali dans une cession de parts de sa société de transport aérien au profit de Belhassen Trabelsi, le beau-frère du dictateur déchu.

Mais nous voilà à présent rassuré car «vu l’émotion, la polémique suscitées», elle ne referait plus ce voyage. «Oui», un ministre doit s’interdire de monter dans un avion privé, a-t-elle soutenu, précisant qu’elle faisait «toujours attention» à ne pas le faire, mais qu’elle n’avait dans ce cas précis «pas vu le mal sur le moment» car «il s’agissait d’amis».

Des amis décidément bien encombrant et dont on ne sait plus, de proche en proche, où ils s’arrêtent.

De quoi semer le doute, après la regrettable affaire de l’ offre d’une coopération policière au régime de l’ex-président tunisien, alors que les manifestations se multipliaient ce 11 janvier 2011.

Laurent Wauquiez, peu bien dénoncer une « campagne indigne d’acharnement » contre la chef de la diplomatie. Celle-ci n’en demeure pas moins « totalement disqualifiée ». A-t-elle encore  » sa place au gouvernement » avec ce séjour dans un pays alors en révolte contre son président? En reprenant les termes d’éminentes personnalités de ce pays, on peut bien s’interroger à voix haute!

X.D

Le bêtisier présidentiel

Posté par le 12 fév 2011 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de X D, a4-Le blog citoyen croque Sarkozy et sa politique, a6-Les colères du dogue patriote

Le plus affligeant le dispute au plus exaspérant dans cette logorrhée présidentielle mêlant platitudes éculées et contre-sens odieux. De quoi redoubler de colère vis à vis d’un pouvoir sourd aux attentes pressantes de nos concitoyens.

Tout aura été dit sur la banalité du show télévisuel dont on ne retiendra rien sinon l’absence de vision. Avec en point d’orgue, cette proposition attérante de jurés populaires dans les affaires délictuelles, qui résume  à merveille la petitesse de la pensée présidentielle. Et, au détour, cette correction publique infligée aux cancres de la classe soumis désormais à un sévère régime d’autorisation de congés. Façon peu élégante de signifier aux « collaborateurs » que les croisières présidentielles aux frais de la princesse sont strictement réservées à la fonction suprême.

Faire l’âne pour avoir du son est un procédé pédagogique. A petite dose acceptable. Mais jeudi on était plutôt rassasié jusqu’à vous en donner la nausée. Je dis « on »; ça ne vise en fait que les étourdis qui auraient pu se laisser gaver de ces propos de café du commerce alimentant une approche idéologique pour néo-cons.

Le dogue patriote

Pour le MRC, chacun doit financer les soins selon ses moyens et en bénéficier selon ses besoins.

Posté par le 10 avr 2011 | Dans : Fédérations MRC d'Aquitaine

„Pour ceux qui renoncent à se faire soigner

Les forfaits, les franchises, les déremboursements conduisent un quart de nos concitoyens à renoncer à des soins. L’augmentation continuelle de la part restant à la charge des patients dégrade le niveau de santé général de la nation.

„Pour ceux qui vivent dans des territoires délaissés

Les implantations de médecine de proximité se font rares pour tout un ensemble de populations et de régions. Il manquera par exemple pas moins de 10 000 médéceins généralistes en 2015 dans les banlieues et dans les campagnes. L’inégalité qui en résulte dans l’accès aux soins, la prévention et la prise en charge médico-sociale n’est pas supportable.

„Pour ceux qui souffrent de la privatisation des établissements

La dictature de la tarification à l’activité et la confusion des genres entre hôpitaux publics et cliniques privées ne profitent pas à l’intérêt général. Elles favorisent les dérives concurrentielles et lucratives : inflation d’actes inutiles, sélection des patients en fonction de leur pathologie, disparition d’activités non rentables, captation des médecins hospitaliers par le secteur privé, patients piégés par les dépassements d’honoraires.

„Rationalisons le financement de l’assurance-maladie

Le vieillissement de la population et les progrès techniques de la médecine rendent inexorable l’augmentation des dépenses de santé. Notre société doit l’accepter et se donner les moyens de la financer. En premier lieu, il est fondamental de créer des richesses, c’est-à-dire mener une véritable politique industrielle et lutter contre l’euro cher, grâce à une réorientation de la politique européenne. Il faut aussi réformer la fiscalité dans un sens moins complaisant avec les revenus financiers, maîtriser les dépenses et assainir les relations entre pouvoirs publics et entreprises pharmaceutiques.

„Réorganisons la médecine de proximité

Les activités ambulatoires du champ de la santé doivent être repensées sur la base de plusieurs principes que la loi HSPT a trop peu pris en compte : pluridisciplinarité, coordination, plateformes ambulatoires de formation, limitation des dépassements d’honoraires, alternatives à la rémunération à l’acte, encadrement de la liberté d’installation des professionnels.

„Renforçons l’hôpital public

Il est légitime et utile de réserver un statut particulier à l’hôpital public, pilier de notre système de santé. Il doit continuer d’assurer la synthèse républicaine entre excellence médicale et égalité d’accès aux soins. Il doit demeurer le lieu de formation universitaire des professionnels. Sa gouvernance doit associer bien davantage les soignants à la prise de décisions. Il doit pouvoir mixer la tarification à l’activité avec deux autres modes de financement : prix de journée et enveloppe globale, afin de remplir ses missions de service public.

Donne moi la main camarade !

Posté par le 01 mai 2011 | Dans : a3-Civisme, citoyenneté et militance chez X D

hpim1628.jpghpim1604.jpgfotos067.jpgfotos060.jpghpim1629.jpgcrédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain, quartier de la Bocca à Buenos-Aires

Les paroles de la chanson « Bidonville »
de Claude Nougaro :
 
Regarde là, ma ville.
Elle s’appelle Bidon,
Bidon, Bidon, Bidonville.
Vivre là-dedans, c’est coton.
Les filles qui ont la peau douce
La vendent pour manger.
Dans les chambres, l’herbe pousse.
Pour y dormir, faut se pousser.
Les gosses jouent, mais le ballon,
C’est une boîte de sardines, Bidon.

Donne-moi ta main, camarade,
Toi qui viens d’un pays
Où les hommes sont beaux.
hpim3549.jpgcrédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain, les mères de la place de Mai défendent la démocratie
Donne-moi ta main, camarade.
J’ai cinq doigts, moi aussi.
On peut se croire égaux.

Regarde là, ma ville.
Elle s’appelle Bidon,
Bidon, Bidon, Bidonville.
Me tailler d’ici, à quoi bon ?
Pourquoi veux-tu que je me perde
Dans tes cités ? A quoi ça sert ?
Je verrais toujours de la merde,
Même dans le bleu de la mer.
Je dormirais sur des millions,
Je reverrais toujours, toujours Bidon.

Donne-moi ta main, camarade,
Toi qui viens d’un pays
Où les hommes sont beaux.
Donne-moi ta main, camarade.
J’ai cinq doigts, moi aussi.
On peut se croire égaux.

Serre-moi la main, camarade.
Je te dis : « Au revoir ».
Je te dis : « A bientôt ».
Bientôt, bientôt,
On pourra se parler, camarade.
hpim3555.jpgcrédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain, avec les mères de la place de Mai défense de la démocratie
Bientôt, bientôt,
On pourra s’embrasser, camarade.

Bientôt, bientôt,
Les oiseaux, les jardins, les cascades.
Bientôt, bientôt,
Le soleil dansera, camarade.
Bientôt, bientôt,
Je t’attends, je t’attends, camarade.

hpim3539.jpg

hpim2148.jpg Crédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain avec l’accord des mères de la place de Mai d’Argentine et du comando de los exonerados du Clilihommageaucompaneroallende1.jpgcommémoration de l’anniversaire de l’élection du companero Salvador Allende à la présidence de la république du Chili

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    Jean-Pierre Chevènement, en visite à Bordeaux, livre au Blog citoyen, socialiste et républicain son analyse sur l’évolution de l’intervention en Libye après les évènements des jours derniers

    Posté par le 03 mai 2011 | Dans : a5-Les entretiens du blog citoyen

    memo0009.jpgCrédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain. Entretien exclusif de Jean-Pierre Chevènement au blog citoyen et à Agora vox ce mardi 3 mai 2011 au salon des conférences de la librairie Mollat à Bordeaux.memo0006.jpg

    Jean-Pierre Chevènement au blog citoyen : « J’exprime très clairement ma préférence pour un processus politique permettant aux Libyens quelque soit leur école de pensée et leur façon d’envisager les choses de se retrouver et de définir les conditions dans lesquelles la population libyenne, le peuple libyen pourra lui même choisir la voie de son développement, la voie de son auto-détermination. « 

    Ci-dessous une vue de l’assemblée lors de la présentation du livre de Jean-Pierre Chevènement  qui a suivi la conférence de pressse.memo0008.jpg

    Jean-Pierre Chevènement : « Alors, j’en viens à votre question. on a cru, à tort ou à raison, que le régime libyen était aux abois. A la suite de démarches sur lesquelles on peut s’interroger -- je pense à l’intervention de BHL auprès du président de la République -- on a décidé d’aller dans le sens non pas d’une ingérence -- qui n’est pas autorisée par le conseil de sécurité des Nations Unies -- mais dans le sens de la mise en oeuvre de la responsabilité de protéger. C’est la résolution 1973. L’ONU demande à un certain nombre de pays qui ont formé une coalition de protéger les civils contre toute tentative de génocide, crime de masse, crime contre l’humanité…

    On peut s’interroger sur le fait de savoir si ce mandat n’est pas en train d’être outre-passé par des frappes dont l’objet n’est plus de protéger les civils. On est sur une question de principe! Est-ce que l’on veut préserver la notion de la responsabilité de protéger les civils ou -- la différence est ténue -- est-ce que l’on va s’aventurer sur le terrain de l’ingérence que l’ONU n’a jamais acceptée?

    L’ingérence c’est la capacité donnée aux pays qui sont les plus forts de s’ingérer dans les affaires des pays qui sont les plus faibles. On n’a jamais vu l’inverse! Les faibles ne s’ingèrent pas dans les affaires des forts. Donc c’est un autre mot pour caractériser les comportements de type impérialistes!

    On est vraiment sur une frontière. Il y aura un moment où il faudra que le conseil de sécurité reprenne cette affaire. J’exprime très clairement ma préférence pour un processus politique permettant aux Libyens quelque soit leur école de pensée et leur façon d’envisager les choses de se retrouver et de définir les conditions dans lesquelles la population libyenne, le peuple libyen pourra lui même choisir la voie de son développement, la voie de son auto-détermination. Ce n’est pas à l’extérieur d’apporter la démocratie en Libye pas plus que partout ailleurs! »

    Propos recueillis par Xavier Dumoulin pour le blog citoyen, socialiste et républicain

    Tout prochainement sur ce blog, l’entretien exclusif de Jean-Pierre Chevènement au blog citoyen, socialiste et républicain et à Agora Vox

    memo0010.jpgmemo0007.jpgCrédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain. Une vue de l’assemblée et, au premier rang, de responsables  régionaux du Mouvement républicain et citoyen

    le Sud-Ouest -- Bordeaux titre : « La mémoire de Chevènement » sans rendre compte de l’actualité brûlante des positions du président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen, ancien ministre et sénateur du territoire de Belfort.

    Hier soir, l’ancien ministre d’État a commenté son livre devant une salle pleine.Malgré ses 71 ans et une activité politique nationale en retrait depuis l’élection présidentielle de 2002, Jean-Pierre Chevènement fait toujours recette. On en veut pour preuve sa conférence d’hier soir au salon Albert-Mollat à Bordeaux, salle archi-pleine et composée de personnes de toutes les générations. En titrant son dernier livre « La France est-elle finie ? », l’ancien ministre de François Mitterrand, connu pour ses positions tranchées sur l’Europe, la laïcité et la sécurité, a sans doute alerté un certain nombre de citoyens inquiets de la perte d’influence du pays sur la scène mondiale.

    Pour autant, les auditeurs d’hier soir ont-ils trouvé la forte personnalité susceptible de les guider vers un avenir meilleur ? Encore faudrait-il qu’elle veuille concourir à nouveau à la présidentielle. Ni son livre, ni sa conférence d’hier ne le laissent supposer.

    Reagan, Kohl, Thatcher

    En fait, le « Che » est plutôt dans la posture du « je vous l’avais bien dit ». Adversaire résolu du traité de Maastricht, opposé en permanence à Jacques Delors et souvent à François Mitterrand durant ses douze années de présence au gouvernement, il juge que la crise économique européenne conforte ses prophéties d’antan. Son érudition et sa mémoire phénoménale l’incitent à partir dans d’interminables digressions historiques qui nuisent forcément à l’actualité du propos. Ceux qui s’attendaient à une analyse prospective de la pénurie de pétrole, ou de l’irruption du fait écologique dans la vie politique, en ont été pour leurs frais : Chevènement a parlé d’Helmut Kohl, Ronald Reagan, Margaret Thatcher et même d’Adrien Marquet et Marcel Déat. Pas de Nicolas Hulot ou Eva Joly, encore moins de Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry. Il est vrai qu’il n’en parle pas non plus dans son livre.

    Pour autant, son discours est loin d’être dénué d’intérêt. Lorsqu’il prétend que les décisions de l’Europe doivent être intergouvernementales et non confisquées par des instances non élues, il rallie la majorité des suffrages. « Il faut reprendre l’ouvrage et ça se fera », insiste-t-il. Lorsqu’il dénonce la « fonte » de l’industrie française qui fragilise notre économie relativement à l’Allemagne, il énonce une vérité répétée partout. Antieuropéen, lui ? Pas du tout : « À long terme, le choix de Mitterrand a été judicieux mais il a fait trop confiance aux institutions. »

    Mais le temps passe inexorablement et si les choses doivent évoluer, ce sera probablement sans lui. Chevènement appartient (presque) à l’Histoire.

    A lire tout prochainement sur ce blog, l’entretien exclusif de Jean-Pierre Chevènement au blog citoyen, socialiste et républicain et à Agora Vox pour connaître la position du sénateur et président d’honneur du MRC sur les grands sujets : Europe, politique économique et sociale, Pacte de compétitivité, monde arabe… mais aussi sa posture dans le cadre de l’élection majeure.

    Chevènement président ? A suivre dans notre prochaine édition avec l’entretien exclusif au blog citoyen, socialiste et républicain - Agora Vox.

    Le citoyen CHEVENEMENT  livre ses riches réflexion…

    Jean-Pierre Chevènement sera candidat à la présidentielle et officialisera sa décision à l’automne

    Posté par le 04 mai 2011 | Dans : Battre campagne

    « J’ai précisé que ma candidature aurait pour objet de faire bouger les lignes car je considère qu’aujourd’hui, la perspective de la régression dans laquelle nous enferme le pacte de compétitivité Merkel-Sarkozy n’est récusée par personne »

    Les entretiens du blog citoyen : Chevènement et la présidentielle

    Posté par le 05 mai 2011 | Dans : a5-Les entretiens du blog citoyen, Battre campagne

    XD : Peut être à l’exception d’Arnaud Montebourg, vous ne manifestez aucune confiance dans les capacités de la gauche. Pour l’élection majeure, vous semblez prêt à accomplir votre devoir. Vous présentez une orientation singulière que vous portez du reste depuis longtemps … Ce projet, ce programme de salut public, serez-vous en capacité à l’élection majeure de le décliner en propositions concrètes pour que les citoyens se déterminent?

    JPC : Je pense qu’il faut voir si un espace politique existe. Pour que je puisse le faire, il faut non seulement des parrainages, il faut de l’argent, il faut des gens qui vous y encouragent, il faut qu’une alternative puisse réellement être offerte au pays.

    Une alternative ça comporte bien entendu un certain nombre d’orientations. C »est à dire qu’il faut mettre nos partenaires européens devant leur responsabilité et il faut poser la question avec suffisamment de force pour que le débat politique chez eux qui va se dérouler bientôt puisse en effet poser les mêmes questions que nous aurions en principe nous même résolus si j’avais pu accéder à la présidence de la République!

    Les entretiens du blog citoyen : »tordre le bâton dans l’autre sens » à l’occasion des prochaines élections en France, en Allemagne et en Italie

    Posté par le 05 mai 2011 | Dans : a5-Les entretiens du blog citoyen, Battre campagne

    XD : Face à la démission de nos élites, vous en appelez à la réappropriation par la gauche des valeurs républicaines et vous en appelez aussi à un accord de peuple à peuple entre la France et l’Allemagne.

    Jean-Pierre Chevènement : Je pense que les peuples ne se laissent pas facilement déposséder de leur souveraineté. Même une fois faite sa réunification, l’Allemagne est très attentive à travers la Cour constitutionnelle de Karlsruhe à ce que les décisions ne soient pas prises en contradiction avec  sa constitution et ses intérêts fondamentaux. Donc l’Allemagne défend ses intérêts nationaux, il faut en avoir tout à fait conscience. Le rapport de forces en Europe a changé.

    Nous ne sommes plus à l’époque où la France dominait l’Europe -- ce qui était encore vrai au début des années 80 -, l’Allemagne était alors divisée, c’était la guerre froide. Aujourd’hui, l’Allemagne est réunifiée. La guerre froide, elle est pour toujours derrière nous. L’europe elle-même, s’est élargie aux pays de l’Est, l’Allemagne étant une puissance centrale. Donc aujourd’hui le numéro 1 en Europe comme disait le chancelier Kohl c’est l’Allemagne. Elle le fait sentir, elle défend ses intérêts.

    Le pacte de compétitivité Merkel-Sarkosy -- je ne sais d’ailleurs pas pourquoi Monsieur Sarkosy a cru bon d’endosser ce pacte de compétitivité -- c’est une certaine conception du gouvernement allemand actuel de l’avenir de l’Europe. Une politique d’austérité à perte de vue, l’interdiction des déficits budgétaires dans la constitution, le recul automatique de l’âge du droit à la retraite, le décrochage salarial, partout des plans de rigueur -- pas seulement dans les pays d’Europe du Sud mais même en Italie, même en France, même en Allemagne!

    Donc une perspective très différente de la perspective américaine qui est une sortie de la crise par le haut, par la croissance et aussi par la planche à billet. Mais la politique de la banque centrale européenne est tout à fait différente de la Federal Reserve Bank, de la banque centrale américaine. Pourquoi avoir fait ce choix?…

    Je pense que le seul pays aujourd’hui qui peut faire entendre raison à l’Allemagne -- parce que je crois que c’est la voie de la raison -- c’est la France, s’appuyant autant que possible sur les autres. Mais il y a un mûrissement des consciences qui est nécessaire et je pense que c’est à cela que servent les débats électoraux… Il va y avoir des élections générales en France, en Allemagne et en Italie en 2012, 2013. Donc, c’est quand même l’occasion de tordre le bâton dans l’autre sens comme disait Lénine!

    Suite des entretiens du blog citoyen et d’AgoraVox avec J.P Chevènement: « Je ne suis pas contre l’Europe. Je suis contre la superposition à l’idée européenne d’un logiciel néolibéral à travers l’acte unique! »

    Posté par le 06 mai 2011 | Dans : a5-Les entretiens du blog citoyen, Battre campagne

    Jean-Pierre Chevènement répond aux questions du Blog citoyen et d’AgoraVox sur l’Europe

    Le capitalisme financier mondialisé, l’Europe

    « Le capitalisme n’obéit plus à aucune espèce de règles et en particulier le capitalisme financier va acquérir un poids prépondérant. Le capital financier à travers les fonds d’investissement, les salles de marché des grandes banques va dicter sa loi. C’est la théorie de l’acquisition de la valeur pour l’actionnaire, c’est la dictature de l’actionnariat et c’est le transfert d’une partie importante de l’appareil de production des vieux pays industrialisés vers les pays à très bas coût ou à fort potentiel de croissance. Par exemple la Chine bien évidemment qui est l’atelier du monde et qui forme chaque année 700000 ingénieurs et chercheurs, c’est à dire plus que l’Europe! »

    « Vous me posez la question de l’avenir de la France. La France est évidemment dans l’Europe. Je ne suis pas contre l’Europe. Je suis contre la superposition à l’idée européenne d’un logiciel néolibéral à travers l’acte unique qui par lui-même était assez incompréhensible pour ceux qui l’ont voté. »

    «  …C’est en fait l’acceptation du cadre néolibéral par l’Europe toute entière. Cela arrangeait peut être Madame Thatcher, ça arrangeait moins sans doute Monsieur Khol mais il l’a accepté. Ce qui est curieux c’est que les socialistes eux ont fait ce pari! Ce pari pascalien que j’évoque dans mon livre. »

    L’euro

     » Si on en reste au niveau de l’euro, il faut changer la perspective et changer les règles du jeu. Substituer la croissance à la récession, à la régression, à l’austérité. Par exemple procéder par une relance salariale ou par un emprunt européen. Il faut d’abord que les textes européens le permettent (…). Naturellement, il y a en Europe des degrés différents de solidarité et l’Europe ne représente pas une solidarité aussi puissante que celle qui peut exister à l’intérieur de chaque nation via un budget important, via des règles de sécurité sociale…bref il y a une solidarité effective, une politique d’aménagement du territoire… »

    « Mais au niveau de l’Europe, le principe qui a été posé par le traité de Maastricht confirmé par Lisbonne c’est la responsabilité de chaque Etat et l’interdiction des transferts financiers. Et il a fallu forcer la main de Madame Merkel pour lui faire accepter le principe d’un fonds européen de stabilité financière… »

    Le pacte de compétitivité

     » Madame Merkel impose son pacte de compétitivité à Monsieur Sarkosy parce qu’elle a besoin de la caution de la France pour l’imposer aux autres! Avez-vous entendu que les partis de gauche  en France, en Allemagne, en Italie en Espagne… protestent? C’est un grand silence! »

    « On pourrait par exemple prendre le modèle de la Federal Reserve Bank, donner à la banque centrale la mission non pas simplement de lutter contre l’inflation mais de contribuer à la croissance et à l’emploi. On porrait l’autoriser à racheter les titres de dettes sur les marchés financiers, ce qu’elle a fait marginalement. Mais on pourrait lui donner les possibilités que la banque centrale américaine exercent à plein pour permettre aux Etats Unis d’Amérique de sortir de la crise plutôt par le haut. Le taux de croissance américain est de trois pour cent, le taux de croissance européen de un un et demi, notablement plus faible! »

    « Est-ce qu’on est capable de changer notre perspective? de changer les règles du jeu?  Cela passe évidemment par une prise de conscience, par un rapport de forces. Je pense que le seul pays aujourd’hui qui peut faire entendre raison à l’Allemagne -- parce que je crois que c’est la voix de la raison -- c’est la France! »

    « Tout se déroule comme si les hommes politiques avaient été dépossédés de leur pouvoir, comme si les peuples avaient perdu leur souveraineté. Pourtant les peuples continuent de penser que c’est eux qui décident et que la démocratie veut que les gens qu’ils élisent prennent des décisions qui vont dans le sens de leurs intérêts. Eh bien ce n’est pas comme cela que les choses se passent. Il y a là une contradiction absolument massive! »

    Présidentielles : le jeu fermé DSK/Sarkosy/ Le Pen… est-il une fatalité?

    Posté par le 06 mai 2011 | Dans : a5-Les entretiens du blog citoyen, Battre campagne

    bdx3mai20110081.jpgLors de sa visite à Bordeaux, Jean-Pierre Chevènement confiait récemment au Blog citoyen, socialiste et républicain et à AgoraVox les raisons d’une probable candidature en 2012 :

    “La démocratie est aussi un effort de pédagogie collective. Elle a besoin du débat, de la contradiction. L ‘intérêt général se définit en terme de débat. Il ne se définit pas a priori.”

    Et dans un entretien du 7 mai au journal Le Pays dans sa réponse à Céline Mazeau : « Vous allez vous présenter à l’élection présidentielle. Parce que vous pensez que le PS s’est égaré ? », Jean-Pierre Chevènement précise à nouveau ses objectifs.

    « Comme je l’ai dit, ma candidature sera le moyen de « faire bouger les lignes ». Je crois à la nécessité d’un débat républicain et argumenté pour former l’esprit public et pour mettre la France en mesure de relever les redoutables défis qui sont devant elle : redresser l’Europe qui ne peut et ne doit pas se confondre avec une cure de rigueur à perpétuité. Réaffirmer enfin l’identité républicaine de la France. Ni repli frileux ni régression communautariste ! La France a besoin qu’on lui parle à la fois de son histoire et de son avenir. Elle a besoin d’une alternative véritable, d’un projet citoyen pour le XXI e siècle. » (Source : Le Pays )

    C’est tout à l’avantage de la gauche de disposer d’un logiciel d’idées et de propositions nouvelles incarnées par le président d’honneur du MRC. J’ai souvent évoqué sur ce blog l’exemplaire capacité de Jean-Pierre Chevènement dans sa résistance politique et culturelle à la vague néolibérale. Fort de son parcours, cet homme inspire un profond respect, ce qui n’est pas de nos jours la chose la mieux partagée dans les sommets de la politique.

    Avec son charisme, ses convictions, les propositions de son mouvement et de sa fondation Res Publica, Jean-Pierre Chevènement préserve les chances d’une reconquête républicaine face à la montée d’une Marine Le Pen qui engrange électoralement les frustrations de nos compatriotes. En parlant clair sur des sujets majeurs tels que la politique économique et sociale, la sûreté publique, la défense, la recherche et l’enseignement, l’énergie et l’environnement, le président rompt avec la facilité des choix incohérents. On sait qu’il va au fond des choses et qu’il traduit dans ses actes sa parole publique.  

     A la différence d’un DSK et d’un Sarkosy qui n’offrent aucune réponse pour sortir du cercle vicieux de l’euro cher, de la désindustrialisation, des suppressions d’emplois, de l’endettement et de l’effacement de la France, le programme de salut public permet la reconquête de notre nation citoyenne.

    Dans ce temps d’une annonce sans doute décisive, Jean-Pierre Chevènement vient d’ouvrir une perspective vraiment républicaine à notre peuple.

    Chevènement Président !

    X.D

    A suivre dans notre prochaine édition avec un entretien exclusif au blog citoyen, socialiste et républicain - Agora Vox. dans lequel on retrouve les positions du sénateur et président d’honneur du MRC sur les grands sujets nationaux et internationaux: Europe, politique économique et sociale, pacte de compétitivité, monde arabe… memo00061.jpg

    Ci dessous le podcast de l’intervention publique de Jean-Pierre Chevènement dans les salons de la librairie Mollat (cliquer sur les liens pour écouter l’intervention intégrale) :

     

    http://www.mollat.com/swf/player.aspx?id=21300256

     

    memo0010.jpgmemo0007.jpgCrédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain. Une vue de l’assemblée et, au premier rang, de responsables  régionaux du Mouvement républicain et citoyen

    A propos du 10 mai : « Du pouvoir des idées à l’idée du pouvoir »

    Posté par le 11 mai 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

    L'affiche de campagne de François Mitterrand en 1981.ccf1205201100000.jpgccf1105201100001.jpgccf1205201100001.jpgccf1205201100002.jpgLa période qui suit l’élection de François Mitterrand -- Archives et mémoires du blog citoyen, socialiste et républicain qui illustrent la nature des questions débattues à la base : un article de Xavier Dumoulin, alors militant socialiste, dans le Populaire girondin d’avril 1982 intitulé « Rassembler » et tirant modestement les leçons du résultat des premières élections locales du septennat, le numéro de Novembre 1981 titrait son éditorial »en route pour le Socialisme » et nous réservait une tribune très réaliste sur les questions internationales. Loin des visions chimériques, l’auteur analysait le dossier de l’équilibre des armes euro-stratégiques, du mouvement pacifiste en Europe et rappelait la doctrine gaullienne de dissuasion . Non moins réaliste, dès septembre 1982, nous en appelions à concilier rigueur économique et cohérence politique pour ne pas perdre le cap, ce qui, hélas, ne se fit pas attendre avec l’ouverture de la fameuse parenthèse libérale…Ci-dessous, photo d’une tribune d’un rassemblement socialiste dans l’Ain pendant le premier septennat.

    Posté par sr07 le 12 juil 2007 | Dans : a3-Civisme, citoyenneté et militance chez X D, a2-Blog-notes politique de X D, a-le quartier libre de X D

    L’émission télévisuelle sur France 2 ”un jour, un destin” relatait les secrets de famille du président Mitterrand. J’en ai suivi juste les débuts avec beaucoup de désolation face à cette présentation sur un mode un peu exhibitionniste. Mais c’était là, sans doute, la nature même de l’émission.

    Le charisme du président,  la fascination qu’il exerça sur ses plus grands rivaux , sa culture et son génie politique forcent toujours l’admiration. Je n’ai jamais été “tontonmaniaque” et plutôt agacé d’entendre autour de moi cette espèce de vénération trop souvent fondée sur une relation malsaine avec le pouvoir. Très jeune, j’ai pourtant souvent vibré en écoutant le grand orateur théoriser sur la rupture avec le capitalisme et le socialisme à la française avant de contester plus tard, en socialiste, quelques orientations majeures de ses deux septennats. 

    Imposant d’habileté manoeuvrière dans les congrès socialistes et dans le gestion d’une première cohabitation difficile, le personnage eut des intuitions géniales qu’il ne réalisa que partiellement. L’idée même d’un espace stratégique européen reste d’une grande pertinence. C’est son dévoiement dans une mondialisation débridée qui entame la crédibilité de cette ambition. Libéral, le président Mitterrand sut promouvoir ces contre-pouvoirs qu’il appelait de ses voeux dans l’opposition. Homme de culture, il fut le  mécène de grandes oeuvres. Afficher ce respect n’interdit nullement la part de critiques. La plus dure était toute entière résumée dans cette boutade répandue dans les cercles militants dans la fin du second septennat : “Mitterrand est un type honnête; il nous rend le parti dans l’état où il l’a trouvé !”.

    Si j’avais eu un doute sur la nécessité de “la critique de gauche”, Danielle Mitterrand me l’aurait vite enlevée. Elle ne ménagea pas sa peine pour faire part de quelques unes de ses désapprobations jusqu’à irriter au plus haut niveau le Quai d’Orsay tout en rendant grâce au président de sa conduite d’ensemble des affaires du monde. Dans les rencontres annuelles de sa fondation France-Libertés, auxquelles j’ai souvent assisté, il n’y avait aucun tabou à évoquer en toutes libertés tel aspect déplaisant du cours des choses. Venu écouter des historiens de l’institut d’histoire du temps présent,  à la Sorbonne dans un colloque sur le régime de Vichy organisé par la fondation, j’ai même entendu Danielle Mitterrand réagir en aparté sur un mode très vif à propos des développements du regretté René Rémond qui opérait, pensait-elle, de trop subtiles distinctions entre collaborateurs et collaborationnistes… Son courage éprouvé, sa liberté de ton et son ancrage dans les valeurs de la gauche m’inspirent toujours un très grand respect. Tout comme la trajectoire de François Mitterrand s’émancipant d’une pensée de droite pour rejoindre des conceptions socialistes avant de rencontrer les écueils du pouvoir.

    Cette trajectoire ne devrait inspirer ni fascination béate, ni rejet outrancier. Elle appelle au contraire à la réflexion sur le pouvoir qui vous prend quand on croit l’avoir pris. Le pouvoir des idées vaut mieux que le pouvoir sans idées qui n’est qu’un pouvoir pour le pouvoir. Mais les idées sans pouvoir sont peu de choses sans une idée du pouvoir, laquelle est toujours à réinventer et à revisiter.

    Xavier Dumoulin (billet rédigé et publié sur ce blog le 12 juillet 2007)

    mermazdumoulin86.jpg

    Jean-Pierre Chevènement était l’invité de Mediapolis sur Europe1, samedi 14 mai 2011.

    Posté par le 14 mai 2011 | Dans : Blog du Che

     Il répondait aux questions de Michel Field et Olivier Duhamel. Le podcast est disponible ci-dessous.
     
    Verbatim express :

    • Il est indécent de cibler toujours les plus pauvres, les plus démunis dans une société.

    • On a le sentiment que le gouvernement veut opposer les travailleurs pauvres à ceux que l’on appelle à tort ou à raison les « exclus »

    • Bien entendu il ne peut pas y avoir de droits accordés sans qu’en contrepartie, il y ait des devoirs. Mais quels sont les devoirs qu’on demande d’accomplir à ceux qui bénéficient des privilèges du capital ?

    • Les classes populaires existent toujours autant. La classe ouvrière a pris des formes différentes : dans les emplois de services, dispersée géographiquement, elle habite dans les grandes périphéries urbaines beaucoup plus que dans les banlieues « sensibles ». Quantitativement, les ouvriers et employés pèsent autant que dans les années 1980.

    • Oublier ces couches sociales sous prétexte qu’on pourrait additionner les minorités revendicatives, les communautés, emprunter à une catégorie qui n’est pas politique -- la jeunesse- tout cela est une erreur !

    • Il faudrait donner à l’Europe une orientation visant à la croissance, s’appuyant sur une reprise salariale en particulier en Allemagne. La déflation salariale en Allemagne depuis 10 ans explique les écarts de compétitivité et la crise de l’euro.

    • Ce serait changer les règles du jeu au niveau de la BCE, en lui donnant comme missions la croissance et l’emploi, en lui permettant de racheter les titres de dettes sur les marchés financiers, bref, ce serait prendre une autre orientation politique que le fameux pacte de compétitivité Merkel-Sarkozy qui nous envoie dans le mur.

    • (A propos de l’anniversaire du 10 mai 1981) Toute commémoration, quand elle dépasse un certain seuil, finit par être lassante.

    • Seul un homme qui venait d’ailleurs, comme François Mitterrand, pouvait réunir la gauche.

    • On oublie que François Mitterrand a ouvert la parenthèse libérale qu’il faudrait aujourd’hui refermer.

    • Le web a une autonomie ; les gens ont une certaine autonomie par rapport aux grands médias et aux grands groupes de communication.
       

    • J’ai déjà désigné pour le jour où je serai candidat, une directrice de campagne, Marie-Françoise Bechtel, qui a été directrice de l’ENA sous la gauche, mais qui est en même temps un grand commis de l’Etat, et une femme très compétente. D’autre part, sur le web, c’est Julien Landfried qui s’occupera de mon site Chevenement2012, et puis naturellement, il sera aussi mon porte-parole avec Marie-Françoise Bechtel et Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen et maire du Kremlin-Bicêtre.

    • Le Front National existe essentiellement du fait d’une politique néolibérale menée en France depuis 1983 par le Parti socialiste et par l’UMP qui ont voté ensemble l’acte unique, Maastricht, et qui ont mené les mêmes politiques, d’abord le Franc fort puis l’euro fort.

    • On en voit le résultat : un éloignement des couches populaires, des votes de rejet.

    • La crise de 2008-2009 me donne rétrospectivement raison !

    • Sur l’euro, je dis que l’avion a malheureusement décollé. Le vice de conception initial est absolument évident. Mais maintenant que l’avion a décollé, on ne saute pas par le hublot, on essaye de reprendre les commandes de l’appareil pour le faire atterrir en douceur.

    • J’ai un plan A qui est le changement des règles du jeu de l’euro, et le cas échéant, un plan B qui est une sortie harmonisée le jour où l’euro ne résisterait pas au défaut de la Grèce, de l’Irlande, de l’Espagne, etc.

    • Si je comprenais que dans la tête du candidat socialiste, il y a la volonté de redresser l’Europe, à ce moment-là, j’estimerais avoir fait bouger les lignes.

    • Je veux également ramener les socialistes à une conception exigeante de la République. Pas de différentialisme, pas de communautarisme, pas de minorités qu’on ajoute les unes aux autres.

    • Il s’agit de s’adresser au peuple français et de le rétablir dans sa souveraineté, dans sa majesté, dans l’idée qu’il se fait d’un avenir qui lui appartient.

    • Source : Europe1.fr

    Avatars médiatiques

    Posté par le 21 mai 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

    dsc01515.jpgCrédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain

    Ne soignant pas mon « avatar », j’avance depuis longtemps à visage découvert au risque d’exposer ma personne aux ripostes de milieux hostiles ou aux critiques faciles de ceux qui n’ont peut être jamais osé, ne serait-ce qu’une seule fois dans leur vie, afficher publiquement quelques convictions fortes et sincères exprimées dans une pensée structurée.

    Sans sombrer dans un délire paranoïaque, il faut bien considérer la difficulté de l’exercice, le commun des mortels préférant plutôt avancer masqué derrière son « avatar » ou son nom d’emprunt comme on peut le constater en navigant sur la toile. Effectivement, tenir son blog citoyen en risquant l’écriture de ses idées n’est pas aussi simple qu’il peut paraître pour une personne en vue… En l’entourant de toutes les précautions déontologiques, cet exercice citoyen tente de tenir la promesse de notre « bandeau en tête » :

     « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire. » (x) (Le Grand Jaurès chanté par Jacques Brel et Zebda ou présenté et commenté par Gilles Candar et Madeleine Rebérioux)

    Avec, ça va de soi, toute la modestie qui accompagne cette tranquille contribution aux débats d’idées. Le temps de l’écriture suppose celui de la réflexion incompatible avec l’agitation fébrile qui prévaut trop souvent dans nos vies malmenées…

    Le risque d’une imperfection qui s’affiche au travers de billets écrits souvent d’un jet entre thé, café et, dans les bons jours, gymnastique matinale, est bien le seul avatar de cet amateurisme journalistique qui précède nos laborieuses journées dans un univers encore hospitalier.

    Cette posture républicaine qui aborde sans préjugés et en toute liberté les sujets qui font question peut bien inspirer les ricanements des nigauds. Notre sincérité fait pourtant la nique à tous ces faux-culs et autres importants de l’Establishment qui se prennent les pieds dans le tapis. Communiquer non sans parti pris mais dans l’équilibre -- sans oublier bien sûr de faire toute la part des choses -- ou bien se garder de jugements intempestifs lorsque la sagesse le commande…

    Les turpitudes et turbulences de la très récente actualité nous confortent dans la nécessité de persister dans cette éthique citoyenne dont on ne saurait s’exonérer sauf à déclencher d’autres avatars. Lesquels, à l’opposé du sens commun, signifient en langue sanscrit -- avatāra - descente du ciel (1)… Ce sera là ma chute provisoire sur un sujet très médiatisé à peine effleuré dans ce billet!

    XD

    (1) Le terme avatāra en son sens originel et restreint, désigne une descente, c’est-à-dire une  incarnation du  dieu Vishnu, dans le dessein de rétablir l’ordre cosmique et moral troublé par des puissances démoniaques.

    Cette notion s’est étendue par la suite à Lakshmī, la parèdre du dieu, ainsi qu’à d’autres divinités brahmaniques, mais le mot est resté spécifiquement lié aux cultes vichnouites.

    Vishnu, dieu de la stabilité, mainteneur des êtres et de l’univers, revêt des formes temporelles pour combattre les forces du mal.

    (x) Le courage selon Jaurès dans son “discours à la jeunesse” (extraits)

    Surtout, qu’on ne nous accuse point d’abaisser et d’énerver les courages. L’humanité est maudite, si pour faire preuve de courage elle est condamnée à tuer éternellement. Le courage, aujourd’hui, ce n’est pas de maintenir sur le monde la sombre nuée de la Guerre, nuée terrible, mais dormante, dont on peut toujours se flatter qu’elle éclatera sur d’autres. Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre ; car le courage est l’exaltation de l’homme, et ceci en est l’abdication. Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie. Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action. Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli ; c’est d’accepter et de comprendre cette loi de la spécialisation du travail qui est la condition de l’action utile, et cependant de ménager à son regard, à son esprit, quelques échappées vers le vaste monde et des perspectives plus étendues. Le courage, c’est d’être tout ensemble, et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe. Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale. Le courage, c’est de surveiller exactement sa machine à filer ou à tisser, pour qu’aucun fil ne se casse, et de préparer cependant un ordre social plus vaste et plus fraternel où la machine sera la servante commune des travailleurs libérés. Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d’éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes. Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.Ah ! vraiment, comme notre conception de la vie est pauvre, comme notre science de vivre est courte, si nous croyons que, la guerre abolie, les occasions manqueront aux hommes d’exercer et d’éprouver leur courage, et qu’il faut prolonger les roulements de tambour qui dans les lycées du premier Empire faisaient sauter les cœurs ! Ils sonnaient alors un son héroïque ; dans notre vingtième siècle, ils sonneraient creux. Et vous, jeunes gens, vous voulez que votre vie soit vivante, sincère et pleine. C’est pourquoi je vous ai dit, comme à des hommes, quelques-unes des choses que je portais en moi.

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    Le Grand Jaurès chanté par Jacques Brel et Zebda ou présenté et commenté par Gilles Candar et Madeleine Rebérioux

    Le blog citoyen relaie l’initiative des indignés de French Revolution

    Posté par le 23 mai 2011 | Dans : a6-Les colères du dogue patriote

    Après le PSOE, à qui le tour d’être victime de la crise et du fonctionnement de l’Euro

    Posté par le 24 mai 2011 | Dans : Fédérations MRC d'Aquitaine, Pour une autre Europe

    La Fédération du Nord du MRC -- Articles

    http://claudenicolet.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=444:apres-le-psoe-a-qui-le-tour-detre-victime-de-la-crise-et-du-fonctionnement-de-

    Les résultats électoraux en Espagne hier 22 mai ne doivent pas être pris à la lègère. Ils s’inscrivent aussi dans un phénomène qui se répand non seulement à travers toute l’Europe mais concerne aussi et en grande partie la jeunesse. Irlande, Grèce, Portugal, Espagne, Italie bientôt…Des chiffres effrayants pour l’Espagne, 45% des jeunes au chomage, des salaires parmi les plus bas du monde occidental, des licenciements dans la fonction publique, baisse des salaires, baisse des pensions et des retraites…

    Il est clair qu’aujourd’hui, et bien au delà de la lutte contre les déficits publics qui sont le nouveau graal des libéraux, c’est l’organisation même, dans la structure des politique macro économiques misent en oeuvre par l’Union Européenne, qui doit être totalement repensée.

    L’Union européenne et la zone euro ne peuvent plus fonctionner au seul profit de l’Allemagne et de son économie. L’exédent commercial de l’Allemagne ne peut plus se faire au détriment de ses partenaires européens dont la France. L’identité, l’oraganisation, l’histoire, les spécificités des économies nationales composantes de l’économie européenne sont trop différentes pour imaginer qu’elles puissent fonctionner de façon homogène.

    En ayant pratiquée une politique de forte déflation salariale au sein d’une même zone monétaire, l’Allemagne est devenue une véritable pompe aspirante des capitaux en euro et en bénéficiant de l’excellence du « made in Germany » elle accumule les exédents.

    Euro cher et déflation salariale, si cela sert les intérêts de l’Allemagne (et pas forcément ceux de ses salariés), ça ne peut aboutir qu’à l’autérité à perte de vue pour tous les autres. Est-ce pour cela que les peuples et en particulier la jeunesse ont cru au rêve européen? Or ce rêve est en train de se retourner. Ce cauchemer en perspective ne devrait pas cesser d’interroger les responsables politiques qui ont fait la promotion d’un modèle qui fait faillite sous nos yeux. D’ailleurs la jeunesse espagnole n’appelait à voter pour aucun des deux grands partis (PSOE ou PP).

    Le fonctionnement de la zone euro doit bien sûr être revu. Sinon le Parti socialiste français ne pourra offrir de perspectives politiques dignes de ce nom en 2012. Une preuve? Le PSOE vient d’en être victime.

     

    Claude NICOLET

    Premier secrétaire du MRC Nord

    Secrétaire national du MRC

    Carnet de Jean-Pierre Chevènement : Un attentat contre la démocratie et un contresens historique

    Posté par le 30 mai 2011 | Dans : Fédérations MRC d'Aquitaine

    Il y a six ans, le peuple français rejetait par 55% des voix le projet de Constitution européenne. Il voyait clair.

    Le traité de Lisbonne, voté en 2008 par la majorité UMP appuyée par une majorité de parlementaires socialistes a repris la substance du projet constitutionnel. Cette forfaiture à l’égard du Peuple français s’est doublée d’une erreur majeure : quand quelques mois plus tard, la crise fut venue, l’Europe se trouva fort dépourvue.

    La crise financière touche aujourd’hui le système de l’euro. Cette crise était contenue dans le vice de conception initial. Le traité de Maastricht a méconnu la réalité irréductible des nations en voulant leur imposer le carcan de la monnaie unique. Celle-ci était une mauvaise réponse à la réunification allemande. Le mark-bis qu’est l’euro convient à l’Allemagne. Il ne convient pas aux autres pays européens. Le traité de Lisbonne a persévéré dans l’erreur. On le constate aujourd’hui : l’attentat contre la démocratie a été doublé d’un contresens historique.

    Le néomanagement de la santé et l’effacement de la critique artiste du fordisme

    Posté par le 31 mai 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

    Sous un titre en forme de slogan résolument hostile aux méthodes actuelles de conduite des hommes et du changement dans les entreprises et les services publics, Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste, dénonce en conscience et en raison ce qu’il nomme les méthodes du néomanagement. (1)

    La dureté des temps avec son cortège de souffrance au travail, d’isolement, de fatalisme et de dépression serait amplifiée par “l’action de personnages dont la médiocrité et la terne banalité contrastent avec l’intensité du mal qu’ils font…Ces agents de la tristesse opèrent dans des domaines de plus en plus étendus, mais il en est certains où leurs méfaits sont assez récents et particulièrement choquants : l’éducation et la santé en font partie”. Ces secteurs, il est vrai échappaient il y a peu encore à la pénétration des méthodes managériales inspirées des entreprises. Ceux qui se présentent en général comme des “managers”, souligne le philosophe, sont en fait des gestionnaires d’un nouveau genre qui prennent la place des “anciens” dans des établissements scolaires, des hôpitaux, des centres médico-psycho-pédagogiques, des instituts médicaux-éducatif (IME), etc.

    Habités par le souci d’apurer les comptes et de remettre au travail le personnel, ces obsédés du règlement et de la norme oublieraient les ressorts essentiels de l’activité humaine auprès des publics et usagers de la santé. “Dans un hôpital, dans un centre psy, la qualité des soins dépend avant tout de la relation avec le patient. Elle passe par l’écoute, le dialogue, le regard, l’attention, et le pari partagé. Une minute peut valoir une heure, une heure une journée, une journée une vie. Aucun logiciel ne peut traiter ce genre de données.”

    Ce légalisme obtu trahirait chez ces managers “quelque chose de sombre et malsain”que la psychanalyse et la psychopathologie qualifie de “phénomène d’obéissance stricte à la loi qui passe par l’effacement du sujet, définition même de la jouissance”. Ces “jouis-la-loi” désignés ainsi par Lacan ignoreraient en fait toute la compléxité du vivant. D’où la contre-performance de leurs tentatives de tout rationaliser, contrôler et rentabiliser. “C’est la contrainte qui devient la règle, épuisant le désir et l’initiative des salariés”qui ”perdent le goût de leur métier, s’impliquent logiquement moins, et souffrent au quotidien ».

    Dans un ouvrage remarquable sur “le nouvel esprit du capitalisme”, les sociologues Luc Boltanski et Eve Chiapello étudiaient l’émergence du discours managérial des années 70 en phase avec la récusation du principe fordiste d’organisation hiérarchique du travail et l’apogée du travail en réseau, fondé sur l’initiative des acteurs et l’autonomie relative de leur travail. (2)

    Ce nouvel esprit s’appuyait sur la récupération de la “critique artiste” de mai 68 dénonçant l’aliénation de la vie quotidienne par l’alliance du capital et de la bureaucratie. Cette récupération devait en fait tuer “la critique artiste” dans une époque de prédominance du néocapitalisme avec ses vieux schémas de production hiérarchisée. D’où peut être la situation actuelle rapportée notamment au monde de la santé par le philosophe Michel Benasayag qui en appelle à la résistance avant de conclure. “Mais résister au nom de quoi ? Comme ce pouvoir s’attaque directement à la vie, c’est la vie elle-même qui devient résistance.”

    Paradoxalement, ces mots frappent ainsi comme un rappel à l’ordre des managers de ma génération!

    XD

    (1) « Halte aux méthodes du néomanagement », article paru dans l’édition du Monde du 31.05.11

    (2) Le nouvel esprit du capitalisme, Luc Boltanski, Eve Chiapello, NRF essais, Gallimard 1999 et nouvelle édition 2004, 843 p.

    Le P.S a embrassé très tôt la doxa néolibérale

    Posté par le 06 juin 2011 | Dans : Blog du Che, Economie

    Entretien de Jean-Pierre Chevènement au magazine l’Expansion, propos recueillis par Bernard Poulet, 6 juin 2011


    Pourquoi les socialistes se sont-ils convertis au néolibéralisme peu après être arrivés au pouvoir, en 1981, se demande Jean-Pierre Chevènement dans son dernier livre, La France est-elle finie ? (Fayard, 315 pages, 19 euros). A l’approche de la présidentielle, l’ancien ministre socialiste explique pour L’Expansion les raisons de ce tournant dont ses anciens camarades ne sont jamais revenus. Au passage, il en étrille quelques-uns.

    L’Expansion : Pourquoi pensez-vous que la gauche doit réévaluer l’histoire du tournant économique du début des années 80 ?
    Jean-Pierre Chevènement : A chaque étape, la gauche n’est repartie qu’en se mettant au clair avec elle-même. Or, en 1981, à l’instar de Christophe Colomb, la gauche française a cru découvrir les Indes -- le socialisme -, et elle doit réaliser qu’elle a trouvé l’Amérique -- le néolibéralisme. Même si l’environnement international n’était pas favorable, rien n’obligeait les socialistes français à opérer ce tournant néolibéral, ni à aller aussi loin : l’Acte unique européen, négocié par Roland Dumas, et la libération totale des mouvements de capitaux, y compris vis-à-vis de pays tiers, ou l’abandon de la clause d’harmonisation fiscale préalable qui figurait dans le traité de Luxembourg. Ou encore le Matif [Marché à terme international de France], créé en 1984, et la loi de libéralisation financière, en 1985. Tout cela était une manière de mettre Margaret Thatcher au coeur de la construction européenne, d’accepter d’abandonner l’Europe, pieds et poings liés, au capitalisme financier. En critiquant ces choix, je n’ignore pas l’existence du monde extérieur, mais on n’était pas obligé d’appliquer toutes les règles de la doxa néolibérale. On aurait pu maintenir quelque chose ressemblant à une économie mixte. L’Etat pouvait garder la maîtrise de quelques mécanismes de régulation essentiels. L’idéologie néolibérale a fait admettre comme vérité d’évangile que, grâce à la désintermédiation bancaire, les entreprises s’alimenteraient à plus faible coût sur les marchés financiers.

    L’entrée dans une mécanique irréversible en souscrivant à toutes les dérégulations prévues par l’Acte unique, la libéralisation des mouvements de capitaux, l’interdiction des politiques industrielles et des aides d’Etat, l’introduction de la concurrence dans les services publics, tout cela, personne ne nous le demandait vraiment.


     

    Quels ont été les motifs des architectes de cette politique ?
    Robert Lion et Jean Peyrelevade, qui dirigeaient alors le cabinet du Premier ministre Pierre Mauroy, Philippe Lagayette, qui était aux manettes de celui de Jacques Delors aux Finances, comme tous les hiérarques du ministère de l’Economie et des Finances, Michel Camdessus, directeur du Trésor, Renaud de La Genière, gouverneur de la Banque de France, et plus tard Jean-Claude Trichet, lui aussi à la tête du Trésor, ou Pascal Lamy, directeur de cabinet du président de la Commission européenne (1), tous croyaient fermement à la théorie de l’efficience des marchés. Ils étaient convaincus que tout ce qui était réglementation devait disparaître pour sortir de ce qu’ils appelaient l’ »eurosclérose » et libérer l’économie des contraintes bureaucratiques qui l’empêchaient de se développer. Comment tant d’hommes dont je ne puis suspecter l’honnêteté ont-ils pu opérer pareille conversion ? Cette énigme doit être résolue.

    C’étaient des représentants de la haute fonction publique…
    Haute fonction publique qui avait, pour l’essentiel, sa carte au Parti socialiste, où, il est vrai, elle était plutôt orientée « deuxième gauche ». Personne parmi eux n’était résolu à mener une politique un tant soit peu volontariste. Tout s’est passé comme s’il leur fallait user la gauche au pouvoir et l’amener au « tournant libéral » que la technocratie bien-pensante avait, déjà avant 1981, imaginé pour elle. On les appelait « les rocardiens » ; en fait, ils étaient partout, et Rocard n’y était pour rien !

    Tout cela a été conçu par des gens qui savaient où ils allaient et qui étaient décidés à se faire un allié de la puissance des marchés. Jacques Delors était cohérent. Il a passé consciemment un pacte avec ce qu’il appelle « les vents dominants » de la mondialisation. Très peu de gens dans l’administration, en dehors de ceux qui étaient avec moi à l’Industrie, s’opposaient à ce courant dominant, et la plupart de ceux qui avaient la charge d’appliquer le programme sur lequel François Mitterrand avait été élu, en 1981, n’y croyaient tout simplement pas. Il y avait une sorte de frénésie idéologique qui voulait que plus on libéralisait, plus on était « moderne ».

    Mais où était le Parti socialiste ?
    Le Parti socialiste était presque absent sur les questions industrielles, monétaires et de régulation, qui lui paraissaient très techniques. Il estimait qu’il s’agissait d’une parenthèse qui ne changeait pas les orientations fondamentales, à commencer par le souci prioritaire de l’emploi. Le premier secrétaire du PS d’alors, Lionel Jospin, s’est porté garant de cette continuité politique et de l’absence de tournant réel, d’autant que François Mitterrand affirmait haut et fort ne pas avoir changé d’orientation. Le Parti communiste n’intervient pas non plus en 1983. Car il ne veut pas apparaître comme le parti de la dévaluation. L’affaire ne se joue finalement qu’entre un très petit nombre d’hommes.

    C’est donc Jacques Delors qui a joué le rôle clé ?
    Il était lié à François Mitterrand depuis les années 60. C’était un militant chrétien social, l’homme du dialogue social au cabinet de Jacques Chaban-Delmas. Je le reconnais comme un maître en idéologie. Il a toujours agi avec une bonne conscience inaltérable. Son discours pieux déconnectait parfaitement l’économique et le social, et, avec son disciple Pascal Lamy, il était sans doute convaincu que l’autorégulation des marchés tendait à favoriser la croissance. J’aime ces deux-là. Leur dogmatisme libéral sans peur et sans reproche, tout enrobé de bonne conscience chrétienne moralisante, fait plaisir à voir !

    Delors jouait dans les médias le rôle de saint Sébastien, criblé de flèches par ses camarades de parti, alors qu’il organisait le désengagement de l’Etat et la désintermédiation bancaire. Mystification conceptuelle qui conduisit en fait à l’explosion des revenus financiers. Mais je ne crois pas qu’il ait bien vu monter le capitalisme financier à l’horizon de la société. A l’époque, très peu de gens avaient compris qu’on avait tourné la page de l’ère du New Deal et du keynésianisme. Ne mesurant sans doute pas ce qu’il faisait, c’est lui qui a mis en place la dérégulation sur le continent. Il a fait la politique que Margaret Thatcher et Ronald Reagan appliquaient en Angleterre et aux Etats-Unis.

    Mitterrand n’y comprenait pas grand-chose, mais il souhaitait un accord européen, car il ne voulait pas que la France soit « isolée ». Il raisonnait comme si elle était toujours le n° 1 en Europe. Quand il poussera à l’adoption de la monnaie unique, il ne verra pas non plus que la réunification allait faire de l’Allemagne le pays central, gouvernant l’euro comme un « mark bis ».

    Depuis, la conversion au néolibéralisme ne s’est plus démentie, puisque c’est Dominique Strauss-Kahn, ministre des Finances de Jospin, qui autorisera le rachat d’actions par les entreprises. Comment l’expliquer ?
    Dominique Strauss-Kahn a théorisé la non-intervention de l’Etat dans l’économie lors d’un séminaire tenu à Rambouillet en septembre 1999. Je fus alors le seul, avec Martine Aubry, à le contredire. Deux semaines plus tard, Lionel Jospin dira que « l’Etat ne peut pas tout faire ». Ce qui se jouait, c’était l’idée que l’Etat n’avait plus rien à faire dans l’organisation de l’économie et que les décisions de structures devaient être laissées à des autorités indépendantes. Dominique Strauss-Kahn en fut le théoricien, ce qui l’amena, par exemple, à liquider les dernières participations de l’Etat dans Usinor.

    Si vous lisez son rapport à Romano Prodi en 2004, il est à mes yeux proprement confondant d’irréalisme. Il propose littéralement de former une nation européenne, de faire des listes plurinationales aux élections, de créer des médias transnationaux. On y sent à l’oeuvre la volonté de gommer la nation et d’en faire disparaître les repères. Comme chez Jean Monnet, qui est quand même, dès 1943, le grand inspirateur de cette construction d’une Europe par le marché. Vision purement économiciste, où la souveraineté populaire disparaît, happée par celle de l’empire (en l’occurrence américain).

    Mitterrand ne s’est-il pas servi de la construction européenne comme d’un prétexte pour cacher ses abandons ?
    Un prétexte, peut-être, mais aussi, chez lui, une conviction sincère. Je n’arrive d’ailleurs pas à rejeter sa vision, au moins quant à l’objectif final. L’idée que les peuples d’Europe doivent se rapprocher toujours plus me semble juste, surtout quand on est coincé comme aujourd’hui entre la Chine et les Etats-Unis. Le problème, ce sont les modalités de la construction européenne. Je ne crois pas que celle-ci impliquait un ralliement aussi complet au néolibéralisme. Pour construire une Europe « européenne », il ne fallait pas faire l’impasse sur les peuples, qui sont du ressort de la démocratie.

    Pour vous, le socialisme n’a plus de sens aujourd’hui…
    Je n’ai jamais beaucoup cru à l’autogestion. Mais je crois en la citoyenneté. Le socialisme, aujourd’hui, ça veut dire la perfection de la république, bref, la république sociale, comme l’avait pressenti Jean Jaurès. Le socialisme comme modèle de société toute faite dans laquelle on entrerait comme on enfile ses chaussures ne me séduit pas. Je n’aime pas me gargariser de formules dont je ne comprends pas le sens. Je suis viscéralement hostile à tout millénarisme et ne me range pas dans la catégorie des socialistes utopistes. « Aller à l’idéal, oui, mais comprendre le réel », disait Jean Jaurès.

    Pourquoi les socialistes n’ont-ils pas refait cette histoire ?
    Sans doute parce qu’ils restent prisonniers d’une confusion entre l’idée européenne et le logiciel néolibéral présent dans les traités qu’ils ont signés. Ils sont du parti du « Bien ». Ils se veulent avant tout de « bons européens ». L’Europe les sanctifie. Ils ne se rendent pas compte que l’Europe telle qu’ils l’ont façonnée est régie par des règles essentiellement néolibérales.

    Ils ne sont pas idiots, quand même ?
    Non, ils ne sont pas idiots, mais ils n’osent pas penser. Et puis leur ciment, c’est leur attachement au pouvoir. Etre « européen », c’est ce qui fait leur crédibilité vis-à-vis de gens qui ne pensent pas comme eux. François Mitterrand l’avait compris d’emblée en 1972 : je fais le Programme commun, disait-il, mais je suis européen, alors vous pouvez quand même me faire confiance.

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    (1) Jacques Delors à partir de 1984.

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    Source : Lexpansion.lexpress.fr

    Basses oeuvres

    Posté par le 11 juin 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D, a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de X D

    La polémique idéologique visant à stigmatiser ledit   »bénéficiaire » du RSA, relégué au rang d’assisté -- quand il n’est pas le profiteur d’un système prétendument menacé par les largesses d’une collectivité victime d’une générosité aveugle -- prend un tour exécrable à la hauteur du mépris social qui inspire aujourd’hui la politique du gouvernement Fillon-Sarkozy.

    Il n’est qu’à considérer quelques éléments objectifs pour sortir de cette odieuse caricature : le poids de la précarité croissante en France et en Europe, l’évolution sociétale due à la perte des liens sociaux, facteur d’isolement, la privation durable d’emploi de larges catégories de la population jeune, féminine ou celle des seniors, le phénomène des travailleurs pauvres sans solutions de logement ou bien la grande difficulté d’accès aux soins d’une frange importante de Français ou de résidants sur le territoire national.

    Pendant que les catégories supérieures du haut encadrement ou du grand patronat connaissent une ascension vertigineuse de leurs revenus, la masse du salariat ou des travailleurs indépendants font les frais du marasme économique et d’une police des salaires justifiée par une politique économique de l’offre calée sur la logique néolibérale.

    Et le gouvernement et son parti hégémonique ne trouvent rien de mieux à proposer dans cette période d’accentuation de la marginalisation sociale que de remettre en cause les principes fondateurs de notre solidarité! L’intensité de la frappe idéologique des néo-conservateurs libéraux mal inspirés s’exprime dans leurs vociférations de considérations pseudo-morales sur la contre-partie attendue de ceux qui vivraient des largesses de notre société. Cette société qui au nom de « l’individualisme méthodologique » réhabilite la responsabilité des pauvres dont le sort serait scellé par leur  comportement oisif et dispendieux. Ce que d’aucuns appelaient hier pudiquement un « handicap social » devient à présent un vrai calcul économique de professionnels de l’assistanat qu’il convient de remettre dans le droit chemin. D’où le retour à la corvée, cette institution moyenâgeuse qui permettait à la seigneurie de s’entourer des bons services des populations sous sa « protection ».

    La loi sur le RMI adoptée en 1988 établissait un droit à un revenu minimum. L’ambivalence de l’émergence de cette conquête sociale --  inspirée du rapport du père Wresenski après le développement des Restos du coeur et la forte sensibilisation de nos compatriote au phénomène dit de la nouvelle pauvreté - s’exprimait déjà dans le choix d’un très faible niveau de revenu en cohérence avec la politique des minima sociaux  dans l’idée de ne pas dissuader le « bénéficiaire » d’une recherche active d’emploi. D’où le choix d’un revenu d’insertion au lieu d’un revenu d’existence. Et la place du contrat d’insertion pour dynamiser l’accès à la formation, à la santé, à l’activité et aux loisirs des personnes titulaires du RMI et de leurs ayants droits.

    Pour avoir été en charge de l’animation des politiques d’insertion dans la phase de mise en place des dispositifs locaux, dès 1989,  je mesure toute la distance qui nous sépare de ce temps d’adoption d’une loi consensuelle aujourd’hui largement détricotée!

    X.D

    « La plupart des candidats potentiels du Parti socialiste sont des bébés Jospin ou des bébés Delors »

    Posté par le 16 juin 2011 | Dans : Blog du Che

    Jean-Pierre Chevènement était l’invité de Preuves par 3 sur Public Sénat, mercredi 15 juin 2011. Il répondait aux questions de Michel Grossiord.

    • (A propos de la grève générale en Grèce) Je soutiens ce mouvement parce que je dénonce la manière dont on a fait l’Europe, en ignorant les nations, les peuples. On oblige la Grèce à des plans de rigueur. Tout cela ne conduit nulle part. La récession est au rendez-vous.

    • On pointe la Grèce comme si elle était responsable de tout ce qui va mal. C’est vrai qu’elle a commis des erreurs. Mais l’Allemagne, avec sa politique de déflation salariale, a entraîné de graves déséquilibres dans la zone euro.

    • (Concernant la lettre des députés demandant à Air France/KLM de privilégier Airbus) La direction est la bonne. Il faut aller vers un commerce international davantage régionalisé.

    • 80% de notre électricité est issue du nucléaire. On ne peut pas en sortir, même si on le décidait, avant une quarantaine d’année. Le Parti Socialiste doit s’opposer à cette démagogie passablement obscurantiste.

    • Je pense que la légalisation « contrôlée » du cannabis serait un très mauvais signal donné vis-à-vis de la jeunesse. Après le cannabis, nous aurions des trafics de cocaïne, d’héroïne, et vous ne changeriez pas les moeurs des trafiquants, des dealers qui empoisonnent nos cités. 

    • L’élection présidentielle est, dans la vie politique française, la seule élection ou vous pouvez réellement peser sur les choix politiques. Je m’y ferai entendre sur 3 sujets :
      -la crise de l’euro et les perspectives que cela ouvre
      -le bouquet énergétique, la manière de penser la grande transition énergétique que nous devrons mener pour réduire l’ émission de gaz à effet de serre et préparer l’après pétrole
      -les valeurs républicaines : patriotisme, civisme, école, intégration

    • Je ne veux pas exclure un ralliement à priori car mon but est de faire bouger les lignes

    • Aujourd’hui, la plupart des candidats potentiels du Parti socialiste sont des bébés Jospin ou des bébés Delors, c’est-à-dire qu’ils ne se différencient pas véritablement beaucoup sur le fond: ce sont des sociaux-libéraux, ce sont des européistes

    • Arnaud Montebourg est probablement le seul à prendre quelques distances avec l’orientation principale que le Parti socialiste a hérité de ses lourds antécédents -- l’Acte unique, le Traité de Maastricht, les choix de ralliement au néo-libéralisme

    • La difficulté pour le Parti Socialiste est que pour rompre avec les choix néo-libéraux, il faudrait qu’il prenne ses distances avec les textes européens tels qu’ils ont été codifiés.

    • Je pourrais soutenir l’idée d’un protectionnisme aux frontières européennes mais je sais par avance que ça ne serait possible que si les Allemands étaient d’accord.

    • S’il y a des mesures protectionnistes à prendre, ce serait plutôt au niveau de l’Etat sous forme de normes, de taxes visant certains produits à très bas coût. Mais je crois beaucoup plus au facteur monétaire.

    • J’ai soutenu Ségolène Royal en 2007 sur la base d’un accord politique passé entre le MRC et le Parti socialiste qui prévoyait un certain nombre de mesures. Depuis, elle a fait un peu machine arrière sur pression de ses camarades. D’ailleurs, elle a eu grand tort.

    • Le pourcentage d’électeurs qui ont déclaré qu’ils pouvaient peut-être voter pour moi est de 15%. Ça représente un poids suffisant pour faire réfléchir mes amis socialistes

    • Mon souci est de remettre la France sur une pente ascendante. Je sais ce qu’il faut faire.

    • J’ai évidemment des divergences de fond avec Nicolas Sarkozy : c’est un libéral, un européiste et un atlantiste. Je pense, d’ailleurs, qu’il aurait été pris complétement à contre-pied dans son programme par la crise qui a éclaté en 2008, soit un an après son élection.

    • La modernité n’est pas pour moi un argument. Tous les démagogues se prétendent modernes et veulent être dans le vent mais n’ont rien à dire. Moi, j’ai quelque chose à dire.


     

    Athènes : la finance contre la démocratie

    Posté par le 21 juin 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

    livepreview.jpgLes ministres des Finances de la zone euro viennent de conditionner leur second plan d’aide à la Grèce  à l’adoption forcée d’une cure d’austérité qui doit être soumise prochainement au Parlement du pays. Une commission conjointe de l’UE et du FMI se rend ce jour en Grèce pour y discuter des modalités de ce nouveau programme qui fait exploser la colère populaire.

    Les inspecteurs de la mission rencontrent le gouvernement pour parler des réformes fiscales. La peur d’un effet domino sur la zone euro (notamment le Portugal, l’Espagne et   l’Irlande) fait craindre le pire aux créanciers (banques françaises notamment) et aux politiques (1). Ceux-ci ont en revanche d’ores et déjà clarifié la manière dont les créanciers privés seraient associés à un second plan de soutien. Il s’agira d’une participation informelle et volontaire, cette modalité étant connue comme l’ «initiative de Vienne» (2).

    L’UE reste ferme avant de débloquer la cinquième tranche d’aide de 12 milliards d’euros prévue dans le plan approuvé en mai dernier. Les ministres de l’Eurogroupe entendent bien forcer la main du Gouvernement et du Parlement «compte tenu de la longueur, de la magnitude et de la nature des réformes requises».  Par la voix du président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, ils ont «rappelé avec force au gouvernement grec que d’ici la fin du mois il doit faire en sorte que tous soient convaincus que tous les engagements pris par les autorités grecques soient remplis». «Vous ne pouvez pas imaginer une seconde que nous nous engagions à financer sans savoir si le gouvernement grec a endossé les obligations qui sont celles de la Grèce» devait renchérir le président de l’Eurogroupe!

    Ce que pourrait mettre à exécution dès cette semaine le premier ministre grec qui devra affronter la révolte populaire et le mouvement des indignés d’Athènes.

    X.D 

    (1) Les Etats fragiles de la zone euro auraient du mal à emprunter de l’argent à des taux acceptables et pourraient se retrouver dans la même situation que la Grèce. Une éventualité qui ferait chuter la monnaie unique et pèserait sur l’ensemble des économies européennes.

    (2) Initiative par laquelle les banques privées avaient acceptées en 2009 de ne pas se désengager d’Europe centrale.  

    « Pourquoi je serai candidat », par Jean-Pierre Chevènement

    Posté par le 24 juin 2011 | Dans : Battre campagne, Blog du Che

    Pourquoi je serai candidatChevènement (MRC) publie dimanche une brochure « Pourquoi je serai candidat »

    dépêche AFP, vendredi 24 juin, 17h56.

    Chevènement (MRC) publie dimanche une brochure

    Le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) Jean-Pierre Chevènement va publier dimanche une « brochure intitulée ‘Pourquoi je serai candidat’ », dans laquelle il présente « les grandes orientations de sa candidature », a-t-il annoncé vendredi dans un communiqué.

    M. Chevènement expliquera « les grandes orientations de sa candidature et les tâches qui attendent le prochain président de la République » dans cette brochure de 24 pages, qu’il publiera dimanche sur son blog et qui est déjà disponible sur le site d’informations en ligne Rue89.

    « Redresser l’Europe et la remettre sur la voie de la prospérité par une révision profonde du fonctionnement de la zone euro, fondée sur un dialogue avec l’Allemagne allant au coeur des choses », est le premier axe de l’ancien ministre.

    Il ajoute: « Nous devons continuer ensemble notre Histoire si nous voulons éviter de ‘sortir de l’Histoire’, chacun de son côté », puis précise dans sa brochure: « l’Europe ne doit pas être écrasée dans les pinces de la ‘Chinamérique’, cette alliance conflictuelle mais objective de l’Hyperpuissance d’hier et de la Superpuissance de demain ».

    Deuxième priorité, « développer une politique industrielle et énergétique valorisant les atouts de la France ». M. Chevènement explique notamment dans sa brochure que la leçon à tirer de l’accident de Fukushima est « la nécessité de maintenir l’industrie nucléaire dans le giron de la puissance publique pour le soustraire à une logique de rentabilité à courte vue ».

    Enfin, il faut « fixer à notre pays dans l’ordre intérieur comme dans l’ordre international un cap républicain ambitieux, véritable logiciel de reconquête de son avenir par la France », estime-t-il.

    Jugeant que « la France est mal partie », M. Chevènement considère « essentiel que la France redevienne une grande nation politique (…) pour éclairer le chemin de l’Humanité ».

    « C’est cette foi hors du commun qu’on attend du prochain président de la République française », assure-t-il.

    Le président d’honneur du MRC a plusieurs fois évoqué l’hypothèse de sa candidature à l’élection présidentielle en 2012, mais il a aussi déclaré le 15 juin qu’il n’excluait pas de se rallier à un candidat PS en cas d’accord programmatique avant le scrutin.

     

    « Il n’y a pas de cap pour qui ne connaît pas le port. »

     

    La France est mal partie. Plus de deux millions d’emplois industriels ont disparu depuis 1983. Notre pays s’est installé dans un chômage de masse structurel (environ 9 % de la population active), désespérant pour sa jeunesse.

    C’est que, depuis trente ans, notre base industrielle se rétrécit : l’industrie est passée de 30% à 13% de la valeur ajoutée. Nos parts de marché, à l’échelle mondiale, se sont réduites (de 5,5% à 3,6%). Le déficit de notre commerce extérieur s’est creusé à 51 milliards d’euros en 2010 (un record qui met la France, toutes proportions gardées, dans une situation déficitaire comparable à celle des Etats-Unis).

    Plus grave encore, la France ne maîtrise plus les moyens de l’action économique et politique, ni sa monnaie, ni son commerce extérieur, ni ses flux financiers, ni son droit devenu un droit subordonné. En réintégrant l’Otan enfin, la France est revenue dans le bercail atlantique, à la remorque d’intérêts qui ne sont pas les siens.

    Comment en est-on arrivé là ?

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    Martine Aubry racontée par le blog citoyen…

    Posté par le 30 juin 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

    A lire en cliquant sur le titre

    Martine Aubry : Un réformisme moderniste chevillé au corps

     

    En s’inscrivant dans le courant républicain, Martine Aubry donne sens à la modernité du socialisme

    ” C’est parce que la route est longue qu’il vaut mieux seller son cheval de bon matin plutôt que de pourrir sur pied en attendant le soir. Car à trop attendre, l’espérance, elle aussi, pourrit toute seule.” Régis Debray

    Posté par le 02 juil 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

    bdx3mai20110081.jpglalibertguidantlepeuple.jpgChavez à la mairie du 11° avec G.Sarre et Danièle Miterrandhpim3555.jpgstatuedejaurscarmaux.bmpp1000236.jpgp1000235.jpghpim3539.jpghommageaucompaneroallende.jpghpim1629.jpghpim2048.jpgCrédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain

    Lire les billets de X D en cliquant sur les catégories référencées ci-dessous

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  • Au sein de chaque catégorie les billets de X D ont été redistribués selon leur chronologie

    Le Monde du 4 juillet présente le web politique : de 2007 à 2011, l’évolution de la blogosphère politique

    Posté par le 05 juil 2011 | Dans : Vive le blog citoyen

    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/visuel/2011/07/04/la-cartographie-de-la-blogosphere-politique_1544714_1471069.html#ens_id=1544709

    Le blog citoyen, socialiste et républicain est référencé sous sr07.unblog.fr  parmi les 1052 sites politiques retenus.

    Par Guilhem Fouetillou, DG et cofondateur de linkfluence

    Et si on vous permettait de voir le web ? Cela peut paraître bizarre mais ce territoire sur lequel nous passons tous de plus en plus de temps en naviguant de page en page, ne propose pas de carte qui nous permette de nous y repérer. A la place, nous l’arpentons laborieusement avec nos moteurs de recherche et nos listes d’adresses que nous gardons bien rangées dans nos signets.

    Pourtant ce territoire, comme tout territoire, peut être cartographié. Imaginons une carte des liens et des contenus, d’un web « vu du dessus » qui laisserait apparaître les chemins d’une page à l’autre, d’un site à l’autre, qui nous permettrait de comprendre comment les acteurs par leurs publications se lient les uns les autres…

    Cette carte du web, nous la construisons par morceaux depuis des années chez Linkfluence. Et nous nous sommes particulièrement intéressés à une région particulière : celle de l’arène politique militante qui se compose de centaines de sites d’hommes politiques, de partis, de militants, de sympathisants, d’observateurs engagés jouant le jeu médiatique de la notoriété, gloires locales, durables ou éphémères, tous participant de cet écosystème mouvant …

    Pour inaugurer le projet « Politicosphere » avec Le Monde -- qui nous permettra d’observer la présidentielle sur et vue du web d’ici à mai 2012 -- nous avons décidé de commencer par publier trois cartes de Blogosphère politique, en remontant dans le temps jusqu’en 2007 au moment de la précédente présidentielle. Prendre ce recul historique, c’est montrer que si le web est l’espace de l’instantanéité, de l’immédiateté, il est aussi un lieu d’histoire qui garde trace de son passé.

    NB : Ces cartes ne se lisent pas exactement comme des cartes traditionnelles, en cliquant sur l’icône « ? » sur chacune vous avez accès à une explication détaillée de leur mode de construction.
    4 éléments à retenir en résumé : les points sont des sites plus ou moins influents selon leur taille ; les arcs représentent des liens hypertextes reliant les sites entre eux ; les couleurs marquent l’appartenance politique et les sites ayant beaucoup de liens en commun sont proches, ceux qui en ont peu sont éloignés

    En regardant ces cartes, on constate qu’après l’effervescence de la campagne de 2007 le web politique s’est contracté. Aujourd’hui, à l’approche de 2012, une nouvelle mobilisation se prépare déjà très visible du côté de l’extrême droite.

    2007 : tous en ordre de bataille


    Pour accéder à une version manipulable de la carte, il vous suffit de cliquer sur l’image.

    2004 avait été aux Etats-Unis la première présidentielle du web. De véritables « phalanges » démocrates et républicaines s’étaient rencontrées sur le champ de bataille de la blogosphère pour livrer bataille et la domination en nombre des républicains fut, sur le web, aussi infime que celle qui permit à Georges W Bush de prendre la maison blanche ! 3 ans plus tard, on se préparait en France à se rendre aux urnes et ceci dans un pays où le taux de connexion à internet et d’accès au haut débit était un des plus importants d’Europe et du monde.

    La carte de 2007 montre à quel point la présence sur le web fut un enjeu stratégique pour les partis politiques. En premier lieu pour le parti socialiste qui a vu sa présence exploser au moment de la course à l’investiture avec les multiples antennes locales de Désirs d’Avenir. Celles-ci sont venues dédoubler le maillage socialiste déjà existant assurant ainsi au parti une franche domination. On remarquera au nord ouest de la carte la communauté disjointe présentant les sites du parti radical.

    Côté droite, deux blocs bien distincts, d’abord les libéraux autour du site alternative-liberale.fr, qui, à l’opposé de leur poids marginal dans le jeu politique, pesaient fortement sur la blogosphère politique en en faisant ainsi une rampe de lancement de leur stratégie de gain de visibilité. Puis l’UMP, jouant le jeu de l’unité pour 2007 bien que la carte montre clairement la séparation entre Sarkozystes et Villepinistes (situés dans le groupe d’une vingtaine de sites et blogs les plus au sud de la carte). Troisième force en présence, l’UDF avec 17,7% des sites, tous bien rassemblés autour du site udf.org mais lançant aussi d’importantes passerelles vers les sites de droite. Le restant de la carte se distribue entre les écologistes divisés et dispersés (verts, cap21 et génération écologie formant alors chacun une communauté), l’extrême gauche montrant une faible présence et enfin l’extrême droite plus petite force politique sur la carte.

    Le web politique de 2007 se caractérise par son organisation compétitive et sa très forte polarisation. Chaque parti tente d’occuper le terrain et les stratégies de citation, de référencement mutuel, de réplication font flores au sein de chaque famille mais peu entre les familles ne facilitant ainsi pas la circulation et le débat. Celui-ci fut d’ailleurs orchestré par une multitude de sites d’analystes, de commentateurs, d’éditorialistes non militants qui ne sont pas présentés sur cette carte (on comptait parmi les plus centraux en 2007, le site netpolitique, le blog de Versac-Nicolas Vanbremeersch , ceux de Guy Birenbaum et Daniel Schneidermann ou encore le site de critique des médias Acrimed).

    2009 : hors saison…

    Deux ans plus tard, le web continue à croître et ceci à tous les niveaux, taux de pénétration, qualité des connexions, temps moyen passé, diversité des usages… Et pourtant la carte de la Blogosphère de 2009 propose 40 % de sites de moins passant de 1755 à 1059 ! Ceci est peut être contre-intuitif mais c’est une réalité, deux ans après l’élection de Nicolas Sarkozy, le web politique est retourné à un rythme en apparence plus routinier, les militants engagés uniquement autour de l’échéance présidentielle ayant disparu.

    Seuls restent les plus investis, ceux privilégiant le débat politique, l’échange, la contradiction et à ce jeu même si c’est toujours le parti socialiste qui renforce sa domination sur cette carte, c’est l’arrivée du Modem qui est à retenir dans la carte de 2009. Le mouvement démocrate présente une intensité d’interactions, d’échanges importante au regard de sa taille, il réalise ensuite un mouvement de décalage se démarquant clairement de l’UMP et augmentant l’intensité de ses échanges avec les sites de gauche ; enfin il écrase en présence, visibilité et activité les quelques sites rescapés du nouveau centre difficilement situés entre l’imposante UMP et le critique Modem.

    La droite présente toujours une triple partition libéraux, sarkozystes, villepinistes, l’écologie reste dispersée. L’extrême droite croît sensiblement : mais on y remarque surtout le site Fdsouche, au sommet de cette communauté, devenu premier site d’extrême droite de la carte.

    2011 : un nouveau front

    2 ans plus tard encore, la blogosphère politique fait toujours à peu près la même taille. Il faut dire que le blog n’est plus le seul moyen d’expression des militants politiques. Facebook depuis la campagne de Obama en 2008 est devenu le lieu de mobilisation des foules, l’endroit où l’on invite chacun à « liker » ou marquer son soutien d’un commentaire expéditif. Twitter permet aux veilleurs attentifs de partager le fruit de leurs trouvailles sans avoir à maintenir un blog.

    Les blogs eux se spécialisent comme un lieu d’expertise pour influenceurs produisant du contenu avec attention et régularité. Ils en deviennent d’ailleurs d’autant plus intéressants à observer comme lieu de fabrique de l’opinion prolongeant l’espace médiatique traditionnel.

    En 2011 donc, la blogosphère politique présente les mêmes caractéristiques qu’en 2009 à une exception près : la croissance de l’extrême droite. En deux ans, elle a quasiment doublé son espace d’influence faisant reculer la totalité des autres couleurs politiques (à l’exception de l’écologie en légère progression !). Elle se présente aujourd’hui comme une zone incontournable du web politique en France proposant sa propre (re)lecture de l’actualité avec ses sites stars (fdsouche, le salon beige…) , ses propres « agences de presse » (novopress) et évidemment ses sites de partis (front national et front national jeune). C’est d’ailleurs à cette galaxie que Le Monde et Le Monde.fr consacrent ce lundi 4 juillet un dossier s’appuyant sur la carte que nous commentons ici et annonçant le partenariat Politicosphere entre Linkfluence et le journal.

    Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Figaro: «Pour un programme de salut public»

    Posté par le 09 juil 2011 | Dans : Battre campagne, Blog du Che

    Président du Mouvement républicain et citoyen, Jean-Pierre Chevènement dira à l’automne s’il est vraiment candidat en 2012.

    Le Figaro: Quel regard portez-vous sur l’affaire Strauss-Kahn et ses suites?
    Jean-Pierre Chevènement: Dès le premier jour, j’ai défendu le principe de la présomption d’innocence. J’ai été choqué par le système accusatoire à l’américaine qui fonctionne uniquement à charge. Je suis choqué de l’image donnée hier de Dominique Strauss-Kahn et aujourd’hui de la jeune femme guinéenne. Je regrette encore plus que la campagne présidentielle se perde dans l’embrouillamini new-yorkais, peu susceptible de nous entraîner à parler du fond, la crise de l’euro par exemple. C’est lamentable…

    Ségolène Royal ou Arnaud Montebourg, avec sa démondialisation, peuvent-ils porter une partie de votre programme?
    Je n’interviens pas dans la primaire du PS. Le Mouvement républicain et citoyen auquel j’appartiens se tient délibérément en dehors. La plupart des candidats socialistes ne voient d’issue à la crise de l’euro que dans un surcroît d’intégration dans une Europe fédérale. Ce choix est profondément irréaliste. Il saperait encore plus la confiance que la France doit retrouver en elle-même. Arnaud Montebourg pose de bonnes questions. Avec Ségolène Royal, le courant passe, même si nous ne nous approvisionnons pas aux mêmes sources d’électricité. Le nucléaire, à mes yeux, reste un grand atout de la France…

    Dans votre programme, vous considérez que les antinucléaires font «du terrorisme intellectuel»!
    On ne remplacera pas de sitôt, pour des raisons purement économiques, l’électricité tirée du gaz et du nucléaire, bien moins chère que celle provenant des énergies dites renouvelables. Les antinucléaires ont l’esprit de secte. Dans leur vision, l’esprit critique, le doute méthodique n’ont pas leur place. L’accident de Fukushima est d’abord un accident naturel. Tokyo Electricity, l’opérateur nippon, n’a pas pris toutes les précautions nécessaires. L’industrie nucléaire doit rester dans le giron de la puissance publique.

    Le PS est-il sous la pression des écolos sur ce dossier?
    C’est incontestable… Les socialistes ont besoin de leurs voix. Ils se croient obligés de leur faire des concessions qui vont au-delà du raisonnable. S’ils leur accordent trop de circonscriptions, ils devront marcher à la baguette !
    Pensez-vous que Nicolas Sarkozy puisse être réélu en 2012?
    Je n’ai jamais critiqué Nicolas Sarkozy sur sa personne mais sur le fond : le bouclier fiscal, le traité de Lisbonne, la réintégration des états-majors de l’Otan sans contrepartie. Bien sûr, il peut être réélu, si la gauche n’offre pas une alternative sérieuse.

    Êtes-vous décidé à vous présenter?
    Fermement. Car je suis le seul à pouvoir offrir à la France, de manière crédible, un programme de salut public. Mai 2012 est encore loin. J’officialiserai ma décision à l’automne. Mais je ne désespère pas tout à fait de pouvoir faire évoluer le discours des autres candidats.

    Propos recueillis par Albert Zennou et Sophie de Ravinel
    Source : Le Figaro du samedi 9 juillet 2011

    Déclaration de Leila Shahid, Déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union européenne.

    Posté par le 09 juil 2011 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

    Des citoyennes et des citoyens européens ont répondu à l’appel de la société civile palestinienne, représentées par ses ONG, syndicats et associations, qui les ont invités, aujourd’hui 8 juillet, à se rendre en Palestine pour commémorer l’avis historique de la Cour Internationale de Justice de La Haye du 9 juillet 2004 condamnant le mur. Cet avis, de la plus haute instance onusienne, n’a pas empêché, depuis 7 ans, les autorités israéliennes de poursuivre la construction de ce mur en territoire occupé, violant ainsi le droit international. Ces citoyennes et citoyens venaient manifester leur solidarité avec les victimes d’une des occupations militaires les plus longues de l’histoire contemporaine. Cette action, solidaire, pacifique et non violente, devait leur permettre de rejoindre les citoyennes et les citoyens palestiniens dans le territoire occupé, comme d’autres européens ont tenté de le faire avec la flottille à destination de Gaza.

    Les autorités officielles de différents Etats membres de l’UE, ainsi que des compagnies aériennes européennes, ont répondu aux injonctions du gouvernement israélien en acceptant d’interdire aux passagers européens, inscrits sur des listes de persona non grata établis par Israël, d’embarquer à bord des vols à destination de Tel-Aviv à partir de différentes villes européennes. D’autres, qui ont réussi à arriver à Tel-Aviv, ont été refoulés à l’aéroport Ben Gourion. Nul ne connait sur quelles bases de telles listes ont été dressées et de quel crime on accuse ces citoyens, ne serait-ce le crime de solidarité internationale. Il est évident que ces citoyens européens auraient préféré se rendre à l’aéroport de Gaza directement, sans passer par Tel-Aviv, si l’armée israélienne n’avait pas complètement détruit le terminal et les pistes de l’aéroport il y a dix ans, forçant ainsi toute personne souhaitant se rendre en Palestine à passer par l’aéroport de Tel-Aviv.

    Il est scandaleux qu’un Etat du Sud de la Méditerranée, qui se prétend un partenaire privilégié de l’UE, se permette de violer ainsi les droits des citoyens européens de plusieurs Etats membres : droit à la circulation, droit à l’expression politique pacifique de leurs opinions, droit à la solidarité et la défense du droit international. Et ceci avec la complicité de certains Etats membres de l’UE !

    vendredi 8 juillet 2011

    Jean-Pierre Chevènement sèche Marine Le Pen

    Posté par le 11 juil 2011 | Dans : Blog du Che, Le Che

    Dans Libé Politiques 11/07/2011 à 18h08

    Elle avait estimé que le président du Mouvement républicain et citoyen avait «une analyse assez similaire» à celle du Front national. L’intéressé l’a fermement rembarrée.

    90 réactions

    Par LIBÉRATION.FR

    Jean-Pierre Chevènement, le 22 août 2010 à Frangy-en-Bresse dans l'est de la France

    Jean-Pierre Chevènement, le 22 août 2010 à Frangy-en-Bresse dans l’est de la France (© AFP Jeff Pachoud)

    Laconique, nette et sans bavures, la réponse de Jean-Pierre Chevènement à l’offre de partenariat lancée par Marine Le Pen. Sous le titre «Pour gouverner, il faut être deux», le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), lui répond sur son blog: «Pour ma part, je n’ai nulle envie de gouverner avec Madame Le Pen.»

    C’est dans une interview à France soir, parue ce lundi, que la présidente du Front national avait tenté une approche. Interrogée sur la personnalité politique avec laquelle elle serait prête à gouverner, elle en profite pour tenter de sortir de l’étiquetage gauche-droite-extrême droite pour prêcher un clivage entre «mondialistes» et «patriotes». Du coup, «quelqu’un comme Jean-Pierre Chevènement a une analyse assez similaire à la nôtre sur un certain nombre de points, alors que c’est un homme de gauche.» Fort à parier que l’eurodéputée FN n’y reviendra pas…

    De son côté, Chevènement n’a pas renoncé à se présenter en 2012, mais renvoie l’annonce de sa candidature à l’automne, persuadé d’être «le seul à pouvoir offrir à la France, de manière crédible, un programme de salut public». Mais le 15 juin, l’ex-candidat à la présidentielle de 2002, n’excluait pas de se ranger derrière un(e) candidat(e) à la primaire socialiste, à la condition d’un accord sur le programme avant le scrutin.

    Nous avons franchi les bornes de la responsabilité de protéger, nous sommes dans l’ingérence

    Posté par le 12 juil 2011 | Dans : Blog du Che, Contre la guerre

    Monsieur le Ministre des Affaires étrangères nous déclarait, le 22 mars dernier : « Nous ne voulons pas nous engager dans une action de longue durée. L’opération aérienne sera limitée dans le temps ». L’opinion publique a d’abord approuvé cette action destinée à protéger des populations agressées par les armes de leurs propres dirigeants. Il ne s’agissait pas d’ingérence humanitaire. Non ! L’ingérence, c’est-à-dire l’action unilatérale déclenchée par un groupe de pays, à sa ou à leur discrétion, en fonction de valeurs qu’il affiche, qui lui sont propres ou prétendues universelles, est bannie expressément, rejetée par les Nations Unies dans une succession de textes que la France a régulièrement votés. Je précise que le talentueux ministre français qui s’est en son temps proclamé le champion de ce qu’il appelait le « droit » ou le « devoir d’ingérence » a, par deux fois, dans un bref communiqué commun signé avec la Chine au printemps 2009, réaffirmé le respect par notre pays du principe de « non-ingérence ».Ce qui s’est passé en mars 2011, c’est la mise en œuvre d’un principe consacré par les Nations unies, par le droit international, celui de la « Responsabilité de protéger ». L’idée n’est heureusement ni révolutionnaire ni absolument nouvelle. Rappelons-nous le rôle de la FORPRONU, Force de protection des Nations Unies en Yougoslavie dans les années 1990. 

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    Le syndrome de la guerre du Golfe

    Posté par le 13 juil 2011 | Dans : Blog du Che, Contre la guerre, Le Che

    Le vote massif et inconditionnel d’approbation à la poursuite des opérations en Libye m’a irrésistiblement fait penser au syndrome de la guerre du Golfe. Aucune vue longue.

    La majorité des parlementaires, sous prétexte de solidarité avec nos soldats, se montrent en réalité solidaires du gouvernement qui, comme il se doit, donne des ordres aux militaires.Les socialistes se retrouvent naturellement dans l’ingérence, concept qui historiquement leur doit beaucoup. Bernard Kouchner, là où il est, et Bernard Henri Lévy peuvent se frotter les mains.

    Le souci du respect de la légalité internationale passe au second plan, comme si la légalité internationale n’était pas aussi l’intérêt de la France.

    Dans quel état seront demain la Libye, le Maghreb, le Sahel ? Ces grandes questions sont évacuées.

    Une option militaire à courte vue a été privilégiée. Plus le conflit durera et plus la Libye sera déstabilisée. La tâche de la force de l’ONU, qui sera demain chargée de rétablir l’ordre, ne sera pas de tout repos. Politiquement, on peut se demander quel moyen de pression le PS conservera encore pour conduire le gouvernement à privilégier une issue politique.

    Jean-Pierre Chevènement le 13 juillet 2011

    L’imposture érigée en règle d’or !

    Posté par le 14 juil 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

    lalibertguidantlepeuple.jpgEn ce 14 juillet endeuillé par les victimes militaires d’une guerre qui n’est pas la nôtre, l’actualité nous fournit moult sources de consternation à mettre au compte de la bêtise de nos prétendues élites. 

    En Libye, le suivisme d’une grande majorité de parlementaires (1)  à l’égard d’un président confondant le pseudo devoir d’ingérence -- qui n’est, soi dit en passant,  rien d’autres que le droit du plus fort - avec la responsabilité de protéger. Au risque de faire chèrement payer au peuple libyen et à  la France ces égarements inspirés d’une sotte vision BHLévienne alors que les opérations de bombardement de l’OTAN se poursuivent maintenant depuis quatre mois. …

    En matière économique, cette volonté de constitutionnaliser la niveau des déficits dans « une règle d’or » (2) pour assurer l’inviolabilité de la doxa européiste et libérale quand les orientations en cours conduisent à l’effondrement des économies de la zone euro avec ses conséquences sociales tragiques pour les peuples des pays exposés…

    Dans le domaine de la santé, ce recul gouvernemental sur les velléités d’assurer l’accès aux soins dans des zones de désert médical en remettant en cause un dispositif d’incitation prévu dans la loi HPST, par l’adoption d’un texte corporatiste visant à la reconquête électorale des médecins libéraux…

    Inspirations qu’on peut situer clairement dans le droit fil des impostures successives tant dénoncées sur notre blog citoyen! Faudra -t-il demain constitutionnaliser la connerie au nom du principe de l’allégeance aux idées des plus forts? Celles des néo-cons, vous l’aviez bien compris!

    Avant de rejoindre les autorités civiles et militaires pour commémorer la République et assumer mes charges et devoirs citoyens, je ne peux m’empêcher de m’interroger aussi  sur les nouveaux modes de gestion des services publics qui travestissent leurs missions  et déprécient la qualité du service rendu aux usagers tout en mettant à mal le principe d’égalité (3).

    La relève de la République est notre seule règle d’or. Avec les citoyens, les populations et les professionnels médusés par les camouflets de la gestion chaotique de la chose publique, des sommets de l’Etat aux affaires locales, elle reste plus que jamais notre objectif majeur! 

    Ah! ça ira…

    Salut et Fraternité

    X.D

    (1) « Une telle majorité à l’Assemblée nationale comme au Sénat est rare. Quelques 482 députés, de l’UMP, du Nouveau Centre et du Parti socialiste se sont prononcés pour la poursuite des opérations militaires françaises en Libye. Seulement 27, des députés communistes notamment, ont voté contre cette prolongation. Au Sénat, ils étaient 311 pour contre 24. Là, quelques sénateurs PS se sont aussi abstenus…

    Les députés UMP et NC et leurs collègues socialistes ainsi que François Bayrou (MoDem) ont voté la poursuite de l’intervention française, considérant qu’un arrêt des opérations aujourd’hui permettrait aux forces du colonel Kadhafi de reprendre le terrain perdu face aux insurgés. Des verts les ont rejoints : Noël Mamère et François de Rugy. Cependant, majorité et opposition ont en revanche souligné l’importance de parvenir rapidement à une solution politique.

    Il y a eu cependant quelques défections au sein du groupe socialiste à l’Assemblée : l’ancien président de l’Assemblée nationale, Henri Emmanuelli, a voté contre, tandis que sept de ses collègues, dont le maire de Toulouse Pierre Cohen et le chevènementiste Christian Hutin, se sont abstenus et 42 n’ont pas pris part au scrutin. A l’UMP, un seul député a voté contre: Jean Bardet. Cinq n’ont pas pris part au vote. Au Nouveau Centre, cinq députés ne se sont pas exprimés. Le président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan, a voté contre, dénonçant « un fiasco qui va coûter une fortune au contribuable français ». Extraits du JDD du 12 juillet « Libye : le Parlement dit oui à l’intervention »

    Lire l’analyse de J.P Chevènement reproduit sur le blog : « le syndrome de la guerre du Golf »

    (2) : La majorité présidentielle s’est unie mercredi pour approuver l’inscription dans la Constitution d’une « règle d’or » limitant les déficits. Le Parlement français est ainsi parvenu mercredi à un vote conforme sur le projet de loi constitutionnelle qui prévoit l’équilibre des finances publiques, l’Assemblée nationale adoptant le même texte que celui voté par le Sénat lundi.

    (3) : Prochainement sur ce blog, la publication d’une intervention sur la critique de la politique hospitalière aux rencontres de l’AGAUREPS-Prométhée qui fait suite à la livraison auprès d’un cercle professionnel de décideurs d’une succulente enquête sur les ambiguités du management hospitalier  (des managements problématiques aux problématiques de managers)…

    A lire aussi : Jean-Pierre Chevènement, en visite à Bordeaux, livre au Blog citoyen, socialiste et républicain son analyse sur l’évolution de l’intervention en Libye après les évènements des jours derniers

    Le travail : outil d’asservissement ou d’émancipation ? par Christian Hutin

    Posté par le 16 juil 2011 | Dans : Articles de fond, Santé-social-logement

    Christian Hutin -- Tribune dans Marianne  | Vendredi 15 Juillet 2011


    Le 22 juin, le groupe parlementaire Socialiste, radical a organisé un colloque sur la souffrance au travail. Avec la mondialisation, le travail est devenu une marchandise comme les autres déplore Christian Hutin -- proche de Jean-Pierre Chevènement.

    (Le Père Peinard - Wikimedia)

    (Le Père Peinard -- Wikimedia)

    La question du travail fait à nouveau surface de façon importante dans les débats à gauche et je ne peux que m’en réjouir. Pour preuve, le dernier colloque organisé à l’Assemblée Nationale par le groupe Socialiste, Radical, sur la souffrance au travail, suicide, stress et les risques psycho-sociaux, le 22 juin dernier. Il faut être en mesure d’aborder frontalement des questions comme celle du travail et de la nature de celui-ci. Cette réflexion doit être théorique et idéologique.Car le travail est fondamentalement une question politique.

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    L’Union sacrée en terres gasconnes…

    Posté par le 19 juil 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

    A Cologne, les producteurs de foie gras seraient interdits de salon agroalimentaire par les autorités allemandes au prétexte de la sécurité publique. Drôle de façon de retourner les rôles en excipant de l’hostilité d’un certain public à l’égard des traditions culinaires françaises.

    Le département des Landes est un haut lieu de l’élevage et du gavage des canards. Son président Henri Emmanuelli s’insurge, à juste raison, contre cet interdit qui vient frapper un des fleurons de la production locale. Le développement durable de la filière canard, fondé sur la qualité  et sur l’excellence gustative des produits locaux, s’en trouve fort menacé! Et par le fait toute l’économie locale!

    Dans un réflexe sain, les édiles locaux se mobilisent pour la défense des traditions. Et le parti « chasse, pêche, nature et traditions » fait cause commune avec le président socialiste Emmanuelli dont on connaît le tempérament et les goûts prononcés pour la culture raffinée du pays d’Aliénor. Une culture qui vient de loin depuis l’impératrice Eugénie de Montijo ou, plus avant, les Wisighots et la gaule romaine…

    A Mont de Marsan, chacun peut apprécier ce Manolete de la politique, aficionado a los toros, lors des corridas des fêtes de la Madeleine dans les arènes du Plumaçon qui valent une sacrée réputation à cette grande place taurine. Après le festival Flamenco du début du mois, la ville vibre à nouveau, mais cette fois aux rythmes des bandas. L’empreinte de l’Espagne est ici bien vivante. Et quand nos voisins catalans interdisent la corrida, nous redoublons d’efforts pour préserver cette solide tradition taurine qui fait tant causer les non initiés.

    A ceux qui ne verraient dans ces trésors de notre patrimoine gascon qu’une survivance de rites barbares, il faut avec force rappeler la symbolique de ces manifestations. Du banquet de village aux courses landaises et toujours sous le sons des fanfares et autres harmonies municipales, elles rassemblent et enchantent autour de traditions culturelles qui ne sont, au fond, rien d’autre que le propre de l’homme… et de la civilisation!

    X.D

    Alerte au chancre colorée « ceratocystis platani », ce champignon maléfique en action sur le canal du Midi!

    Posté par le 28 juil 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D, environnement

    Depuis l’une des écluses de mon Lauragais familier, j’ai la bonne habitude de divertir mes sens au cours de longues promenades sur les rives du canal ombragées de rangées de platanes. Ces arbres sont hélas menacés d’un mal incurable. Jacques Noisette, responsable de la communication des voies navigables de France Sud-ouest, estime, dans un récent entretien au Figaro, à deux mille le nombre de platanes malades.

    Les premiers foyers de contamination au champignon remonteraient à 2006. Depuis, on déplore une augmentation constante et rapide du nombre des cas. Et pour seule réponse à ce fléau, il conviendrait d’abattre les arbres contaminés et tous ceux qui sont situés dans le périmètre immédiat, même s’ils sont sains ! Ensuite, il faudrait brûler sur place les arbres malades, déraciner les souches des platanes et reconstruire les berges. Cette politique viserait d’ici quinze à vingt ans l’abattage des quarante deux mille platanes du canal, tous menacés à terme. Un véritable crève-coeur!

    Classée au patrimoine de l’Unesco, cette voute arborée s’offre aux riverains et promeneurs fluviaux, croisant à vélo ou à pied les péniches durant la haute saison. Elle fait tout le charme de ces lieux. Et les platanes bordent aussi nombre de petites routes pittoresques comme celles des crètes des collines du Lauragais, d’où l’on aperçoit ces longues et massives granges aux pierres ocres, caractéristiques de la région.

    Patrimoine historique répondant aux besoins du commerce du blé à l’époque de Louis XIV, ce canal royal arboré, renommé canal du Midi en 1789, s’étend sur près de deux cent quarante kilomètres de la Garonne toulousaine à la Méditérranée. La majesté de ce sentier d’eaux, l’un des plus grands chantiers du XVIIème siècle selon ses contemporains, classé au patrimoine de l’Humanité en 1996, ravit tous les amoureux de la nature. On partage leur inquiétude et leur désolation devant ce risque de perte d’une architecture végétale au charme inégalable.

    La stratégie de VNF repose aujourd’hui sur le platanor, le platane en or, un hybride résistant aux attaques du champignon. Une campagne d’éducation pourrait aussi accompagner les efforts pour prévenir la contamination. En effet, l’homme serait le meilleur allié du champignon qui se propage par les outils utilisés par des entreprises d’entretien des bords de route. D’où la préparation d’un arrêté - en la matière fort bien désigné!- pour encadrer la prophylaxie et enrayer la contamination en instruisant les personnes qui travaillent et évoluent aux abords des platanes. Faute du respect de cette règle d’or, la plantation du platanor et d’autres espèces résistantes au Ceratocystis platani constituerait la seule alternative (1). Mais à l’horizon de trente à quarante ans… Une raison supplémentaire pour exiger avec les élus locaux une intervention rapide et efficace des pouvoirs publics!

    X.D, Villefranche du Lauragais, le 28 juillet 2011

    (1) Selon le responsable de la communication de VNF, le coût des opérations d’abattage est estimé à 200 millions d’euros, dont le financement reste encore à déterminer. « Le calendrier des abattages va donc se poursuivre dès le mois d’octobre. En 2011, nous étions à un millier arbres. En 2012, nous allons passer à la vitesse supérieure. Avec près de 4 000 arbres abattus. Dans le même temps, cet hiver, nous allons lancer deux programmes de replantation dans les secteurs les plus touchés de l’Aude : Villedubert, qui sera replanté en frênes, et Trèbes, où nous avons opté pour des platanors, un hybride résistant aux attaques du chancre coloré. Nous avons souhaité varier les essences en cas de nouvelles maladies. »

     

    Pourquoi la gauche française doit soutenir l’énergie nucléaire

    Posté par le 30 juil 2011 | Dans : Articles de fond, environnement

    Par David Spector Professeur associé à l’Ecole d’économie de Paris

    Les Allemands sont des gens sérieux. C’est ce que nous enseignent les publicités pour les voitures, les films de guerre, et leur grammaire compliquée. Et la droite allemande, c’est encore plus sérieux. Donc si la droite allemande a décidé de sortir du nucléaire, il faut sortir du nucléaire. Cet argument paraît-il faible ? C’est pourtant le plus convaincant de tous ceux qui sont avancés pour réclamer la sortie du nucléaire. Examinons les autres.

    Premier argument, la sécurité. La catastrophe de Fukushima révélerait l’inéluctabilité d’un accident nucléaire grave en Europe dans les décennies à venir. En réalité, la conclusion inverse s’impose. La centrale de Fukushima avait été conçue pour résister à un tremblement de terre mais pas à un tsunami. Comme prévu, elle a résisté au tremblement de terre et pas au tsunami. Une fois un risque identifié, on sait donc le traiter. En Europe occidentale, les risques naturels sont moins aigus qu’au Japon, les autorités de sûreté sont plus indépendantes et aucun accident grave n’est à déplorer après quatre décennies de déploiement massif du nucléaire. Surtout, la sécurité ne cesse de s’améliorer et les réacteurs construits actuellement n’ont rien à voir avec ceux de Fukushima, vieux de quarante ans. D’où un paradoxe : les adversaires du nucléaire préconisent de continuer pour une quinzaine d’années l’exploitation des centrales actuelles mais s’opposent à leur remplacement ultérieur par des centrales de troisième génération, beaucoup plus sûres. Difficile d’y comprendre quelque chose.

    Deuxième argument : le nucléaire entraverait le développement des énergies renouvelables et donc la sauvegarde de la planète. Rien n’est plus faux. Actuellement, les énergies renouvelables ne peuvent pas se substituer au nucléaire à cause de leur coût mais surtout du caractère intermittent de leur production, défaut rédhibitoire puisqu’on ne peut pas stocker l’électricité. Ces limites seront sans doute surmontées un jour et il faut encourager les efforts en ce sens.

    Mais pour le moment, ce qui se substitue au nucléaire, c’est la combustion de ressources fossiles (gaz, charbon, pétrole), émettrice de CO2. Or d’après les spécialistes du climat (et les écologistes !), il est urgent de lutter dès maintenant contre les émissions de gaz à effet de serre. C’est pourquoi il faut développer à la fois le nucléaire et les énergies renouvelables. Pour que l’argument des antinucléaires soit pertinent, il faudrait supposer une percée technique beaucoup plus rapide qu’il n’est communément attendu dans le domaine des énergies renouvelables. Mais on bute alors sur un second paradoxe : pourquoi une telle confiance dans le progrès technique quand il s’agit d’énergies renouvelables et en même temps une telle défiance quand il s’agit de sécurité nucléaire ?

    En outre, les grands pays émergents comme la Chine et l’Inde refusent les contraintes susceptibles de freiner leur décollage économique. Le développement de l’électricité nucléaire est la principale contribution qu’ils acceptent d’apporter à l’effort commun de réduction des émissions. Sortir du nucléaire, c’est sortir la moitié de l’humanité de la lutte contre le réchauffement.

    Troisième argument, le risque d’un décrochage industriel de la France dans le secteur des énergies renouvelables. Mais l’opposition entre nucléaire et renouvelable est infondée, comme le montre la présence d’Areva dans ces deux domaines. Par ailleurs, les marchés en cause sont mondiaux. De même que des entreprises chinoises vendent des panneaux photovoltaïques aux pays développés, la part que prendront les entreprises françaises dans l’essor du renouvelable ne dépend pas du mixte énergétique choisi en France. Et celui-ci peut de toute façon faire une large place à la fois aux énergies renouvelables et au nucléaire.

    Pour des raisons électorales, le Parti socialiste est en train de céder à contrecœur à la démagogie antinucléaire. Ce changement de cap est d’autant plus triste que l’énergie nucléaire est profondément de gauche. Elle a créé des milliers d’emplois d’ouvriers qualifiés et bien payés. Préfère-t-on le gaz de Poutine ou le charbon dont l’extraction tue chaque année de nombreux mineurs par accident ou maladie ? Surtout, l’industrie nucléaire française est le meilleur exemple d’une politique industrielle réussie -- il n’y en a pas tant. Elle illustre ce que peut accomplir un Etat stratège doté d’une vision à long terme dont est dépourvu le marché livré à lui-même.

    En toute logique, le soutien au nucléaire, énergie écologique et de gauche, devrait être le ciment d’une alliance entre verts et socialistes.

    Auteur de :«Electricité : faut-il désespérer du marché ?» Editions rue d’Ulm.

    Tribune dans Libé du 28/07/2011

    Désolation ou résilience?

    Posté par le 03 août 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

    Démission du président du SAMU social, protestant  la semaine dernière contre le désengagement de l’Etat dans l’hébergement d’urgence, suivie, hier, d’une grève dans le secteur de l’urgence sociale. Dans le même temps, annonce d’une hausse du chômage dans un contexte économique et social particulièrement morose. Ceinture et vacances à la maison pour près de la moitié des familles, victimes d’ une crise qui n’en finit pas. Et pour seule perspective la menace d’une implosion de la zone euro quand l’arrogance du CAC 40 et des milieux financiers contraste avec la  marginalisation en marche de larges couches de la population et de la jeunesse. Avec à la clef une grande inquiétude dans l’avenir et une vraie désespérance populaire! En France et en Europe.

    De Madrid à Athènes, le mouvement des indignés exprime la révolte d’une jeunesse. Mais la vie politique française reste atone. Une gauche sans message qui se serait bien passée du feuilleton médiatique de l’été. Un Mélenchon qui ne réussit pas son envol dans un contexte d’essouflement de la gauche de gauche (ou de la gauche de la gauche, c’est selon!). Un Le Pen égal à lui-même après les commentaires sur la tuerie  d’Oslo, au risque même d’embarrasser sa fille à la recherche d’une impossible respectabilité de sa famille résolument fascisante. Et cet appel du pied incessant envers l’électorat frontiste d’une majorité néo-conservatrice qui détricote la République… Jour après jour!

    Cette République dans la tourmente qu’il convient bien de relever. En parlant le langage de la vérité et de l’audace pour rompre avec ces décennies d’impasse et d’égarement qui nous ont conduit à ce point de désolation. Point de non retour?

    A nous de prouver le contraire sans nous laisser piéger par les discours lénifiants de ces dirigeants déclinologues qui ne s’encombrent d’aucun principe (1). Car la France n’est pas finie et cette grande nation politique  pourrait même être l’âme d’une Europe résiliente! A condition de vouloir une autre politique et de s’y préparer…

     X.D

    (1) On pourrait oser un parallèle entre la gestion des questions internationales ( la réception de Kadhafi par le président Sarkozy en 2008, le soutien jusqu’au bout des dictateurs tunisien et égyptien avant de prôner, pour faire oublier ce manque de vision, l’intervention militaire en Libye et la reconnaissance du conseil national de transistion conduit par ­Moustapha ­Abdeljalil, celui-la même qui avait infligé une peine d’emprisonnement aux infirmières bulgares…) et intérieures (volonté de constitutionnaliser la dite règle d’or d’équilibre des finances publiques et de lutte contre les déficits, lesquels se sont par ailleurs envolés sous la présidence de Sarkosy du fait notamment des cadeaux fiscaux et de l’échec de sa politique économique).

    Crise: Chevènement demande à Sarkozy un soutien public au rachat de dette par la BCE

    Posté par le 08 août 2011 | Dans : Blog du Che, Economie

    Dépêche AFP, lundi 8 août 2011

    Chevènement demande à Sarkozy un soutien public au rachat de dette par la BCE

    Jean-Pierre Chevènement a écrit lundi à Nicolas Sarkozy pour lui demander d’ »agir » auprès d’Angela Merkel afin que la décision de la Banque centrale européenne de racheter des titres de dette espagnols et italiens soit « publiquement soutenue » à la fois par Paris et Berlin.La Banque centrale européenne (BCE) a décidé d’intervenir jeudi pour tenter d’éteindre les feux de crise de la dette en zone euro, notamment en reprenant ses interventions sur le marché obligataire. Elle a indiqué dimanche qu’elle allait le faire de manière « active », une déclaration interprétée comme l’annonce qu’elle allait racheter de la dette de l’Italie et de l’Espagne.Le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) a envoyé un courrier à Nicolas Sarkozy, dont il a adressé une copie à l’AFP, pour lui « suggérer d’agir auprès de la chancelière allemande pour que la décision prise à une majorité écrasante par le Conseil des Gouverneurs de la BCE le 4 août soit publiquement soutenue par l’Allemagne et la France dans les prochains jours ».

    « Seul le rachat massif des titres et dettes espagnols et italiens peut aujourd’hui permettre de sauvegarder la cohésion de la zone euro », estime l’ancien ministre de François Mitterrand dans ce courrier.

    « L’action de la BCE pourrait se faire par le canal du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Seule une telle ‘arme nucléaire’ peut aujourd’hui faire reculer la spéculation », d’après lui.

    Dans un communiqué transmis à l’AFP, le sénateur du Territoire de Belfort ajoute par ailleurs que le FESF est selon lui « sous-doté », avec une « capacité opérationnelle de 225 milliards d’euros pour une pyramide de dette de 3.400 milliards si on cumule les dettes publiques des pays actuellement sous tension ». Il « suggère que les candidats socialistes ensemble (le) rejoignent » dans sa demande à M. Sarkozy.

    Leçon de choses

    Posté par le 09 août 2011 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de X D

    parlementstrasbourg11.jpgIl fallait une bonne capacité d’anticipation pour dénoncer lors du référendum sur le traité de Maastricht -- il y a de cela près de vingt ans -- l’implacable logique en marche dans l’adoption des dispositifs qui révêlent à présent toute leur perversité! Cette construction bancale d’une Union européenne, mue par la seule logique du grand marché, avec en son sein une zone euro obligeant ses Etats membres au respect de règles drastiques, ne tient pas ses prétentions originales. Les mirages de la croissance économique, de l’emploi, de la coopération industrielle voire même de l’Europe sociale ont fait place aux politiques d’austérité justifiées aujourd’hui par ceux-là même qui faisaient naguère les louanges de l’Union européenne.

    C’est qu’ils n’en sont plus à une contradiction près nos thuriféraires de cette Europe sans principe et en pleine tourmente! Après nous avoir vendu leur marchandise avec force arguments, les mêmes s’étonnent du mauvais tour qu’ils nous ont joué. Redisons-le tout net : cette Europe de la dérégulation néolibérale, marche-pied de la mondialisation et du capitalisme financier international, n’est pas celle des Nations et de leurs peuples. Des fameux critères de convergence, figurant -- n’en déplaise aux sociaux-démocrates -- dans le texte même fondateur de l’UE -- au pacte de stabilité, adopté à Amsterdam en 1997, préfigurant le récent pacte de compétitivité Merckel-Sarkozy en passant par le traité de Lisbonne, il n’y a qu’un seul fil conducteur. C’est celui de la marche forcée néolibérale qui consacre la primauté de la finance aux dépens des intérêts populaires!

    Il aura donc fallu en arriver là, pour qu’enfin quelques esprits à gauche s’émancipent de la pesante doxa libérale en appelant à leur tour à plus de pragmatisme dans la gestion d’une crise qui menace la survie même de l’euro. Cet euro cher, source de nos pertes de marché et de compétitivité à l’échelle mondiale, au nom duquel les gouvernants veulent liquider les politiques sociales pour rassurer les marchés financiers, ces bailleurs de fonds des Etats endettés. Pour avoir sacrifiés la croissance et l’emploi sur l’autel des cures d’austérité imposées par la logique néolibérale -- la savante désinflation compétitive, version soft de la compression du pouvoir d’achat  et la recherche d’un profit allant de pair avec les licenciements boursiers -, ces Etats, dépossédés par ailleurs de leur prérogatives régaliennes, sont acculés à une totale soumission aux diktats du FMI et des institutions européennes.

    Ironie de l’Histoire, c’est à nous qu’il incombe, dans ce contexte, de montrer la voie pour sortir l’Europe de ses ornières, sinon sauver l’euro. En exigeant d’abord le rachat de la dette des Etats européens par une intervention active de la banque centrale européenne et du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Une pédagogie bien utile à l’endroit de ceux qui aurait la mémoire courte pour les affranchir d’une vision étriquée de l’Histoire. Une Histoire qui ne doit plus se laisser enfermer dans quelques chiffons de papier…

    X.D

    Les temps rebelles…

    Posté par le 11 août 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

    Qu’y a-t-il de commun entre les révolutions populaires du printemps arabe, la rage des populations portugaise, grecque ou irlandaise et l’explosion d’une jeunesse en Europe, en Israël et au Chili? Entre et au sein même de ces catégories mal identifiées, devrais-je dire! Considérations utiles tant le risque d’amalgame peut dévoyer le sens des meilleures causes.

    Prenons les révoltes populaires du monde arabe et leur force d’entraînement. Elles ont mis fin à des décennies de dictature en Egypte et en Tunisie, contraint le roi du Maroc et le gouvernement algérien à quelques concessions, jeté les masses dans les rues du Maghreb au Machreq. Avec cette situation terrible en Syrie et l’exacerbation de ce conflit tribal en Libye, encouragé par la faute de sens des dirigeants occidentaux comme l’attestent à nouveau quelques parlementaires et personnalités politiques de retour d’une mission en toute indépendance. Ces mouvements, trop facilements amalgamés par des médias sans scrupules, expriment des réalités diverses qu’une seule vision synchronique et géographique ne saurait absorbée ou réduire.

    A la différence des révoltes populaires en Europe largement fédérées par le rejet des politiques d’austérité sous le diktat des marchés financiers! Ces révoltes qui peuvent ne mener nulle part - droitisation politique au Portugal -- ou constituer le départ d’un processus de renouveau à l’échelle des Etats puis de l’Europe. Il n’est pas interdit d’apprécier les choses dans une dynamique positive.

    Le cas de la jeunesse semble a priori plus complexe. Certains se risquent à voir dans les émeutes londoniennes qui gagnent le pays, une expression commune avec le mouvement des Indignés. Celui-ci, de Madrid à Athènes en passant par Paris, porte en lui le message authentique délivré avec force succés de librairie par un Stéphane Hessel ces derniers mois!

    Une personnalité dont la force de conviction accompagne ces temps d’arrachement aux pesanteurs de l’Histoire.

    Si l’on considère bien d’autres situations (1), il y a quelques raisons d’espérer en la capacité d’indignation des peuples pour s’affranchir des tutelles de toutes natures. Et surtout d’y apporter sa contribution citoyenne.

    X.D

    (1) Celles au sein de l’Etat d’ Israël, à la veille d’une possible reconnaissance internationale de l’Etat palestinien, quand la contestation sociale libère le peuple d’une terrible pression idéologique, ou, au Chili avec le mouvement étudiant qui entend mettre fin au caractère privé d’une université élitiste et ségrégationniste, vestige de la période de la dictature de Pinochet

    Démenti de Jean-Pierre Chevènement

    Posté par le 14 août 2011 | Dans : Blog du Che, Economie

    Je démens l’information donnée par LeMonde.fr, selon laquelle j’aurais accepté, même sous certaines réserves, ce qu’il est convenu d’appeler la « règle d’or », c’est-à-dire la révision constitutionnelle qui a déjà été débattue au Parlement.

    Dans la conversation téléphonique que j’ai eue avec le Président de la République le mardi 9 août 2011, j’ai souligné l’insuffisante dotation du Fonds de Stabilité Européen : 225 milliards d’euros, effectivement mobilisables pour faire face aux besoins des pays actuellement sous tension, dont la dette cumulée s’élève à 3 400 milliards d’euros. J’ai essayé de convaincre le Président de la République que seule l’intervention en grand de la Banque Centrale Européenne (BCE) permettrait de dissuader la spéculation de s’en prendre à nouveau à l’Espagne et à l’Italie. Cela suppose bien évidemment une révision de l’architecture de la zone euro. Les missions de la BCE (aujourd’hui la lutte contre l’inflation) doivent être élargies à l’achat des titres de dette publique, à la politique de change et plus généralement au soutien de la croissance et de l’emploi.

    Sur la « règle d’or », j’ai précisé ma position à la tribune du Sénat dans une intervention le 14 juin 2011, comme je l’avais déjà fait le 27 avril 2011 lors du débat sur le programme de stabilité européen. Ces deux interventions ont été publiées sur mon blog et au Journal Officiel. Sur les deux textes, j’ai émis un vote contre. Il serait de bonne déontologie de ne pas me faire dire en privé le contraire de ce que je dis en public.

    Crise de la dette: quelle devrait être la politique de la France ? par Julien Landfried

    Posté par le 16 août 2011 | Dans : Fédérations MRC d'Aquitaine, Pour une autre Europe

    Tribune parue sur LeMonde.fr, lundi 15 août 2011.


    quelle devrait être la politique de la France ?

    Quelle devrait être, dans la situation actuelle de déflagration de la zone euro, la politique de la France ? L’aggravation des divergences économiques, prévue de longue date par de nombreux observateurs, a d’ores et déjà conduit la zone euro dans une zone d’incertitude telle que c’est l’avenir même de la monnaie unique qui est en jeu. Le temps où l’on pouvait déclarer à qui voulait l’entendre que « l’euro nous protège » est désormais révolu. Rien ne pourra se faire sans une remise à plat du fonctionnement de l’euro, initiative que la France devrait prendre à très court terme. C’est la faute de M. Sarkozy que de n’avoir su mener cette politique et celle du Parti socialiste que de n’y voir qu’une carence personnelle, alors que la politique capable d’éviter l’effondrement de l’euro suppose un changement en profondeur de la stratégie économique en Europe.

    La France peut d’abord légitimement faire comprendre à l’Allemagne que le taux de change actuel de l’euro est le principal problème de la zone. Seule l’Allemagne peut aujourd’hui supporter à moyen terme une telle surévaluation de l’euro, qui asphyxie littéralement l’industrie des autres pays (mais aussi ses services, notamment le tourisme), tout particulièrement des pays périphériques. Il ne peut pas y avoir de redressement économique de la zone euro avec un euro surévalué. Telle devrait être la première exigence française : faire baisser le cours de l’euro par une action concertée avec la Banque centrale européenne (BCE), qui nécessite bien entendu l’aval de Berlin. L’Espagne, l’Italie, le Portugal et la Grèce ne pourraient qu’appuyer une telle exigence française. Si l’euro se rapprochait d’une parité stricte avec le dollar (et partant avec le yuan), l’activité économique redémarrerait et les comptes publics se redresseraient de manière significative. Le niveau de pression des marchés financiers sur les dettes publiques européennes se réduirait. Cette politique, il faut le noter, ne commande aucune dépense publique supplémentaire.

    La seconde exigence française conduirait à une réforme des statuts et missions de la BCE. D’abord l’ajout de la croissance et l’emploi dans ses statuts, afin d’équilibrer le policy mix européen. Ensuite sa coordination avec un Ecofin chargé de fixer la politique de change conforme à l’intérêt de l’ensemble de la zone (et pas uniquement de la nouvelle « zone mark » comme c’est le cas actuellement). Ici encore, le France recevrait l’appui du Sud mais aussi de partenaires comme la Belgique. Cette coordination marquerait l’entrée de l’industrie et du monde du travail dans la politique de la zone euro, alors que c’est aujourd’hui le secteur financier qui commande les décisions de la BCE. Elle éviterait des cas de surévaluation manifeste et de longue durée de la monnaie unique.

    La troisième et dernière exigence de la France : réorienter la politique allemande qui mène depuis dix ans une stratégie non coopérative qui a détruit l’industrie de ses voisins, par contraction de sa demande intérieure et réduction de ses coûts de production. Le salariat outre-Rhin ne verrait pas d’un mauvais œil un rééquilibrage de son pouvoir d’achat, pas plus que les partenaires commerciaux de l’Allemagne. Cette relance allemande, d’un niveau raisonnable, s’appuierait uniquement sur une relance salariale.

    La France pourrait en échange proposer deux séries de contreparties.
    D’abord, la substitution des eurobonds aux programmes des fonds structurels européens qui se sont révélés inaptes à donner aux pays périphériques une industrie ex nihilo. Ceci déchargerait les contribuables des pays centraux de la zone euro de subventions dispendieuses qui contribuent à creuser leurs déficits publics. Cela constituerait un signal sans ambiguïtés donné à l’opinion publique allemande que chaque pays entend développer un tissu économique robuste et concurrentiel. Cette réorientation serait d’autant plus crédible qu’elle se déploierait à l’abri d’un taux de change redevenu compétitif.

    Ensuite, chacune des économies de la zone devrait s’engager à renationaliser sa dette publique, par un mécanisme dit de « dette perpétuelle », faisant d’abord appel à l’épargne nationale. Ce mécanisme ne pose pas de difficultés majeures aux pays à forte capacité d’épargne comme la France, mais obligera les pays où les ménages sont fortement endettés (comme l’Espagne) à un effort très important. En procédant ainsi, les pays de la zone euro se soustraieraient à la pression des agences de notation en comptant d’abord sur leurs propres forces plutôt que sur de versatiles marchés financiers.

    Ces deux conditions sont diamétralement opposées au fonctionnement actuel de la zone qui oppose un centre industrieux (l’Allemagne) et une périphérie spécialisée dans la consommation (les pays du Sud). Cette configuration est bien entendu intenable dans la durée. Ce « pack » de propositions françaises donnerait une véritable crédibilité de long terme à l’euro, et dessinerait un accord acceptable pour chacune des parties.

    Il faut parier sur la lucidité du gouvernement allemand à entendre des propositions françaises, conformes à nos intérêts mais aussi à l’intérêt européen tout entier. Si l’Allemagne a été la principale bénéficiaire de l’euro, elle serait aussi la principale perdante en cas de disparition de la monnaie unique. La route de Francfort passe par Berlin. Et la politique de la France suppose de mener une stratégie diplomatique et économique qui ne résume pas à l’asservissement au « triple A » et à un secteur financier qu’il faudra bien réduire dans les années à venir.

    —--
    source :
    LeMonde.fr
    Nota Bene : le titre est de la rédaction du Monde.fr

    Le Mérens, « prince noir d’Ariège » mais cheval populaire

    Posté par le 27 août 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

    Connaissez-vous le Mérens? Ce petit cheval des pyrénées ariégeoises, originaire de la commune éponyme de ce département montagnard, très prisé en raison de sa grande polyvalence possède un excellent mental et un aspect fascinant : avec du cadre, de l’os, du lustre et du crin, cette morphologie athlétique marie robustesse et finesse dans une robe « noir zain ou pangaré » à l’instar de ses cousins Frison ou Minorquin, ces deux autres perles du monde équin.

    Par delà cette éblouissante présentation, le Mérens rassemble surtout des qualités équestres essentielles. Elite en cheval de loisir, le Mérens a le pied sûr, un équilibre, un allant et une puissance qui vous transportent aux trois allures sur des terrains variés en toute sécurité, de la carrière de dressage aux chemins de crête et autres sentiers escarpés de basses montagnes.

    Il faut assister, pour mieux vérifier cette adresse, à la spectaculaire descente dite « des éboulis » de la montagne de Bouan. En fin d’après-midi, depuis le pré où se tient annuellement (depuis 1979 à Bouan et cette année les 20 et 21 d’août dernier) le concours suprême de la race (les concours de la race existent depuis 1872), le spectacle de cette chevauchée cavalière sur des pentes caillouteuses à trente cinq degrés d’inclinaison, s’accompagne d’un silence religieux d’un public médusé. Public nombreux d’éleveurs, de cavaliers utilisateurs et d’amateurs régionaux, nationaux, voire internationaux avec cet engouement tout particulier des Hollandais, des Belges ou des Italiens. Dans ce canton de « Les Cabannes », à proximité d’Ax- les-Thermes et de Tarascon, le concours national des modèles et allures du Mérens honore les poulains et pouliches des « un et deux ans » manipulés, les poulains et pouliches de trois ans montés, les poulinières suitées ou les étalons approuvés. La désignation des champions suprêmes de la race, mâle et femelle des catégories des juniors ou séniors vient couronner le travail des éleveurs.

    Avec près de cinq cent naissances annuelles déclarées, la race n’est plus menacée d’extinction. Une race fixée depuis près d’un siècle par une politique d’indigénat pertinente arrêtée par ses défenseurs et promoteurs et dont on mesure à présent toute la réussite. Pour comprendre toute l’intelligence de cette  politique, il faudrait revenir sur la longue résistance des populations locales, en terres ariégeoises comme dans tous les  autres pays d’élève -- c’est à dire principalement dans les zones de grands marécages ou de montagnes, impropres à la culture des sols mais riches en vaines pâtures,- aux injonctions multiséculaires des haras royaux puis nationaux obligeant la saillie des juments autochtones par les étalons agréés.

    Cette recherche, apparemment bien intentionnée, d’un apport des étalons de « pur sang » pour relever les produits et régénerer les races autochtones, -- avec aussi des visées militaires comme celle de la préparation de la guerre franco-prussienne à la fin du second Empire qui visait à croiser les poulinières ariégeoises avec des étalons arabes pour obtenir une cavalerie légère -- n’en produisait pas moins des effets délétères en dénaturant et débilisant les produits des jumenteries locales par la perte des qualités de robustesse et de rusticité attendues principalement de populations paysannes utilisatrices de petits chevaux de bât et de trait. Mais les poulinières qui montaient à l’estive avec leurs poulains de l’année dès la saison printanière des amours pour s’y régaler jusqu’à l’automne des herbages de montagne, retournaient à la ferme  après avoir été honorées par l’étalon de la race en capacité de saillir et de remplir une trentaine de juments échappant ainsi aux soupirs des prétendants de race supérieure mis à la disposition des éleveurs dans les dépôts des haras nationaux! Avec, soyons honnête, des exceptions notoires qui ont laissé quelques traces indélébiles du sang arabe de ces étalons orientaux ( la station de Mérens verra se succéder neuf étalons dont sept arabes et deux anglo-arabes de 1870 à 1879 ) qui font aussi tout le chic et la distinction du Mérens à la tête expressive et au chanfrein droit ou camus.

    Un grand malentendu historique donc, source d’affrontement ici comme dans les autres pays d’élève des juments, entre deux visions du cheval. L’une, aristocratique privilégiant les qualités du cheval de manège et de cour, l’autre, populaire recherchant un cheval économique d’entretien, donc rustique mais aussi fort et robuste pour assurer les travaux des champs et des forêts -- labours, moissons, débardage -- de traits, de bâts et d’attelage ainsi que le transport des hommes ou des produits de la ferme jusqu’aux marchés locaux…

    D’où la contestation d’une réglementation nationale imposant les saillies des juments autochtones par les étalons des écuries royales devenues plus tard haras nationaux. Des prescriptions mises en échec, comme nous l’évoquions, par la résistance passive des éleveurs de l’Ariège qui n’avaient, du reste, pas le loisir de conduire depuis leurs vallées encaissées leur jumenterie aux lieux de dépôts et de mise à disposition onéreuse des étalons nationaux quand la relève naturelle des générations s’accomplissait dans les luxuriantes -- et non moins luxurieuses - montagnes d’estive !

    Une tradition qui se perpétue encore grâce à l’intelligence de deux éminentes personnalités du monde équestre convaincues de la nécessité de préserver les qualités de la race Mérens : celles de Gabriel Lamarque, personnalité du monde hippique qui présidait la société d’Agriculture de l’Ariège et créa en 1908 des concours de sélection des meilleurs produits issus de l’indigénat; celle de Lucien Lafont de Sentenac, directeur du dépôt des Haras nationaux  de Tarbes, lui-même originaire du pays, qui accorda une place importante au Mérens dans une circonscription s’étendant au Languedoc et à la Corse. On lui doit tout l’appareil réglementaire de promotion de la race, l’arrêté préfectoral du 27 mars 1947 ouvrant un livre généalogique dont la tenue était confiée au syndicat hippique d’élevage de la race chevaline pyrénéenne ariégeoise dite de Mérens.

    Depuis cette époque le dynamisme des éleveurs soutenus et accompagnés par le SHERPA Mérens, présidé par Mme Foisnel, porte ses fruits. Mais la crise aggrave les difficultés d’un élevage en soi peu rentable avec des coûts de production alourdis, des débouchés plus restreints et un désengagement de l’Institut Français du Cheval- Haras Nationaux (établissement touché lui-même par la vague de libéralisation avec son souci d’optimisation, de commercialisation et de fermeture des dépôts de proximité…). Dans ce contexte on doit se réjouir de l’attention toute particulière des politiques d’encouragement et d’aide à l’élevage du Mérens promues par le conseil régional de Midi-Pyrénées et le conseil général de l’Ariège dont la présence personnelle de son président à la manifestation de Bouan n’est pas fortuite. Il faut donc saluer cette entreprise de promotion d’un cheval de sang qui possède son propre Stud-Book en France et à l’étranger et améliore ses performances sportives pour en faire un cheval complet dans toutes les disciplines équestres du TREC au loisir et à l’endurance jusqu’à la compétition de dressage et bien sûr de l’attelage dans laquelle il excelle également. Ce cheval élégant et polyvalent constitue par ailleurs la meilleure ressource en équithérapie du fait de ses qualités mentales inégalables.

    Pour toute ces raisons, la promotion du Mérens  reste un challenge majeur dans le monde du cheval. Etant moi-même, en amateur, cavalier et éleveur, vous comprendrez tout le sens de cette évocation des qualités du Mérens qui n’a rien d’incongrue dans ce blog citoyen qui encourage aussi le maintien de la biodiversité et d’un mode de vie et de développement soutenable.

    Et, en ces temps d’universités d’été, cette référence trop ignorée de nos ténors à la devise du cavalier :  « En avant, calme et droit »!

    X.D

    Alire aussi sur le blog citoyen :

    A cheval sur les principes… d’un art de vivre et de penser en toutes libertés!

    ” C’est parce que la route est longue qu’il vaut mieux seller son cheval de bon matin plutôt que de pourrir sur pied en attendant le soir. Car à trop attendre, l’espérance, elle aussi, pourrit toute seule.” Régis Debray

    Colloque avec Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg: « L’Europe dans la mondialisation: que faire? »

    Posté par le 25 août 2011 | Dans : Battre campagne, Fédérations MRC d'Aquitaine, Gauche anti-libérale, Parti socialiste, Pour une autre Europe

    Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg débattront ensemble de la crise, de l’Europe et de la mondialisation, après une discussion entre Jacques Sapir, Jean-Michel Quatrepoint et Olivier Ferrand.


    Date : mardi 30 août 2011 à 18h30
    Lieu : 101 Rue de l’Université, 75007 Paris

    Présentation du colloque :
    Forum de négociation comprenant désormais 27 pays, l’Union européenne fait face à de nombreux défis. L’enjeu de cette rencontre est de faire émerger des pistes concrètes pour permettre d’affronter la crise de l’euro qui se mue en crise de l’Europe.
    Permettre à l’Europe de peser sur la marche du monde, de renforcer son autonomie, d’agir, tel est le but des réflexions de ce colloque. 19H00 : « Protectionnisme, euro et démocratie »
    Que peut l’Europe dans la mondialisation ? Comment agir ? Comment convaincre nos partenaires d’une réorientation des politiques économiques sur notre continent ? La place de l’Europe dans la mondialisation est au cœur des solutions politiques à apporter. L’urgence d’agir est désormais évidente face à la crise de l’euro.

    Avec :
    -Jacques Sapir, économiste, auteur de « La Démondialisation », Le Seuil 2011

    -Jean-Michel Quatrepoint, Journaliste, auteur de « Mourir pour le Yuan? », Bourin, à paraitre septembre 2011


    -Olivier Ferrand, Président de Terra Nova
     

    20H30 : Arnaud Montebourg et Jean-Pierre Chevènement échangeront sur leurs visions respectives de l’avenir de l’Europe.
    Loin de confondre internationalisme et supranationalité mais attachés à l’idée européenne et au projet de la voir s’ériger en acteur indépendant face au G2, Arnaud Montebourg et Jean-Pierre Chevènement s’attacheront à définir leur vision de l’Europe, du rôle de la France dans celle-ci et du rapport au monde que peut entretenir notre continent…
    Pour assister à ce colloque, envoyer un mél à l’adresse suivante en spécifiant votre nom et votre prénom : inscription.colloque30aout@gmail.com

    http://www.chevenement.fr/index.php?preaction=view_nl&nl=95109&id=3394846&idnl=95109

    Nélia E SILVA
    ______________________________________________
    MRC -- 3 avenue de Corbéra -- 75012 Paris
    téléphone : 01 55 78 05 40 -- télécopie : 01 55 78 05 50
    courriel :
    contact@mrc-france.org

    2012 : il faut un socle commun de gouvernement pour la gauche

    Posté par le 25 août 2011 | Dans : Articles de fond, Battre campagne, Débats autour de la refondation de la gauche, Gauche anti-libérale

    Elus de gauche et écologistes -- Tribune publiée dans Marianne | Jeudi 25 Août 2011 à 15:01

    A quelques heures de la Rochelle, plusieurs élus de gauche et écologistes appellent à un rassemblement autour d’un socle de propositions sur lequel pourrait être fondé à la fois une riposte et une future politique gouvernementale communes…



    Louison

    Dessin : Louison

    L’été 2011 aura démontré l’irresponsabilité des dirigeants et des acteurs économiques qui avaient préféré renouer les fils d’un système financier condamné plutôt que d’affronter les réalités du monde.

    La gravité de la crise est désormais perçue par tous. Alors que les dirigeants actuels prétendent colmater les brèches, « moraliser » le système et qu’ils annoncent régulièrement un retour à la normale, ressurgit, tous les 6 mois, un nouveau spectre. Les G20 qu’on prétendait prometteurs se sont succédés, Nicolas Sarkozy a fait des déclarations tonitruantes contre le capitalisme financier et le pouvoir démesuré des marchés, mais le système poursuit ses dérives de plus belle, tandis que se multiplient dans les pays développés le chômage et les mesures d’austérité.

    Face à la menace que pressentent nos concitoyens, il ne faut pas que s’installent durablement la désespérance, le fatalisme, un sentiment d’impuissance collective, un doute de plus en plus marqué à l’égard de la démocratie. A mesure que le temps passe, que les reculs sociaux s’accumulent, l’absence de perspectives positives et d’alternatives politiques réelles risque de miner les capacités de mobilisation, de réactions.

    Là est désormais la grande responsabilité de la gauche, qui doit proposer une voie effective de sortie de crise et l’émergence d’un nouvel espoir pour notre peuple. Il serait illusoire d’imaginer gagner en 2012, en surfant sur le rejet de la politique et de la personnalité de Nicolas Sarkozy et en sous estimant les effets de l’abstention et les tentations populistes. La gauche serait une fois de plus vaincue, si elle se laissait emprisonner dans l’hyperpersonnalisation de la Vème République, négligeant l’essentiel, le rassemblement des forces de gauche et écologistes autour d’un socle commun de propositions, capable de donner du sens aux choix qu’exige la gravité de la situation.    

    Celles et ceux qui se défausseraient de cette exigence majeure ne tarderaient pas à être sanctionnés par nos concitoyens, car nous sentons que pour gagner dans la durée, il faudra plus que des promesses et des idées. Il faudra définir les conditions de leur réalisation et d’un passage à l’acte qui implique l’exemplarité des comportements du pouvoir et l’audace d’un changement de modèle économique, dans le respect du grand principe qui fonde notre modèle français : la lutte contre les inégalités.

    Nous pensons qu’il existe à gauche des convergences, des accords sur des points majeurs, qui constituent un socle sur lequel peuvent être fondées à la fois une riposte commune et une future politique gouvernementale de la gauche. Ce socle doit clairement mettre en évidence les ruptures nécessaires à engager à court comme à moyen terme. Ruptures avec les politiques actuellement suivies, ruptures aussi parfois avec des attitudes passées de la gauche. Il doit tout à la fois fixer les grands objectifs, les grandes lignes qui devront être suivies dans la durée et bien sûr se décliner par des propositions concrètes et immédiates. Dans la période difficile actuelle, il faut éviter de donner le sentiment d’organiser une sorte de concours Lépine des « bonnes solutions » à promouvoir, dans une confusion où nul ne peut clairement retenir ce que la gauche est réellement décidée à entreprendre.

    Nous proposons donc une réunion au sommet des dirigeants de gauche et écologistes pour préparer ce socle commun, ce qui n’interdit pas que se manifestent par ailleurs des nuances, voire des divergences. Sans être exhaustif, il nous parait possible que, sur quelques points majeurs, se réalise un accord susceptible d’éclairer les Français sur nos orientations d’avenir. Par exemple :

    1) L’affirmation que la crise a surtout des causes structurelles et pas simplement conjoncturelles
     
    Il ne s’agit pas d’un simple dérèglement ponctuel du système, d’un phénomène conjoncturel, mais bien d’une crise structurelle du système, dont les racines viennent de la main mise du capitalisme financier sur le monde contemporain. Sans changement profond de logique, sans rupture, il n’y aura pas de solutions durables et de réponses adaptées aux besoins des peuples.

    La crise doit donc être traitée dans sa globalité, par des actions concernant des domaines essentiels tels que la régulation et le contrôle de la finance et des marchés, ou une nouvelle organisation des échanges, pour combattre le dumping social et environnemental.

    Les actions à court terme ne doivent pas, en tout état de causes, handicaper le long terme, en particulier la préoccupation du développement soutenable de l’économie réelle. La priorité doit être de mener une politique de croissance de l’emploi fondée sur la relance de véritables politiques industrielles intégrant pleinement la transition écologique. Cette priorité ne doit, en aucune façon, être sacrifiée sur l’autel de la résorption de la dette, même si l’objectif de maîtrise des déficits doit être pris en compte.

    2) Le refus de faire payer les erreurs et les errements du capitalisme financier par les catégories modestes

    Celles-ci ont déjà versé un lourd tribut aux politiques libérales : développement de la précarité, chômage, faible évolution des salaires, remise en cause de la protection sociale. Bon nombre de foyers ont de plus en plus de mal à « boucler » leurs budgets.

    L’austérité, c’est les classes populaires et même les classes moyennes  sacrifiées, c’est la fin du contrat social. Elle signifie le refus de pratiquer une relance.

    C’est pourquoi tout doit être fait pour soutenir le pouvoir d’achat, réduire la précarité, créer des emplois. Il est à noter que, pour être efficaces, certaines mesures n’exigent pas un engagement important de dépenses, puisqu’elles concernent la régulation, les normes, les contrôles (coûts du logement, excès des intermédiaires dans la distribution…)

    3) L’engagement de mettre en œuvre une juste répartition des richesses

    Cet engagement, préalable à toute politique de gauche, devra se traduire notamment par l’annonce d’une réforme fiscale d’envergure comprenant: la remise sur pied d’un système progressif d’impôt sur le revenu, la taxation des mouvements spéculatifs de capitaux, la participation des revenus du capital au financement de la protection sociale, l’augmentation du taux d’imposition des hauts revenus.

    Le temps n’est plus aux demi-mesures, ou même aux taxations ponctuelles des plus riches. C’est une révolution fiscale qu’il faut mettre en œuvre.

    4) La détermination d’agir pour une réorientation stratégique de l’Europe

    Le traité de Lisbonne ne pouvait répondre à cette exigence, faute notamment d’engager une véritable avancée démocratique de l’Europe. Il maintenait de fait les insuffisances de l’actuelle construction européenne et de la politique monétaire, la concurrence sans règles et sans limites, les risques de dumping social et fiscal.

    Même si ce sujet n’est pas le plus simple à traiter à gauche, l’approfondissement de la crise modifie considérablement la donne et légitime a postériori bien des critiques et des craintes exprimées depuis des années par nos concitoyens et qui n’ont pas été entendues par les dirigeants actuels.

    Une nouvelle avancée de la construction européenne ne peut s’établir qu’à travers de nouveaux principes et de nouvelles politiques en matière monétaire, sociale, fiscale, industrielle, d’investissements publics. Il faudra par exemple revoir le fonctionnement de la BCE, inclure dans ses missions la croissance de l’emploi, taxer les transactions financières, contribuer à la résolution des dettes souveraines par la mise en place d’eurobonds, mettre en place une véritable gouvernance économique de la zone euro avec la définition de politiques industrielles européennes, de grands investissements dans les domaines de l’énergie et des transports.

    La victoire de la gauche française en 2012 devra s’accompagner d’une feuille de route définissant les éléments clefs d’un nouveau pacte européen. Il faudra en particulier expliquer clairement à nos partenaires que, faute de voir pris en compte la plupart de ces éléments, nous bloquerons le fonctionnement d’un système qui, de jour en jour, éloigne les peuples de la belle ambition européenne. Il s’agira de manifester une volonté, non pas d’engager un repli national, mais de créer un rapport de forces, en alliance avec les autres forces progressistes et écologistes européennes, destiné à permettre une réorientation majeure de l’Europe.

    5) La volonté de mettre en place de nouveaux outils publics d’intervention

    S’il est clair qu’une sortie de crise exige une dynamique européenne différente, il serait erroné de faire croire à nos concitoyens que la France ne possède pas des marges de manœuvre propres, lui permettant de reprendre davantage la main sur le pouvoir économique. Grâce à de nouveaux outils publics d’intervention, il sera possible de contrer certaines délocalisations, d’arrêter le démantèlement des services publics, de mettre en œuvre de nouvelles politiques industrielles et un développement économique au service de l’emploi et non de l’accumulation maximale de profits non réinvestis.

    Nombre de ces éléments se retrouvent aujourd’hui dans la rhétorique des partis de gauche et des écologistes. Il est donc tout à fait possible d’affirmer et de hiérarchiser clairement les priorités, de consigner des mesures concrètes à court terme comme des changements plus profonds à inscrire dans la durée. Ce qui manque, c’est la volonté.
     
    La plupart des animateurs actuels de parti ne prétendent pas vraiment à la candidature présidentielle de 2012. Seront-ils capables de montrer qu’en dépit de la présidentialisation, les partis de gauche ne sont pas rangés au musée et qu’ils conservent le rôle décisif de porter une espérance collective et de préparer les grands changements, en mettant en mouvement les forces vives de la société ? Sans cela, sans détermination, sans l’affirmation d’une réelle volonté de changement, pour la gauche, rien n’est possible.

    Co-signataires : Etienne Butzbach (maire de Belfort), Gérard Charasse (député de l’Allier), Marie-Noëlle Lienemann (ancienne ministre), Alain Lipietz (ancien député européen), Emmanuel Maurel (secrétaire national du PS), Stéphane Peu (vice-président de la communauté d’agglomération Plaine Commune), Paul Quilès (ancien ministre), Lucile Schmid (membre du Conseil national d’EELV).

    Chevènement de plus en plus candidat à l’Elysée

    Posté par le 04 sept 2011 | Dans : Battre campagne

    Ce week-end, l’ancien ministre de François Mitterrand réunira ses troupes à Carros (Alpes-Maritimes) pour l’université d’été du MRC. L’occasion pour le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen de faire un pas de plus vers l’élection présidentielle de 2012.

    Au centre des discussions, la crise. Cet été, Chevènement y a travaillé avec une surprise au menu. Le 9 août, alors qu’il était attablé avec l’académicien Max Gallo et le PDG d’EADS (qui construit les Airbus), Louis Gallois, sur son lieu de vacances, à Belle-Ile, il a reçu un coup de téléphone de… Nicolas Sarkozy. De quoi ont-ils parlé?   »J’ai échangé avec le président sur les moyens de sortir d’une situation extrêmement grave pour le pays », confie-t-il.

    Chevènement jouerait-il le jeu de « l’union nationale »? Le 8 septembre, le Premier ministre, François Fillon l’a invité à Matignon pour discuter de la réduction des déficits. « J’ai accepté sa proposition », annonce-t-il. Mais le rapprochement s’arrête là. « Je ne voterai pas la règle d’or qui ne signifie rien de moins que la mise en congé du Parlement », explique l’ancien socialiste, qui dénonce toujours « l’Europe de Maastricht » et le fonctionnement de la Banque centrale européenne.

    Pas d’accord avec le PS pour les sénatoriales

    Toutes choses que Chevènement estime ne pas avoir suffisamment entendues le week-end dernier à La Rochelle dans la bouche des socialistes. « On est sortis de cette université d’été comme on y est entrés : sans que ça bouge. Les socialistes n’ont pas une vision claire de ce qu’il faut faire pour sortir de l’impasse. », regrette Chevènement, qui renvoie dos à dos François Hollande et Martine Aubry, les « bébés Delors », qui revendiquent tous deux l’héritage de l’ancien patron de la Commission européenne.

    Chevènement instille le doute sur la capacité même des candidats socialistes à être à la hauteur de la situation : « Il faut un homme d’Etat prêt à prendre des mesures de sauvegarde. Vous en voyez un à l’horizon? » Preuve que les relations avec le PS ne sont pas au beau fixe, il confie qu’« il n’y aura sans doute pas d’accord pour les élections sénatoriales » du 25 septembre  : « Les socialistes sont impitoyables et ne font aucun effort envers nous. »

    A Carros, la candidature à l’Elysée de Chevènement sera dans toutes les têtes. Officiellement, il prendra sa décision « à l’automne ». Chevènement attend de connaître le résultat des primaires socialistes le 16 octobre avant d’ouvrir des discussions. En attendant, il publie un livre d’entretiens croisés* avec Luc Chatel. Début octobre, il publiera chez Fayard « Sortir la France de l’impasse », un livre-programme de 100 pages. Surtout, son logo de campagne est prêt : « Che 2012 », un clin d’œil au célèbre guerillero argentin.

    *« Le Monde qu’on leur prépare », Plon, 19 €.

    Le Parisien

    Chevènement se donne jusqu’au 21 décembre pour officialiser sa candidature

    Posté par le 04 sept 2011 | Dans : Battre campagne

    Dans Libé en ligne du 4 septembre 2011

    «Je me donne une marge d’appréciation. Je sais par expérience qu’une campagne présidentielle ça dure très longtemps, c’est très difficile», a déclaré le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen.

    Jean-Pierre Chevènement, le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a déclaré dimanche qu’il se donnait jusqu’au 21 décembre, fin de l’automne, pour officialiser sa candidature à l’élection présidentielle.

    «J’ai dit (en juin) que j’officialiserai ma candidature à l’automne», ce qui veut dire «au plus tôt le 21 septembre, au plus tard le 21 décembre», a précisé M. Chevènement devant environ 200 militants réunis à Carros (Alpes-Maritimes) pour leur université d’été.

    «Je me donne une marge d’appréciation. Je sais par expérience qu’une campagne présidentielle ça dure très longtemps, c’est très difficile. La France est une grande circonscription», a-t-il dit.

    En attendant, le sénateur de Belfort entend jouer le pédagogue et faire «bouger les lignes» du parti socialiste, qu’il n’épargne pas après une université d’été à La Rochelle où «il ne s’est rien passé».

    «J’appréhende une déception possible de l’électorat dans l’hypothèse où le candidat de gauche l’emporterait, ce qui devrait arriver», a-t-il dit. «Les gens n’ont pas compris la dramatique situation qui est la nôtre et ils n’ont pas compris ce qu’il faut faire pour s’en sortir. Il faudra beaucoup de courage, beaucoup de fermeté», a estimé M. Chevènement.

    Il a consacré l’essentiel de son discours de clôture à son thème de prédilection, l’architecture erronée de la zone euro, tout en fustigeant au passage «la déréglementation des marchés financiers» ou «la dictature de l’actionnariat sur les Etats».

    Pour Jean-Luc Laurent, président du MRC, la candidature de Jean-Pierre Chevènement à la prochaine élection présidentielle «est une nécessité». Les militants s’activent actuellement pour collecter les parrainages nécessaires à cette candidature. En préparation également, un site internet qui dispose déjà de son logo: «Chevènement 2012, Chè 2012».

    Récemment, M. Chevènement qui avait soutenu Ségolène Royal en 2007, a affirmé que s’il était au PS, il soutiendrait Arnaud Montebourg.

    (Source AFP)

     

    Entretien de Jean-Pierre Chevènement à Nice Matin, dimanche 4 septembre 2011.

    Posté par le 04 sept 2011 | Dans : Battre campagne, Blog du Che

    Entretien à Nice Matin:

    Le sénateur de Belfort est à Carros pour présenter son « contrat républicain »… et s’avancer vers la candidature… Il n’est pas encore candidat, mais il en a déjà le costume… Sa vision de la France et le peu de confiance qu’il attribue aux candidats socialistes le rapprochent, peu à peu, d’une nouvelle candidature aux présidentielles… Décryptage.

    Nice Matin: Vos idées forces pour ce contrat républicain ?
    Jean-Pierre Chevènement
    : D’abord il faut voir la profondeur de la crise dans laquelle nous sommes. La crise de l’euro était prévisible dès le départ. C’est une monnaie qui a été construite sans, voire contre les nations.
    Aujourd’hui, les marchés financiers spéculent contre tous les États qui apparaissent affaiblis par l’ampleur de leur dette et il y a lieu d’être très inquiet sur l’avenir de l’euro. J’ai suggéré que la banque centrale européenne rachète en masse les obligations des pays attaqués, comme l’Italie et l’Espagne.

    Nécessité fait loi, elle a commencé à le faire au mois d’août mais dans des proportions insuffisantes.
    Il faut une remise des compteurs à zéro, penser qu’on ne peut pas maintenir un système de protection sociale avancé sans une base productive forte.

    Or nous avons laissé notre industrie péricliter. La situation est gravissime. C’est à une révolution aussi profonde que celle à laquelle nous avons procédé en 1944 avec le Conseil national de la Résistance qu’il faut procéder. mais nous ne sommes pas en 1944, nous sommes plutôt en 1939…

    La dette publique augmente et vous préconisez de relancer les investissements. Un cercle vicieux, non ?
    Il faut inverser cette logique.Pour résorber la dette il faut de la croissance, des recettes fiscales, des excédents et par conséquent si on veut se lancer dans une austérité généralisée comme Merkel et Sarkozy nous le proposent avec leur pseudo-règle d’or que j’appelle règle d’airain, on va au gouffre…

    Devant ce constat pourquoi ne pas lancer dès aujourd’hui votre candidature aux présidentielles 2012 ?
    Il faut que les Français comprennent la nécessité d’une politique alternative. Pour le moment on les balade avec la règle d’or, avec les primaires socialistes dont on voit que tous les candidats se situent dans la même logique que M. Sarkozy, sans vision de l’avenir, sans comprendre qu’ils vont devoir prendre des mesures plus audacieuses, plus courageuses… Pour en revenir à ma candidature, j’officialiserai ma décision dans le courant de l’automne.


    Où en êtes-vous de vos relations avec les socialistes ?
    J’ai des relations amicales avec la plupart de leurs candidats. Mais il faut que le débat progresse, qu’il s’élève. Et les événements vont nous y aider. Ma candidature permettra de créer un recours pour la suite car la France en aura besoin…
    Vous jugez sévèrement leurs primaires…
    Le programme qui les unit annule l’intérêt de cette compétition certes d’hommes et de femmes estimables… L’une a de beaux yeux, l’autre est brillant et amusant, la troisième sincère, le quatrième enjôleur, mais nous ne sommes pas au comice agricole, au foirail pour juger la bête comme Chirac le faisait au salon de l’agriculture. Sur quoi se différencient-ils ? Quelles perspectives offrent-ils ? Leur programme est un leurre, il n’est pas finançable dans l’état actuel du système euro. Ils le disent d’ailleurs eux-mêmes…

    Le 21 avril 2002 un mauvais souvenir ?
    Le peuple français a fait ce jour-là une erreur en pensant que Le Pen pouvait être autre chose qu’une impasse…

    Mais encore…
    Lionel Jospin avait un projet à l’eau de rose, ma candidature était justifiée. Mes interventions de la campagne 2002 n’ont d’ailleurs pas pris une ride !

    Vous sortez un livre d’entretiens croisés avec le ministre de l’Éducation Luc Chatel. Lui avez-vous soufflé l’idée du retour à la morale sur les bancs de l’école ?
    Je m’en étais déclaré partisan il y a quelque temps… Depuis la fin du service militaire, l’école est la seule grande institution publique à rassembler toute la jeunesse. C’est à elle de donner les repères que sont le patriotisme, le civisme, le respect des règles du vivre ensemble.

    Propos recueillis par Christian Huault

    Vingt ans de laisser-faire, ça suffit !

    Posté par le 07 sept 2011 | Dans : Battre campagne, Blog du Che

    Tribune de Jean-Pierre Chevènement parue dans Causeur n°39, septembre 2011.

    Vingt ans de laisser-faire, ça suffit !

    La France est un pays dont la base industrielle s’est rétrécie (30 % de la valeur ajoutée en 1982, 13 % aujourd’hui) et dont le commerce extérieur est presque aussi gravement déficitaire que celui des Etats-Unis (70 milliards d’euros en 2011 pour la France – 600 milliards de dollars pour les Etats-Unis).

    Le discours sur l’endettement public de la France (1 650 milliards d’euros, soit 85 % du PIB) peut être trompeur. Il est dans la moyenne de la zone euro (85 %). L’endettement public des Etats-Unis atteint, lui, 100 % du PIB. Celui du Japon 200 %. Ce qui rend le problème de la dette publique française préoccupant, c’est sa détention, à près des deux tiers, par des « non-résidents » : on s’étonnera que les ménages français, relativement peu endettés et dont l’épargne est abondante (16 % du revenu), ne soient pas admis à souscrire aux émissions de dette publique : ce privilège est réservé aux banques …

    Si on veut prendre une vue d’ensemble, la France n’est pas débitrice à l’égard du reste du monde. Elle est même créancière nette. Par exemple, nos investissements à l’étranger, qui étaient de 82 milliards, en 1982, atteignent 1 600 milliards d’euros aujourd’hui. Le patrimoine global français atteint 10 000 milliards d’euros, soit cinq fois le revenu national annuel, un record historique : mais il s’agit pour plus de moitié de la valeur estimée au prix du marché des patrimoines immobiliers. Ce niveau record ne doit pas faire illusion : il traduit surtout l’intensité de la spéculation immobilière depuis une trentaine d’années.
    Au total, il y a donc deux visions de la pauvreté ou de la richesse de la France selon qu’on se place du point de vue financier ou du point de vue de l’économie réelle. De ce point de vue, la France est un pays déclinant, dont la production industrielle a été largement délocalisée et dont les parts de marché à l’exportation ont fondu de manière spectaculaire (5,6 % encore en 2000, 3,6 % aujourd’hui).

    C’est cette déconnection que je voudrais mettre en valeur :

    Les Français, surtout les plus riches, se sont considérablement enrichis. L’économie française, elle, s’est fragilisée. Il y a beaucoup de gens pauvres ou très modestes (le salaire médian est inférieur à 1 500 euros), beaucoup de chômeurs (plus de 9 % de la population active, 23 % chez les jeunes).

    Au fond tout s’est passé comme si depuis plus de deux décennies, les intérêts des classes possédantes avaient divergé d’avec les intérêts du pays. Le développement d’un capitalisme financier globalisé a abouti à de très fortes délocalisations industrielles, à l’exode à l’étranger d’une part importante de notre épargne, à l’envol de la richesse des classes possédantes, et à une précarité croissante pour les couches populaires et pour une part importante de la jeunesse. Ce qu’on appelle la « globalisation » a exercé un effet de fracture sur la société française que les choix de rigueur en cours et la récession à nouveau menaçante ne peuvent que creuser encore.

    Ou bien nous poursuivrons sur le chemin de la globalisation et le déclin économique dont les couches salariées font les frais s’accélèrera encore, ou bien un mouvement inverse interviendra (rupture avec la logique des marchés financiers, relocalisations industrielles, réinvestissement de l’espace national par les grands groupes d’origine française, redémarrage de l’investissement productif dans nos entreprises).

    Ce dernier choix, fondé sur une croissance endogène, et qu’il faudrait penser à l’échelle européenne, serait seul conforme à l’intérêt national. Il heurtera les intérêts à courte vue des classes possédantes. Il suppose un euro beaucoup moins cher qu’aujourd’hui. Autant dire qu’il passera par de fortes secousses au triple plan national, européen et international. Ces secousses sont inévitables. Le redressement de la France n’est possible qu’à deux conditions : au prix de beaucoup d’efforts d’abord et seulement si les Français, dans les temps difficiles qui s’annoncent, savent se rassembler sur l’intérêt de la France et sur la nécessité de partager cet effort.

    —--
    Causeur

    Entretien paru dans le Nouvel Observateur du 8 septembre 2011

    Posté par le 08 sept 2011 | Dans : Articles de fond, Blog du Che

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    Jean-Gabriel Fredet (Nouvel Observateur) -- Après avoir encensé la mondialisation, on porte aux nues maintenant la « démondialisation ». Qu’en pensez vous ?
    Jean-Pierre Chevènement: La crise de la mondialisation financière nous oblige à réfléchir sans tabous. En 2008, l’opinion a découvert que la théorie de l’efficience des marchés relevait du mythe et que nous vivions dans un système hyper-spéculatif , excessivement globalisé, favorisant des mouvements d’amplification irrésistibles.

    Dans le même temps, les Français ont pris conscience du déclassement de l’Europe et du rétrécissement de leur industrie qui ne représente plus que 13% de notre valeur ajoutée aujourd’hui. Dès lors, si le mot de « démondialisation » a l’inconvénient de suggérer qu’on pourrait revenir en arrière, il réintroduit l’idée que l’on peut corriger les excès d’une mondialisation « biaisée » et revenir sur les excès du néolibéralisme.

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    Fidel … à lui-même devant l’Eternel

    Posté par le 13 sept 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

    p1000156.jpgFidel Castro a raillé ses adversaires qui répandent le bruit de sa mort dans le pays. Dans une émission de la télévision publique du Venezuela, le comandante a livré ses réflexions dans une interview accompagnée d’une diffusion de photographies. « Ils m’ont déjà donné pour mort un certain nombre de fois » et, devait-il rajouter avec un mépris emprunt d’une grande ironie confinant à de l’humour noir : « Les types qui font ce genre de prédictions me font rire, comme si la mort serait pour moi une mauvaise nouvelle ». Imparable et inébranlable!

    X.D

    A lire sur le blog citoyen :

    Après le sixième congrès, une seule alternative pour le socialisme cubain : l’audace ou l’enlisement

    Lire tous les billets de X D en cliquant sur les catégories référencées ci-dessous

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  • A la Fête de l’Huma, Pierre Laurent demande au PS et aux écologistes d’«être de gauche»

    Posté par le 17 sept 2011 | Dans : Battre campagne

    Par LILIAN ALEMAGNA  dans Libé du 17/09/2011

    Pierre Laurent (à gauche), avec Patrick Braouezec, dans les allées de la Fête de l’Huma. (N. Chapuis)

    Pour le traditionnel discours de réception des forces de gauche au stand du PCF, Pierre Laurent, chef des communistes, a été clair vis-à-vis de ses partenaires socialistes et écologistes présents au premier rang: «Il y a trente ans, vous nous disiez: « ne soyez plus dogmatique! ». Nous ne le sommes plus… Il y a vingt ans, vous nous disiez: « soyez plus démocratique! » Et nous sommes aujourd’hui encore plus démocratiques! Il y a dix ans, vous nous disiez: « Soyez écologique! » Et nous sommes devenus écologiques! Alors aujourd’hui, je vous dis tout simplement: « Soyez de gauche ».»

    Grands applaudissements sous un chapiteau plein à craquer et bourré de caméras pour accompagner Martine Aubry, présente avec d’autres responsables des partis de gauche pour écouter le secrétaire national communiste. Pour sa deuxième Fête de l’Humanité, Pierre Laurent a fait forte impression pour qui, avec un débit de parole assez lent, n’est pas encore un expert de la prise de parole publique.

    Avant de débuter, Aubry avait été accueillie plutôt fraîchement par les militants présents: quelques applaudissements et quelques huées. Quant à Jean-Luc Mélenchon, son entrée a été accompagnée de «Mélenchon président» et «Mélenchon présidons». Pas de poignée de main à son ancienne camarade du PS. Le candidat du Front de gauche à la présidentielle est allé directement se placer à droite de l’ancienne ministre PCF Marie-George Buffet.

    «Point critique»

    «L’histoire jugera sévèrement (…) ceux qui sont restés sur le quai à regarder leurs souliers», a attaqué Pierre Laurent, à l’adresse des socialistes. «Nous sommes à un point critique, a-t-il prévenu. La question posée à la gauche est très simple: quels sont nos buts? Que voulons nous? Et pour qui le voulons nous?» Première des priorités: «Retrouver la maîtrise publique du secteur financier» avec, notamment, des «nationalisations» d’établissements bancaires. Laurent a demandé aussi de mettre «hors d’état de nuire les spéculateurs» et de «travailler à une monnaie commune mondiale permettant d’échapper au dollar».

    «Nous voulons abolir l’insécurité sociale, a poursuivi Laurent. Briser le tabou qui dure depuis trop d’années sur les salaires.» Nouvelle République, nouveau traité européen… Le chef du PCF déroule les propositions du programme du Front de gauche pour la présidentielle et fait une «offre publique de débat» aux autres partis de gauche précisant «être uni, ce n’est pas être aligné».

    «Nous n’écouterons pas la gauche bobo-chic (…) qui pense que le bio se récolte tout seul, conclut Laurent. La classe ouvrière existe et elle doit exister dans cette campagne.» Fin du discours. Place à une réception backstage à laquelle Aubry et Harlem Désir pour le PS participent ainsi que Jean-Vincent Placé pour les écologistes. Pas Jean-Luc Mélenchon. Le coprésident du Parti de gauche s’est éclipsé par l’arrière de la scène pour rejoindre le stand de sa formation.

    La France doit dire oui à la création d’un Etat palestinien souverain

    Posté par le 19 sept 2011 | Dans : Blog du Che, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

    On ne peut se réfugier sans hypocrisie derrière l’exigence d’une négociation entre Israël et l’Autorité palestinienne pour s’opposerà la demande de celle-ci de voir reconnue par l’ONU un Etat palestinien souverain.C’est faire comme si la poursuite de la colonisation de la Cisjordanie par Israël n’avait pas empêché jusqu’ici toute négociation sérieuse.

    Le changement de cap du Président Obama, signe de son affaiblissement intérieur, ne saurait être un argument valable pour amener la France à renoncer à la position qui a été celle de tous les Présidents de la République jusqu’à Nicolas Sarkozy : la reconnaissance d’un Etat palestinien à côté d’Israël avec, bien évidement les garanties de sécurité que cela implique.

    La France compromettrait son influence dans le monde arabe mais aussi dans le reste du monde en adoptant le « deux poids deux mesures ». Il ne peut y avoir d’exception au droit de chaque peuple à disposer de lui-même.

    Jean-Pierre Chevènement  le Lundi 19 Septembre 2011 à 20:06


    Pierre Guillou (Elus 2.0): «Les politiques doivent prendre le train du Web collaboratif»

    Posté par le 23 sept 2011 | Dans : Vive le blog citoyen

    Recueilli par Jonathan Bouchet-Petersen dans Libé du 23/09/2011

    79 députés sur 575 n’ont pas d’autre présence sur le Web que leur page Wikipedia. Et alors que près de 40 millions de français surfent sur Internet et que plus de 20 millions disposent d’un compte Facebook, un député sur cinq n’a pas de blog et seuls 10% des blogs sont des sites collaboratifs permettant le partage et le dialogue avec les internautes. Quant à Twitter, seuls 22% des députés y ont ouvert un compte. Tels sont quelques uns des enseignements de l’étude publiée hier par le site Elu 2.0. Les explications de son fondateur Pierre Guillou.

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    Avec l’arrêt du processus de paix, le statu quo n’est plus possible .

    Posté par le 24 sept 2011 | Dans : Fédérations MRC d'Aquitaine, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

    Voici l’interview qu’a donné Claude Nicollet à « la Voix du Nord » suite au discours de Mahmoud Abbas devant l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York, hier 23 septembre. Vous pouvez également la retrouver sur le site de « La Voix du Nord » en cliquant: http://www.lavoixdunord.fr/France_Monde/actualite/Secteur_France_Monde/2011/09/24/article_avec-l-arret-du-processus-de-paix-le-st.shtml

    Claude Nicolet, adjoint MRC aux relations internationales à Dunkerque et historien de formation, est président du Réseau de coopération décentralisée pour la Palestine depuis 2004. Fort d’une dizaine de visites à Gaza City (jumelée avec Dunkerque depuis 1996 à l’initiative de Michel Delebarre), il déchiffre le bras de fer palestinien entrepris à l’ONU…

    -Comment analysez-vous le discours d’hier de Mahmoud Abbas ?

     « Son discours a été classique mais efficace, ne manquant pas d’émotion ni d’ironie quand il félicite le Sud-Soudan d’être devenu le 193e membre de l’ONU la semaine dernière. Il a été grave en dénonçant la colonisation et l’attitude du gouvernement israélien. Il n’avait pas de raison de se retenir. Il sait le veto américain et son discours était également destiné à tous les Palestiniens. Il fallait montrer une stature et il n’a pas reculé devant les pressions internationales. Il n’a pas cédé mais il n’avait pas le choix. Il a mis la communauté internationale face à elle-même et gagné une espèce de stature morale. »

    - Pourquoi a-t-il soudain décidé de faire une demande d’adhésion à l’ONU ?

    « Avec l’arrêt du processus de paix, le statu quo n’est plus possible au Proche-Orient. Mahmoud Abbas est politiquement coincé, d’une part à cause d’un gouvernement israélien qui s’est radicalisé sur la question des colonies, et d’autre part, parce qu’il est dans une impasse au niveau de sa politique intérieure malgré l’accord entre le Hamas et le Fatah. Il essaye de tracer une ligne politique, de reprendre la main. Il a perdu beaucoup de crédibilité, y compris devant les Palestiniens. »

    - Que peut gagner la Palestine avec ce défi ?

    « Cette bataille diplomatique acharnée pour dissuader les Palestiniens démontre qu’il y a quelques petits enjeux derrière tout cela. Passer d’un statut de territoire occupé à un État occupé n’aurait rien d’anodin. Si la Palestine ne peut adhérer mais devient observateur non membre (comme le préconise la France), elle ne pourra pas voter mais aura accès à tous les droits, les textes, les traités, les organismes comme l’UNICEF… Par exemple, elle se bat pour le classement de la vieille ville d’Hébron au patrimoine mondial de l’UNESCO. Aujourd’hui, c’est impossible car son État n’existe pas. Or Hébron est un lieu de crispation très fort avec une petite colonie juive qui cristallise le conflit. Il y a de vrais enjeux. Si l’entité Autorité palestinienne devient un vrai État avec un gouvernement, des ministres, la considération ne sera plus la même. Le domaine symbolique, ça compte en politique. »

    - Pourquoi la France ne pousse-t-elle pas à l’adhésion ?

    « La France est coincée par la position européenne qui fabrique de l’impuissance. L’Allemagne, de par son histoire, soutient Israël… »

    - Comment sortir de cette crise diplomatique ?

    « La procédure d’adhésion peut durer des semaines. Je crois à la puissance des idées, aux peuples acteurs de l’histoire. Les opinions publiques, épuisées des deux côtés, doivent rentrer dans le jeu. À long terme, il n’y a qu’une seule perspective puisque personne ne veut d’un État binational : deux États souverains vivant en paix avec des garanties de sécurité pour l’un et pour l’autre, basées sur le droit international. Géographiquement, il faut revenir aux frontières antérieures à la guerre de 1967. Il est presque déjà trop tard avec les colonies. La Palestine est un peu une peau de léopard parcellisée. Il y aura des ajustements à négocier entre eux, des échanges de territoires à effectuer. Pour l’instant, il n’y a plus aucune confiance entre les gouvernements israélien et palestinien. Mais les deux peuples aspirent à vivre tranquillement, dans la dignité et libres. »

    Propos recueillis par Olivier Berger.

    Mis à jour ( Samedi, 24 Septembre 2011 11:10 )

    Relever la République!

    Posté par le 26 sept 2011 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de X D

    Avec l’élection de 177 sénateurs, la gauche remporte haut la main ce scrutin. Pointe d’ironie de l’histoire, Larcher de son prénom Serge, élu DVG, était annoncé comme le 175° sénateur de la nouvelle majorité qui devrait mettre un terme samedi prochain à la présidence de Gérard, sénateur des Yvelines.

    Le président de la République  remporte un nouveau record avec le résultat de cette élection qui traduit l’exaspération des territoires et de leurs élus face à la politique de démantèlement des services publics et des principes républicains. Après les victoires de la gauche aux élections locales, municipales, départementales et régionales, celle à la Haute Assemblée doit donner le départ d’une nouvelle résolution de toute la gauche.

    Le système Sarkosy a révêlé aux Français sa vraie nature. Il est aujourd’hui illégitime et rien ne semble pouvoir le sortir de cet enlisement dans les affaires qui ternissent l’image de notre république et son rayonnement.

    Il faut penser l’alternative et non simplement l’alternance à laquelle nous invitent les politiciens sans autre ambition que celle d’accéder au pouvoir.

     Après la défaite de la majorité conservatrice néolibérale il faut relever la France et la République en soudant la gauche et le peuple autour d’un programme de salut public.

    Je fais ce matin un rêve : celui de voir prochainement les Montebourg, Chevènement ou Mélenchon retrouver l’initiative pour répondre avec le peuple français aux défis inédits de la crise du capitalisme financier international.

    Vive la République, Vive la France!

    X.D

    Sénatoriales

    Posté par le 26 sept 2011 | Dans : Blog du Che

    « L’impensable s’est produit. L’alternance est désormais possible au sein du Sénat. Cette occasion doit être saisie pour faire accéder aux postes de responsabilités des femmes et des hommes de valeur largement représentatifs de toutes les sensibilités », écrit dans un communiqué le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC).

    Candidature en 2012 ou présidence du Sénat, Chevènement ne renonce à rien

    Posté par le 27 sept 2011 | Dans : Battre campagne

    LEMONDE.FR | 27.09.11 | 14h07 • Mis à jour le 27.09.11 | 15h48

    Neuf heures, mardi 27 septembre, au Sénat. Sur RTL, la journaliste Alba Ventura vient d’évoquer la possibilité d’une candidature de Jean-Pierre Chevènement à la présidence du Sénat. Lui n’a « rien entendu », mais botte en touche en citant Edgar Faure : « Il ne faut jamais être candidat à un poste qu’on ne vous propose pas. Mais il ne faut jamais dire que vous ne serez jamais candidat. » Le sénateur de Belfort livre ensuite l’exégèse de la formule de l’ancien président du conseil général de Franche-Comté : « J’attends qu’on me fasse une proposition. » L’envie de M. Chevènement ne date pas d’aujourd’hui. Il l’avait déjà exprimée il y a un an au moment de lancer des négociations avec le Parti socialiste en vue des sénatoriales.

    Ni candidat, ni pas candidat. Ce qui est valable pour le Sénat l’est aussi pour l’Elysée. Le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen, 72 ans, a assuré au printemps qu’il serait candidat en 2012. Est-ce toujours dans ses plans ? « Bien sûr, mais je me donne jusqu’à la fin de l’automne pour donner ma réponse », dit-il.

    Pourquoi une éventuelle candidature ? « Notre pays est face à d’immenses secousses dont il n’est guère question dans la campagne telle qu’elle se déroule actuellement, explique l’ancien ministre de l’intérieur. La monnaie unique a été fondée sur des postulats qui se révèlent chaque jour de plus en plus irréalistes. Elle a renforcé les forts et affaibli les faibles. »

    « TOUT CE QUE JE DIS SE RÉVÈLE AUJOURD’HUI JUSTE »

    Il poursuit : « Quand j’entends aujourd’hui qu’on attend un sursaut fédéral pour résoudre les problèmes, je m’indigne. Non seulement les pays qui ont leur triple A ne veulent pas supporter la dette des autres, mais je ne crois pas que les peuples des Etats les plus endettés veulent être mis sous tutelle. Nous n’avons pas les moyens d’un sursaut fédéral. Tout ce que je dis depuis des années se révèle aujourd’hui profondément juste. Nous sommes dans une impasse. »

    Qui porte aujourd’hui un tel discours parmi les candidats à la primaire socialiste ? « Montebourg dit des choses assez nettes et courageuses », estime Jean-Pierre Chevènement. Ségolène Royal, qu’il a soutenue en 2007 ? « Elle n’a pas tenu compte de tout ce que je lui ai conseillé », répond-il. Quant à Martine Aubry et François Hollande ? « Sur la Banque centrale européenne, Aubry se contente de parler d’un statut rénové, mais ça reste très imprécis. Quant à Hollande, il a été le premier à se placer dans la logique de Sarkozy en prônant le retour à un déficit de 3 % en 2013. Ni l’un ni l’autre n’ont un autre schéma en tête. Il faut faire bouger les lignes. »

    Alors, candidat ou pas candidat ? En 2002, Jean-Pierre Chevènement l’avait été. Il avait obtenu 5,3 % des voix. En 2007, il avait failli l’être, retirant sa candidature au profit de celle de Ségolène Royal. Aujourd’hui, il en tire cette conclusion : « C’est difficile, compte tenu de ce que sont nos institutions, de peser si l’on n’est pas candidat à l’élection présidentielle. »

    Thomas Wieder

    Pourquoi Paris doit soutenir la reconnaissance de la Palestine

    Posté par le 27 sept 2011 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

    Point de vue | LEMONDE | 27.09.11 | 13h38   •  Mis à jour le 27.09.11 | 14h54

    La journée du 23 septembre entrera-t-elle dans l’Histoire ? Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a bel et bien déposé la candidature de l’Etat de Palestine au Conseil de sécurité des Nations unies, avant de s’adresser à l’Assemblée générale. Et voilà que les uns le qualifient de pyromane prêt à mettre le Proche-Orient à feu et à sang, tandis que d’autres dénoncent une trahison des droits du peuple palestinien. Mais tout ce qui est excessif ne compte pas, disait Talleyrand.

    Quiconque connaît l’histoire de cet interminable conflit se demande en fait plutôt pourquoi l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) n’a pas effectué cette démarche plus tôt. Car elle a, de longue date, cinq bonnes raisons de le faire.

    D’abord il ne s’agit que de confirmer une décision prise par l’ONU le 29 novembre 1947 : ce jour-là, la jeune organisation internationale partagea la Palestine, jusque-là sous mandat britannique, en un « Etat juif », un « Etat arabe » et un « régime international » pour Jérusalem.

    Bref, en reconnaissant enfin l’Etat de Palestine, la communauté internationale rattrapera un retard de… soixante-quatre ans. Entre-temps, cette « disparition » et l’expulsion de quatre Palestiniens sur cinq ont engendré un conflit israélo-arabe qui s’est traduit par six décennies de guerres, de terrorisme et de mal-développement…

    Deuxième raison : depuis les accords d’Oslo, la négociation entre Israéliens et Palestiniens sous égide américaine a échoué, provoquant de nouveaux bains de sang. Même l’ancien président Bill Clinton reconnaît aujourd’hui que Benyamin Nétanyahou et son gouvernement portent une responsabilité majeure dans l’impasse actuelle. Pour en sortir, il faut donc modifier radicalement la règle du jeu.

    Ce sera le cas si la Palestine devient le 194e membre des Nations unies. Volens nolens, Israël devra négocier avec un Etat reconnu comme lui dans le cadre de l’ONU et sur la base de ses résolutions. Lesquelles posent les principes d’un règlement sinon juste, en tout cas durable : établissement d’un Etat palestinien dans les frontières d’avant la guerre de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale, démantèlement des colonies et destruction du mur, solution pour les réfugiés de 1948 fondée sur le droit au retour ou à compensation. Autant de principes intangibles, dont seule la mise en oeuvre sera négociée.

    La démarche palestinienne met aussi fin au « bal des hypocrites », où Barack Obama et Nicolas Sarkozy mènent, hélas, la danse. Enthousiastes partisans, en paroles, de la coexistence de deux Etats, ils s’y opposent en actes. Le premier menace de « vetoïser » l’admission de l’Etat de Palestine, dont il avait annoncé l’adhésion il y a un an dans son discours à l’Assemblée générale.

    Le second, après avoir claironné qu’en l’absence de négociations bilatérales « la France prendra ses responsabilités », offre maintenant aux Palestiniens non un siège, mais un strapontin -- proposition aussitôt balayée par Israël… Tout cela sonne faux, tant l’écrasante majorité de l’opinion internationale espère qu’une reconnaissance de la Palestine relancera les espoirs de paix -- y compris en Palestine, bien sûr, mais aussi en Israël, où 70 % des sondés acceptent l’application d’une décision onusienne. Et la majorité des Etats favorables dépasse d’ores et déjà les deux tiers…

    La cinquième et dernière raison concerne Israël. Contrairement aux harangues des va-t-en-guerre, l’établissement d’un Etat palestinien constitue peut-être la dernière chance de l’option bi-étatique, autrement dit de l’insertion durable d’Israël dans son environnement arabo-musulman en révolution.

    Qui a relevé, en France, les craintes exprimées récemment par son président, Shimon Pérès ? « Quiconque accepte le principe de base des lignes de 1967 bénéficiera du soutien international. Quiconque les rejette perdra le monde », affirmait-il. Et de redouter qu’« Israël devienne un Etat binational. (…) Nous galopons à toute vitesse vers une situation où Israël cessera d’exister comme Etat juif ».

    Nombre d’Israéliens, juifs et arabes, ne redoutent pas une telle perspective : ils se battent pour un « Etat de tous ses citoyens », voire pour un « Israël-Palestine » où les deux peuples se retrouveraient à droits égaux. Mais c’est à eux d’en décider

    La reconnaissance de l’Etat de Palestine ne modifiera évidemment pas d’un coup de baguette magique la situation sur le terrain. Beaucoup dépendra de la mobilisation des Etats et des opinions pour que le droit international s’y applique.

    Dommage que la France ne joue pas une partition digne d’elle dans cet indispensable concert. Elle servirait la paix, mais redorerait aussi son blason passablement rouillé par son rapprochement avec Israël et sa longue complaisance avec les dictateurs arabes…

    Ouvrage : « 100 clés du Proche-Orient » (Pluriel, 752 pages, 17 €) avec Alain Gresh et Emmanuelle Pauly.

    Sortir la France de l’impasse

    Posté par le 02 oct 2011 | Dans : Battre campagne, Blog du Che, Pour une autre Europe, Projet politique

    Le dernier livre de Jean-Pierre Chevènement, sortie le 5 octobre 2011
    (Editions Fayard, 168 pages, 12 euros, ISBN 2213666512).


    Présentation du livre

    Les choix politiques (dérégulation, monnaie unique) effectués dans les années 1980-1990 ont mis la France dans une redoutable impasse. Peut-on faire confiance, pour nous en sortir, aux idéologues qui nous ont fourvoyés ?

    La crise de l’euro résulte de son vice initial de conception. Elle est devant nous. L’Allemagne détient la clé, mais sait-elle ce qu’elle veut ? Et la France, là-dedans, que veut-elle ?

    Jean-Pierre Chevènement montre comment remettre le Peuple français debout. Il propose ensuite à la France deux scénarios de sortie de crise pour construire une « Europe européenne », maîtresse de son destin dans le siècle qui vient.

    Jean-Pierre Chevènement a été l’un des refondateurs du Parti socialiste d’Epinay (1971) et un artisan de l’union de la gauche. Plusieurs fois ministre de 1981 à 2000, il est aujourd’hui sénateur du Territoire de Belfort et président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC). Il entend peser dans la campagne présidentielle de 2012.


    Plan détaillé

    Sortir la France de l'impasse

    Première partie : L’Europe à refaire
    I – Impasse du projet européen de la France
    La démocratie au déni
    Contours flous, volonté absente
    L’Allemagne, « au sommet de l’Europe » ?
    II – Le capitalisme financier globalisé, nouveau Frankenstein
    La dérégulation et ses méfaits
    La rechute
    Le capitalisme financier contre les États
    III – La crise de la monnaie unique
    Le vice constitutif
    Un grand saut fédéral irréaliste
    Règle d’or ou règle d’airain ?
    Des fissures dans l’orthodoxie

    IV – L’Europe européenne à bâtir
    Un « plan A » pour sauver la monnaie unique : la redéfinition des missions et du rôle de la Banque centrale
    Un « plan B » pour organiser la mutation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune
    Réaffirmer la perspective d’une Europe européenne
    La géométrie variable d’abord
    L’aspect géostratégique

    Deuxième partie : Remettre debout le peuple français
    I – Rendre au peuple français sa fierté en combattant l’antipopulisme de ses élites
    1940 et le discrédit de la nation
    L’européisme et la diabolisation des nations
    La globalisation contre la démocratie
    Le désarroi de la jeunesse
    La crise de la démocratie
    L’École
    Les médias
    L’abandon des valeurs républicaines
    La reconquête républicaine

    II – Réussir l’intégration
    Différences culturelles et principes républicains
    Renverser la perspective
    L’identité républicaine de la France vient de loin
    Le nécessaire respect des valeurs républicaines
    L’École et l’intégration
    Intégration et statut de la femme
    Insécurité et éducation
    La sécurité : une œuvre collective
    L’acquisition de la nationalité française et l’appartenance à la France

    Troisième partie : Ce qu’on doit attendre du prochain président de la République
    I – Redonner confiance à la France
    Un patriotisme exigeant
    L’École au cœur de la République
    Nation, nationalité, immigration, communautarisme
    Le nucléaire, un des grands atouts de la France
    Mobiliser les atouts de la France pour la remettre sur une pente ascendante

    II – Rendre à la France son autorité et sa capacité d’influence, en particulier vis-à-vis de l’Allemagne

    Quatrième partie : Faire bouger les lignes
    Les élites ne reconnaissent jamais leurs erreurs
    Seuls des événements immenses peuvent faire bouger les lignes
    Pourtant les lignes bougent
    Faire surgir un recours

    Annexe : lettre de Jean-Pierre Chevènement au président de la République

    Mourir pour le yuan ? ou pour l’euro ?

    Posté par le 03 oct 2011 | Dans : Articles de fond, Blog du Che, Economie

    Dans son essai percutant*, Jean-Michel Quatrepoint ne décevra pas le lecteur. Lire le commentaire de Jean-Pierre Chevènement.


    Mourir pour le yuan ? ou pour l’euro ?

    Habitué certes à son alacrité de plume, celui-ci découvrira de surcroît un historien de l’économie, incomparable dans l’art de retrouver le fil conducteur qui conduit de la marginalisation et de l’humiliation de la Chine au XIXe siècle à la revanche qu’elle prend au début du XXIe siècle sur les pays anciennement industrialisés et plus précisément sur ses anciens colonisateurs.

    Jean-Michel Quatrepoint excelle à dresser à plus d’un siècle de distance des parallèles suggestifs entre les deux mondialisations, l’anglaise et l’américaine, entre les prophéties de Norman Angell, journaliste britannique qui déduisait en 1910 de l’intrication des intérêts économiques, la pacification définitive des relations internationales et des thuriféraires actuels de la « mondialisation heureuse », à la Alain Minc.

    La réflexion de Jean-Michel Quatrepoint éclaire de manière suggestive le surgissement d’une nouvelle bipolarité à l’échelle du monde entre la Chine mercantiliste et les Etats-Unis rentiers, comme à l’échelle de l’Europe entre l’Allemagne, elle aussi mercantiliste, et les pays méditerranéens plombés par leur dette.


     La force des descriptions de Jean-Michel Quatrepoint vient de ce qu’il analyse toujours les déplacements de l’équilibre géopolitique du monde en les resituant dans leur contexte non seulement économique mais social : le surgissement d’une nouvelle « globocratie », cœur de ce que Zygmunt Bauman appelait « les élites mondialisées » et la paupérisation correspondante des classes moyennes qui tiraient leur prospérité des anciennes régulations d’un monde aujourd’hui décompartimenté et globalisé.

    Je ne suis pas sûr cependant que les Chinois, avec 3000 milliards de dollars de réserves, soient encore en mesure de racheter le monde ni que l’Allemagne puisse être longtemps pour l’Europe l’équivalent d’une « petite Chine ».

    Jean-Michel Quatrepoint voit clairement en revanche que c’est désormais le dollar qui est dans le collimateur de la Chine. Il voit aussi les points faibles de l’Allemagne : il n’est pas sûr que le mercantilisme allemand soit à terme un bon calcul pour notre voisin d’Outre-Rhin. En fait c’est l’euro plus que le yuan qui plombe l’Europe. C’est notre propre incapacité qu’il faut incriminer plus encore que les appétits de revanche des autres.

    S’interrogeant enfin sur le destin de la France, Jean-Michel Quatrepoint mesure dans son dernier chapitre les atouts qui lui restent et les défis qu’elle doit impérativement relever pour façonner … « une autre mondialisation ».

    Une très bonne lecture pour le prochain Président de la République française.

    ——-
    Mourir pour le Yuan ? Comment éviter une guerre mondiale, Jean-Michel Quatrepoint, Bourin Editeur, 2011, 279 pages

    Présidentielles 2012 : Chevènement poursuit sa route

    Posté par le 04 oct 2011 | Dans : Battre campagne, Blog du Che

    Dépêche AFP, lundi 3 octobre 2011, 18h56.


    Présidentielle 2012: Chevènement poursuit sa route

    Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), lance un nouveau livre et une campagne d’affichages, semblant se rapprocher d’une candidature à la présidentielle, dix ans après ses 5,3% de 2002.

    Depuis vendredi dernier, des affiches « 2012. Sortir la France de l’impasse avec Jean-Pierre Chevènement » commencent à se voir dans Paris.

    Pour l’instant, la campagne en cours, -15.000 affiches au total-, ne concerne que la capitale mais sera « sans doute bientôt élargie » aux grandes villes, explique à l’AFP Julien Landfried, porte-parole de M. Chevènement.

    Tout est prêt : du site internet de campagne au logo « Chè 2012″, fait pour démontrer « le sérieux et la solidité d’un homme d’Etat » mais aussi « sa dimension rebelle », poursuit-il, se disant désormais « totalement dépendant » de la décision de l’ancien ministre.

    « Vu comment la primaire se passe avec des candidats principaux assez discrets sur la crise de l’euro qui est notre gros sujet, la suite des opérations c’est d’aller vers une candidature », dit-il, relevant au passage que le groupe de travail MRC-PS, décidé en avril, ne s’est toujours pas réuni.


     

    A 72 ans, M. Chevènement qui avait apporté son soutien à Ségolène Royal en 2007 sur la base d’un accord politique et se montre aujourd’hui plutôt en phase avec Arnaud Montebourg, continue à dire qu’il se prononcera « avant la fin de l’automne ». Jugée peu crédible par beaucoup d’observateurs, sa candidature n’est jusqu’ici testée par aucun institut de sondages.Pourtant, pour « faire bouger les lignes », il avait déjà sorti en juin une brochure « Pourquoi je serai candidat ». Mercredi, il publie « Sortir la France de l’impasse » (Ed. Fayard), livre-programme conclu par : « Y a-t-il d’autres moyens, les institutions de la Ve République étant ce qu’elles sont, que de se porter candidat ? »

    Voyant la construction européenne « comme un déni de démocratie », l’ancien ministre se concentre sur « la crise de l’euro, celle de l’Europe supranationale », qui doit être l’occasion de revoir « l’architecture de la maison européenne ».

    Critiquant la « timidité » de Martine Aubry et François Hollande sur le sujet, le sénateur de Belfort propose notamment un « plan A » pour « redéfinir les missions et le rôle de la Banque centrale européenne » et un « plan B » visant « à organiser la mutation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune ».

    Dans la partie du livre « Remettre debout le peuple français », l’ex-ministre de l’Intérieur développe une rude critique du multiculturalisme. « Même paré des meilleures intentions, (il) retarde, voire empêche l’intégration, favorise le racisme qu’il prétend combattre, et ne peut que déboucher sur la fragmentation sociale et, à terme, sur des affrontements dits +ethniques+ », écrit-il.

    Pour M. Chevènement, « le seul remède aux replis communautaristes » est « le métissage » qui « ne fait pas seulement partie intégrante de l’histoire de notre pays, il est également son avenir ». Et c’est à travers l’école sur laquelle il veut mettre l’accent, que l’intégration peut se faire, plaide-t-il.

    Après avoir dénoncé le « sans-papiérisme » de la gauche, il dit également avoir « changé d’avis » sur le droit de vote aux élections locales des étrangers, inclus dans le programme PS, qui « ouvrirait la voie (…) à des votes ethniques » qui « renforceraient les communautarismes ».

    Globalement, juge-t-il, les socialistes « se sont laissés engluer », sur la sécurité, l’école ou l’immigration, « dans un discours victimaire qui, tenable dans l’opposition, handicape inévitablement l’action gouvernementale ».

    Secret défense

    Posté par le 06 oct 2011 | Dans : Contre la guerre

    Rien de ce qui est kaki, bleu marine ou bleu ciel ne nous sera étranger

    Au Sénat, Jean-Pierre Chevenement devrait prendre la présidence d’une nouvelle commission de la défense



    Au Sénat, Jean-Pierre Chevenement devrait prendre la présidence d'une nouvelle commission de la défense

    L’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement devrait prendre la présidence de la future commission de la défense du Sénat. Jusqu’à présent, et contrairement à l’Assemblée nationale, la Haute Assemblée ne possédait qu’une seule commission des affaires étrangères et de la défense -- dont JPC était d’ailleurs vice-président.La nouvelle majorité a décidé de créer une commission uniquement consacrée à la défense, dont la présidence devrait donc revenir à l’ancien ministre. Les choses vont trainer un peu, car avant d’en élire le président, il faut modifier l’organisation du Sénat ce qui pourrait prendre environ un mois.

    Jean-Pierre Chèvenement, que l’on sait attaché à la défense dans une tradition très gaullienne, a été plusieurs fois ministre : Recherche, Industrie, Education, Défense, Intérieur. Président d’honneur du Mouvement des citoyens, il est sénateur du Territoire de Belfort. 

    Jeudi 6 Octobre 2011

    Jean-Dominique Merchet dans Marianne en ligne http://www.marianne2.fr/blogsecretdefense/

    Jean-Dominique Merchet, journaliste à Marianne, s’occupe des questions militaires depuis une vingtaine d’années. Né en 1959, franc-comtois et versaillais, il est un auditeur de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN 49). 

    N.B du blogueur citoyen landais : naturellement, comme vous pouvez l’imaginer aisément, je ne suis pas plus dans le secret sur cette présidence de commission que sur celle des affaires étrangères… A suivre donc sur la toile et attention aux rumeurs!

    X.D

    « Pour sortir la France de l’impasse, il nous faut armer les consciences, élever le niveau du débat, faire bouger les lignes »

    Posté par le 08 oct 2011 | Dans : Battre campagne, Fédérations MRC d'Aquitaine

    Discours de Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen, lors de l’université d’été de Carros, 4 septembre 2011.



    Chers camarades, chers amis,

    Merci d’être venus nombreux à Carros.

    Je voudrais d’abord remercier l’organisateur de ces universités d’été, Ladislas Polski …

    Chers camarades, je voudrais développer deux points :

    L’impasse d’abord dans laquelle se trouve la France, une tragique impasse dont, je crois, l’opinion n’a pas encore pris totalement conscience malgré ce que nous a dit Philippe Guibert. « Un avenir friable à court terme pour chacun » ce n’est pas tout à fait la même chose que l’impasse historique au fond de laquelle nous nous trouvons désormais mais ça y ressemble. Ce sera mon premier point.

    Et mon deuxième point, naturellement, c’est que nous devons sortir la France de l’impasse et nous allons offrir un projet au peuple français. Nous allons faire surgir un recours. Ce sera difficile mais il y a un chemin.

    Lire la suite »

    « Che 2012″ pour faire bouger les lignes !

    Posté par le 09 oct 2011 | Dans : Battre campagne, Contre la guerre, Contre le candidat du capitalisme mondialisé, Le Che, Pour une autre Europe, Une autre mondialisation

    Jean-Pierre Chevènement, le 22 août 2010 à Frangy-en-Bresse dans l'est de la France

    « Pour sortir la France de l’impasse et lui préparer un autre avenir, il nous faut armer les consciences, élever le niveau du débat, faire bouger les lignes.

    Comment y parvenir ?

    Moi, je vous pose la question. Etant donné ce que sont les institutions de la Vème République peut-on le faire autrement qu’en étant candidat ? C’est une question difficile à laquelle je vous demande de réfléchir. Gardez intact votre courage car notre ligne de force est la bonne. La France aura besoin, quoi qu’il arrive dans les années qui viennent, d’un recours. Elle aura besoin de retrouver ses fondamentaux. Elle aura besoin d’un axe politique. Elle aura besoin d’un projet. Et moi, j’aime mon pays. Je crois en la France. Je ne pense pas que la France soit morte. Je pense que le passé pèse sous les apparences de l’éphémère et que l’anecdote dans laquelle on voudrait nous entrainer – comment se passe le retour de celui-ci, et celui-là va-t-il y aller, etc. – n’est rien et qu’il y a en profondeur un peuple qui a une tradition, qui a une volonté, qui a des valeurs, pas seulement des valeurs d’égalité, mais aussi des valeurs de création, de courage, de liberté créatrice et c’est cette capacité d’orientation que nous allons devoir, ensemble, exercer. Je vous donne donc rendez-vous dans les prochaines semaines. »

    Jean-Pierre Chevènement

    Discours de Carros

    A lire sur le blog citoyenmemo00061.jpg

    Présidentielles : le jeu fermé DSK/Sarkosy/ Le Pen… est-il une fatalité?

    Suite des entretiens du blog citoyen et d’AgoraVox avec J.P Chevènement: “Je ne suis pas contre l’Europe. Je suis contre la superposition à l’idée européenne d’un logiciel néolibéral à travers l’acte unique!”

    Les entretiens du blog citoyen :”tordre le bâton dans l’autre sens” à l’occasion des prochaines élections en France, en Allemagne et en Italie

    Jean-Pierre Chevènement, en visite à Bordeaux, livre au Blog citoyen, socialiste et républicain son analyse sur l’évolution de l’intervention en Libye après les évènements des jours derniers

    Les entretiens du blog citoyen : Chevènement et la présidentielle

    Un président pour la reconquête d’une France républicaine

    Jean Pierre Chevènement en exclusivité pour le blog citoyen, socialiste et républicain en Juin 2008 : “Vivre c’est lutter!”

    L’audace politique de Jean Pierre Chevènement

    L’honneur de Jean Pierre Chevènement

    La démondialisation serait-elle la ligne de clivage du 2° tour ?

    Posté par le 10 oct 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

    Le score du talentueux Arnaud Montebourg qui dépasse de dix points Ségo avec 17% des suffrages et crée la surprise en focalisant l’attention sur le rapport des socialistes à la mondialisation n’exprime-t-il pas, en grandeur nature, l’axe majeur  clef d’une victoire de la gauche?

    Aux primaires socialites comme à la présidentielle les Français veulent le changement. Celui-ci suppose bien sûr  un autre cap en matière économique et sociale. D’où l’importance  d’une approche renouvelée des questions européennes, du libre échange, de la politique industrielle, de l’emploi et des services publics. En prônant un protectionisme européen, Montebourg n’hésite pas à aller au coeur de ces thèmes. 

    Et pourtant, de Mitterrand à Jospin en passant par Hollande et Aubry, les dirigeants socialistes s’alignèrent successivement sur une conception libérale du grand marché et de la monnaie unique, de Maastricht à Lisbonne en passant par Amsterdam, acculant les opposants irréductibles à quitter le parti socialiste. Avec l’euro cher incompatible avec une politique de croissance et de prospérité, l’Europe constitue à présent une zone fragilisée de dumping social et fiscal en proie aux désordres mondiaux de la finance et de la dérégulation en oeuvre sous l’égide du FMI et de l’OMC. L’adoption du traité de Lisbonne traduisait il y a peu le total ralliement d’une gauche sans âme à cette Europe de la finance et du libre échange, cette même gauche qui se drape aujourd’hui dans les oripeaux du fédéralisme pour mieux organiser cette fuite en avant initiée avec l’Acte unique dès 1986.

    C’est dire le chemin à parcourir pour résorber ce grand écart entre la parole et les actes. Montebourg peut être aujourd’hui un des leviers de cette recomposition au prix d’une révision déchirante de la part des prétendants socialistes.

    Nous écouterons avec attention ce soir sur la chaîne publique ce nouveau faiseur de roi qui revendiquait ainsi - dans son allocution devant ses partisans à la Bellevilloise dans le XX° arrondissement de Paris --  « l’exploit de faire mentir les sondages, de mettre en minorité les deux candidats institutionnels et [de] mettre au coeur de la campagne la démondialisation ». « Ma détermination à poursuivre le combat est totale. Chacun a mesure la puissance et la force qui m’a conduit aux portes du deuxième tour », devait ajouter le turbulent challenger.

    X.D

    A lire sur le blog citoyen :

    Idées et portraits : les prétendants socialistes croqués au fil des jours par le blog citoyen. Primaire (s) : Martine donnait l’estocade jeudi contre la gauche molle et recueillerait plus de 30% des voix au premier tour des primaires!

    Idées et portraits : les prétendants socialistes croqués au fil des jours dans le blog citoyen. Ségo aurait moins de 7% des voix

    Idées et portraits :les prétendants socialistes croqués au fil des jours dans le blog citoyen. François crédité de quelques 39% des voix, Valls d’à peine 5% lors de ce premier tour

    Le vent se lève (carnet de Jean-Pierre Chevènement)

    Posté par le 10 oct 2011 | Dans : Battre campagne, Blog du Che

    Le score d’Arnaud Montebourg traduit l’existence forte à gauche des idées que nous portons visant à remettre en cause la mondialisation libérale.

    Les gens comprennent les conditions biaisées qui sont faites à l’économie française par la concurrence des pays à bas coûts et la surévaluation de l’euro, d’où découlent la désindustrialisation et le chômage qui frappe d’abord la jeunesse.

    Ce score manifeste l’exigence d’un redressement par rapport au social-libéralisme.

    Nous avons besoin de règles, de protections, d’un Etat stratège, d’une Europe de la croissance.

    A l’occasion du débat des primaires, la question de l’euro n’a pas été évoquée. Il serait temps de revoir les règles de l’euro, et notamment le rôle de la Banque centrale, sujet que Mme Merkel et M. Sarkozy se refusent à aborder.

    Plus que jamais, il faut sortir la France de l’impasse.

    Des empêtrés aux impétrants…

    Posté par le 11 oct 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

    Thomas Legrand sur France-Inter peut bien chercher les causes de la claque royale reçue dimanche par l’ex-candidate à la présidentielle de 2007 avec peut être une piste à privilégier : celle de l’assimilation subliminale des deux protagonistes de la précédente élection majeure source de tant de frustrations de l’électorat de gauche (et soi-dit en passant d’une large fraction de l’électorat populaire de droite). D’où, à gauche, le rejet massif du retour au passé en tournant résolument la page tragi-comique du sarkosysme et de son épopée présidentielle qui renvoie à cette victoire de la bêtise sur l’intelligence!

    D’aucuns n’ont-ils pas dénoncés dans une critique radicale la posture équivalente des protagonistes se situant sur le même terrain d’une communication pleine d’astuces mais aussi stérile qu’ apauvrissante? Le « storytelling », cette machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, a bien failli s’installer durablement dans notre paysage.

    Pour revenir à la posture royale, force est de constater qu’il ne suffisait pas d’incarner le terroir, la démocratie participative, le refus des licenciements boursiers et des délocalisations sans apporter des réponses de fond sur ces derniers dossiers.

    Avec son remarquable manifeste « votez pour la démondialisation » et sa capacité à traduire simplement les enjeux d’une redéfinition du rapport de la France à l’Europe et au monde dans l’expression assumée d’un protectionisme européen, Arnaud Montebourg capte, sans doute bien au-delà du cercle des sympathisans socialistes, l’aspiration à plus de radicalité dans la perspective d’une véritable alternative.

    Pour les impétrants de la semaine, la forte mobilisation citoyenne au premier tour des primaires constitue en soi une démonstration grandeur nature d’une volonté afffichée d’en finir avec le sarkosysme. Sans épiloguer sur la sociologie électorale de ce scrutin avec la sur-représentation des couches moyennes, on peut entrevoir, par delà les discours, un hiatus entre la perspective gestionnaire et l’exigence d’un vrai changement en pleine crise du capitalisme financier mondialisé.

    Bien au-delà des primaires socialistes, ne s’agit-il pas à présent de penser, au delà de l’alternance, une vraie alternative quand nos deux challengers semblent toujours empêtrés dans les contradictions d’une gauche européiste sans cohérence programmatique?

    Tout un programme…ou plutôt tout un projet qui ne se construit pas en quelques heures. Empêtrés dans les lieux communs d’un social-libéralisme, nos impétrants feraient bien de se dépêcher, je veux dire de se dépêtrer!

    X.D

    L’alignement de la règlementation française sur l’épandage des effluents d’élevage : un vrai scandale écologique

    Posté par le 12 oct 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

    Allant complètement à l’encontre de ce que réclament les associations et les villages bretons envahis par les algues vertes, le gouvernement vient de passer un décret assouplissant l’épandage des effluents d’élevage « pour s’aligner sur les autres pays européens ».

    Un nouveau décret élargit la base de référence de la surface pour le calcul de l’épandage d’azote autorisé ( à savoir 170 Kg par hectare). Cette superficie n’est plus la surface potentielle d’épandage mais la surface agricole utile de l’exploitation, une notion plus large. Largement contesté par les populations et les élus, ce relèvement du plafond d’épandage de lisier contrevient aux programmes de lutte contre la pollution par les nitrates.

    Le porte parole de l’association environnementale Eau et Rivière de Bretagne dénonce » ce mauvais coup porté à la reconquête de l’eau » qui est «  un déni des efforts financiers des Bretons pour se débarrasser des marées vertes » (1). « On voudrait plomber la politique de l’eau et ne pas atteindre le bon état des eaux exigé par les directives européennes qu’on ne s’y prendrait pas autrement »,  explique encore Jean-François Piquot, car selon lui, ce décret permettra « d’augmenter de 20% les quantités d’azote épandues sur les sols ». Et avec elles, la prolifération des algues vertes favorisée par ces rejets d’azote liés à l’élevage industriel et à l’utilisation des engrais chimiques.

    Sous prétexte d’alignement sur les autres pays européens, le gouvernement français réglemente en la matière de façon incohérente sur un thème écologique particulièrement sensible. Car comme nous le rappelions dans un précédent article de ce blog citoyen : ulva armoricana : l’algue qui tue en été n’est pas un fait divers !

    X.D

    (1) Les ménages bretons supporteraient des dépenses additionnelles de 1 à 1,5 milliard d’euros, du fait de ces excédents d’engrais azotés et de pesticides d’origine agricole

    Gauche molle ? gauche molle ? est-ce que j’ai une gueule de gauche molle ?

    Posté par le 13 oct 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

    Le « mou » occupe à présent le devant de la scène. Mais, pour son challenger, rien n’est cuit et on se la joue « gauche forte ». Lui se veut bon joueur, rassembleur et esquisse le compliment en faisant mine (un peu crispée quand même) de ne pas comprendre tout en refusant de tendre la joue droite…Les duellistes se payent de quelques jolis petits mots tout en préservant jalousement le futur. Si près du but! Tu parles. Derrière chaque expression, sourire mièvre et rictus,  le grand jeu. Cinoche? Sous la paille des mots, il y a le grain des choses écrivait l’Ancien, le verbe juste et  »la rose au poing »! A vrai dire, ce n’était pas l’ambiance des grands congrès ce débat des primaires bon enfant. Et surtout de bon ton (jusque là)… Un petit rien ironique, Martine, avec son attaque feutrée « je n’étais pas sur tes genoux non plus! ». Histoire de montrer sa maturité politique et d’afficher son autonomie vis à vis de son ancien complice du club deloriste transcourant « Témoin » des années 90. Ah! ces jumeaux Delors et enfants Jospin, infatigables reconvertis, comme ils ont cheminé… Lui, après un temps de respiration dans sa Corrèze, et elle, sa relève,  de son fief de Lille à Solférino.  Elle qui se voudrait bien, comme jadis Mauroy,  »héritière de l’Avenir ».

    De fait, la référence à la gauche molle trouve une vieille résonnance guesdiste ou molletiste dans la pure tradition social-démocrate de la fédération du Nord, comme me l’enseignait avec son humour et sa faconde, l’inimitable et regretté  Scognamiglio, ce premier secrétaire fédéral des Landes de l’époque du Parti d’Epinay… Mais l’invective n’impressionne guère que les ignorants de cette tradition du verbe maximaliste et de l’habileté manoeuvrière, laquelle n’est pas sans panache et finesse : pour preuve, les subtiles distinctions d’un Blum entre la conquête et l’exercice du pouvoir pour justifier le programme réformiste (celui-là même que lui imposait les communistes dans leur stratégie de « Front Populaire » qui rompait avec celle de « classe contre classe »).

    Cette même posture verbale radicalement de gauche qui accompagnait, de triste mémoire, les pires trahisons de l’idéal socialiste de ce chef incontesté de la SFIO d’après-guerre ; Guy Mollet, l’exécuteur de Léon Blum. Devenu secrétaire général de la SFIO, ministre puis président du conseil, celui-là même  qui conduisit « la politique de pacification en Algérie » avec les moyens que l’on sait, régnait sans partage sur son parti de 1946 à 1969 jusqu’à son éviction salutaire et définitive  par François Mitterrand au congrès d’Epinay de 1971 en dépit du score de sa motion. Guy Alcide Mollet, cet expert en discours néo-guesdistes, - qui sut même accueillir  le CERES dans la vieille SFIO ( le CERES sans lequel le nouveau Parti socialiste n’aurait pas vu le jour à Epinay) et polariser le courant de Jean Poperen ( allié à Mollet en 1971) -, disait du futur premier secrétaire - chantre de la rupture avec le capitalisme et de l’Union de la Gauche à Epinay-sur-Seine - sur le ton de la confidence et avec la plus grande défiance, qu’il « parlait bien socialiste ». Fallait-il voir un compliment dans la dénonciation de cette tare congénitale du socialisme guesdiste qui masque la mollesse d’une politique social-démocrate derrière la pureté du discours ?

    Mais je m’égare en conjectures, histoire de prévenir toute perception naïve qui masquerait quelques enjeux primaires… J’avais du reste déjà tenté cette mise en garde lors d’un billet du blog citoyen, à la veille du congrès de Reims. : Gauche du PS : La tentation de la “molletude”.

    Bon à présent, instruit d’un passé de renoncements, votre citoyen blogueur, retiré sur l’Aventin avec la plèbe, reste néanmoins habité comme vous d’un grand dessein politique pour  la France. En spectateur engagé, il écrit cela juste pour rigoler et détendre un peu l’atmosphère!

    Atmosphère? Atmosphère…

    X.D

    P.S : Dans le camp des impétrants, les plus fervents partisans sauront bien me reprocher de tourner en dérision ces primaires. Pour eux « rien ne serait pire que de laisser accréditer l’idée selon laquelle il s’agirait juste de départager deux ambitions personnelles, deux « caractères » (cf la tribune http://www.marianne2.fr/Exclusif-Hamon-Emmanuelli-et-Lienemann-repondent-a-Montebourg-ce-ne-peut-etre-qu-Aubry_a211409.html. )  Voire! Je renvoie donc plus sérieusement les amis internautes aux déclarations de leur protagoniste et soutien respectif dans des propos parfois peu amènes…

    N.B : point de presse 

    «Le système a choisi Hollande car il est plus facile à battre pour Sarkozy»

    Lire l’interview de Martine Aubry

    POLITIQUE – La candidate aux primaires a répondu aux questions de 20minutes.fr…

    A trois jours d’un vote décisif, Martine Aubry a reçu 20minutes.fr. Un entretien sans concession où elle affiche une nouvelle fois sa détermination à gagner les primaires et à devenir la première présidente de la République.

    >> Retrouvez l’interview de François Hollande ici

    Quel est votre sentiment au lendemain du dernier débat ?

    J’ai pu montrer ma cohérence. Hier, j’ai mis le doigt sur des sujets majeurs : la mise au pas des banques, la sortie du nucléaire, la justice dans l’éducation, le pouvoir d’achat… Je suis celle qui incarne le changement réel. François Hollande a, lui, dit très clairement qu’il ne souhaitait pas s’engager sur une tranche supplémentaire de 50 % d’impôt pour ceux qui gagnent plus de 100 000 euros par part fiscale. Il n’a pas dit non plus qu’il reviendrait sur la réforme de l’ISF. La morale en politique, c’est d’être constant. De ne pas être flou.

    Qu’est-ce qu’une gauche forte ?

    C’est une gauche de transformation. Face à une droite dure et une crise qui dure, il faut une gauche forte et claire pour sortir la France de la crise, mettre la finance et les banques au service de l’économie et des Français. Je veux que les Français se disent : « Elle ne change pas d’avis. Elle nous dit aujourd’hui ce qu’elle va faire demain et défend des décisions difficiles. » Par exemple, le non-cumul des mandats au sein de mon parti. François Hollande n’a pas dit cela à ses soutiens. Autre proposition que je fais : en matière de santé, quand je dis aux médecins qu’ils devront s’installer en priorité dans les zones rurales, cela ne plaît pas à tout le monde mais je pense que c’est juste et je le défends.

    Qu’est ce qui vous fait croire en une dynamique depuis deux semaines ?

    Je le ressens sur le terrain depuis des mois. Cela a été masqué par ces sondages sur les primaires dont chacun sait qu’ils ne veulent rien dire. Le système s’est créé son candidat et nous a matraqués de sondages. Malgré tout cela, une majorité des Français s’est portée sur les trois candidats qui portent le changement, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et moi.

    Vous estimez que le système médiatique a choisi François Hollande ?

    Bien sûr. Peut-être parce qu’il est plus facile à battre pour Sarkozy. Mais les Français ont été libres dimanche dernier. Ils ont dit ce qu’ils pensaient clairement. Je pense qu’ils le feront encore dimanche prochain.

    Les électeurs d’Arnaud Montebourg sont-ils la clé du second tour ?

    Les Français sont libres de leur choix. Les citoyens qui ont voté pour Arnaud Montebourg aspirent, comme moi, à un profond changement. Ils se retrouvent dans l’essentiel de mes propositions. Mais lors de cet entre-deux tours, je n’ai voulu ni marchandage, ni tractations. Les primaires doivent être pures. C’est ma conception de la politique.

    Le fait d’être une femme, est-ce vraiment un argument de campagne ?

    Non, je ne le mets pas en avant comme un argument. Jamais. Je n’affirme pas : « Je suis une femme, élisez moi. » Mais je pense qu’une femme présidente de la République serait un symbole important pour les Françaises. Parce qu’elles pourront enfin se dire qu’ il n’y a plus aucun poste qui leur est interdit. J’ai d’ailleurs déjà préparé la première loi qui imposera l’égalité dans les entreprises. Elles auront trois ans pour négocier et arriver à l’égalité salariale au même poste et pour briser le plafond de verre qui bloque les salariées dans leur carrière. Sinon, elles perdront leurs exonérations de charges sociales. Les droits des femmes ne sont jamais acquis. En me battant pour ces droits, j’ai traversé des périodes dures. Quand j’ai fait la loi de réforme de l’IVG pour accroître le délai d’avortement, j’ai été la cible d’attaques personnelles très violentes.

    Les attaques de cette dernière semaine nuiront-elles au rassemblement, lundi matin ?

    Il vaut mieux que la clarté se fasse avant qu’après. Ensuite, les Français choisiront, c’est la démocratie. François Hollande a d’abord expliqué qu’il n’augmenterait pas les moyens de l’Education, puis qu’il le ferait, puis finalement non. Les Français ont besoin de clarté et, moi, je n’ai pas besoin de changer mes propositions entre les deux tours. C’est pour cela que j’insiste sur le caractère et la volonté. Parce qu’il va en falloir ans dans cette période de crise où il faudra tenir fermement la barre. Tout ce que j’ai fait dans ma vie me donne aujourd’hui la solidité et la conviction pour le faire.
     

    Propos recueillis par Maud Pierron et Matthieu Goar pour 20 Minutes

    Primaires : avec Montebourg , la modernité change de camp, par Coralie Delaume

    Posté par le 14 oct 2011 | Dans : Articles de fond, Parti socialiste, Projet politique

    Coralie Delaume -- Tribune dans Marianne| Jeudi 13 Octobre 2011

    Retrouvez les autres billets de Coralie Delaume sur son blog.

    Au delà d’un score bien plus élevé que prévu, la grande réussite de Montebourg est surtout d’être parvenu à rendre d’actualité des thématiques « ringardisées », si bien qu’elles sont maintenant au centre des débats.

    Les jours passent, et, avec eux, la surprise engendrée par le résultat du premier tour des « primaires citoyennes ». Pourtant, le « cas Montebourg » ne cesse de passionner, et ses manœuvres pour remplir son rôle de « faiseur de roi » sont étudiées à la loupe. La blogosphère bruisse de mille bruits. Pour certains, le député bressan est le sauveur de la gauche. Pour d’autres, il n’est qu’une baudruche ayant vocation à se dégonfler. Pour les uns, il devrait s’exprimer rapidement en vue du second tour. Pour les autres, il doit laisser libres ses électeurs et se garder de prendre position.

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    Les « Indignés » de la planète manifestent samedi 15 octobre. De la City de Londres à Wall Street en passant par la Puerta del Sol de Madrid, des milliers de personnes vont exprimer leur mécontentement et demander de nouveau la « démocratie réelle » dans plus de 700 villes.

    Posté par le 15 oct 2011 | Dans : Une autre mondialisation

    Aujourd’hui, les revendications des « Indignés » sont les mêmes à l’échelle de la planète. Tous exigent une société « éthique », « plus démocratique » et où les préoccupations des sans grade seraient mieux prises en compte par les différents pouvoirs.

    De nationales, les revendications des « Indignés » sont devenues globales. Retour sur un mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

    En mai 2011, des centaines de jeunes Espagnols se réunissent sur la Puerta del Sol, à Madrid. Leurs revendications, au départ, sont locales. A la veille des élections municipales et régionales, ils dénoncent les mesures d’austérité et le chômage massif qui frappe la jeunesse espagnole. Pour se faire entendre des partis politiques, ils menacent de boycotter les élections et décident de camper sur les places des plus grandes villes espagnoles.

    >> Lire : Les Indignés espagnols se félicitent du succès mondial de leur mouvement

    « Los Indignados », surnommés ainsi par la presse locale, vont faire des émules. Très vite, des mouvements solidaires se mettent en place dans d’autres pays européens. Comme en France, à Paris, où sur la place de la Bastille, des centaines de jeunes, moins nombreux et moins organisés, tentent de lancer un mouvement similaire. Un échec.

    >>Lire : Après Madrid, les « indignés » français s’installent place de la Bastille

    Avec l’accentuation de la crise, les Grecs prennent le relais et deviennent le fer de lance du mouvement. Des centaines de jeunes Grecs occupent la place Syntagma. Toutefois, les Grecs manifestent essentiellement pour dénoncer leur politique intérieure et débraient massivement contre le plan de rigueur imposé par leur gouvernement.

    >>Lire : Le mouvement grec n’est pas celui des Espagnols

    Le mouvement rebondit, là ou on ne l’attendait pas. Hors d’Europe en Israel, à Tel-Aviv. En juillet, des milliers d’Israéliens installent leurs tentes dans la rue. Le mode opératoire est le même, les revendications aussi. Comme la société israélienne n’est pas des plus revendicatives, les « Indignés » israéliens donnent une nouvelle ampleur au mouvement et l’internationalise.

    >> Lire l’éditorial du Monde : Le message politique des Indignés israéliens

    Comme souvent, ce sont les Américains qui donneront une dimension planétaire au mouvement. Depuis un mois, des New-Yorkais de tout âge occupent un square, près du temple de la finance, Wall Street. Ils imposent le slogan « We the 99 % », soit  « nous représentons 99 % de la population mondiale face au dernier pourcent qui s’accapare les richesses ». Un slogan qui maintenant fédère le mouvement.

    >> Lire notre interview d’un chercheur de l’IRIS : « Ils estiment que leurs dirigeants ne les représentent plus »

    Depuis le mouvement continue d’essaimer. A Londres, à Rome mais aussi à Rio de Janeiroau Koweit, à Toronto.  Ou encore à Bruxelles, où vendredi, une manifestante a été blessée par un policier.

    A l’image du printemps arabe, le mouvement des « Indignés » se structure sur Internet. On ne compte plus les sites recensant la moindre action. Mais, rançon de son esprit démocratique, égalitaire et international, les « Indignés » peinent à faire émerger un leader, véritable caisse de résonnance de leurs revendications.

    Le Monde.fr

    Jean-Pierre Chevènement au journal Le Pays : »Ce sont les événements qui vont faire bouger les esprits »

    Posté par le 16 oct 2011 | Dans : Battre campagne


    Entretien de Jean-Pierre Chevènement au journal Le Pays, samedi 15 octobre 2011.


    Jean-Pierre Chevènement, sénateur (MRC) du Territoire de Belfort et, peut-être, candidat à l’élection présidentielle, est l’auteur d’un nouvel ouvrage : Sortir la France de l’impasse. Un livre-programme pour 2012.

    Le Pays:Les choix politiques faits depuis les années quatre-vingt ont mis, dites-vous, la France dans une impasse. Vos positions sont, vous le soulignez dans le livre, dans la droite ligne de ce vous disiez en 2002. Pourquoi seriez-vous entendu cette fois?

    Jean-Pierre Chevènement : Il y a un fait massif : c’est la crise que j’avais vu venir depuis longtemps puisque je n’avais accepté ni la dérégulation financière ni la monnaie unique. Crise du capitalisme financier à partir de 2008, crise de l’euro depuis 2010. Cette dernière n’est pas le fait du hasard, elle résulte du vice constitutif de l’euro qui a voulu donner la même monnaie à dix-sept pays que tout opposait, structures économiques, orientations politiques, culture etc.Il est difficile, aujourd’hui, de faire confiance pour nous en sortir à ceux qui nous ont conduits dans l’ornière. Je vous rappelle que l’Acte unique et le Traité de Maastricht ont été votés par la droite et le PS.

    Et donc ?
    Ce sont les événements qui vont faire bouger les esprits. Du moins, je l’espère.

    Qu’est-ce qui, aujourd’hui, pourrait vous inciter à ne pas être candidat à l’élection présidentielle?
    Ce qui pourrait m’amener à changer de point de vue ? Soit un événement majeur, hélas prévisible, c’est-à-dire la crise de l’euro, soit une évolution politique claire du candidat socialiste sur ces questions qui ne sont jamais abordées. J’ai très peu entendu parler de la crise de l’euro pendant la campagne des primaires. Nous dansons sur un volcan et chacun fait comme si en mai prochain nous allions nous offrir du muguet.

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    Comment le blog citoyen appréhende ces primaires et leurs acteurs en assumant pleinement ses choix au travers d’articles datés et signés

    Posté par le 16 oct 2011 | Dans : Non classé

      Lire les billets de X D en cliquant sur les catégories référencées ci-dessous

    Flamby, ce hussard flanchant mais toujours flambart et flambant sous le flamboyant flambeau!

    Posté par sr07 le 24 nov 2007 à 03:30 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D, a3-Civisme, citoyenneté et militance chez X D, a2-Blog-notes politique de X D Editer

    Martine Aubry : Un réformisme moderniste chevillé au corps

    Posté par sr07 le 02 juin 2008 à 09:57 | Dans : a-le quartier libre de X D Editer

    Objectifs stratégiques, équations partisanes et primaires à Gauche

    Posté par sr07 le 29 août 2009 à 10:05 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D, Débats autour de la refondation de la gauche Editer

    Des empêtrés aux impétrants…

    Posté par sr07 le 11 oct 2011 à 06:36 | Dans : a-le quartier libre de X D Editer

    La démondialisation serait-elle la ligne de clivage du 2° tour ?

    Posté par sr07 le 10 oct 2011 à 06:22 | Dans : a-le quartier libre de X D Editer

    Gauche molle ? gauche molle ? est-ce que j’ai une gueule de gauche molle ?

    Posté par sr07 le 13 oct 2011 à 05:57 | Dans : a-le quartier libre de X D Editer

    Idées et portraits : les prétendants socialistes croqués au fil des jours par le blog citoyen. Primaire (s) : Martine

    Idées et portraits : les prétendants socialistes croqués au fil des jours dans le blog citoyen. Ségo

    Idées et portraits :les prétendants socialistes croqués au fil des jours dans le blog citoyen. François

     

     

  • a-le quartier libre de X D
  • a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D
  • a2-Blog-notes politique de X D
  • a3-Civisme, citoyenneté et militance chez X D
  • a4-Le blog citoyen croque Sarkozy et sa politique
  • a5-Les entretiens du blog citoyen
  • a6-Les colères du dogue patriote
  • Au sein de chaque catégorie les billets de X D ont été redistribués selon leur chronologie

     

    Appel pour la reconnaissance officielle de la tragédie du 17 octobre 1961 à Paris

    Posté par le 17 oct 2011 | Dans : Non classé

      Edition : 17 octobre 1961

      Le massacre de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961 fait partie de notre histoire. En partenariat avec l’association Au nom de la mémoire, Mediapart lance, à l’aube du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, cet appel pour «une nouvelle fraternité franco-algérienne». La carte des manifestations prévues lundi 17 octobre 2011 dans toute la France est ici. Pour comprendre ou revisiter l’événement dramatique du 17 octobre 1961, Mediapart propose ici le documentaire de Mehdi Lallaoui, Le Silence du fleuve; là dix-sept contributions d’écrivains; enfin une étude des racines policières de cette répression raciste.

      —————

      «Il y a cinquante ans, le préfet de Police de la Seine, Maurice Papon, avec l’accord du gouvernement, imposa un couvre-feu visant exclusivement tous les Français musulmans d’Algérie.
       
      «Ce couvre-feu raciste entraîna une réaction pacifique des Algériens, sous la forme d’une manifestation dans les rues de Paris. Au soir du mardi 17 octobre 1961, ils furent près de trente mille, hommes, femmes et enfants, à défiler pacifiquement sur les grandes artères de la capitale pour revendiquer le droit à l’égalité et défendre l’indépendance de l’Algérie.
       
      «La répression policière de cette protestation non violente est une des pages les plus sombres de notre histoire. Longtemps dissimulée à l’opinion et désormais établie par les historiens, elle fut féroce : onze mille arrestations, des dizaines d’assassinats, dont de nombreux manifestants noyés dans la Seine, tués par balles, frappés à mort.  
       
      «Le temps est venu d’une reconnaissane officielle de cette tragédie dont la mémoire est aussi bien française qu’algérienne. Les victimes oubliées du 17 octobre 1961 travaillaient, habitaient et vivaient en France. Nous leur devons cette justice élémentaire, celle du souvenir.  
       
      «Reconnaître les crimes du 17 octobre 1961, c’est aussi ouvrir les pages d’une histoire apaisée entre les deux rives de la Méditerranée. En 2012, l’Algérie fêtera cinquante ans d’une indépendance qui fut aussi une déchirure française. A l’orée de cette commémoration, seule la vérité est gage de réconciliation.  
       
      «Ni vengeance, ni repentance, mais justice de la vérité et réconciliation des peuples: c’est ainsi que nous construirons une nouvelle fraternité franco-algérienne. »

      ♦ http://blogs.mediapart.fr/edition/17-octobre-1961/article/121011/appel-pour-la-reconnaissance-officielle-de-la-tragedie-d

      Signez directement l’appel en ligneVous trouverez ensuite la liste de la première centaine de signatures que nous avons pu récolter avant cette mise en ligne. Parmi les nombreuses personnalités qui ont déjà donné leur accord, on remarque notamment les noms des anciens résistants Raymond Aubrac, Stéphane Hessel et Edgar Morin; du fondateur du Nouvel Observateur Jean Daniel, du directeur des Temps Modernes Claude Lanzmann et de celui de la revue Esprit, Olivier Mongin; des philosophes Régis Debray et Alain Badiou, de l’écrivain et ancien éditeur François Maspero, de l’écrivain Didier Daeninckx, des professeurs au Collège de France Françoise Héritier et Pierre Rosanvallon; des historiens André Burguière, Jean-Luc Einaudi, Gilles Manceron, Benjamin Stora, Tzvetan Todorov, Enzo Traverso, Françoise Vergès, Georges Vigarello; des avocats Henri Leclerc, Jean-Pierre Mignard et Roland Rappaport; enfin ceux de Florence Malraux, Alain Joxe et Mireille Fanon-Mendès France ainsi que de l’ancien premier ministre Michel Rocard.

      Mise à jour, samedi 15 octobre 2011: depuis sa mise en ligne, mercredi 12 octobre, cet Appel a reçu les soutiens de toutes les forces politiques de la gauche française dans sa diversité. Figurent dans la liste des plus de 4.000 signataires à ce jour les dirigeants du Parti socialiste (Martine Aubry et François Hollande sont signataires ainsi que l’actuel premier secrétaire du PS Harlem Désir), d’Europe Ecologie–Les Verts (la secrétaire nationale Cécile Duflot est signataires, tout comme de nombreux élus nationaux et européens, parmi lesquels Daniel Cohn Bendit), du Parti de gauche (ses co-présidents Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard ont signé), du Parti communiste (son secrétaire national Pierre Laurent compte parmi les premiers signataires) et du NPA (Philippe Poutou, Olivier Besancenot et les deux porte-paroles ont signé). Pour l’avenir, et notamment pour 2012, en cas d’alternance politique, ces signatures les engagent tous.

      Primaire socialiste : « une machine à voter raisonnable », par Francis Daspe

      Posté par le 19 oct 2011 | Dans : Battre campagne, Gauche anti-libérale

      Francis DASPE est Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée (Association pour la Gauche Républicaine et Sociale – Prométhée)

      Contrairement aux commentateurs qui ont vu lors des primaires socialistes une poussée à gauche du Parti socialiste, Francis Daspe remarque que celle-ci, à l’image du chantre de la « démondialisation » Arnaud Montebourg, est incapable de dépasser significativement les 20%. La ligne « centrale », qualifiée de sociale-démocrate ou de sociale-libérale, s’est de nouveau imposée. Le PS reste « une machine à voter raisonnable », souligne l’auteur de cette tribune.

      Les primaires socialistes venant de livrer leur verdict, on peut convenir, quel que puisse être notre avis sur le fond de la question, de leur réussite en terme de participation. Elles ont su générer une implication populaire que bien peu n’osaient imaginer. Nous ne serons pas de ces grincheux mauvais perdants que nous trouvons à droite.

      Mais cela ne nous empêchera pas d’exprimer des désaccords majeurs quant à l’interprétation à donner aux résultats des deux tours de cette consultation inédite. Arguant du score surprise obtenu par Arnaud Montebourg, les commentateurs ont noté une poussée à gauche du parti socialiste. Nous considérons qu’il s’agit de l’exact contraire.

      Avec 17% des suffrages qui se sont reportés sur le chantre du concept de « démondialisation », jamais la gauche du Parti socialiste ne s’est retrouvée à un tel étiage. Une évidence s’impose durement aux tenants de la transformation sociale qui militent au sein de ce parti ou du moins gravitent autour : congrès après congrès entrecoupés de primaires, la gauche du parti socialiste se retrouve dans l’incapacité de dépasser significativement les 20%. Et ceci, quelle que puisse être le périmètre délimité par la motion proposée aux voix ou le nombre des soutiens du candidat.

      Que Henri Emmanuelli, Benoît Hamon, Gérard Filoche ou Arnaud Montebourg soient parties prenantes de la ligne de gauche ou qu’ils aient opté pour un choix stratégique plus « tactique » n’a au final aucune incidence. Que Jean-Luc Mélenchon, Marc Dolez ou d’autres militants anonymes œuvrent au sein du parti socialiste ou qu’ils aient préféré agir à l’extérieur ne change rien.

      Circonscrite dans son réduit n’excédant pas les 20%, la gauche du parti socialiste est au mieux condamnée à jouer un rôle d’aiguillon bien dérisoire face à la force dévastatrice du rouleau compresseur qu’est la mondialisation néolibérale conquérante. En d’autres termes, comme c’est parfois dit avec un zeste de méchanceté mais non sans véracité, à jouer les « idiots utiles ».

      Ces primaires citoyennes ont confirmé de manière éclatante que le parti socialiste était devenu une « machine à voter raisonnable ». Car en fait, il n’existait que trois lignes différentes au cours de ces primaires. Il y avait celle de gauche incarnée par Arnaud Montebourg et son pendant de droitière portée par Manuel Valls.

      D’ailleurs, il n’est pas indifférent de constater que ce sont les deux seuls candidats à avoir animé symétriquement d’un point de vue idéologique la campagne. Car en définitive les représentants de la ligne « centrale » qualifiée de sociale-démocrate ou de sociale-libérale selon les points de vue ne possédaient pas véritablement de divergences sur le fond à mettre en avant pour se départager.

      En fin de compte c’est sur des questions d’image et de tempérament que l’affaire se joua. Il fallut faire le grand écart en démontrant à la fois l’authenticité de son label de gauche et la capacité à rassembler le plus largement possible au-delà des militants socialistes, voire même au-delà des rangs de la gauche. A ce périlleux exercice, un s’en tira mieux que certaines…

      Chacun tenta bien de prouver qu’il était bien de gauche : Ségolène Royal par ses foucades davantage inspirées par son sens politique et l’énergie du désespoir que par la solidité de ses convictions, François Hollande au seul motif d’avoir dirigé l’appareil du parti plus qu’aucun autre, Martine Aubry parce qu’elle devait son élection à la tête du parti lors du congrès de Reims aux bonnes grâces des éléphants ou des éléphanteaux des courants de gauche.

      Hélas, l’examen plus approfondi des programmes montre la timidité de l’ambition de transformation sociale, en raison principalement de l’acceptation, à l’instar d’une sorte de syndrome de Stockholm acclimaté à l’action politique, des contraintes extérieures qui verrouillent en l’état toute tentative d’alternative.

      Arnaud Montebourg avait le mérite de vouloir s’en affranchir, à tel point que Jean-François Copé a crû y déceler de manière scandaleuse et pathétique une dérive bolchevique. Dans ces conditions, le parti socialiste est-il réformable de l’intérieur ? Nous, qui nous considérons comme « pleinement socialiste » sans appartenir au parti éponyme, aurions tendance à en désespérer. Le potentiel militant existe sans aucun doute. Mais il reste bridé. Le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européenne en constitue un exemple édifiant : alors qu’une majorité d’adhérents socialistes s’était prononcée dans le secret de l’isoloir le 29 mai 2005 pour le non, cela avait été l’inverse quelques mois plus tôt à l’occasion du référendum interne.

      Pourtant, l’urgence sera de tout faire pour battre Nicolas Sarkozy l’an prochain. Nous nous emploierons à la besogne résolument, sans renâcler ni laisser passer notre tour. Mais en militant pour un véritable programme de rupture sociale et démocratique, qui fasse enfin coïncider alternance et alternative. Le seul à même de parvenir à l’objectif visé pour une gauche dont la diversité et la richesse ne s’arrêtent pas aux primaires socialistes.

      Tribune parue dans Marianne du 18/11/2011

      Entre realpolitik sordide et prétextes humanitaires, l’étrange diplomatie de la chasse à l’alibi, sans queue ni tête!

      Posté par le 21 oct 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D, a4-Le blog citoyen croque Sarkozy et sa politique, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

      Longuet affirme que des mirages de l’aviation française -- en fait un chasseur Mirage français dans une flotte aérienne plus large - seraient à l’origine de la capture de Muammar Kadhafi. Le ministre précise toutefois le rôle ultime des  combattants  au sol de Mirastra qui ont intercepté jeudi une partie du convoi -- formé de 80 véhicules 4X4 -- qui tentait de quitter la ville de Syrte avec à son bord ledit dictateur déchu. Ce dernier aurait été trouvé mort dans les voitures détruites (1).

      Que de zigzags diplomatiques depuis l’épisode de la libération des infirmières bulgares (notre billet du 7/08/2007 Succès diplomatique ou charlatanisme ?), condamnées jadis par un procureur devenu ensuite chef des rebelles libyens dans un gouvernement provisoire auto-proclamé que s’est empressé de reconnaître le président Sarkozy! Ce dernier avait entre temps reçu en grande pompe le colonnel Kadhafi à Paris dans l’espoir d’une avancée diplomatique dans la région ( nos billets des 11/12/2007 et 15/12/2007 Trop plein d’égards et grands écarts : déraison d’Etat ou ruse de chef ? et Paris, Kadhafi, la culture et l’Afrique ). Par la suite, le gouvernement français, dernier soutien du dictateur voisin tunisien Ben Ali, avait eu l’outrecuidance, par la voix de l’ex-ministre des relations extérieure, MAM, de vouloir conseiller et armer la police tunisienne pour contenir la révolte du peuple tunisien ( notre billet du 3/02/2011 MAM et les raccourcis d’une diplomatie bien mise à mal! ), quelques années après le très controversé voyage en Tunisie de monsieur Sarkozy (notre billet du 30/04/2008 Profil bas pour Rama Yade en Tunisie) . Avant d’intégrer le haut commandement militaire de l’OTAN pour y jeter plus tard nos soldats avec cet alibi humanitaire, d’inspiration BHLévienne, en Libye.

      Certes la diplomatie française vis à vis de la Libye n’a jamais été simple. Dans le dossier du Tchad et de la bande d’Aouzou, il fallut composer avec un Kadhafi dont on connaissait la versatilité. Souvent dépeint comme un leader fanatique qui s’appuie sur les méthodes les plus brutales et de caractère fort changeant, feu le colonnel Kadhafi avait d’ailleurs enregistré de sérieux revers dans ses tentatives de fusionner les pays voisins.

      Ne pas pleurer Kadhafi c’est tout autre chose que d’accepter ces louvoiements diplomatiques grossiers. Car derrière l’abandon des principes de base et la violation tacite du droit international (2), la France ne s’aligne-t-elle pas inexorablement sur la politique américaine d’ingérence dont on peut mesurer les échecs en Irak et en Afghanistan ? ( l’appréciation critique de l’ancien ministre d’Etat sur le risque de dérapage diplomatique en date du 3 mai dernier Jean-Pierre Chevènement, en visite à Bordeaux, livre au Blog citoyen, socialiste et républicain son analyse sur l’évolution de l’intervention en Libye après les évènements des jours derniers ) Sur ce point, les gesticulations diplomatiques et militaires d’un Nicolas Sarkozy,  fanfaronnant, expriment une constante du personnage dans son allégeance aux Etats-Unis. Allégeance qui alla jusqu’aux excuses confidentielles d’un ministre de l’Intérieur osant brader l’intérêt national en affichant des positions contraires à celle de son pays lors d’une rencontre avec le président Bush en pleine affaire d’Irak.

      Mais quelle sera demain la capacité d’autonomie diplomatique d’une France décrédibilisée quand l’alibi d’une intervention militaire humanitaire ne résiste pas longtemps à l’examen des forfaits d’une politique extérieure du tête à queue que nous évoquions fort à propos dans quelques billets de ce blog citoyen?

      X.D le 20/10/2011

      (1) Cette version est à présent (le 21/10/2011) largement contestée, les américains faisant valoir qu’un de leurs drones aurait atteint la cible, la mort de Kadhafi étant par ailleurs entourée d’une grande suspiscion d’actes inavouables pour éviter un long procés. Procès qui, dit-on, aurait pu plonger dans l’embarras gouvernements étrangers et compagnies pétrolières occidentales, qui se sont rapprochés de Mouammar Kadhafi ces dix dernières années.

      (2) « A la suite de démarches sur lesquelles on peut s’interroger -- je pense à l’intervention de BHL auprès du président de la République -- on a décidé d’aller dans le sens non pas d’une ingérence -- qui n’est pas autorisée par le conseil de sécurité des Nations Unies -- mais dans le sens de la mise en oeuvre de la responsabilité de protéger. C’est la résolution 1973. L’ONU demande à un certain nombre de pays qui ont formé une coalition de protéger les civils contre toute tentative de génocide, crime de masse, crime contre l’humanité…

      On peut s’interroger sur le fait de savoir si ce mandat n’est pas en train d’être outre-passé par des frappes dont l’objet n’est plus de protéger les civils. On est sur une question de principe! Est-ce que l’on veut préserver la notion de la responsabilité de protéger les civils ou -- la différence est ténue -- est-ce que l’on va s’aventurer sur le terrain de l’ingérence que l’ONU n’a jamais acceptée? » Extrait de l’entretien de Jean-Pierre Chevènement au blog citoyen le 3 mai 2011

      A lire sur le blog citoyen, socialiste et républicain, nos billets datés, signés et parfaitement assumés!

      Succès diplomatique ou charlatanisme ?

      Posté par sr07 le 07 août 2007 à 06:22 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D, a4-Le blog citoyen croque Sarkozy et sa politique Editer

      Trop plein d’égards et grands écarts : déraison d’Etat ou ruse de chef ?

      Posté par sr07 le 11 déc 2007 à 04:51 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D, a4-Le blog citoyen croque Sarkozy et sa politique Editer

      Paris, Kadhafi, la culture et l’Afrique

      Posté par sr07 le 15 déc 2007 à 12:46 | Dans : a-le quartier libre de X D Editer

      Profil bas pour Rama Yade en Tunisie

      Posté par sr07 le 30 avr 2008 à 07:10 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D, a4-Le blog citoyen croque Sarkozy et sa politique Editer

      MAM et les raccourcis d’une diplomatie bien mise à mal!

      Posté par sr07 le 03 fév 2011 à 06:32 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D, a4-Le blog citoyen croque Sarkozy et sa politique Editer

      Jean-Pierre Chevènement, en visite à Bordeaux, livre au Blog citoyen, socialiste et républicain son analyse sur l’évolution de l’intervention en Libye après les évènements des jours derniers

      Posté par sr07 le 03 mai 2011 | Dans : a5-Les entretiens du blog citoyen Edit This

      Argentine : « CFK », veuve intouchable

      Posté par le 22 oct 2011 | Dans : Amérique Latine

      Les Argentins devraient réélire dès ce dimanche leur présidente Cristina Kirchner, à qui les sondages promettent une victoire écrasante. Ses atouts: une croissance économique record et son image bâtie sur le mythe péroniste.

       Avec plus de 60% d’intentions de vote selon les estimations les plus optimistes, la présidente argentine Cristina Kirchner ne devrait avoir aucun mal à se faire réélire ce dimanche 23 octobre, dès le premier tour de scrutin. Mieux: malgré le manque de suspense criant, la plupart des instituts de sondage prévoient un taux de participation record, un véritable plébiscite.

      Pourtant il y a trois ans, quelques mois seulement après qu’elle ait remplacé son mari Nestor Kirchner à la tête du pays, et en plein cœur d’une crise terrible qui l’opposait au puissant secteur agricole, la grogne était à son comble et les rumeurs de démission bruissaient. Le retournement de situation est aujourd’hui complet pour Cristina Fernandez Kirchner, dite « CFK ».

      « Une des raisons du succès de Cristina, c’est la formidable croissance économique du pays, qui donne aux Argentins une sensation de bien-être, explique l’analyste politique Graciela Römer. Les aides fiscales ont fait augmenter la consommation des ménages de 11% depuis l’année dernière. Un million de familles ont par exemple acheté un écran plasma ou LCD.  » La croissance de l’économie argentine a en effet atteint 9% en 2010, juste derrière celles de la Chine et de l’Inde. Elle s’appuie principalement sur les exportations de ses matières premières agricoles, dont les prix crevaient jusqu’alors le plafond.

      Beaucoup d’actions ponctuelles ont été mises en place pour redistribuer les fruits de cette croissance aux couches les plus populaires, comme une allocation mensuelle par enfant aux familles pauvres. Des mesures populistes selon l’opposition, mais qui ont attaché tout un pan de la société à la présidente. « Elle est tellement belle et généreuse, comme Evita*, se pâme Marta, une jeune maman rencontrée lors d’un meeting politique. Elle gouverne pour nous et nous protège, alors qu’elle a tellement souffert. Je l’admire beaucoup. »

      L’opposition en déroute

      Un culte de la personnalité s’est en effet développé autour de la présidente depuis la mort soudaine de son époux Nestor Kirchner, l’année dernière. « Ce drame a permis à Cristina de devenir un leader autonome : à tort, les gens la considéraient comme la marionnette de son mari, assure Graciela Römer. La douleur l’a humanisée, aussi. Elle avait une image distante et hautaine qui ne passait pas bien auprès des classes populaires. Aujourd’hui elle fait référence à son défunt mari dans tous ses discours, la voix sur le point de se briser. Elle a créé un mythe autour de Nestor qu’elle seule est en mesure de perpétuer. C’est très fort: du coup on la craint, on la respecte tout en ayant envie de la protéger. »

      Cette image de veuve inconsolable très digne, à la main de fer dans ses noirs habits de deuil, l’a placée hors d’atteinte des attaques d’une opposition en déroute. Impuissant face à sa défaite annoncée, l’un de ses principaux opposants entame même son dernier spot de campagne par ces mots désabusés : « Cristina, vous allez sans doute gagner les élections, mais… »

      En effet, Cristina gagnera sans doute ces élections. Et la majorité au Congrès. Mais avec une croissance en berne due à la baisse des prix des matières premières sur les marchés mondiaux, il va lui falloir inventer un nouveau modèle pour que son pouvoir demeure incontesté.

      * Eva Peron, épouse dans l’après-guerre du président Juan Peron, devenue un mythe populaire de l’Argentine.

      Mathilde Guillaume, correspondance à Buenos Aires -- Le Journal du Dimanche

      samedi 22 octobre 2011

      Sarkozy : « Je fais de la démago… heu pardon, de la pédagogie »

      Posté par le 22 oct 2011 | Dans : Non classé

      Vincent Barros -- Marianne | Samedi 22 Octobre 2011

      Lapsus ? La langue qui fourche, entre énorme bourde et aveu involontaire… Patrick Levy-Waitz, chef d’entreprise spécialiste des enjeux de comportement, en a consigné plus de 200, d’élus français et étrangers, dans son livre à paraître ce jeudi : « Lapsus Politicus » (Editions du moment). Y s’illustrent Rachida Dati, Nicolas Sarkozy, Martine Aubry… Florilège.



       

      « Je fais de la démago… heu pardon, de la pédagogie »

      Nicolas Sarkozy, député de la 6e circonscription des Hauts-de-Seine, patron de l’UMP, est l’invité de 100 minutes pour convaincre en mars 2005.
      « Je veux mettre au service des injustices plus de moyens. » [de la luttre contre les injustices]
       
      François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, le 21 novembre 2006, jour où Ségolène Royal est officiellement investie comme candidate socialiste aux élections présidentielles de 2007, déclare :
      « Si on veut battre la gauche, il n’y a qu’avec la gauche… Pardon ! (Rires.) Si on veut battre la gauche, on peut toujours le faire en votant à droite, mais si on veut battre la gauche (rires), avec la droite… » [battre la droite avec la gauche]
       
      Dominique de Villepin, Premier ministre du président Chirac, répond sur le « chat » de Matignon où les internautes sont invités à l’interroger en direct sur le CPE.
      Question de Jérémy : « En quoi consiste exactement le contrat première embauche ? A qui sera-il profitable ? »
      Réponse du Premier ministre : « D’abord je dois préciser que le contrat première embûche est un vrai contrat à durée indéterminée, avec une vraie rémunération. »
       
      Rachida Dati est, en février 2007, le porte-parole de Nicolas Sarkozy (UMP), candidat à l’élection présidentielle.
      « Nicolas Sarkozy l’a dit : il souhaite effectivement devenir le patron… euh, le président de tous les Français. »
       
      Nicolas Sarkozy, président de la République, interviewé à l’Elysée en avril 2008 par des journalistes de télévision, répond à une question sur le paquet fiscal.
      « Vous savez, madame Auger, j’ai bien conscience dans (sic) les critiques qui me sont faites… Celle qui m’a le plus touché et qui m’interpelle le plus, c’est celle qui voit une partie des Français se dire : « Au fond, il fait une politique pour quelques-uns et par pour tous. » Si les Français croient ça, et ils ont raison de le croire, je dois en tirer des conséquences immédiates. » [ils ont leurs raisons pour le croire]
       
      Nicolas Sarkozy, président de la République, répond à Laurence Parisot, présidente du Medef, au Sommet social qui fait suite à la crise mondiale de l’automne 2008 et la crise sociale guadeloupéenne.
      « Je fais de la démago… heu pardon, de la pédagogie. »
       
      Rachida Dati, candidate UMP aux élections européennes, intervient, en juin 2009, lors d’un meeting à Levallois-Perret, fief de Patrick et Isabelle Balkany.
      « Ça vaut peut-être la peine de prendre un peu de temps pour avoir un engagement pour des voleursdes valeurs et des convictions qui sont fortes au niveau européen. Je voulais remercier Isabelle et Patrick Balkany de nous accueillir ici… »
       
      Eric Woerth, ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique du gouvernement Fillon, est interviewé, le 27 juin 2010, en pleine affaire Bettencourt.
      « On me dit après : vous avec couvert de la fraude fiscale. Moi, j’ai couvert de la fraude fiscale ?!! Alors que j’ai lancé toutes les procédures pour renforcer la fraude fiscale. » [combattre]
       
      Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, essaye de calmer, en février 2010, son Bureau national, en effervescence depuis que Georges Frêche a fait des allusions aux origines juives de Laurent Fabius.
      « J’invite chacun à faire preuve de responsabilité, à faire un effort. Je vous demande d’être circoncis… » [concis]
       
      Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères qui avait proposé à Ben Ali « le savoir-faire de nos forces de sécurité », intervient à l’Assemblée nationale, en février 2011.
      « Je travaille pour aider le pouvoir tunisien dans sa volonté de se reconduire. » [se reconstruire]

      Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, interviewée, en février 2011, sur les possibles candidats socialistes aux élections présidentielles de 2012, recentre le débat sur le projet du PS.
      « Le projet est extrêmement vaguevaste, et c’est ça l’essentiel aujourd’hui. »

      Chevènement réhabilite le roman national

      Posté par le 23 oct 2011 | Dans : Articles de fond, Gauche anti-libérale

       A lire dans le causeur cet article de la blogueuse Coralie Delaume

      L’auteur

      Coralie Delaume

      Coralie Delaume est blogueuse (L’arène nue)

       http://www.causeur.fr/chevenement-rehabilite-le-roman-national,12525

      Sortir la France de l’impasse, telle est la proposition de Jean-Pierre Chevènement, dans son livre-programme éponyme paru le 5 octobre. Car pour le « Ché », il n’existe qu’une seule façon efficace de « faire bouger les lignes ». « Y a-t-il d’autres moyens, les institutions de la V° République étant ce qu’elles sont, que de se porter candidat ? », s’interroge-t-il.

      L’homme a toutefois adopté une façon originale de faire campagne. Après La France est elle finie ? couronné du prix du livre politique 2011, et son ouvrage d’entretiens avec Luc Chatel sur l’école, il signe son troisième opus en moins d’un an.

      Lire la suite dans http://www.causeur.fr/chevenement-rehabilite-le-roman-national,12525

      Sortir la France de l’impasse

      Jean-Pierre Chevènement

      Fayard

      Indignés, Stéphane Hessel et Edgar Morin prônent l’espérance

      Posté par le 23 oct 2011 | Dans : Articles de fond, Une autre mondialisation

      Le chemin de l’espérance chez Fayard

      mercredi 5 octobre 2011
      Posté par
      David Naulin

      A près de 184 ans à eux deux, Stéphane Hessel et Edgar Morin marient leur ardeur juvénile et leurs réflexions dans un manifeste, « Le chemin de l’espérance », qui préconise insurrection des consciences et exigence citoyenne, socles selon eux d’une « politique du bien-vivre ».

      Le propos de ce petit ouvrage de 60 pages est de « dénoncer le cours pervers d’une politique aveugle qui conduit au désastre, d’énoncer une voie politique de salut public et d’annoncer une nouvelle espérance », soulignent ces deux symboles de la Résistance et amis de longue date. « Nous ne proposons pas de pacte aux partis existants », insistent-ils. « Nous souhaitons contribuer à la formation d’un puissant mouvement citoyen, d’une insurrection des consciences qui puisse engendrer une politique à la hauteur de ces exigences ».

      Avec un discours engagé, ils appellent à dépasser les clivages idéologiques pour trouver des solutions afin de sortir la France et l’Europe de la crise. Ils définissent ainsi quatre sources pour « alimenter la gauche : la source libertaire, qui se concentre sur la liberté des individus ; la source socialiste, qui se concentre sur l’amélioration de la société ; la source communiste, qui se concentre sur la fraternité communautaire. Ajoutons-y la source écologique, qui nous restitue notre lien et notre interdépendance avec la nature et plus profondément notre Terre-mère, et qui reconnaît en notre Soleil la source de toutes les énergies vivantes. »

      Il y a près d’un an, l’ancien diplomate et corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme, 94 ans en octobre, publiait « Indignez-vous !« , vendu depuis à près de deux millions d’exemplaires en France, traduit en Europe, en Chine, aux Etats-Unis, et devenu le cri de ralliement de la jeunesse, en Espagne ou ailleurs.

      Également auteur de « Engagez-vous !« , Stéphane Hessel a toujours reconnu « un frère de lutte » en Edgar Morin, qui a publié en 2011 « La Voie« , vendu à 70.000 exemplaires.

      Le philosophe et sociologue de 90 ans y exposait comment « changer le changement », en cessant de ressasser des solutions éculées ou partisanes. Cette fois, c’est d’une seule voix que les deux nonagénaires prônent « une politique du vouloir-vivre et revivre, qui nous arrache à une apathie et à une résignation mortelles ». « Le vouloir-vivre nourrit le bien-vivre. L’un et l’autre, ensemble, ouvrent le chemin de l’espérance », lancent-ils avec enthousiasme.

      Pour y parvenir, ils proposent par exemple la création d’un Service civique de la fraternité et de Maisons de la fraternité.

      Les auteurs assurent ne pas vouloir fonder un nouveau parti, ni en rallier un ancien, mais souhaiter « une politique régénératrice qui réformerait en profondeur à la fois notre société et nos modes de vie ».

      Lire la suite  http://cdurable.info/Le-chemin-de-l-esperance-Stephane-Hessel-Edgar-Morin-Fayard.html

      Références : « Le chemin de l’espérance » -- Stéphane Hessel et Edgar Morin -- Editions : Fayard -- 60 pages -- EAN : 9782213666211 -- Prix : 5 euros -- En librairie depuis le 28 septembre.

      Argentine : une élection présidentielle jouée d’avance

      Posté par le 24 oct 2011 | Dans : Amérique Latine

      Cristina Fernandez, veuve de Nestor kirchner

       

      L’élection présidentielle de dimanche en Argentine ne ménage aucun suspense, tant la marge qui sépare Cristina Fernandez de ses six adversaires s’apparente à un gouffre. Les sondages lui accorde entre 50 et 53 % des intentions de vote.

      Suivent le socialiste Hermes Binner et le radical Ricardo Alfonsin aux alentours de 13-15% puis les peronistes Alberto Rodriguez Saá et l’ex-président Eduardo Duhalde ( 5 à 8 % ), enfin la libérale Elisa Carrio et Jorge Altamirano pour l’extrême gauche. Ces sondages corroborent les résultats des primaires d’un genre particulier qui se sont tenues il y a quelques semaines. En effet, l’ensemble de la population était convoquée pour désigner les candidats qui resteraient en lice pour le premier tour, candidats devant passer la barre des 1,5%. De ce tour de chauffe, préfigutation de ce que serait l’élection,  furent éliminés la demi-douzaine de petits candidats, dont le cinéaste Fernando Solanas ; son mouvement Proyecto Sur avait fait naître quelque espoir lors des législatives précédentes pour ses positions anticapitalistes comme la nationalisation des ressources naturelles, mais il s’est trouvé affaibli par des dissentions internes et une position résolument anti-gouvernementale qui  a pu lui aliéner des soutiens dans les couches populaires pauvres qui ont bénéficié des subsides de l’Etat.

      La présidente, s’appuyant sur le bilan de son époux, Nestor Kirchner décédé l’an dernier, tout en suivant le sillon tracé, a écrasé la concurrence, dans et hors du Parti justicialiste ( PJ ), peroniste. Les couches populaires pauvres ont ainsi joui d’un léger mieux, notamment à travers l’allocation versé aux enfants qui permet de lutter contre l’absentéisme scolaire tout en améliorant le budget familial. Les couches moyennes favorisés soutiennent celle que tout le monde appelle simplement Cristina, comme auparavant il donnait du Evita à Eva Peron, car elles profitent de la relance économique qui a suivi le crise du début des années 2000 quand le pays s’est trouvé au bord de la ruine, avec une production industrielle nulle et des indices sociaux du tiers-monde : pauvreté affectant plus d’un Argentin sur deux, chômage de l’ordre de 30%. De plus l’action du couple, qui s’est succédé de 2003 à aujourd’hui, en matière de droits de l’Homme lui a assuré le soutien d’associations comme les Mères et les Grands-mères de la place de Mai. Au solde positif  figurent également la reconstitution  des réserves de l’Etat et la création d’un ministère de la Sécurité qui, en épurant une police majoritairement corrompue, a permis que baissent sensiblement les trafics de drogues et de personnes. S’y ajoutent la renationalisation de secteurs clé comme la la compagnie aérienne Aerolineas Argentinas, d’une partie du secteur de l’électricité et de l’eau, enfin du régime des retraites. La loi sur la terre, visant à freiner l’acquisition de terres par les grands groupes agro-alimentaires  va dans le même sens, bien que fort tardive, tant le « campo » argentin a déjà été vendu à l’encan. Enfin, la fin de l’ »union charnelle » avec les Etats-Unis, permettant un rapprochement avec les pays du continent lationo-américain a rendu aux Argentins leur fierté.

      Tout alors serait-il rose ? L’inflation galopante ( plus 25% depuis le début d’année ) agite le spectre d’une nouvelle crise sociale, dont on note les premiers signes avec l’accroissement du nombre de familles vivant dans la rue et la fermeture de nombreux petits commerces, ce malgré la conséquente hausse des salaires des deux dernières années :  entre 50 et 100% selon les secteurs. Les alliés de gauche de la présidente ( communistes, humanistes, syndicalistes de la Centrale des travailleurs argentins -- CTA -- ) souhaiteraient que le discours se transforme en actes avec la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, le contôle strict des exportations de céréales, viande, produits laitiers, dont les prix dopés par les cours du marché mondial impactent fort sur le budget des familles. De plus, ces secteurs préconisent la nationalisation des ressources naturelles comme la mine aux mains des groupes étrangers et le pétrole qu’exploitent les Espagnols de Repsol, entreprise en difficulté qui  pourrait céder les gisements à n’importe quel groupe transnational.

      La poursuite sur la voie du nouveau « modèle » préconisé par la présidente s’accompagne d’espoir et de craintes. Espoir de voir des mouvements sociaux ayant recouvré des forces influer sur le cours des événements et craintes quant à leur capacité de freiner les appétits d’une grande bourgeoisie, qui garde une bonne écoute du côté gouvernement, dans un pays qui n’a pas éradiqué le cancer de la corruption et du clientélisme.

      Gérard Devienne dans l’Huma du 23/10/2011

      « Les dirigeants européens travaillent en aveugles »

      Posté par le 24 oct 2011 | Dans : Blog du Che, Economie

      Entretien de Jean-Pierre Chevènement au site internet de Public Sénat, lundi 24 octobre 2011.

      Le sommet européen sur la crise de la dette dans la zone euro n’a pas abouti à une solution ce week-end. Un nouveau sommet est convoqué pour mercredi. Voyez-vous une porte de sortie à la crise ?

      Jean-Pierre Chevènement: Il y a une porte de sortie possible, c’est celle qui a été proposée par la France, à savoir l’adossement du Fond européen de stabilité financière (FESF) à la BCE. C’est le seul moyen de casser la spéculation. Malheureusement Mme Merkel et M. Trichet l’ont écartée. La politique d’austérité à perpétuité qu’on propose aux Etats en difficulté ne peut déboucher que sur la récession et l’aggravation de la situation, comme l’a d’ailleurs remarqué Joseph Stiglitz (prix Nobel d’économie 2001, ndlr).

      Il me semble que les dirigeants européens travaillent en aveugles. Ils ne voient pas que la crise de l’euro procède de son vice constitutif : la monnaie unique a juxtaposé des économies trop différentes par leur structure et la culture des peuples concernés. Je ne voix pas d’autres solutions durables que la transformation de la BCE (Banque centrale européenne) pour en faire l’équivalent de la FED (Federal Reserve Act). A défaut, la seule perspective est l’effilochage de la zone euro.

      Selon le journaliste Jean Quatremer, Nicolas Sarkozy et Angela Merckel ont critiqué Schröder, Jospin et Chirac pour avoir fait entrer la Grèce dans la zone euro. Croyez-vous possible une explosion de la zone avec une sortie de la Grèce ?
      C’est une critique superficielle. Le problème était posé d’emblée, en 1989, quand le Conseil européen de Madrid a adopté les statuts de la monnaie unique, qui par définition supprime toute possibilité d’ajustement entre les pays. J’entends bien Nicolas Sarkozy incriminer ses prédécesseurs : « Ils avaient peut-être une vision, mais ils ont omis de régler des questions qui n’étaient pas des détails », a-t-il dit. L’erreur était de signer le Traité de Maastricht. Mais Nicolas Sarkozy n’est pas le seul à l’avoir commise.

      Le chef de l’Etat est-il à la hauteur ?
      Je pense qu’il a fait une proposition intéressante, celle d’adosser le FESF, transformé en banque, aux ressources de la BCE. Les moyens du FESF ne sont pas suffisants. Il a 440 milliards d’euros alors que le total des dettes des pays en difficultés est de 3.400 milliards…Les Allemands bloquent sur l’augmentation du FESF…
      Les Allemands ont une culture de stabilité, ils ont l’obsession de l’inflation. L’Europe méditerranéenne n’a pas la même culture.

      Et sur le risque d’explosion de la zone euro, est-elle possible ?

      Malheureusement, oui. Très peu de gens réalisent que c’est un risque bien réel. Il faut imaginer les solutions, j’en ai proposées deux dans mon nouveau livre, Sortir la France de l’impasse : le recours à la Banque centrale, ou à défaut, la transformation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune. Si la Grèce fait défaut et reprend sa liberté monétaire, on aura accompli un premier pas dans cette direction. On pourrait garder l’euro comme toit européen commun, c’est-à-dire un panier de monnaie pour les échanges internationaux. Puis cette monnaie commune pourrait accueillir la Grande-Bretagne ou les pays du sud de la Méditerranée. Puis, il faut penser l’après crise.

      A court terme, pensez-vous que les dirigeants européens trouveront une solution à la crise de la dette de la zone euro ?
      Je crains qu’ils ne trouvent que des rustines.

      Propos recueillis par François Vignal.

      Libération ambiguë en Libye

      Posté par le 26 oct 2011 | Dans : Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

      lundi 24 octobre 2011, par Alain Gresh dans le Monde Diplo en ligne http://www.monde-diplomatique.fr/

      Le Conseil national de transition (CNT) a officiellement proclamé le 23 octobre à Benghazi la « libération » de la Libye après 42 ans de règne sans partage de Mouammar Kadhafi, au lendemain de la prise de Syrte et de la mort de Kadhafi. La chute de la dictature, comme la chute de Ben Ali et de Moubarak, est une bonne nouvelle. Mais le cas libyen est particulier, dans la mesure où cette chute a été forcée par l’intervention de l’OTAN, sous le couvert de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU, mais en réalité en violant largement l’esprit et la lettre de ce texte – la destruction de Syrte, avec l’aide de l’OTAN, éclaire d’un jour étrange le prétexte utilisé de la nécessité de protéger les civils.

      Par un hasard de l’histoire, cette « libération » survient alors que les Etats-Unis annoncent le retrait total de leurs troupes d’Irak d’ici le 1er janvier 2012, huit ans après qu’ils ont aussi « libéré » ce pays. Washington a tenté, jusqu’à la dernière minute, d’obtenir le droit de maintenir des instructeurs, mais Bagdad exigeait que ceux-ci soient passibles des tribunaux locaux en cas de crime, ce que les Etats-Unis ont refusé. L’aventure irakienne prend donc fin pour Washington, mais, on l’oublie trop, pas pour les Irakiens qui continueront à en payer le prix.

      Car les Etats-Unis laissent derrière eux un pays dévasté. Des centaines de milliers d’Irakiens ont été tués (entre 100 000 et 500 000 selon les évaluations), entre 1 et 2 millions ont fui à l’étranger, notamment en Syrie et en Jordanie (parmi eux, nombre de chrétiens dont les médias français se désolent régulièrement qu’ils soient chassés du Proche-Orient). Mais aussi un Etat détruit, un pays fractionné, des divisions profondes entre chiites et sunnites, un pouvoir autoritaire (aussi bien à Bagdad qu’à Erbil, capitale du Kurdistan), un usage banalisé de la torture, des arrestations arbitraires, etc. Reconstruire un Etat et une société nécessitera des décennies et il est juste qu’Amnesty International ait demandé l’inculpation de l’ancien président George W. Bush, même si ce n’est que pour sa responsabilité dans les actes de torture. Plus que d’autres, M. Bush mériterait un procès devant la Cour pénale internationale, mais nous savons que celui-ci n’aura jamais lieu : on ne juge devant cette cour que des chefs d’Etat africains.

      L’exécution de Kadhafi, dans d’épouvantables conditions, pourrait être décryptée comme un simple moment de colère d’une foule. L’inénarrable Bernard-Henri Lévy, « le philosophe qui est entré dans Gaza sur un char israélien », qualificatif qu’il faudrait lui accoler chaque fois qu’on le cite, a expliqué cet acte dans le journal de 20 heures de France 2, le jeudi 20 octobre, en présence du ministre de la défense Gérard Longuet. Après avoir vu les images du lynchage, il a tenu le raisonnement de Gribouille suivant :

      - ces images sont terribles et toutes les révolutions ont connu des moments terribles, comme les massacres de septembre 1792, quand plusieurs centaines de prisonniers furent assassinés par les révolutionnaires en France ;

      - en réalité Kadhafi est mort au combat ; il a d’ailleurs prouvé comme cela qu’il lui restait un petit peu de grandeur comme en tout être humain ;

      - il a été tué dans ces combats et c’est cela que les historiens établiront assez vite.

      On comprend ensuite que l’on puisse le qualifier de philosophe et que Gérard Longuet se réjouisse : « Quand on a une armée courageuse et des intellectuels clairs, cela ne marche pas si mal. » Qui se souvient du temps où les « intellectuels clairs » se battaient contre les interventions étrangères au Vietnam ou en Irak ?

      Sur les prestations de BHL, on pourra lire Daniel Schneidermann, « Kadhafi, BHL et la question sans réponse » (Arrêt sur images, 21 octobre 2011). BHL aurait pu évoquer Antigone enterrant son frère malgré l’interdiction du roi, mais il n’est que « philosophe »…

      L’exécution de Kadhafi, outre le fait qu’elle est un crime, ne serait pas aussi inquiétante si elle ne s’inscrivait dans une réalité qui semble désormais s’imposer : l’absence de pouvoir, le morcellement des autorités et du pays, la place des groupes armés. On ne peut évidemment pas demander à un pays qui se débarrasse d’une si longue dictature d’instaurer l’ordre et la justice en quelques semaines. Mais on peut s’inquiéter pour l’avenir, d’autant que la solution militaire qui s’est imposée grâce à l’aide de l’OTAN a permis de penser que tous les problèmes pouvaient se résoudre par la force et que l’on pouvait soumettre l’ennemi par la seule violence.

      Or, toutes les informations en provenance de la Libye ne peuvent qu’inquiéter. Les organisations de droits de la personne ont publié des rapports accablants, non seulement sur le traitement raciste des travailleurs africains, mais aussi les arrestations arbitraires, l’usage de la torture, etc. (Lire, par exemple, Amnesty International, « La nouvelle Libye est “entachée” par les atteintes aux droits humains dont sont victimes les prisonniers », 13 octobre ; et Human Rights Watch, « Le CNT doit mettre fin aux arrestations arbitraires et aux mauvais traitements de détenus », 30 septembre.)

      Le correspondant du New York Times a raconté les dessous d’un incident qui avait été rapporté par la presse : une manifestation armée de partisans de Kadhafi dans un quartier de Tripoli. Kareem Fahmi, « Battle for a Holdout City Stalls Healing in Libya », 18 octobre.

      Dans le quartier pauvre d’Abou Salim, à Tripoli, un groupe d’une vingtaine de jeunes ont tenu une manifestation pacifique de soutien à Kadhafi le 14 octobre. Des groupes armés anti-Kadhafi ont alors envahi le quartier et tiré sur les jeunes. Ils ont aussi tiré à l’arme lourde sur les immeubles alentour.

      Cet incident, parmi bien d’autres, illustre la multiplication des pouvoirs et le fait que le CNT ne contrôle pas les groupes armés qui se réclament souvent d’appartenances régionales.

      Parmi les sujets d’inquiétude, la situation des femmes, qui a souvent servi de prétexte aux interventions occidentales, notamment en Afghanistan. La décision du CNT de faire de la charia la principale source de la juridiction, d’autoriser la polygamie (la Tunisie est le seul pays arabe à l’avoir abolie, avec la Libye jusqu’à présent), rappelle les incertitudes d’aujourd’hui, mais aussi les acquis du passé : le régime du colonel Kadhafi a connu un moment, à l’origine, où, de la nationalisation du pétrole à l’amélioration de la situation des femmes, il a joué un rôle progressiste que l’on tend à oublier (Vijay Prashad, « Qaddafi, From Beginning to End », Counterpunch, 21-23 octobre).

      Une dernière remarque : l’exécution de Kadhafi évitera un procès qui aurait pu faire la lumière sur le soutien que divers pays, dont la France et le Royaume-Uni, lui ont apporté depuis 2003. Le quotidien The Independent du 23 octobre publie quelques révélations sur les relations de Tony Blair avec Seïf Al-Islam, le fils de Kadhafi (« Alive or dead, the Gaddafis divide their enemies »). Le premier ministre britannique de l’époque saluait le caractère « intéressant » de la thèse de Seïf Al-islam, tandis que ce dernier considérait Blair comme un « ami de la famille ».

      Il est temps de changer de route

      Posté par le 27 oct 2011 | Dans : Blog du Che, Economie, Pour une autre Europe

      Question d’actualité de Jean-Pierre Chevènement concernant le sommet européen du 26 novembre 2011, Sénat, jeudi 27 octobre 2011.

      L’arbre grec ne doit pas cacher la forêt, c’est-à-dire la crise de la monnaie unique dans son ensemble. Cinq pays sont actuellement sous tension : outre la Grèce, le Portugal, l’Irlande, et plus gravement l’Espagne et l’Italie. La dette cumulée de ces pays dépasse 3000 milliards d’euros. Ces pays doivent emprunter à des taux voisins ou supérieurs à 6 %. Ce n’est pas tenable. Les ressources du Fonds européen de stabilité financière – 440 milliards d’euros – sont insuffisantes, comme il ressort des chiffres.

      Le gouvernement français avait fait une proposition intéressante : transformer le Fonds européen de stabilité financière en banque pour l’adosser aux ressources illimitées de la Banque Centrale européenne. Cette proposition a été écartée par l’Allemagne. Elle n’est plus sur la table mais le problème de l’insuffisance des ressources du Fonds européen de stabilité financière reste.

      L’accord de Bruxelles ce matin parle de « l’optimisation du Fonds européen de stabilité financière. Il a retenu deux options de base pour obtenir un « effet de levier » capable d’augmenter les ressources du Fonds européen de solidarité financière

      - Un mécanisme de garantie partielle de 20 à 30 % sur les émissions de dette des pays sous tension.
      - Et par ailleurs la création d’un ou de plusieurs « véhicules spéciaux », c’est-à-dire de fonds d’investissements ouverts aux investisseurs internationaux, privés et publics.

      Le Président Von Rompuy a agité le chiffre de 1000 milliards pour indiquer l’effet de « maximisation » qui serait ainsi obtenu.

      Ces perspectives sont très aléatoires :

      - Les pays sous tension craignent de voir s’instaurer un double régime pour leurs dettes : celles qui seront garanties à 20 et 30 % et les autres avec des taux d’intérêts différents.
      - Quant à la création des « véhicules spéciaux », elle nous met à la merci des investisseurs internationaux : Chine et FMI, c’est-à-dire du Congrès américain.
      Nous n’avons aucune assurance sur la mise en œuvre opérationnelle de ces deux mécanismes. Ce sont des rustines ou des promesses de rustines. Dans l’état actuel des choses, les ressources du Fonds européen de solidarité financière restent insuffisantes. L’accord obtenu est un trompe l’œil.

      Vous nous faites aller de « sommet décisif » en « sommet historique ». Il en sera ainsi tant qu’une solution viable où la Banque centrale européenne acquérerait les mêmes prérogatives que la FED américaine n’aura pas été adoptée.

      Dans l’immédiat que voyons-nous ? Trois choses :

      1. un euro qui caracole à 1,40 dollar. Ce n’est pas un signe de bonne santé pour notre économie et sa compétitivité. Les Etats-Unis, la Chine, l’Allemagne sont d’accord sur un point : un euro cher, trop cher pour que les pays de l’Europe méditerranéenne puissent espérer restaurer leur compétitivité. Ils deviendront un vaste Mezzogiorno. Quant à la réindustrialisation de la France, Bonjour les dégâts !

      2. Et par ailleurs des politiques de rigueur généralisées qui conduiront l’Europe à la récession et l’enfermeront encore plus dans la spirale des déficits et de la dette. Aucune initiative de croissance n’est prise à l’échelle de l’Europe et de la zone euro.

      3. Enfin, l’encadrement des budgets nationaux se resserre. Après la souveraineté monétaire, c’est la souveraineté budgétaire et fiscale qui vont disparaître.

      Monsieur Juppé parle de fédéralisme. Mais c’est le fédéralisme du pauvre qui se met en place, un fédéralisme purement coercitif qui vise à faire de l’Europe un espace essentiellement disciplinaire.

      Il est temps de changer de route. Monsieur le Premier ministre, de réconcilier l’Europe avec le progrès et la démocratie. Cela passe par une révision d’ensemble de l’architecture de la zone euro et particulièrement du rôle de la Banque Centrale. Vous étiez bien partis. Il est dommage que vous ayez abandonné en route vos positions sur la Banque Centrale.

      D’autres, je l’espère, sinon vous, les reprendront.

      Kirchner, l’irrésistible dame en noir

      Posté par le 27 oct 2011 | Dans : Amérique Latine

      Portrait : La présidente argentine a été réélue dès le premier tour, dimanche, avec 54% des suffrages.Par GÉRARD THOMAS Envoyé spécial à Buenos Aires pour Libé http://www.liberation.fr/monde/01012367568-kirchner-l-irresistible-dame-en-noir

      Entourée de son fils Máximo et de sa fille Florencia, Cristina Fernández de Kirchner, 58 ans, a esquissé quelques pas de danse, dans la nuit de dimanche à lundi, sur la place de Mai de Buenos Aires. La Présidente, triomphalement réélue dès le premier tour de scrutin avec 54% des suffrages pour un nouveau mandat de quatre ans, n’avait plus laissé éclater sa joie en public depuis douze mois. Le 27 octobre 2010, penchée sur le corps sans vie de son mari, Néstor, dans une chambre de l’hôpital José Formenti d’El Calafate (en Patagonie, dans le sud du pays), elle s’étouffait de sanglots en lui murmurant : «Ne me laisse pas seule, s’il te plaît, ne me laisse pas…» Une heure auparavant, un infarctus avait emporté son grand amour, le fidèle compagnon de trente-sept ans de vie commune qui l’avait notamment initiée aux arcanes de la politique et lui avait cédé, en 2007, son fauteuil à la Casa Rosada, l’Elysée local.

      Depuis, elle porte le deuil. La «dame en noir» ne perd d’ailleurs jamais une occasion d’évoquer la mémoire de son époux. «J’aurais tellement aimé que tu sois encore parmi nous, a-t-elle lancé dimanche midi en déposant son bulletin de vote dans l’urne. Tu as marqué la vie politique de l’Argentine, tu es rentré dans l’histoire.» Durant son mandat (2003-2007), Néstor Kirchner avait rétabli l’autorité de l’Etat après la terrible crise économique et sociale de 2001-2002, renégocié l’insupportable dette extérieure du pays en s’opposant aux diktats du Fonds monétaire international (FMI) et rouvert les procès contre les militaires tortionnaires de la dernière dictature (1976-1983, 20 000 morts et disparus).

      «Grosse tête». «Cristina», comme elle est familièrement nommée sur les rives du rio de la Plata, a habilement su profiter de la disparition de son mari pour asseoir sa notoriété. «La mort de Néstor a été politiquement parfaite», confie un péroniste historique (membre du Parti justicialiste, fondé par Juan Domingo Perón en 1945) dans un demi-sourire. En quelques jours, la cote de popularité de la Présidente prend effectivement 20 points. Mais l’ascension politique de Cristina Kirchner s’est faite bien en amont, en symbiose avec l’intense désir de pouvoir de son mari.

      Lorsqu’elle rencontre Néstor Kirchner, en septembre 1974 chez des amis communs, Cristina Fernández, alors âgée de 21 ans, est une jolie jeune femme qui fréquente la bonne société du très huppé Jockey Club de La Plata (province de Buenos Aires). Elle aime danser, se maquiller, s’habiller à la mode et faire la fête avec ses copains malgré ses années de secondaire passées chez les bonnes sœurs du collège de la Misericordia. Elevée par une mère syndicaliste et footballeuse -- son père est assez peu présent -, Cristina s’ennuie rapidement en fac de psychologie, où elle est inscrite dans la ville de La Plata. Elle finit par opter pour la fac de droit et devient avocate.

      Elle tombe intensément amoureuse de Néstor, lui aussi en droit, qui vit pour la politique et milite à la Fédération universitaire pour la révolution nationale (Furn, péroniste). Proche des groupes péronistes d’extrême gauche (les Montoneros), il ne cautionnera cependant jamais la lutte armée dans laquelle ces derniers s’embourbent. Cristina est péroniste -- comme une majorité d’Argentins -, mais ne milite pas. Elle laisse tomber son petit ami de l’époque, un rugbyman avec qui elle vit depuis six ans, pour laisser place à sa romance avec ce Néstor au physique ingrat mais à l’ambition démesurée. Ils se marient en mai 1975. «Mais que fais-tu avec ce type ?» lui demandent insatiablement ses amis. «Il a une grosse tête», répond-elle en riant. De fait, Néstor Kirchner, fils d’une famille aisée de la province de Santa Cruz (Patagonie), veut changer le monde. Mais le coup d’Etat militaire de mars 1976 met ses plans entre parenthèses. Le couple, dont un certain nombre d’amis sont assassinés par les commandos de la mort de la sinistre Triple A (Alliance anticommuniste argentine), s’exile dans le Sud, ouvre un cabinet d’avocats et accumule une fortune colossale en rachetant à très bas prix les biens des gens endettés avant de rembourser les banques.

      Acquis sociaux. A la sortie de la dictature, Kirchner devient maire puis gouverneur de Santa Cruz. Il veille à l’ascension de son épouse, qui se fait élire députée provinciale en 1989, puis sénatrice nationale en 1995. Excellente oratrice, elle improvise ses discours et s’oppose violemment au néolibéralisme en vogue dans les années 90. Lorsqu’elle succède à son mari à la présidence argentine, en 2007, elle met un point d’honneur à suivre la voie qu’il a tracée.

      Son premier mandat, effectué à l’abri d’une insolente croissance économique de près de 8% l’an en moyenne -- notamment grâce au soja, dont le pays est le troisième producteur mondial -, est marqué par de réels acquis sociaux pour les Argentins (allocations familiales, réduction du chômage, augmentation des retraites et des salaires, subventions aux tarifs publics et aux produits alimentaires, ouvertures d’écoles et d’hôpitaux…). Elle a par ailleurs réussi à s’attirer le soutien des jeunes, revenus à la politique grâce à la Cámpora, le mouvement fondé par son fils Máximo. Pour son prochain bail à la Casa Rosada, la Présidente souhaite conforter ces acquis. Peut-être devra-t-elle cependant slalomer au plus juste avec la récession mondiale qui se profile.

      Les réactions à gauche au sommet de Bruxelles

      Posté par le 28 oct 2011 | Dans : Economie, Pour une autre Europe

      Pour Jean-Pierre Chevènement : « l’arbre grec ne doit pas cacher la forêt, c’est-à-dire la crise de la monnaie unique dans son ensemble »

      L’arbre grec ne doit pas cacher la forêt, c’est-à-dire la crise de la monnaie unique dans son ensemble. Cinq pays sont actuellement sous tension : outre la Grèce, le Portugal, l’Irlande, et plus gravement l’Espagne et l’Italie. La dette cumulée de ces pays dépasse 3000 milliards d’euros. Ces pays doivent emprunter à des taux voisins ou supérieurs à 6 %. Ce n’est pas tenable. Les ressources du Fonds européen de stabilité financière – 440 milliards d’euros – sont insuffisantes, comme il ressort des chiffres.

      Le gouvernement français avait fait une proposition intéressante : transformer le Fonds européen de stabilité financière en banque pour l’adosser aux ressources illimitées de la Banque Centrale européenne. Cette proposition a été écartée par l’Allemagne. Elle n’est plus sur la table mais le problème de l’insuffisance des ressources du Fonds européen de stabilité financière reste.

      L’accord de Bruxelles ce matin parle de « l’optimisation du Fonds européen de stabilité financière. Il a retenu deux options de base pour obtenir un « effet de levier » capable d’augmenter les ressources du Fonds européen de solidarité financière

      - Un mécanisme de garantie partielle de 20 à 30 % sur les émissions de dette des pays sous tension.
      - Et par ailleurs la création d’un ou de plusieurs « véhicules spéciaux », c’est-à-dire de fonds d’investissements ouverts aux investisseurs internationaux, privés et publics.

      Le Président Von Rompuy a agité le chiffre de 1000 milliards pour indiquer l’effet de « maximisation » qui serait ainsi obtenu.

      Ces perspectives sont très aléatoires :

      - Les pays sous tension craignent de voir s’instaurer un double régime pour leurs dettes : celles qui seront garanties à 20 et 30 % et les autres avec des taux d’intérêts différents.
      - Quant à la création des « véhicules spéciaux », elle nous met à la merci des investisseurs internationaux : Chine et FMI, c’est-à-dire du Congrès américain.
      Nous n’avons aucune assurance sur la mise en œuvre opérationnelle de ces deux mécanismes. Ce sont des rustines ou des promesses de rustines. Dans l’état actuel des choses, les ressources du Fonds européen de solidarité financière restent insuffisantes. L’accord obtenu est un trompe l’œil.

      Vous nous faites aller de « sommet décisif » en « sommet historique ». Il en sera ainsi tant qu’une solution viable où la Banque centrale européenne acquérerait les mêmes prérogatives que la FED américaine n’aura pas été adoptée.

      Dans l’immédiat que voyons-nous ? Trois choses :

      1. un euro qui caracole à 1,40 dollar. Ce n’est pas un signe de bonne santé pour notre économie et sa compétitivité. Les Etats-Unis, la Chine, l’Allemagne sont d’accord sur un point : un euro cher, trop cher pour que les pays de l’Europe méditerranéenne puissent espérer restaurer leur compétitivité. Ils deviendront un vaste Mezzogiorno. Quant à la réindustrialisation de la France, Bonjour les dégâts !

      2. Et par ailleurs des politiques de rigueur généralisées qui conduiront l’Europe à la récession et l’enfermeront encore plus dans la spirale des déficits et de la dette. Aucune initiative de croissance n’est prise à l’échelle de l’Europe et de la zone euro.

      3. Enfin, l’encadrement des budgets nationaux se resserre. Après la souveraineté monétaire, c’est la souveraineté budgétaire et fiscale qui vont disparaître.

      Monsieur Juppé parle de fédéralisme. Mais c’est le fédéralisme du pauvre qui se met en place, un fédéralisme purement coercitif qui vise à faire de l’Europe un espace essentiellement disciplinaire.

      Il est temps de changer de route. Monsieur le Premier ministre, de réconcilier l’Europe avec le progrès et la démocratie. Cela passe par une révision d’ensemble de l’architecture de la zone euro et particulièrement du rôle de la Banque Centrale. Vous étiez bien partis. Il est dommage que vous ayez abandonné en route vos positions sur la Banque Centrale.

      D’autres, je l’espère, sinon vous, les reprendront.

      Jean-Luc Mélenchon : L’Europe à la mode allemande marche au désastre

      En Europe, le gouvernement conservateur allemand fait la pluie et le beau temps. Ses recettes éculées et frileuses ne correspondent qu’à l’intérêt étroit d’une Allemagne vieillissante et rentière. Nicolas Sarkozy a été incapable de faire avancer la moindre idée ou solution nouvelle plus conforme à l’intérêt de la France et de l’Europe qui veut bouger !

      Le refus de faire intervenir directement la banque centrale pour prêter aux Etats est une erreur qui coute chaque jour plus cher à la zone euro. L’effacement trop tardif de 50 % de la valeur des obligations détenues par les banques n’a fait qu’entériner que la dette grecque ne serait pas remboursée comme je le répète depuis mai 2010.

      L’usine à gaz des garanties du FESF ne résoudra aucun des problèmes posés par le coup d’Etat financier à l’œuvre dans l’Union européenne. En fixant à 20 % le plafond des garanties pour les capitaux investis dans les obligations des Etats, l’Union donne un signal très ambigu aux marchés qu’elle prétend rassurer. Les 80 % restant sont donc sans garanties. La spéculation peut donc reprendre.

      Faute d’un contrôle strict des mouvements de capitaux et d’une refonte complète du secteur financier, les banques et les agences de notation vont continuer à harceler les Etats.

      Les gouvernants intimidé et affolés vont continuer à saigner les peuples et à faire reculer l’activité au détriment des comptes publics. Cette politique absurde mène l’Union Européenne au désastre. Je forme le vœu qu’un sursaut se produise avant qu’il ne soit trop tard. Il ne peut venir que du peuple.

      Communiqué de Jean-Luc Mélenchon

      Sommet européen : « face au mur, le Conseil européen appuie sur l’accélérateur » (Pierre Laurent)

      Grisés par leur nuit de négociations, les dirigeants européens se réjouissent un peu vite. Le plan annoncé allie une fois encore soutien massif aux banques et saignée sociale. Quand l’expérience prouve que ces recettes nous amènent dans le mur, le Conseil européen appuie sur l’accélérateur.

      Ce n’est pas l’envolée de la bourse qui est faite pour nous rassurer.

      D’ailleurs, elle fête le licenciement de 7000 salariés en Europe avec la montée de 3% du cours en bourse du groupe PSA.

      Je rappelle que si les banques sont aujourd’hui obligées de renoncer à une part de leurs créances, c’est la rançon du racket financier auquel elles se sont livrées et qui a mis la Grèce à genoux. Il est inacceptable que les gouvernements soient encore prêts à des recapitalisations sans contrepartie. Plus un sou ne doit être cédé aux banques sans que leurs pratiques de crédit ne soient contrôlées et dirigées vers l’intérêt général.

      Avec l’alignement de Nicolas Sarkozy, la Chancelière Merkel a gagné sur toute la ligne : pas question de faire appel au pouvoir de création monétaire de la Banque centrale européenne. Pourtant ce n’est pas l’augmentation de la force de frappe du « fonds européen de stabilité financière », au service de stratégies financières intactes, qui relancera la croissance, seule à même de faire reculer l’endettement.

      Au lieu de cela, ils continuent de faire payer les peuples. En France, alors que les patrons des banques ont augmenté leurs revenus de 44,8% en 2010, le chômage est en hausse, une vague de licenciements sans précédent est annoncée dans l’automobile et Fillon nous prépare un nouveau plan d’austérité avec une hausse de la TVA.

      Modifier les critères du crédit des banques et les missions de la BCE, les rendre utiles à l’emploi, aux services publics, au développement durable sont les seuls outils pertinents pour sortir de la crise. Ceux qui y renoncent aujourd’hui se rendent coupable de la crise de demain.

      J’appelle à un grand rassemblement de la colère ce soir, à 18h30 devant les locaux de l’agence Moody’s -- 96, boulevard Haussmann à Paris -- pour dire : « Stop au chantage de la finance. Oui à la liberté de choix de notre peuple ».

      Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF

      François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle

      « Pourquoi avoir attendu si longtemps pour prendre enfin des mesures à la hauteur de l’enjeu ? Si ce n’est pour protéger un secteur  bancaire qui aurait du être appelé au sacrifice bien plus tôt ».

      Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée

      « Pourquoi dans ces sommets il n’est jamais question d’initiative de croissance ? Plus l’austérité augmentera, plus le chômage augmentera, et plus les comptes publics augmenteront, donc il y a une sorte de cercle vicieux et il faudrait sans doute changer de paradigme ». « Cet accord est-il suffisant et durable ? Le 21 juillet, il était dit que c’était un accord conclusif et que les problèmes étaient derrière nous : en réalité ce n’était pas le cas »

      Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste

      « L’accord sur la restructuration de la dette grecque repose en grande partie sur une participation des créanciers privés aux contours flous et surtout s’accompagnera d’une poursuite des politiques d’austérité qui ont cassé la croissance en Grèce et menacent sa solvabilité ». (…) « Le renforcement du Fonds européen de stabilité financière est nécessaire, mais les décisions de bric et de broc prises en ce sens sont insuffisantes pour casser la spéculation contre les dettes d’Etat, et inquiétantes pour la souveraineté de l’Europe ». (…) « un Fonds spécial adossé au FMI et reposant sur la participation des pays émergents pourrait être mis en place », juge la maire de Lille pour qui « les Européens ont été incapables de s’entendre pour trouver les ressources nécessaires en interne », avec notamment émission d’euro-obligations, ou banque publique européenne aux cotés de la BCE et de la BEI. Martine Aubry juge que « le plus inquiétant est la poursuite des mêmes politiques d’austérité »

      Nicolas Sarkozy veut mettre l’Europe toute entière à la diète

      Posté par le 29 oct 2011 | Dans : Battre campagne, Blog du Che

      Réaction de Jean-Pierre Chevènement à l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy du 27 octobre 2011.


      L’érosion de l’appareil productif français, insuffisamment soulignée d’ailleurs, n’est rapportée qu’aux réformes sociales de la gauche depuis 1981 mais jamais à la sur-évaluation de 50% de l’euro depuis 2005. Le chef de l’Etat évoque la crise de l’euro sans évoquer la politique de change. Il évacue le rôle de la BCE alors que ses propositions sur ce sujet ont été repoussées par Mme Merkel. M. Sarkozy ne parle que de converger avec l’Allemagne, ou d’intégration renforcée, pour mettre l’Europe toute entière à la diète.


      Indemnités maladies : un accrochage entre Christian Hutin et Xavier Bertrand provoque une suspension de séance samedi

      Posté par le 30 oct 2011 | Dans : Gouvernement, Santé-social-logement

      La voix du Nord Samedi 29 octobre 2011. L’hémicycle de l’Assemblée nationale a été le théâtre d’une vive altercation opposant hier le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, et Christian Hutin, député de la 12e circonscription du Nord.

      Au cours de l’examen du projet de loi de finances de la Sécurité sociale, le député du Dunkerquois est sorti de ses gonds. « Je ne suis pas d’accord avec cette volonté gouvernementale de diminuer les indemnités journalières consécutives aux arrêts maladie et ne peux accepter la stigmatisation des médecins, accusés d’être complaisants. » Quand le ministre a promis que le gouvernement allait lutter contre les fraudeurs et que les prescripteurs seraient conjointement responsables, les échanges verbaux se sont intensifiés, les deux hommes étant à deux doigts, selon certains témoins, d’en venir aux mains. La responsable du groupe SRC (Socialiste, radical, citoyen) auquel apppartient le député nordiste, Marisol Touraine, a alors demandé une suspension de séance.

      « Nous examinons ce texte depuis plusieurs jours et je ne dors que quatre heures par nuit, explique Christian Hutin. Ce qui se prépare est grave et je ne peux laisser passer certaines choses, étant moi-même médecin généraliste dans un cabinet en zone urbaine sensible. » La nuit précédant l’incident, les deux hommes s’étaient déjà accrochés quand le ministre avait évoqué la possibilité de faciliter l’accueil dans les hôpitaux publics d’étrangers fortunés. « Mais l’hôpital public n’a pas vocation à aménager des « suites » pour une certaine clientèle. Tout le monde doit être logé à la même enseigne. » En fin d’après-midi, les débats ont repris sereinement. Dans l’attente d’un probable accrochage nocturne. Dans la soirée, Christian Hutin devait en effet intervenir sur deux décrets « amiante ». Il envisageait d’évoquer la décision de la cour d’appel de Douai demandant le remboursement par des victimes des indemnités versées (notre édition d’hier). « Il m’en veut parce qu’il y a quinze jours, je suis allé manifester avec Michel Demessine et quatre mille victimes de l’amiante dans sa ville de Saint-Quentin. Pendant que la manif cheminait, il sirotait un café dans une pizzeria… » 

      BRUNO VERHEYDE

      L’adhésion de la Palestine à l’UNESCO est une très bonne nouvelle, par Claude Nicollet

      Posté par le 31 oct 2011 | Dans : Fédérations MRC d'Aquitaine, Monde arabe, Proche et Moyen-Orient

      La Fédération du Nord du MRC -- Articles

      Le conseil exécutif de l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a approuvé, lundi 31 octobre, par quarante voix sur cinquante-huit, la demande d’adhésion de la Palestine, qui devient donc membre à part entière. Bien que les Etats Unis d’Amérique s’y soit farouchement opposés, rien n’a pu entraver cette marche en avant vers la reconnaissance des droits légitimes des Palestiniens. Il s’agit d’un signal supplémentaire de la baisse de l’influence américaine sur la scène internationale. Incontestablement Mahmoud Abbas a réussit cet incroyable tour de force qui consiste à reprendre l’nitiative politique en sa faveur. Tant Israël, que les Etats Unis d’Amérique et le Hamas courrent derrière l’agenda, fixé désormais par l’Autorité Nationale Palestinienne et qui rencontre un large écho dans la communauté internationale.

      Nous devons souligner et approuver la position de la France qui a voté en faveur de l’adhésion de la Palestine à l’UNESCO. C’est une décision qui honore notre pays et sa diplomatie.

      Certes, la situation sur le terrain reste très difficiles et il ne faut pas ignorer les menaces américaines de mettre un terme au financement de l’agence de l’ONU. La colonisation se poursuit sans relache. Mais on sent bien que quelque chose bouge dans le rapport de force au Moyen-Orient. Les mouvements profonds qui affectent la région depuis plusieurs mois, l’isolement de plus en plus grand de la Syrie, ne permettent plus de se contenter du « statu quo ». Rien de vraiment sérieux si ce n’est une dégradation de la situation n’est sorti de 20 ans de « processus de paix ». 

      La démarche qui consiste à s’appuyer sur une administration efficace, le développement économique et la lutte pacifique est incontestablement une méthode qui porte ses fruits.

      Claude NICOLET

      Premier secrétaire de la fédération du Nord du MRC

      Secrétaire national

      Avant le G20, des milliers d’altermondialistes convergent à Nice

      Posté par le 01 nov 2011 | Dans : Gauche anti-libérale, Une autre mondialisation

      Des altermondialistes se préparent le 31 octobre 2011 à Nice à leur manifestation internationaleDes altermondialistes se préparent le 31 octobre 2011 à Nice à leur manifestation internationale Anne-Christine Poujoulat afp.com

      C’est le grand rendez-vous à ne pas manquer, pour eux. Des milliers d’altermondialistes doivent converger mardi à Nice (Alpes-Maritimes) pour une manifestation internationale dénonçant les pratiques des marchés financiers et leurs méfaits sur «les peuples», deux jours avant la tenue à Cannes d’un G20 avec 25 chefs d’Etat et de gouvernement.

      «Nous refusons de laisser aux puissants le droit d’imposer leurs solutions à des crises qu’ils ont engendrées. Des voies alternatives existent», résument les tracts des organisateurs de la manifestation, qui espèrent attirer quelque 10.000 personnes mardi sur un parcours excentré du nord-est de Nice.

      Le collectif organisateur regroupe plusieurs dizaines de syndicats et d’associations (Attac, Greenpeace, Mrap ou encore Ligue des droits de l’Homme), soutenus par des partis écologistes et d’extrême gauche. Des militants étrangers devraient faire le déplacement notamment d’Allemagne, d’Espagne ou d’Italie.

      Un «sommet des peuples»

      Les manifestants ont commencé dès lundi soir à se rassembler aux «Anciens abattoirs», un centre culturel municipal ouvert pour la semaine aux protestataires, qui, outre la manifestation, organisent jusqu’à vendredi un «sommet des peuples» avec un programme très dense de conférences-débats.

      «Paradis fiscaux, qu’on les ferme», réclamait un calicot d’Attac à l’entrée.

      Mardi, la manifestation, qui démarre à 15h, promet d’être encadrée par un solide dispositif de sécurité, alors que la plupart des commerces seront fermés en ce jour férié.

      Lire la suite de la dépêche AFP dans 20 Minutes http://www.20minutes.fr/economie/815644-avant-g20-milliers-altermondialistes-convergent-nice

      « L’exhibition du lynchage de Kadhafi révèle une régression de nos sociétés vers la barbarie »

      Posté par le 01 nov 2011 | Dans : Articles de fond

      Point de vue | LEMONDE.FR | 01.11.11 |par Jean-Claude Paye, sociologue

      Les images capturées du lynchage de Kadhafi occupent l’espace médiatique et tournent en boucles. Intrusives, elles apparaissent en temps réel dans notre vie quotidienne. Elles nous capturent. Elles nous en disent beaucoup, non sur le conflit lui-même, mais sur l’état de nos sociétés, ainsi que sur le futur programmé de la Libye : une guerre permanente.

      Ces images ont la fonction d’un sacrifice, celui d’un bouc émissaire. Elles nous introduisent dans la violence mimétique, c’est-à-dire dans un cycle pulsionnel, de la répétition de la mise à mort du mal personnifié. Il s’opère ainsi un retour en arrière dans l’histoire humaine, nous ramenant à un stade où le sacrifice humain occupait une place centrale, donnée ensuite à la loi. Ici, l’exigence de jouissance supplante le politique, la pulsion remplace la raison. L’exemple le plus significatif nous est donné par l’interview d’Hillary Clinton qui accueille ces images comme une offrante. Hilare, elle exalte sa toute puissance et fait partager sa jubilation suite au lynchage : « Nous sommes venus, nous avons vu, il [Kadhafi] est mort ! », a t-elle déclaré au micro de la chaîne de télévision CBS.

      La violence infligée au chef d’Etat libyen est aussi, pour les autres dirigeants occidentaux, un moment propice pour exprimer leur satisfaction et jouir de la réussite de leur initiative. « On ne va pas non plus verser des larmes sur Kadhafi », a déclaré Alain Juppé. Les médias nous confirment que « les dictateurs finissent toujours comme cela ». Le lynchage devient la preuve même que le supplicié était un dictateur. La violence du meurtre, perpétré par les « libérateurs », nous montre qu’il s’agit bien d’une vengeance. Elle atteste ainsi que ses auteurs sont bien des victimes.

      Les prises de position de nos dirigeants politiques, suite à la diffusion de ces images, nous confirment que l’élimination de Kadhafi est bien l’objectif de cette guerre et non la protection de populations. La tribune du 15 avril, de Barak Obama, Nicolas Sarkozy et de David Cameron, publiée conjointement par The Times, The International Herald Tribune, Al-Hayat et Le Figaro, nous avait pourtant communiqué qu’« il ne s’agit pas d’évincer Kadhafi par la force. Mais il est impossible d’imaginer que la Libye ait un avenir avec Kadhafi ». Ainsi, sa violence consisterait essentiellement dans le fait qu’il n’ait pas abandonné le pouvoir, alors qu’il était inconcevable qu’il reste. Son image incarnerait la tyrannie, puisqu’il n’a pas rencontré l’amour des dirigeants occidentaux envers les populations libyennes. « Il [Kadhafi] s’est comporté de façon très agressive. Il a reçu de bonnes conditions pour se rendre, il les a refusées », a ajouté M. Juppé.

      Le corps meurtri est devenu une icône. Les marques de la violence font apparaître l’invisible. Ces stigmates nous montrent ce que l’on n’a pu voir : la preuve des massacres devant être perpétrés par Kadhafi. Ils sont une révélation de son intentionnalité, de ce au nom de quoi l’OTAN a justifié son intervention. Une identité est ainsi opérée entre les massacres attribués au colonel et son corps ensanglanté. Les marques sur le corps vivant, puis sur la dépouille, ne représenteraient pas la violence des « libérateurs », mais porteraient le signe du sang versé par Kadhafi.

      Les images de l’acte sacrificiel permettent à nos dirigeants d’exhiber un pouvoir sans limite. Le ministre français de la défense, Gérard Longuet, a révélé que l’aviation française, sur demande de l’état-major de l’OTAN, avait « stoppé », c’est-à-dire bombardé le convoi en fuite à bord duquel se trouvait Kadhafi. Il revendique ainsi un acte de violation de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. A cette occasion, Alain Juppé a aussi reconnu que l’objectif de l’invasion était bien de mettre le CNT au pouvoir« L’opération doit aujourd’hui s’achever puisque l’objectif qui était le nôtre, c’est-à-dire accompagner les forces du CNT dans la libération de leur territoire, est maintenant atteint. »

      Le meurtre de Kadhafi, cet acte de « vengeance des victimes », a pour conséquence qu’il ne sera pas jugé. Cet assassinat rencontre les intérêts des firmes pétrolières et des gouvernement occidentaux. Leurs rapports étroits avec le régime du colonel ne seront pas mis sur la place publique. La substitution des images du lynchage à l’organisation d’un procès devant la Cour pénale internationale a surtout pour conséquence que, au lieu d’être stoppée par la parole, la violence devient infinie. La Libye, tout comme l’Irak et l’Afganistan, deviendra le cadre d’une guerre perpétuelle. Quant à nos régimes politiques, ils s’enfoncent dans un état d’exception permanent. Celui-ci accompagne l’émergence d’un pouvoir absolu, dont l’acte politique se place au delà de tout ordre de droit.

      Une intervention militaire, engagée au nom de l’amour des dirigeants occidentaux envers les populations victimes d’un « tyran » et magnifiée par l’exhibition du sacrifice de ce dernier, révèle une régression de nos sociétés vers la barbarie.

      Les travaux ethnologiques, ainsi que la psychanalyse, nous ont montré que le sacrifice humain opère un retour à une structure maternelle. L’amour et le sacrifice sont les attributs d’une organisation sociale qui ne distingue plus ordre politique et symbolique. Ce sont les paradigmes d’une société matriarcale qui réalise le phantasme primordial d’unification à la mère, ici la fusion de l’individu avec le pouvoir.

      Jean-Claude Paye est l’auteur de De Guantanamo à Tarnac : L’emprise de l’image (Editions Yves Michel, octobre 2011).

      L’Europe ne peut pas se faire sans la démocratie

      Posté par le 02 nov 2011 | Dans : Blog du Che, Pour une autre Europe


      Il n’y pas lieu de s’étonner qu’avant d’engager la Grèce dans une fome de mise en tutelle, le Premier ministre grec, M. Georges Papandreou, ait décidé de consulter le peuple grec.

      L’Europe ne peut pas se faire sans la démocratie, il faut donc la réconcilier avec le progrès et la croissance.

      C’est bien la critique qu’on peut faire à la politique d’austérité actuelle… Elle conduit tout droit à la récession et c’est cette logique-là qu’il faut inverser pour avoir l’aval des peuples.

      Jean-Pierre Chevènement le 31 octobre 2011

      La «vraie» crise de l’euro est pour demain

      Posté par le 02 nov 2011 | Dans : Articles de fond, Economie, Pour une autre Europe

      Tribune dans Libé du 28/10/2011

      En cas d’attaque spéculative contre un pays comme l’Italie, la survie de l’euro dépendra donc du bon vouloir de la BCE.

      Par André GRJEBINE, directeur de recherche à Sciences Po Paris et Francesco SARACENO, économiste à l’OFCE

      Il est possible que le plan qui vient d’être adopté par les dirigeants de la zone euro retarde la transmission de la crise grecque à d’autres pays européens. Il est douteux qu’il suffira à juguler une crise italienne si ce pays devait, malgré tout, être contaminé. Selon toute vraisemblance, des rachats massifs de titres publics par la BCE seront alors inévitables pour éviter une implosion de l’euro. Mais surtout, les mesures décidées ne font rien pour s’attaquer au problème de fond de la zone euro: l’hétérogénéité des pays qui la composent.

      Contrairement à tous les espoirs, il s’avère que, loin de rapprocher les économies des pays membres, l’euro induit plutôt un mécanisme centrifuge. Le propre d’une monnaie unique est d’exclure les ajustements des taux de change en fonction des évolutions des économies. Les pays structurellement les plus faibles doivent donc faire davantage d’efforts pour assurer leur compétitivité que les pays les mieux armés.

      Au fur et à mesure que les excédents des uns s’amplifient et que les déficits des autres se creusent, les premiers peuvent compter sur leurs exportations pour soutenir leur croissance, alors que les seconds doivent financer la leur en s’endettant toujours davantage. L’endettement dégénère progressivement en surendettement.

      Pour éviter des faillites en chaîne, les Etats tendent à prendre le relais du privé. Il s’ensuit un processus où déficit extérieur et déficit budgétaire se renforcent l’un l’autre. Dans les pays qui ne sont pas membres d’une zone monétaire et disposent donc d’une banque centrale libre de ses décisions, la capacité de celle-ci d’intervenir de manière illimitée comme «acheteurs d’actifs en dernier ressort» ouvre une voie pour réduire cet endettement sans fin.

      A la merci du bon vouloir de la BCE

      Au sein de la zone euro, ce pouvoir a été enlevé aux banques centrales nationales, sans que la BCE ne les remplace pleinement dans cette fonction. Les pays les plus vulnérables de la zone ont donc été incités à s’endetter sur les marchés financiers, c’est-à-dire dans des devises qu’ils ne contrôlent pas. Ils accentuent ainsi leur dépendance à l’égard de ces marchés.

      La menace d’un défaut de paiement de ces pays apparaît alors. Les non-résidents éprouvent des réticences croissantes à détenir leurs titres. C’est ce qui explique que des pays qui ont des performances budgétaires plutôt meilleures que d’autres (Espagne comparée au Royaume-Uni par exemple), mais qui ont des déficits extérieurs plus importants doivent payer des taux d’intérêt plus élevés.

      Ces pays sont incités à mettre en œuvre des politiques d’austérité qui freinent leurs investissements, pénalisant ainsi à terme leur appareil de production. La mauvaise gestion de la Grèce est venue se greffer sur ces fondements structurels de la crise. Suffit-il d’alléger sa dette pour sauver l’euro ?

      N’épiloguons pas sur le ridicule qu’il y a pour l’Union Européenne à implorer le secours des pays émergents pour venir au secours de l’un des leurs et par voie de conséquence de leur monnaie. Ce que l’Allemagne ne peut (veut) pas faire, c’est à la Chine qu’on demande de le faire ! En réalité, rien n’a été fait pour extirper la crise et pas simplement pour la retarder. L’obsession anti-inflationniste des dirigeants allemands, même quand c’est la stagnation et la montée du chômage qui sont à craindre, fait qu’elle continue à refuser une monétisation des titres publics des pays en difficulté.

      En cas d’attaque spéculative contre un pays plus important que la Grèce, l’Italie par exemple, la survie de l’euro dépendra donc du bon vouloir de la BCE. Encore peut-on s’interroger sur la marge de manœuvre d’un «pompier» qui dépend de facto des manœuvres dilatoires de dix-sept gouvernements.

      Une régression démocratique

      Mais surtout, aucun pas n’a été fait en direction d’un mécanisme de rééquilibrage progressif des échanges intracommunautaires et d’un partage plus juste de la contribution de chacun à la croissance de l’ensemble.

      Il paraît désormais entendu qu’un achat massif de titres publics d’un Etat par la BCE n’est concevable, à la longue, que moyennant la mise en place d’un contrôle. La Finlande et les Pays-Bas ont obtenu que les pays ayant des déficits excessifs voient leur budget examiné «avant leur adoption par le Parlement national concerné».

      De surcroît, la commission européenne devra surveiller l’exécution des budgets et proposer si nécessaire des corrections en cours d’année. Ces empiétements sur les pouvoirs souverains des Etats constituent de toute évidence une régression démocratique. Pour qu’il en soit autrement, il serait nécessaire que le contrôle envisagé soit le fait d’un organe élu par l’ensemble des Européens, autant dire qu’une étape décisive soit franchie vers un Etat fédéral.

      Une sortie de l’Allemagne serait catastrophique

      Afin de favoriser le rééquilibrage des économies, ce contrôle ne devrait pas s’attacher uniquement, ni même principalement, à l’observation de règles comptables, mais davantage, à la nature des dépenses publiques. Un dépassement de la norme fixée en matière de déficit budgétaire (3 %) devrait être considéré comme plus acceptable s’il s’agit de financer des investissements s’inscrivant dans le cadre d’une politique européenne plutôt que des dépenses courantes.

      Il serait éminemment souhaitable que ce contrôle porte également sur des pays chroniquement excédentaires. Comme on sait, à Bretton Woods (1944), Keynes préconisait que, parallèlement aux contraintes pesant sur les pays en déficit, d’autres contraintes s’exercent sur les pays excédentaires, étant entendu que la responsabilité d’un déséquilibre incombe aux deux parties.

      Il prévoyait qu’au-delà d’un certain montant et d’une certaine durée, des taux d’intérêt négatifs et donc pénalisant soient appliqués aux excédents de ces derniers. Il n’est pas évident qu’un tel système soit encore concevable. Mais, de nouvelles procédures pourraient certainement être élaborées dans cet esprit.

      On nous dira que jamais l’Allemagne et les autres pays excédentaires n’accepteront de telles contraintes. Faut-il rappeler qu’ils ont bénéficié, depuis la création de l’euro, d’un véritable «marché captif», les pays importateurs étant dans l’impossibilité de renforcer leur compétitivité en dévaluant des monnaies qu’ils n’avaient plus ?

      Toutes les études montrent que si une sortie de l’euro d’un pays affaibli comme la Grèce serait catastrophique pour lui, une sortie de l’Allemagne le serait à peine moins pour cette dernière : une étude du centre de recherche de l’UBS envisage une baisse du PIB de 20 à 25 % rien que la première année soit entre 6000 et 8000 € par Allemand.

      La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches

      Posté par le 04 nov 2011 | Dans : Pour une autre Europe

      Interviewé lors d’une émission politique de télévision, le célèbre compositeur Mikis Theodorakis, figure emblématique de la résistance à la junte des colonels, a averti que si la Grèce se soumet aux exigences de ses soi-disant « partenaires européens », c’en sera « fini de nous en tant que peuple et que nation ». Il a accusé le gouvernement de n’être qu’une « fourmi » face à ses « partenaires », alors que le peuple le voit comme « brutal et offensif ». Si cette politique continue, « nous ne pourrons survivre (…) la seule solution est de se lever et de combattre ». L’nterview a été  relatée dans l’Huma du 4 novembre 2011 qui publie aussi un extrait de la lettre ouverte  aux peuples d’Europe du résistant de la première heure contre l’occupation nazie et fasciste, combattant républicain lors de la guerre civile et torturé sous le régime des colonels.
       

      « Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. (…) Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle. Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches. Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elles-mêmes générées sous forme de dettes.
      Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire fut le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté  et d’Europe. (…)

      Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. (…)
      Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en Tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme. »

      Danielle Mitterrand dans son interview au JDD : « Il y a quinze ans, je fusillais déjà le capitalisme »

      Posté par le 04 nov 2011 | Dans : Non classé

      Danielle Mitterrand Paru dans leJDD de samedi dernier

       Danielle Mitterrand continue à se battre contre les dérives du capitalisme. (Reuters)

       Avec Mélanie Laurent, marraine de son association, l’ex-première dame, indignée, évoque ses combats contre les dérives du capitalisme.

      Comment vous êtes-vous rencontrées?
      Danielle Mitterrand : C’est une belle histoire… d’eau. La charte des porteurs d’eau de France Libertés, qui est un plaidoyer pour une gestion plus juste de cette ressource, a inspiré plusieurs écrivains. Le grand-père de Mélanie, qui a édité l’un de ces textes, me parlait sans cesse de sa petite-fille !
      Mélanie Laurent : Le jour de mes 28 ans, mon grand-père est arrivé à mon anniversaire avec, en cadeau, la jolie gourde urbaine, la Feuille d’eau, créée par Philippe Starck pour la fondation. J’ai compris son message : « Engage-toi! » Trois mois plus tard, je prêtais ma voix à un documentaire consacré à Danielle. On a commencé à travailler ensemble avant même de prendre le temps de déjeuner!

      Votre rencontre tourne autour de la transmission…
      DM : à mon âge, je ne peux que chercher à présenter à toute cette jeunesse qui est à la recherche d’un objectif dans la vie un idéal non pas utopiste mais réaliste. Les vrais réalistes, c’est nous. Nous chérissons la vie alors que ceux qui courent après l’argent ne poursuivent qu’une ombre.

      Quand vous avez créé votre fondation il y a vingt-cinq ans, à quoi pensiez-vous?
      DM : Ça s’est fait progressivement. Lorsque François a été élu président, moi qui avais toujours été une militante dans les ONG issues du PS, je me suis investie dans une fondation non partisane d’utilité publique. J’ai donc créé trois associations différentes  [consacrées aux droits de l’homme, au droit à entreprendre, à l’aide aux pays en voie de développement] que j’ai ensuite réunies dans une fondation, au statut plus pérenne. Mon entourage doutait de mes capacités à prendre la parole en public. Le grand gag de mes enfants consistait à me mettre un micro devant la bouche, et je commençais à bafouiller. Un beau matin, j’ai dit : ce projet va prendre vie et s’appellera France Libertés. La Liberté avec un grand L, c’est un concept, mais la vie, ce sont des libertés au pluriel.

      Avez-vous dû affronter des obstacles?
      DM : Je me suis souvent retrouvée en contradiction avec la diplomatie officielle. à ceux qui venaient se plaindre, François répondait : « Ses causes sont justes, je ne peux pas l’empêcher de les défendre. » Les vrais ennuis sont arrivés par la suite. Quand, sous la présidence de Jacques Chirac, on nous a enlevé une partie de nos subventions, puis lorsque M. Sarkozy a supprimé l’ensemble. Mais c’est un mal pour un bien : sans argent, il a fallu inventer.

      Avez-vous réussi?
      DM : On s’est serré la ceinture et on a trouvé de nouveaux donateurs.

      Comment en êtes-vous venue à vous battre pour l’eau?
      DM : Par les Droits de l’homme. La crainte de manquer d’eau potable est au cœur des forums sociaux mondiaux et du combat de centaines d’associations. Malheureusement, les politiques ne sont pas prêts à en faire un bien commun de l’humanité. Pour cela, il faudrait rompre avec le capitalisme : on ne peut pas prétendre défendre cette ressource et tolérer les multinationales de l’eau.
      ML : Un milliard et demi d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable. C’est difficile de dire « cela ne m’intéresse pas ».

      Vous qui êtes très critique à l’égard du capitalisme, comment analysez-vous la crise financière actuelle?
      DM : Nous assistons à la fin d’un système. Il y a quinze ans, personne ne m’écoutait quand je fusillais le capitalisme. J’ai encore en mémoire l’incrédulité de Václav Havel, Ronald Reagan et Margaret Thatcher lorsque j’ai prononcé un discours très critique pour les dix ans de la chute du mur de Berlin. En 2009, lors d’une manifestation similaire, on avait semblé beaucoup plus réceptif à mes arguments. Ce qui était inaudible en 1999 prend tout son sens aujourd’hui.

      Soutenez-vous le mouvement mondial des Indignés?
      DM : Cela dépend pour quoi ils s’indignent. Pour avoir leur part du gâteau, ou pour changer le monde? En France, la mobilisation est très timide. Peut-être à cause de ce vieux fond de soumission?
      ML : En ce moment, on a du mal à descendre dans la rue en France, mais je sens que ça bouillonne en coulisses.
      DM : Les jeunes révoltés d’aujourd’hui travaillent déjà au changement : ils œuvrent dans l’économie sociale et solidaire. Ils fabriquent entre eux des réseaux, en dehors des partis politiques.

      L’élection présidentielle de 2012 peut-elle changer les choses?
      DM : [silence] On peut espérer.
      ML : On croise les doigts, j’ai plein d’espoir.

      Cécile Amar et Anne-Laure Barret -- Le Journal du Dimanche du samedi 29 octobre 2011

      Pour Jean-Pierre Chevènement : « Il faut consulter les peuples »

      Posté par le 04 nov 2011 | Dans : Blog du Che, Pour une autre Europe

      Entretien de Jean-Pierre Chevènement à L’Est républicain, vendredi 4 novembre 2011.

      L’Est républicain: La Grèce est-elle la plaie de l’Europe ?
      Jean-Pierre Chevènement: L’arbre grec ne doit pas cacher la forêt de l’euro. Il y aura d’autres maillons faibles après elle. Le cas de la Grèce illustre surtout la difficulté d’appliquer des politiques d’austérité à des peuples qui n’acceptent pas sans rechigner d’être mis sous tutelle au nom d’un fédéralisme disciplinaire.

      Vouloir le consulter par référendum, même si cela ne se fait pas, était-il une bonne solution ?
      Sur des sujets aussi essentiels, il n’est pas concevable de ne pas consulter les peuples et d’agir dans leur dos. Sauf, comme le dit Hubert Vedrine, à admettre que nous sommes dans une Europe « post-démocratique ».

      Cette consultation peut se faire par référendum, mais aussi passer par un vote du Parlement. Il arrive que le vote d’un Parlement annule le résultat d’un référendum…
      Oui et c’est scandaleux ! Ce n’est pas comme ça qu’on fait avancer l’Europe. Le traité de Lisbonne était inadéquat, il n’a donc pu en rien éviter la crise.


      Que faut-il faire, alors ?
      En finir avec l’aveuglement chez nos dirigeants et comprendre qu’il n’y a pas de solution sans une profonde refonte structurelle. Qu’il bénéficie de l’aval du Parlement ou d’un référendum, ce qui est nécessaire, un plan d’austérité sévère ne peut redonner de l’espoir. La Grèce ne sait pas quel est son horizon. Il faut accorder à la Banque centrale européenne les mêmes moyens qu’à la Réserve fédérale américaine de racheter la dette pour éviter la spéculation et de maîtriser la politique de change. Puis, soit réformer l’architecture de la zone euro, soit passer de la monnaie unique à une monnaie commune.

      La sortie de la Grèce de l’euro serait-elle l’issue ?
      Elle ne réglerait pas le vice constitutif de la monnaie unique qui veut juxtaposer des pays trop différents. Les économies européennes n’ont pas convergé, elles ont divergé, et la spéculation en a profité. Si la Grèce sortait pour retrouver sa liberté monétaire, le compte à rebours serait enclenché car d’autres pays ne manqueraient pas de suivre l’exemple.

      Propos recueillis par Jean-Pierre Tenoux

      Source : site internet de l’Est républicain


      Vive la pensée unique, et vive les hérétiques !

      Posté par le 05 nov 2011 | Dans : Articles de fond, Pour une autre Europe

      Die Presse

      Vienne

      Bojesen

      Irresponsabilité, coup de poker… Les réactions au référendum grec montrent avec quelle énergie le “Saint-Office bruxellois” s’accroche à ses dogmes. Et c’est très bien, écrit le rédacteur en chef de Die Presse, car sans dogme il n’y a pas d’hérésie or ce sont les hérétiques qui vont sauver l’Europe.

      Michael Fleischhacker

      L’annonce d’un référendum en Grèce à propos du plan européen de sauvetage a surpris tout le monde, et les commentaires qu’elle a suscités permettent de mieux comprendre le quotidien des faiseurs d’opinion de l’Union. Leurs pratiques rappellent fortement celles des groupes religieux.

      La communauté des Européens de métier (on leur reproche de constituer un Léviathan du fonctionnariat, mais c’est injuste, ils ne sont pas si nombreux que ça), gens raisonnables qui résident à Bruxelles et se considèrent comme « l’Europe », célèbre une sorte de liturgie de la Parole. Les participants se récitent mutuellement des prières qui sont consignées par les journalistes présents pour la postérité.

      Les formules les plus importantes du rite européen actuellement en vigueur sont les suivantes : le Premier ministre grec aurait tenté un « coup de poker irresponsable », un « non des Grecs aurait des conséquences imprévisibles », les question en cours de discussion seraient tout simplement trop complexes pour les soumettre à la décision populaire – et ce, avant même que les mesures ne soient mises en œuvre ! – , mais surtout, la variante nationale contemporaine de la démocratie parlementaire ne serait pas appropriée pour gérer correctement les problèmes globaux.

      Un système normatif sophistiqué

      Comme le Saint-Office romain, les professionnels de l’Europe ont développé un système normatif sophistiqué pour imposer le respect de l’orthodoxie. Conformément à la complexité du monde postmoderne, dans cette foi européenne, rien ne définit clairement l’apostasie. Ce n’est que quand, par exemple, quelqu’un s’agrippe obstinément à la conviction que les intérêts nationaux sont un élément non seulement légitime, mais peut-être même décisif de la politique européenne qu’il doit s’attendre à être excommunié. Tout le reste est négociable, ce qui est typique de l’UE.

      Pour les croyants, l’existence d’une telle instance supérieure dans les affaires dogmatiques est vitale. On s’imagine que chaque Européen devrait se faire par lui-même une idée sur la question de savoir s’il vaut mieux répondre à la désintégration des Etats de la zone euro par une réduction du nombre de participants à la monnaie unique, ou par la mise en place d’un gouvernement central qui, par l’imposition des mains, guérirait la fracture entre l’économie des Pays-Bas et celle de la Grèce. Ce serait presque comme si l’on attendait de chaque fidèle assistant à une messe catholique qu’il ait sa propre interprétation de la transsubstantiation. Impossible, pour ne pas dire intolérable.

      Quand tout le monde pense la même chose, on ne pense plus

      Les grands aumôniers européens sont donc une bénédiction et nous devrions même penser à organiser de petites persécutions contre les hérétiques qui osent défier le saint crédo de l’Etat central européen uni, ne serait-ce qu’en signe de respect. De tout temps, c’est en posant des questions que sont apparues les hérésies. Qui dit question dit également doute, et le doute est le poison du dogme.

      Ainsi, que veulent donc nous dire les commentateurs de l’Europe unie lorsqu’ils nous affirment la voix tremblante d’indignation qu’un rejet du plan bruxellois par les Grecs aurait des « conséquences imprévisibles » ? Insinueraient-ils par là que les conséquences des « mesures » décidées jusqu’à présent étaient prévisibles ? Les évènements de l’année passée nous en donnent-ils la moindre preuve ?

      Pourquoi les citoyens n’auraient-ils pas le droit de se prononcer sur un projet réduisant de manière considérable la souveraineté de leur pays ? Est-ce de leur faute s’ils ne comprennent pas ce qui se passe, ou plutôt la faute de ceux qui ne leur expliquent rien ?

      Et n’est-il pas vrai que si ces derniers ne leur expliquent rien, c’est parce qu’eux-mêmes ne comprennent pas ce qui se passe ? Dès lors pourquoi auraient-ils le droit de prendre des décisions alors où ils ne s’y entendent pas mieux que ceux à qui ils cachent ce qu’ils font ?

      Que les gardiens de la foi montent au créneau est une bonne chose. Sans dogme, il n’y a pas d’hérésie et sans hérétique, l’Europe ne pourra pas être sauvée. Quand tout le monde pense la même chose, on ne pense plus beaucoup. Qui se bat contre le diktat actuel défend en réalité l’Europe.

      Jean-Pierre Chevènement candidat à la présidentielle pour faire bouger les lignes !

      Posté par le 05 nov 2011 | Dans : Battre campagne

      http://www.chevenement.fr/Jean-Pierre-Chevenement-au-journal-de-20h-de-France-2-samedi-5-novembre
      _
      Jean-Pierre Chevènement annonce officiellement sa candidature au journal de 20h de France 2 ce samedi 5 novembre

      Jean-Pierre Chevènement était l’invité du 20h de France 2, présenté par Laurent Delahousse, samedi 5 novembre.

      L’entretien est podcasté sur le blog de jean-Pierre Chevènement.
      http://www.chevenement.fr/ »>http://www.chevenement.fr/

      « J’ai beaucoup réfléchi et j’ai décidé de me porter candidat pour faire bouger les lignes, comme je l’avais dit, c’est-à-dire pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qui sont devant nous », a déclaré l’ancien ministre

      Jean-Pierre Chevènement a dit vouloir défendre « quatre repères fondamentaux dans la période troublée qui est devant nous », une « monnaie moins chère », la « croissance » plutôt que la récession, la « souveraineté » dans une « Europe redressée, confédérale »et  » remettre d’aplomb la République ».

      Chevenement2012.fr: la campagne en ligne est lancée

      Posté par le 05 nov 2011 | Dans : Non classé

       

      Le site de campagne de Jean-Pierre Chevènement est accessible à l’adresse suivante : www.chevenement2012.fr.

      Chevenement2012.fr: la campagne en ligne est lancée

      Le site de campagne de Jean-Pierre Chevènement est accessible à l’adresse suivante : www.chevenement2012.fr.

      “Chevènement 2012″ pour faire bouger les lignes !

      Posté par le 05 nov 2011 | Dans : Non classé

      Jean-Pierre Chevènement, le 22 août 2010 à Frangy-en-Bresse dans l'est de la France

      “Pour sortir la France de l’impasse et lui préparer un autre avenir, il nous faut armer les consciences, élever le niveau du débat, faire bouger les lignes.

      Comment y parvenir ?

      Moi, je vous pose la question. Etant donné ce que sont les institutions de la Vème République peut-on le faire autrement qu’en étant candidat ? C’est une question difficile à laquelle je vous demande de réfléchir. Gardez intact votre courage car notre ligne de force est la bonne. La France aura besoin, quoi qu’il arrive dans les années qui viennent, d’un recours. Elle aura besoin de retrouver ses fondamentaux. Elle aura besoin d’un axe politique. Elle aura besoin d’un projet. Et moi, j’aime mon pays. Je crois en la France. Je ne pense pas que la France soit morte. Je pense que le passé pèse sous les apparences de l’éphémère et que l’anecdote dans laquelle on voudrait nous entrainer – comment se passe le retour de celui-ci, et celui-là va-t-il y aller, etc. – n’est rien et qu’il y a en profondeur un peuple qui a une tradition, qui a une volonté, qui a des valeurs, pas seulement des valeurs d’égalité, mais aussi des valeurs de création, de courage, de liberté créatrice et c’est cette capacité d’orientation que nous allons devoir, ensemble, exercer. Je vous donne donc rendez-vous dans les prochaines semaines.”

      Jean-Pierre Chevènement

      Discours de Carros

      A lire sur le blog citoyen

      Présidentielles : le jeu fermé DSK/Sarkosy/ Le Pen… est-il une fatalité?

      Suite des entretiens du blog citoyen et d’AgoraVox avec J.P Chevènement: “Je ne suis pas contre l’Europe. Je suis contre la superposition à l’idée européenne d’un logiciel néolibéral à travers l’acte unique!”

      Les entretiens du blog citoyen :”tordre le bâton dans l’autre sens” à l’occasion des prochaines élections en France, en Allemagne et en Italie

      Jean-Pierre Chevènement, en visite à Bordeaux, livre au Blog citoyen, socialiste et républicain son analyse sur l’évolution de l’intervention en Libye après les évènements des jours derniers

      Les entretiens du blog citoyen : Chevènement et la présidentielle

      Un président pour la reconquête d’une France républicaine

      Jean Pierre Chevènement en exclusivité pour le blog citoyen, socialiste et républicain en Juin 2008 : “Vivre c’est lutter!”

      L’audace politique de Jean Pierre Chevènement

      L’honneur de Jean Pierre Chevènement

      CHE 2012 : le sens d’un combat

      Posté par le 06 nov 2011 | Dans : Battre campagne

      Tous les articles, interviews et informations sur Jean-Pierre Chevènement sont disponibles sur ce blog catégorie

      Blog du Che  ou sur nos billets dans les catégories suivantes

    • a-le quartier libre de X D
    • a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D
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    • Pour la campagne 2012 allez sur le blog de campagne

      Le site de campagne de Jean-Pierre Chevènement est accessible à l’adresse suivante : www.chevenement2012.fr.

      Chevenement2012.fr: la campagne en ligne est lancée

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      A lire sur ce blog nos billets sur le Che

      et nos entretiens exclusifs au blog citoyen, socialiste et républicain - Agora Vox. dans lesquels on retrouve les positions du sénateur et président d’honneur du MRC sur les grands sujets nationaux et internationaux: Europe, politique économique et sociale, pacte de compétitivité, monde arabe… memo00061.jpg

      Présidentielles : le jeu fermé DSK/Sarkosy/ Le Pen… est-il une fatalité?

      Suite des entretiens du blog citoyen et d’AgoraVox avec J.P Chevènement: “Je ne suis pas contre l’Europe. Je suis contre la superposition à l’idée européenne d’un logiciel néolibéral à travers l’acte unique!”

      Les entretiens du blog citoyen :”tordre le bâton dans l’autre sens” à l’occasion des prochaines élections en France, en Allemagne et en Italie

      Jean-Pierre Chevènement, en visite à Bordeaux, livre au Blog citoyen, socialiste et républicain son analyse sur l’évolution de l’intervention en Libye après les évènements des jours derniers

      Les entretiens du blog citoyen : Chevènement et la présidentielle

      Un président pour la reconquête d’une France républicaine

      Jean Pierre Chevènement en exclusivité pour le blog citoyen, socialiste et républicain en Juin 2008 : “Vivre c’est lutter!”

      L’audace politique de Jean Pierre Chevènement

      L’honneur de Jean Pierre Chevènement

      Entre crise et alternatives : faire sauter les verrous européens sera le thème du grand débat de L’AGAUREPS-Prométhée mardi 22 novembre 2012 à Mont de Marsan

      Posté par le 06 nov 2011 | Dans : Gauche anti-libérale, Pour une autre Europe

          L’AGAUREPS-Prométhée vous convie à une réunion de débat et d’échange

      le mardi 22 novembre 2011

      à Mont-de-Marsan,

      Hôtel des Pyrénées (20 avenue du 34° RI ou Régiment d’Infanterie)

      à partir de 18 heures 30

      Ordre du jour : (animation Xavier DUMOULIN)

      -         La demi-heure de l’actualité politique et sociale :

           (Intervention de Francis DASPE)

         L’intérêt général : objet politique non identifié ?

      -         Le grand débat de l’AGAUREPS-Prométhée :

      (Intervention de Xavier DUMOULIN)

      Entre crise et alternatives : faire sauter les verrous européens 

      Quatre repères d’intérêt vital pour la France et la République

      Posté par le 06 nov 2011 | Dans : Battre campagne, Blog du Che, Pour une autre Europe, Projet politique, Une autre mondialisation

      Déclaration de Jean-Pierre Chevènement, 5 novembre 2011.
      Une monnaie moins chère ; une Europe de la croissance plutôt que de la stagnation ; préserver notre souveraineté budgétaire et fiscale, sauvegarder notre indépendance en matière énergétique, de défense et de politique extérieure ; redresser l’Europe : construire une Europe européenne qui soit un pôle dans le monde multipolaire de demain.


      1. Tout au long de cette année, j’ai beaucoup réfléchi et écouté. J’ai décidé d’être candidat à la présidence de la République en 2012, comme je l’avais annoncé, « pour faire bouger les lignes ». Pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qui sont devant elles.

      2. Nous sommes en effet à la veille de très fortes secousses. Avec la crise de l’euro, l’Europe se trouve dans l’œil du cyclone.

      3. Ceux qui nous dirigent ou qui aspirent à le faire, pas plus que nos gouvernants de 1940, ne se sont préparés à y faire face. Or, dans cette période de tempêtes, il faudra maintenir le cap des intérêts de la France et de la République, qu’ils ont souvent perdu de vue depuis longtemps (cf.8). C’est pourquoi je suis candidat, pour aider à trouver un chemin.

      4. La crise de la monnaie unique a, en effet, sa cause dans la monnaie unique elle-même, que nos dirigeants ont soutenue tous ensemble, à Maastricht, il y a vingt ans. L’erreur du traité que j’ai combattu a consisté à vouloir transférer à un aréopage de banquiers irresponsables la souveraineté monétaire de dix-sept pays très différents par leurs structures économiques, leurs langues, leurs cultures et leurs options politiques. Or, au lieu de converger, leurs économies ont divergé. L’écart s’est creusé entre l’Allemagne industrielle et excédentaire au Nord et les pays du Sud de l’Europe déficitaires et en voie de désindustrialisation rapide. La monnaie unique était censée unir. Elle divise. Les politiques de rigueur conjuguées conduisent à une récession généralisée.

      5. Le sommet de Bruxelles n’a rien réglé. Il n’a posé que des rustines. Les ressources disponibles du Fonds européen de solidarité financière sont insuffisantes : 250 milliards face aux 3 400 milliards de dettes des cinq pays « sous tension ». Cette insuffisance ouvre la voie à l’ingérence extérieure. Après la Grèce, qui renâcle devant sa mise en tutelle, c’est le tour de l’Italie d’être attaquée et mise sous le contrôle du FMI. La rigueur s’impose par diktat. Au sommet du G20, à Cannes, la crise de l’euro a occulté le reste : la réforme du système monétaire international n’a pas progressé.


      6. Il y a pourtant des solutions pour réconcilier l’Europe avec le progrès et avec la démocratie, essentiellement deux :

      a) Pour sauver la monnaie unique, adosser le Fonds européen de solidarité financière aux ressources de la Banque Centrale européenne, comme l’avait proposé initialement le gouvernement français, afin de casser la spéculation. Donner à la Banque Centrale européenne les mêmes prérogatives que la Banque Centrale américaine qui détient 2000 milliards de bons du Trésor américain et soutient la croissance aux Etats-Unis.

      b) A défaut d’un accord du gouvernement allemand sur cette première solution, le compte à rebours de la dissociation de la zone euro est enclenché. Mais il est encore possible de limiter les dégâts :
      - il faudrait organiser de manière négociée la mutation de la monnaie unique en monnaie commune, projet raisonnable, soutenu il y a une vingtaine d’années par M. Bérégovoy et par M. Balladur ;
      - il faudrait pour cela négocier un système de parités stables et ajustables pour corriger les écarts de compétitivité entre les différents pays tout en préservant l’euro comme « toit européen commun ». Cet euro pourrait être utilisé dans les échanges extérieurs, les monnaies nationales étant réservées aux transactions internes. Il n’est pas déshonorant de rectifier une erreur et de revenir à un système monétaire moins rigide et plus souple.

      7. Malheureusement les dirigeants de l’Europe ne sont pas capables de faire des choix viables et cohérents, soit pour sauver la monnaie unique en réformant son architecture, ce que j’ai toujours proposé, soit pour revenir à une monnaie commune, plus robuste. Ils manquent du plus élémentaire réalisme pour sortir de l’impasse à moindres frais.

      8. Face aux secousses inévitables, il faut garder le cap des intérêts supérieurs de la France et de la République. Ceux qui nous dirigent ou aspirent à le faire, l’ont le plus souvent perdu de vue. Or, il n’est pas de cap pour qui ne connaît pas le port.

      Quels sont ces intérêts majeurs que dans les années à venir il faudra conserver à l’esprit ? J’en vois quatre :

      a) D’abord une monnaie moins chère que l’euro actuel surévalué de 25 %. Une monnaie moins chère pour permettre la réindustrialisation. Notre base industrielle a rétréci de moitié depuis trente ans. Or, sans base productive solide, pas de protection sociale efficace ! Voilà trente ans que je le répète : une industrie moderne c’est la condition de tout le reste : exportations, recherche, emploi, y compris dans les services, avenir de la jeunesse.

      b) Deuxièmement, il faut organiser une Europe de la croissance, avec politique monétaire active, une monnaie non surévaluée, un commerce ouvert aux concurrences loyales, un plan d’investissements dans les secteurs d’avenir (transition énergétique, transports et villes durables, etc.). Il n’est pas normal que l’Europe soit le seul continent voué à la stagnation économique.

      c) Troisièmement il faut préserver, avec la démocratie et les droits du Parlement, notre souveraineté budgétaire et fiscale, sauvegarder notre indépendance en matière énergétique, de défense et de politique extérieure. Pas question de brader l’atout nucléaire de la France. Nos centrales nous donnent une électricité 40 % moins chère que celle qu’il faudrait produire en substitut. Pas question de laisser partir en fumée des centaines de milliards investis depuis un demi-siècle ! Pas question de sacrifier sur l’autel de la règle d’airain budgétaire, la dissuasion nucléaire qui garantit notre sécurité à long terme. Pas question de sacrifier non plus notre siège de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’O NU ou notre réseau diplomatique, le deuxième du monde.

      d) Il faut enfin redresser l’Europe : construire une Europe européenne qui soit un pôle dans le monde multipolaire de demain. Une Europe non pas fédérale – ce n’est pas mûr – mais confédérale, appuyée sur ses nations et sur la démocratie qui vit en chacune d’elle, une Europe à géométrie variable, avec une monnaie non pas unique mais commune. Pour construire cette « Europe européenne » une France forte est nécessaire.

      9. Ces quatre grands repères ne sont guère présents à l’esprit de ceux qui nous dirigent ou aspirent à nous diriger.

      a) Selon Nicolas Sarkozy, « si l’euro explose, l’Europe disparaît ». Cela n’a pas de sens. La Grande-Bretagne n’est pas dans l’euro mais elle est dans l’Europe. Celle-ci existait avant l’euro. Elle existera après. Nicolas Sarkozy nous dit qu’il faut coller à l’Allemagne. Il faut certes dialoguer avec elle mais en s’appuyant sur nos propres atouts. Nos modèles sont différents et nos intérêts peuvent l’être temporairement. Trouvons avec l’Allemagne les compromis nécessaires. Nicolas Sarkozy nous fixe l’horizon du « triple A ». Ce n’est pas un projet républicain dans lequel le peuple puisse se reconnaître. C’est transférer la souveraineté populaire aux agences de notation ! Au total, Nicolas Sarkozy ne nous offre à travers la règle d’or – en fait d’airain – que l’horizon d’une austérité à perpétuité.

      b) François Hollande refuse, lui, d’inscrire la règle d’or dans la Constitution mais il l’appliquerait, en réduisant dès 2013 le déficit budgétaire à 3 % du PIB. Je ne discerne pas la logique alternative qu’il propose. Il évoque les eurobonds mais l’Allemagne n’est pas prête à mutualiser sa dette avec celle des autres. Tout au plus accepterait-elle peut-être un emprunt européen pour financer quelques travaux d’infrastructures …

      c) Les invocations au fédéralisme qui se font entendre à gauche et à droite dissimulent le fait que ce fédéralisme ne peut être que coercitif et déboucher sur un espace disciplinaire.

      Les Français ont besoin de repères clairs, sur l’Ecole, la sécurité, l’intégration, mais d’abord sur l’Europe car c’est par là que la maison brûle. Il faut donc une vision et d’abord pour remettre l’Europe sur ses pieds.

      La France, depuis trop longtemps, minée par le doute, doit retrouver confiance en elle-même : les secousses sont inévitables et l’effort le sera aussi. Mais cet effort doit avoir un sens, et la justice être au rendez-vous.

      Il faut enfin parler le langage de la vérité, y compris sur les moyens que nous prendrons. C’est le seul moyen d’éviter les déceptions après 2012. Nous ferons ainsi barrage à l’extrême droite.

      Il faut remettre d’aplomb la République et refaire des citoyens. C’est pour cela que j’ai choisi de faire entendre ma voix

       

      Une nouvelle saignée pour l’économie française

      Posté par le 08 nov 2011 | Dans : Battre campagne, Blog du Che

      Le Premier ministre a revêtu les habits du Docteur Diafoirus pour administrer une nouvelle saignée à l’économie française. Il s’agit non pas de protéger les Français mais de convaincre les agences de notation et d’enrayer la spéculation. La monnaie unique est un tonneau des Danaïdes où s’engloutit l’effort des Français. Le malade finira par mourir guéri.

      Il y avait d’autres moyens : la mobilisation des ressources de la Banque centrale et un plan de relance à l’échelle européenne. Celui-ci permettrait de résorber la dette.

      Jean-Pierre Chevènement, le 7 novembre 2011

      Chevènement : « Hollande et Sarkozy me semblent prisonniers de l’horizon du triple A »

      Posté par le 09 nov 2011 | Dans : Battre campagne

      Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen, candidat à l’élection présidentielle | LEMONDE | 07.11.11 | 15h34   •  Mis à jour le 08.11.11 | 21h06

       Jean-Pierre Chevènement, le 22 août 2010, à la 38e fête de la rose d'Arnaud Montebourg.

      Jean-Pierre Chevènement, le 22 août 2010, à la 38e fête de la rose d’Arnaud Montebourg.AFP/JEFF PACHOUD

      L’intégralité du débat avec Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen, candidat à l’élection présidentielle, mardi 8 novembre 2011

      Antoine : Soutenez-vous les indignés qui manifestent à la Défense ?

      Jean-Pierre Chevènement : Oui, je suis de cœur avec eux. Cette crise fait beaucoup de victimes. Y compris, souvent, chez les jeunes. Pour beaucoup, l’avenir s’est rétréci. Il est scandaleux que l’Europe soit enkystée dans une stagnation économique de longue durée. L’euro devait nous protéger mais dans la zone euro, il y a plus de 10 % de chômeurs.

      Est-il normal que la Banque centrale européenne puisse prêter des centaines de milliards d’euros aux banques à 1,25 %, que les banques puissent acheter des titres d’Etat qui leur rapportent entre 2 et 7 %, et que la Banque centrale ne puisse pas intervenir sur les marchés de la dette pour casser d’emblée la spéculation?

      Si on savait que la Banque centrale pouvait casser une spéculation à la hausse, les spéculateurs y perdraient leurs chemises, ils renonceraient. Pour moi, la seule manière de sauver la monnaie unique serait de donner à la Banque centrale européenne les mêmes prérogatives que celles de la Banque centrale américaine, la Fed. Cette dernière a acheté près de 2 000 milliards de bons du trésor américain.

      Visiteur :  Quel est votre avis sur la façon avec laquelle Nicolas Sarkozy (et ses ministres de l’intérieur) a (ont) traité la question des minorités en France ?

      Jean-Pierre Chevènement : Ils ont oublié que le peuple français se définit comme un peuple de citoyens. Je suis hostile à la stigmatisation aussi bien qu’à l’instrumentalisation de telle ou telle minorité ou communauté.

      J’aimerais dire quelque chose à propos de M. Sarkozy. Tel Tarzan qui saute de liane en liane, il ébaubit le peuple. Mais jusqu’à quand ? Prenons le sommet de Bruxelles. Le Fonds de stabilité européen se révélait insuffisant. On allait créer un véhicule spécial pour attirer les investisseurs internationaux, chinois, brésiliens, américains, etc… et M. Sarkozy de tendre la sébile à M. Hu Jintao [le président chinois] et à Mme Tilma Roussef [la présidente brésilienne].

      Que croyez-vous qu’il arriva ? La sébile resta vide. Le mendiant aurait dû ravaler son humiliation. Heureusement, M. Obama, lui-même en mal de réélection, l’a couvert d’éloges. Ceux-ci ont fait oublié l’échec sensationnel du G20 dont personne ne semble encore s’être avisé. Mais maintenant, c’est M. Fillon qui a saisi une autre liane, nous entraînant dans un ballet torride dont les Français commencent à se demander s’il ne serait pas temps de l’arrêter.

      Guest : Comment jugez-vous les résultats de la politique industrielle menée ces dernières années ? Que proposez-vous pour les années à venir ?

      Jean-Pierre Chevènement : La France a abandonné sa politique industrielle depuis une trentaine d’années. Elle a choisi la monnaie forte et celle-ci a favorisé les délocalisations industrielles.

      Une monnaie moins chère est une condition essentielle de la réindustrialisation de la France. Ce n’est évidement pas la seule. Il faut mettre le paquet sur les technologies nouvelles et, d’abord, sur celle du numérique. Sans oublier aucun des secteurs que vous avez mentionnés.

      Car comme me le disait un de mes prédécesseurs, Pierre Dreyfus, il n’y a pas de vieilles industries, il n’y a que des technologies obsolètes. Bien entendu, il faudrait canaliser notre épargne très importante, 17 % de notre revenu, vers l’industrie plutôt que vers des placements à l’étranger.

      Savez-vous que ceux-ci étaient de 80 milliards d’euros quand j’étais ministre de l’industrie en 1982, et qu’ils dépassent aujourd’hui 1 600 milliards ?

      Minitel  : La crise financière, la crise de l’Euro vous donne en grande partie raison. Comment se fait-il alors que votre parti soit si marginal et votre candidature jugée illégitime ?

      Jean-Pierre Chevènement : Je ne sais pas si j’ose vous répondre par une citation de Barrès : « Le ventre et l’esprit se nourrissent à des sources différentes ».

      AutrePolitique : Peut-on réindustrialiser la France sans quitter l’Union Européenne, qui interdit le protectionnisme ?

      Jean-Pierre Chevènement : L’Europe doit se protéger des concurrences déloyales. Elle le pourrait mieux déjà si sa monnaie n’était pas surévaluée de 25 % par rapport au dollar et bien davantage par rapport au yuan. Il sera difficile d’aller vers un protectionnisme européen, compte tenu de l’opposition de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne et des PECO. Mais on peut sans doute créer une taxe carbone et maintenir des droits anti-dumpings sur un fondement social ou environnemental.

      Ce sont les Etats-Unis qui donneront le la en matière de protection. L’Europe en est malheureusement incapable.

      Franck : Vous critiquez l’horizon du triple A, mais quelle alternative proposez vous pour pouvoir continuer a emprunter ?

      Jean-Pierre Chevènement : Je propose une action politique vigoureuse auprès de l’ensemble des acteurs politiques et sociaux, en Allemagne d’abord, mais aussi dans les autres pays d’Europe. Le but serait d’élaborer un plan de relance à l’échelle européenne se substituant à la conjugaison d’un grand nombre de plans d’austérité dans pratiquement tous les pays d’Europe.

      Pour cela, il faudrait admettre que la Banque centrale puisse faire des avances au Fonds européen de stabilité financière. Les moyens de celui-ci sont dramatiquement insuffisants, avec 250 milliards d’euros disponibles alors que la dette des cinq pays sous tension dépasse 3 000 milliards. L’Italie, aujourd’hui, emprunte à 6,7 % à dix ans.

      Ces échéances de dettes en 2012 atteindront 300 milliards d’euros. C’est intenable. On nous a beaucoup parlé de la Grèce, mais l’arbre grec nous cache la forêt de l’euro et d’abord l’arbre italien, sans parler de l’arbre espagnol, de l’arbre portugais et peut-être un jour de l’arbre français.

      La deuxième préconisation, c’est un emprunt européen pour financer, par exemple, un plan de transition énergétique, la construction de transports et de villes durables, un grand effort de recherche dans toutes les technologies de l’avenir (biotechnologie, nanotechnologie, énergies nouvelles, etc.).

      Marini : L’écologie est-elle un concept incompatible avec la croissance et donc toute sortie de crise ?

      Jean-Pierre Chevènement : Non. Encore faut-il s’entendre sur ce que l’on appelle écologie. Si on entend par là la conscience des limites physiques de notre planète, je suis pour. Mais trop souvent, l’écologie sur le plan culturel se présente comme une idéologie de la peur. Cette idéologie s’est développée en Allemagne après la fin de la deuxième guerre mondiale. Un philosophe allemand, Hans Jonas, avait parlé de l’heuristique de la peur. En français, la peur est bonne conseillère.

      Cela a donné la société du risque d’Ulrich Beck et puis le principe de précaution qui a été introduit dans notre constitution en 2004, alors que ce principe n’a rien de scientifique. Pour ma part, je reste cartésien, je crois aux ressources de la raison. Je suis pour la liberté de la recherche et je crois que celle-ci peut apporter beaucoup de solutions aux problèmes que nous nous posons et qui peuvent rester provisoirement irrésolus.

      L’homme n’a vraiment volé qu’avec Clément Ader puis Louis Blériot. Il a attendu pour cela quelques millénaires.

      Lazzuli  : Que pensez-vous de la déclaration de François Hollande qui veut préserver la construction d’un EPR de Flammanville ?

      Jean-Pierre Chevènement : C’est l’intérêt de la France. L’électricité d’origine nucléaire est deux fois moins chère que celle qui provient de l’éolien marin. Et cinq à six fois moins cher que celle qui vient du solaire photovoltaïque, dont les panneaux sont fabriqués en Chine. Nous sommes en négociation avec la Grande-Bretagne (six EPR), la Chine (deux EPR), l’Inde (deux EPR), la Finlande, la Pologne, la République tchèque et d’autres pays encore.

      Ginette Dugeno  : Voulez-vous faire sortir la France de l’Union européenne ?

      Jean-Pierre Chevènement : Non. Mais je pense que l’Union européenne n’est pas mûre pour le fédéralisme. Elle peut être une confédération car les nations européennes sont une famille de peuples.

      Il faut faire évoluer avec pragmatisme la construction européenne sans jamais perdre de vue l’objectif qu’avait fixé jadis le général de Gaulle. Une Europe européenne, actrice de son destin qui soit elle-même un pôle dans le monde de demain qu’on nous décrit comme multipolaire. Bien entendu, cette Europe sera à géométrie variable. Il faut avancer avec ceux qui le veulent, conformément à la doctrine posée par la jurisprudence de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.

      Je regrette que trop peu de Français ne connaissent pas ses attendus. Ceux-ci sont pourtant lumineux. L’Union européenne est une organisation internationale, elle juxtapose une trentaine de peuples et la souveraineté réside dans chacun d’eux. C’est pourquoi les droits du Parlement, en l’occurrence le Bundestag doivent être respectés. Il faut réconcilier l’Europe avec le progrès et avec la démocratie. Voilà ma ligne, elle n’est pas nationaliste, ni souverainiste, elle est tout simplement républicaine.

      sim :  Vous êtes candidat à l’élection présidentielle, qu’est-ce qui vous distingue de Nicolas Dupont-Aignan ?

      Jean-Pierre Chevènement : Nous n’avons pas le même itinéraire, même si nous pouvons converger sur de nombreux points. J’ai de l’estime pour M. Dupont-Aignan. Je pense néanmoins que sa préconisation de sortie de l’euro a besoin d’être sérieusement étayée, nuancée. Autant, on pouvait être contre le traité de Maastrich, qui a créé la monnaie unique en 1992, autant, aujourd’hui, la monnaie unique est un fait, certes fragile, attaqué de toute part par la spéculation. Mais quand un avion a pris de la hauteur, on ne saute pas par le hublot, on cherche à en prendre les commandes pour atterrir en douceur.

      Je me résume. Je souhaite que de cette période très difficile, les peuples d’Europe puissent se sortir à moindres frais.

      CMC  : Pourquoi n’avez vous pas été candidat à la primaire socialiste ?

      Jean-Pierre Chevènement : Parce que c’étaient des primaires socialistes. Ouvertes, certes, mais le centre de gravité devait inévitablement déboucher sur la désignation d’un candidat social libéral. Sur ce point, François Hollande et Martine Aubry ne se distinguent guère. Arnaud Montebourg est arrivé troisième avec un score remarquable de 17 % qui m’a impressionné.

      Je ne suis pas sûr que je l’aurais fait, même si j’aurais fait mieux que 0,6 % comme M. Baylet. Bref, je ne voulais pas me mettre à la merci de l’opinion majoritaire au sein du Parti socialiste ou dans sa mouvance. Je représente une sensibilité républicaine. Je suis un homme de gauche indépendant. Je préfère avoir un dialogue avec les autres partis de gauche. Sans me fondre d’emblée dans une absence épaisse.

      Yoann : Que répondez-vous à ceux qui pensent que votre candidature risque de nous faire revivre le même scénario que le 21 avril 2002 ?

      Jean-Pierre Chevènement : Le 21 avril 2002, c’est l’extincteur du débat politique. Une fois que l’on a crié « 21-avril », il n’y a plus de place pour argumenter. En 2002, je critiquais déjà l’omnipotence des marchés financiers, je préconisais le redressement de l’Europe, l’élargissement des missions de la Banque centrale européenne au soutien à la croissance et à l’emploi, le renouveau de la politique industrielle, l’affirmation de repères clairs en matière d’éducation, de sécurité et d’intégration. Je n’avais que le tort d’avoir raison trop tôt.

      Louloutte : Que pensez-vous de la candidature de Mélenchon ?

      Jean-Pierre Chevènement : M. Mélenchon a fait beaucoup de progrès depuis le traité de Maastricht. J’ai de la sympathie pour son effort qui est méritoire. Mais je ne crois pas qu’il sera présent au second tour.

      Sim : Quels sont vos points de désaccord avec le Front de Gauche ?

      Jean-Pierre Chevènement : Mon principal désaccord est le suivant. Je pense qu’il faut s’appuyer sur la souveraineté nationale pour exercer un effet de levier, en Europe et dans le monde. Accessoirement, bien que ces sujets soient importants, je ne suis pas pour la sortie du nucléaire, qui renchérirait de 50% la facture de l’électricité des couches populaires, auxquelles M. Mélenchon et moi-même nous nous adressons. Et je n’ai jamais été pour une régularisation générale des sans-papiers.

      Relique : Quelles mesures soutenues par Hollande ou par Mélenchon pourraient vous permettre de les soutenir ?

      Jean-Pierre Chevènement : Je pense que M. Hollande a défini deux axes qui me paraissent justes. La priorité à la jeunesse et à l’éducation et la nécessité d’une réforme fiscale qui réponde au souci de la justice sociale. L’effort est nécessaire, mais il doit être équitablement partagé. Et surtout, il doit avoir un sens. Or, aujourd’hui, M. Hollande comme M. Sarkozy me paraissent prisonniers de l’horizon du triple A.

      Jean Bar : Arnaud Montebourg propose que les députés ne puissent être investis après 67 ans. Vous qui le soutenez, ne devriez-vous pas renoncer ?

      Jean-Pierre Chevènement : Oui, c’est un léger point de divergence que j’ai avec lui. Beaucoup de nos grands hommes d’Etat avaient dépassé cet âge. Je ne suis pas pour des limites d’âge. Il y a des jeunes qui sont déjà vieux et des vieux qui restent jeunes très longtemps.

      Aurélien  : Quel regard portez-vous sur le ralliement de plusieurs de vos anciens soutiens à Marine Le Pen ?

      Jean-Pierre Chevènement : C’est le cas d’un seul, Bertrand Dutheil de La Rochère, qui a été exclu dans l’Eure et n’a entraîné absolument aucun militant derrière lui. Dutheil a oublié qu’entre le MRC et le FN, il y a une différence, c’est 1789, la citoyenneté, l’égalité humaine. Valeurs auxquelles nous avons la faiblesse de tenir.

      Modeste : Vous engagerez vous à quitter votre appartement du parc social de la Ville de Paris que vous occupez depuis de nombreuses années afin qu’une personne plus nécessiteuse puisse en profiter à juste titre ?

      Jean-Pierre Chevènement : Je ne suis pas dans un appartement HLM. Ma situation est parfaitement légale. Je paie le loyer que le bailleur me demande puisque je suis dans un appartement ILN, immeuble à loyer normal. Un homme politique doit s’attendre à toutes les attaques. Et celle-là ne me surprend pas.

      Chat Modéré par Eric Nunès et Thomas Wieder

      De l’égarement verbal à l’imposture

      Posté par le 09 nov 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

      En qualifiant de « propos inadaptés » l’insulte à la démocratie proférée par le ministrion en séance des questions dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, l’homme du perchoir fait profil bas. Cela ne peut suffire à calmer le courroux d’une opposition offensée et des citoyens qui l’avaient portée au pouvoir dans les urnes en 1997! 

      Ce mésusage de vocabulaire amalgamant l’accès d’une gauche au pouvoir à une activité criminelle en dit long sur la représentation mentale d’une droite qui n’a rien appris depuis l’assassinat de Jaurès. Dans cette séance freudienne, derrière les habits du ministre, c’est un homme de main de l’ UMP en campagne électorale qui a vilipendé la gauche, les trente cinq heures et les emplois jeunes qualifiés « d’affaire écrite sur un bout de papier ». Un abus de fonction en quelque sorte!

      Une vraie désolation, cette profanation du suffrage universel, quand l’heure appellerait des réponses d’urgence à la crise du capitalisme financier international, après le fiasco du G20 et la nouvelle saignée administrée à notre économie sans autre perspective que l’austérité pour les couches populaires et moyennes.

      Cet épisode inqualifiable est une démonstration de l’urgence d’une relève de la République. Dans les urnes et en pleine confiance dans la capacité des citoyens à ne pas s’en laisser conter! 

      X.D 

      Jean-Luc Mélenchon: «Nos dirigeants sont des poulets d’élevage»

      Posté par le 10 nov 2011 | Dans : Battre campagne, Gauche anti-libérale

      20 Minutes le 09/11/2011  

      Jean-Luc Mélenchon lors d’un discours au siège du Front de gauche, le 18 octobre 2011 aux Lilas, en banlieue parisienne Patrick Kovarik afp.com

      INTERVIEW -- Le livre de Jean-Luc Mélenchon «Qu’ils s’en aillent tous»* -- dont la première édition s’est vendue à 80.000 exemplaires -- sort en livre de poche ce mercredi. L’occasion d’évoquer avec lui la crise et les plans de rigueur.

      Dans la postface de votre ouvrage, vous citez le peuple islandais et les printemps arabes comme des exemples à suivre pour la France. Le contexte n’a pourtant rien à voir.

      L’Islande est un petit peuple qui s’est retrouvé face à une banque qui s’est effondrée en spéculant. On leur a dit de payer. Sauf qu’ils ont dit non par référendum, par deux fois. On peut s’inspirer de leur énergie, comme de celles des printemps arabes. Le peuple français est également jeune et remuant. Mais nos élites ne s’en rendent pas compte car elles ont une conscience historique faible. Nos dirigeants sont des poulets d’élevage héritiers des trente glorieuses. Ils sont dans le monde d’avant, celui des carrières perpétuelles et de l’équilibre de Yalta. Ils ne voient pas que la saison des tempêtes est de retour.

      Les Européens auraient donc dû s’asseoir sur la dette grecque?

      Mais, c’est ce qui va se passer. Tout le monde sait qu’ils ne payeront jamais. Au lieu de frapper un coup en ouvrant le robinet de la Banque centrale, puis d’interdire la spéculation, les dirigeants hésitent. Convoquer des Premiers ministres comme des délinquants et humilier leur peuple, quelle bêtise! Ce que font les «Merkozy» est très dangereux! Cette dérive autoritaire de l’Europe m’inquiète.

      Mais n’est-ce pas plutôt  l’irresponsabilité des dirigeants grecs qui a conduit à cette situation?

      Absolument. Je ne veux pas passer cette responsabilité par-dessus bord, mais on ne doit pas faire payer les peuples en les caricaturant. Les Grecs paresseux? C’est en Grèce qu’on travaille le plus longtemps en Europe. Cette Europe oppose les peuples les uns aux autres.

      Vous dénoncez le plan de rigueur, mais qu’auriez-vous fait à la place de François Fillon?

      Nous assistons à la danse de Saint-Guy des plans d’austérité. Les agences de notation font les gros yeux… Ouh là là, on sort un plan. Elles font encore les gros yeux, un deuxième plan… Cela crée un effet de panique qui augmente le goût du sang des requins de la finance. Avec l’austérité, on contracte l’activité, on crée du chômage. Cela veut dire moins de rentrée fiscale et, au final, plus de déficit. Ce qui amènera de toute façon les agences à baisser la note. Moi, je propose de taxer le capital à la hauteur du travail: cent milliards par an!

      A la lecture de votre programme antilibéral, on se dit qu’il serait illogique que vous appeliez à voter pour le PS en cas de second tour Hollande-Sarkozy?

      D’abord, je n’ai rien à marchander. Moi, je n’échange pas la VIe République contre deux sièges à Paris. Le programme socialiste n’a de socialiste que le nom. Mais si ce n’est pas moi en tête de la gauche au soir du premier tour, je n’aurai pas le choix. De toute façon, les gens n’en feront qu’à leur tête. Et ils auront bien raison.

      Le programme du Front de gauche est-il communiste?

      Il a une inspiration communiste et le PC est mon allié. Ce que j’incarne au Front de gauche, c’est une sorte de synthèse moderne des idées qui sont dans le communisme. En y apportant le socialisme, la République et l’écologie politique. Mais je n’ai pas honte du mot «communisme», au contraire, c’est un beau mot qui parle du bien commun. En revanche, ce n’est pas un programme communiste: il ne propose pas la nationalisation de l’économie, mais la socialisation de certains secteurs.

      Jean-Pierre Chevènement et vous êtes des eurosceptiques. Vous pensez qu’il marche sur vos plates-bandes?

      Non. Tous ces raisonnements appartiennent à l’ancien monde où il y a des cheptels électoraux. Chevènement est dans une logique de refus du traité de Lisbonne qui me va. Sur d’autres sujets, nous sommes opposés. Moi, je représente un collectif, le Front de gauche.  Chevènement est tout seul, c’est une autre démarche.

      * Ed. J’ai Lu, 3 €.

      Recueilli par Matthieu Goar

      Chevènement : « l’euro peut nous quitter »

      Posté par le 10 nov 2011 | Dans : Economie, Pour une autre Europe

      Par H. Favier

      Publié le 9 novembre 2011 à 21h06 Mis à jour le 9 novembre 2011 à 21h34

      Jean-Pierre Chevènement

      Jean-Pierre Chevènement © EUROPE 1

      Selon le candidat à la présidentielle, un défaut de paiement de l’Italie pourrait être fatal à la monnaie unique.

      « Est-ce que l’euro ne va pas nous quitter », s’est interrogé Jean-Pierre Chevènement, mercredi soir sur le plateau d’Expliquez-Vous diffusé sur Europe 1 et I-Télé. « Ce n’est pas un choix aujourd’hui de sortir de l’euro. En revanche, l’Euro peut très bien nous quitter », a précisé le candidat à la présidentielle de 2012, estimant que cette hypothèse serait atteinte si l’Italie « faisait défaut » dans le paiement de sa dette. « Cela se répercuterait alors sur nos banques [la France est exposée à hauteur de 416 milliards] et ce serait une catastrophe », a asséné le souverainiste peu optimiste sur les chances de survie de la zone euro.

      L’Italie dans le collimateur

      Après la Grèce, l’Italie est, depuis plusieurs semaines, dans le collimateur des marchés qui doutent de la capacité du pays à rembourser son énorme dette de 1.900 milliards d’euros. En dépit de l’annonce de la démission du président du Conseil, Silvio Berlusconi, la Bourse de Milan a clôturé mercredi sur une chute de 3,78% tandis que les taux obligataires (le taux auquel l’Italie emprunte) planaient au-delà des 7%, un record insoutenable sur le long terme.

      Dans ce contexte, « où va-t-on ? », a encore questionné Jean-Pierre Chevènement, demandant « à tous les candidats à la présidentielle de 2012″ d’expliquer très clairement quel pouvait être leur plan post-2012 pour faire face à cette crise.

      Guaino : l’Italie est loin d’être une petite économie

      Sur le même plateau que Jean-Pierre Chevènement, Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, lui, s’est voulu plus rassurant : « Ce qu’il faut faire, c’est redonner de la crédibilité à l’Italie, qui a, certes, des problèmes de dette mais qui est loin d’être une petite économie. Elle peut rembourser ses dettes. Sauf si évidement les taux ne cessent de monter ».

      Mercredi, les dirigeants de la zone euro ont assuré n’avoir aucun projet d’aide financière en direction de l’Italie. « Il n’y a pas grand chose, sinon rien, que nous puissions faire dans l’immédiat. C’est la question de la confiance que l’Italie va devoir reconstruire d’elle-même », a assuré un responsable de la zone euro.

      Paris craint que la BCE ne suffise plus à calmer les marchés

      Posté par le 10 nov 2011 | Dans : Economie, Pour une autre Europe

      Le Monde du 09 novembre 2011

      Nicolas Sarkozy ne sait plus que faire pour endiguer la crise de l’euro. Les taux italiens ont atteint des records, signifiant la défiance des marchés financiers, tout comme l’écart de taux entrela Franceet l’Allemagne. Les Français essaient de se rassurer, en disant que ce n’est pasla Francequi est en cause : dans le sauve-qui peut général, les investisseurs achètent la dette la plus sûre, celle de l’Allemagne qui ne sera pas dépréciée en cas d’éclatement de la zone euro. Il n’empêche, l’heure ne serait plus aux solutions techniques, mais aux engagements politiques majeurs et enfin jugés crédibles par les marchés. Le simple fait que des rumeurs d’éclatements de la zone courent sur les marchés accrédite l’idée d’un doute sur la détermination de l’Allemagne, en particulier dela Bundesbank, de défendre la monnaie unique. Au sud, ni l’Italie ni la Grècen’ont de gouvernement, ce qui ne peut qu’accentuer la défiance et le libre cours à toutes les rumeurs. De plus, faute d’exécutif, l’Italie est en peine de solliciter l’aide du fonds européen de stabilité financière (FESF).

      On s’inquiète à Paris de la capacité dela BCE à contrer les marchés, qui ne cesse de s’émousser.  Ses interventions deviendraient insuffisantes en raison des incertitudes politiques. L’idée à l’origine était que le fonds européens de stabilité financière prenne le relais dela BCE en rachetant de la dette des pays en difficultés. Paris a cru comprendre de son nouveau président Mario Draghi qu’il était déterminé à poursuivre cette politique sans restriction. Est-ce que cela sera suffisant ? Le doute s’instille, alors que Nicolas Sarkozy ne peut peser ni  sur l’Allemagne, ni  sur l’Italie, ni sur la BCE. La réponse exigée serait avant tout politique, de Rome et de l’Allemagne.

      « Pas de sortie de crise sans résorption des déséquilibres des balances des paiements »

      Posté par le 10 nov 2011 | Dans : Economie, Pour une autre Europe

      Point de vue | Fondation Res-Publica | Le Monde du 09.11.11 |par Jean-Michel Quatrepoint, membre du conseil scientifique de la Fondation Res Publica

      L’euro n’est pas sauvé. De sommet en sommet, les dirigeants européens ne font que gagner du temps. Et l’on peut craindre qu’il en soit de cet accord du 26 octobre, comme des précédents. Plus la crise s’aggrave, plus on cherche à la résoudre à travers des procédures financières aussi complexes qu’illisibles. Tout a été dit ou presque sur cette crise sans précédent, l’égoïsme allemand, l’irresponsabilité des pays du Sud, le rôle des banques et des agences de notation. Mais bien peu cependant se sont penchés sur la cause première de cette crise des dettes souveraines : les déséquilibres des balances des paiements au niveau mondial.

      C’est pourtant le cœur du problème. Pas seulement pour l’Europe, mais aussi pour les Etats-Unis et bien d’autres pays. Il y a désormais deux grandes catégories d’Etat : ceux qui accumulent, année après année, des excédents de balance des paiements, et ceux qui additionnent des déficits. Les statistiques élaborées par la Banque mondiale et le FMI sont riches d’enseignement, surtout quand on les analyse sur une assez longue période – cinq ans – de 2006 à 2010.

      Premier constat : les additions ne tombent pas juste. Logiquement, la somme des balances des paiements (balance des biens et services, des revenus financiers plus solde des mouvements de capitaux) doit s’équilibrer. On en est loin. Chaque année, la divergence est plus grande. C’est le trou noir de la finance mondiale. Une fois éliminées les marges d’erreur, les différences de méthodes comptables, il reste encore un écart gigantesque que personne ne sait, ou plutôt ne veut, expliquer. Sans doute, parce qu’il faudrait se pencher en détail sur la réalité des statistiques chinoises, la comptabilité des grandes entreprises, le rôle des paradis fiscaux, l’argent des narcotrafiquants et du crime organisé. Mais de tout cela, ni l’OMC, ni le FMI, ni les banques centrales ne veulent en entendre parler. C’est l’omerta sur le trou noir.

      Deuxième constat : en cinq ans, les déséquilibres entre les grandes zones et à l’intérieur de certaines zones, atteignent des sommes pharaoniques. Le Sud-Est asiatique a accumulé plus de 2 900 milliards de dollars d’excédents, dont environ 1 700 pour la Chine et 875 pour le Japon. Ils proviennent, pour plus des deux tiers, des soldes commerciaux. Une performance d’autant plus remarquable que ces pays sont tous importateurs de matières premières, notamment énergétiques.

      Les autres champions de l’excédent sont précisément les pays pétroliers. Près de 700 milliards pour ceux du Golfe. Une centaine pour le Nigeria, 288 milliards pour la Norvège et 394 milliards pour la Russie. Au total, les grands pays pétroliers ont accumulé, sur cinq ans, 1 700 milliards de dollars d’excédents.

      Troisième constat : Il ne suffit pas d’être un producteur de matières premières pour avoir des excédents. Surtout quand ces pays n’ont pas les bases industrielles nécessaires pour fabriquer localement. Ainsi, le Brésil a un déficit de 85 milliards de dollars, tout comme le Canada (51 milliards), l’Australie (222 milliards), le Mexique (42 milliards), et l’Afrique du Sud (75 milliards). Tous ces pays sont inondés de produits asiatiques qui pénalisent leurs producteurs locaux. Tout comme l’Inde (116 milliards de déficits ) et même la Turquie (170 milliards)

      Quatrième constat : Les Etats-Unis sont les champions des déficits : 2 600 milliards de dollars sur cinq ans. Il continue de se creuser, mois après mois, à l’égard de la Chine, du Sud-Est asiatique, des pays pétroliers et aussi de l’Allemagne. C’est la conséquence directe de la désindustrialisation américaine et de cette illusion que la finance et les nouvelles technologies compenseraient la délocalisation des industries manufacturières et des services. Si la reprise a avorté, si le chômage perdure, si la paupérisation gagne, c’est tout simplement parce que, depuis plus d’une décennie, les Etats-Unis dépensent plus qu’ils ne gagnent et que les hyper-profits de ses multinationales et de ses globocrates se sont, eux aussi, délocalisés.

      L’explosion de la dette publique américaine n’est que la traduction des déficits de leur balance des paiements. Une dette largement financée par les excédents asiatiques et des pays pétroliers.

      Et l’Europe ? Constatons d’abord qu’il y a deux Europe. Celle de l’euro et l’autre. Au sein de cette dernière, il y a des champions du déficit. Le Royaume-Uni, prompt à sermonner les continentaux, a accumulé sur cinq ans, 300 milliards de déficits de sa balance des paiements. Et ce, malgré la City. C’est dire que son modèle… n’en est pas un. Pourquoi alors le pays n’est-il pas sous la pression des marchés ? D’abord, parce qu’il laisse filer sa monnaie. Ensuite, parce que la Banque d’Angleterre fait fonctionner la planche à billets. Enfin, parce qu’il y a la City et qu’elle ne va pas se tirer une balle dans le pied. Elle préfère spéculer sur l’euro, plutôt que sur la livre. Dans cette Europe des Dix, tous les ex-pays de l’Est sont déficitaires (250 milliards de dollars au total). Seuls la Suède (185 milliards) et le Danemark (49 milliards) ont enregistré, en cinq ans, des excédents.

      Reste la zone euro. Prise globalement, elle n’aurait pas dû poser de problèmes. C’est du moins ce que nos élites, experts et europhiles béats nous ont seriné depuis plus de quinze ans. Selon eux, les balances commerciales et des paiements, à l’heure de la mondialisation et dans une même zone monétaire, n’avaient plus aucun sens. S’ils avaient été dans le vrai, il n’y aurait pas eu de crise de la dette souveraine. De fait, la zone euro est globalement équilibrée et même excédentaire. Mais, en son sein, ce ne sont que déséquilibres.

      D’un côté, il y a les excédentaires à commencer par l’Allemagne (1 036 milliards de dollars sur cinq ans), et les Pays-Bas (250 milliards). La performance de ces derniers s’explique par le rôle de ses ports et la localisation des profits et des sièges sociaux d’un certain nombre de multinationales. Les Pays-Bas, comme le Luxembourg et l’Irlande, pratiquent le dumping fiscal, à l’intérieur même de l’Europe. Mais, de cela aussi, il est interdit de parler.

      De l’autre, il y a les déficitaires. En tête, l’Espagne avec 550 milliards de dollars, suivie par l’Italie (280 milliards), la Grèce (190 milliards), le Portugal (125 milliards) et la France, qui a accumulé, ces cinq dernières années, 175 milliards de dollars de solde négatif de ses paiements courants. On remarquera que jusqu’en 2003, notre balance était excédentaire. C’est à partir de cette date que l’on bascule dans le rouge. Et depuis, le trou ne cesse de se creuser. On ne réglera pas la crise de l’euro tant que l’on n’aura pas résolu ces déséquilibres entre les balances des pays membres. On ne sortira pas de la crise et de la dépression, tant que l’on n’aura pas rééquilibré les échanges entre les grandes zones excédentaires et les pays déficitaires.



      Jean-Michel Quatrepoint est l’auteur de Mourir pour le Yuan (Bourin Editeur, 2011).

      Retrouvez d’autres analyses de la Fondation Res Publica sur sa page partenaire du Monde.fr.

      Athènes face à l’absolutisme européen

      Posté par le 10 nov 2011 | Dans : Economie, Pour une autre Europe

      Par BRUNO AMABLE professeur de sciences économiques à l’université Paris-I Panthéon- Sorbonne, membre de l’Institut universitaire de France.

      Qui aurait souhaité démontrer le caractère antidémocratique de la construction européenne aurait pu difficilement trouver un meilleur exemple que l’histoire du référendum grec. Sa tenue à l’automne avait été annoncée en juin mais cela n’a pas empêché les principaux chefs d’Etat et tous les professionnels de l’intégrisme européen de feindre la surprise et de hurler au «coup de poker irresponsable», mettant en garde contre les «conséquences imprévisibles» (mais certainement abominables) qu’aurait un refus du plan «de sauvetage». On connaît la suite, après s’être vu imposer une reformulation de la question à poser, Georges Papandréou a finalement dû abandonner son projet au terme d’un processus particulièrement humiliant qui a révélé que la Grèce, à la différence de l’Islande, avait un statut de protectorat.

      Il y eut aussi cette lettre envoyée le 5 août par le président de la Banque centrale européenne (BCE) et son successeur au Premier ministre italien (son homologue espagnol était destinataire d’une lettre semblable) dans laquelle les premiers, employant à cette occasion le ton qui convient pour indiquer à son majordome la liste des tâches quotidiennes, enjoignaient à Silvio Berlusconi de procéder aux sempiternelles réformes néolibérales : déréglementation du secteur des services, privatisation complète des services publics locaux, décentralisation au niveau de la firme des négociations salariales, abaissement du niveau de protection de l’emploi, durcissement des conditions d’accès à une retraite complète, baisse des salaires dans la fonction publique, instauration de procédures de coupes automatiques dans les dépenses publiques en cas de dépassement des objectifs de déficit, réforme de l’administration pour que celle-ci soit plus «amicale» envers le monde des affaires… Il était aussi précisé que tout ceci devait se faire dans les meilleurs délais : par décrets avec une ratification par le Parlement avant fin septembre.

      La démarche des deux banquiers centraux de Francfort a au moins le mérite de dissiper l’hypocrisie habituelle sur ce qui relèverait des domaines communautaires, partagé ou national. Visiblement plus rien n’échappe à la compétence de la Banque centrale européenne. Lorsque celle-ci fut instaurée, comme une banque centrale «indépendante», le traité de Maastricht lui interdit de «solliciter ou accepter» des instructions des gouvernements des Etats membres de l’Union européenne. A l’évidence, ces derniers auraient dû prévoir une clause de réciprocité.

      L’intégration européenne a donc d’abord conduit à l’abandon du contrôle de la politique commerciale puis à celui de la politique monétaire avec la création de l’euro. Comme la monnaie unique impose aux pays de la zone euro qui ont perdu en compétitivité (ceux du sud de l’Europe notamment) de chercher à la regagner par la baisse des salaires et des prix au moyen de politiques macroéconomiques restrictives qui mènent à la récession, accroissent le chômage, creusent les déficits publics, rendent les problèmes de dette publique plus difficiles à résoudre et accroissent la fragilité financière, l’abandon de la maîtrise de la politique budgétaire est presque réalisé. Et le renoncement à la conduite de politiques structurelles, de politiques de l’emploi ou de politiques sociales qui s’écarteraient de la saignée néolibérale est en très bonne voie.

      Il y a alors une erreur de raisonnement à penser que la situation actuelle, qui voit par exemple les Indignés occuper Wall Street plutôt que manifester devant la Maison Blanche, témoigne du recul de la politique face à l’économie. Ce que cela représente, en fait, c’est le recul de la démocratie élective face à une nouvelle forme de politique, non démocratique. Elle est menée en Europe par des technocrates qui se sont certes garantis une indépendance à l’égard du demos, mais n’en mènent pas moins une action politique au sens où les décisions qu’ils prennent, comme les mesures ou les législations qu’ils contraignent les gouvernements à adopter, favorisent ou protègent certains intérêts, notamment financiers, au détriment d’autres intérêts. De même qu’il n’est pas de pire idéologie que celle de l’absence d’idéologie, il n’est pas de politique plus hypocrite que celle qui se dissimule derrière l’«apolitisme» techniciste ou des «contraintes» qu’on a soi-même contribué à ériger. Abandonner la politique à la bureaucratie néolibérale est bien la dernière bêtise à faire en Europe.

      Article publié dans Libé du 8/11/2011

      « Hollande s’est condamné à jouer le père la rigueur »

      Posté par le 10 nov 2011 | Dans : Economie, Pour une autre Europe

      InterviewProfesseur à l’université Paris I, Bruno Amable est chroniqueur à Libération. Economiste à la gauche du PS, il analyse le positionnement du candidat PS et le casting des penseurs qui le conseillent.

      Recueilli par Jonathan Bouchet-Petersen

      dans Libé du jour

      François Hollande a-t-il une politique économique européenne à la hauteur des enjeux?

      Il a une stratégie centriste sur le plan politique et s’appuie sur des catégories sociales extrêmement favorables à l’intégration européenne. Il est donc prisonnier des institutions actuelles, ce qui explique son manque d’imagination. Sa stratégie politique de conquête d’une certaine base sociale bourgeoise lui impose de rester près de l’Europe telle qu’elle est, même si celle-ci navigue complètement à vue. Il est, du coup, contraint d’avoir un horizon très bas.

      Cette « stratégie centriste » n’est-elle pas le moyen de disposer d’une majorité?

      Une majorité centriste, oui, virtuellement possible sur le papier: en rassemblant les catégories moyennes et supérieures du privé et du public. Il délaisse, d’un côté, les classes populaires, et, de l’autre, les travailleurs indépendants et les commerçants. Ce pari du centre est risqué et peut très bien le conduire à être éliminé au premier tour de la présidentielle comme Lionel Jospin en 2002. Cette éventualité fait rire actuellement, mais la situation économique est tellement agitée que si en mars ou en avril il se passe vraiment quelque chose de grave en Italie, en Espagne, puis en France, impossible de dire ce qu’en seraient les conséquences politiques…

      Que pensez-vous des premières pistes évoquées hier par Hollande?

      Il peut toujours prétendre qu’il va faire des eurobonds, ce qui est déjà une posture minimale, car la société allemande dans son ensemble ne l’acceptera jamais. Quant à dire que la Banque centrale européenne (BCE) rachètera des emprunts, elle l’a déjà fait, et Hollande n’aura aucun moyen de forcer le président de la BCE à en racheter de nouveau. Il ne pourra pas plus agir sur une transformation radicale des statuts de la BCE pour qu’elle se comporte réellement en prêteur. Car là encore, quelques soient ses velléités, l’Allemagne ne l’acceptera pas. C’est un obstacle infranchissable.

      Que serait une proposition à la fois audacieuse et réaliste?

      Une remise en cause radicale de l’intégration européenne, ce serait audacieux mais peu réaliste car les coûts seraient énormes. En fait, soit il se met sur une position très à gauche, ce qu’il ne fera jamais, soit il colle aux contraintes évoquées précédemment. Pas sûr que cela soit plus réaliste car l’euro se dirige vers des mers très démontées. Au fond, Hollande est pris dans un tel étau de contraintes qu’il a choisi de se positionner sur la rigueur, la rigueur, et encore la rigueur. Il emprunte une voie à la Bérégovoy.

      Autour de Hollande, on retrouve des économistes comme Elie Cohen, Jean-Hervé Lorenzi ou Philippe Aghion. Que vous inspire ce casting très classique?

      Il veut surtout ne pas faire peur aux marchés. Il s’est donc condamné à jouer le père la rigueur, le chantre de l’orthodoxie budgétaire. Il n’ira pas chercher des économistes qui, sans être révolutionnaires, ont des positions assez nettement à gauche. C’est pour ça qu’il affiche ce casting pas très réjouissant. Avec Elie Cohen, par exemple, on n’est vraiment pas dans la gauche mais bien dans le centre droit. Maintenant, reste à savoir qui influence réellement le candidat Hollande. Je ne suis pas certain que ce soient ces économistes.

      Qui joue alors le rôle d’inspirateur?

      Quelqu’un comme Jean-Pierre Jouyet a sûrement beaucoup plus d’influence qu’Elie Cohen ou Jean-Hervé Lorenzi, qui sont d’abord là pour la galerie. Eux servent surtout à dire: « Voyez comme je suis respectable.. ». Mais Jouyet, qui n’est pas « montrable » car un peu trop compromis avec Nicolas Sarkozy dont il a été ministre, a beaucoup plus de poids sur la stratégie électorale de Hollande. C’est également le cas du banquier Stéphane Boujenah. Leur programme de centre droit est un néolibéralisme un peu plus redistributeur que celui de Sarkozy, mais pas trop quand même. Tout cela ne fait pas rêver.

      Entre crise et alternatives : faire sauter les verrous européens sera le thème du grand débat de L’AGAUREPS-Prométhée mardi 22 novembre 2012 à Mont de Marsan

      Posté par le 10 nov 2011 | Dans : Non classé

          L’AGAUREPS-Prométhée vous convie à une réunion de débat et d’échange

      le mardi 22 novembre 2011

      à Mont-de-Marsan,

      Hôtel des Pyrénées (20 avenue du 34° RI ou Régiment d’Infanterie)

      à partir de 18 heures 30

      Ordre du jour : (animation Xavier DUMOULIN)

      -         La demi-heure de l’actualité politique et sociale :

           (Intervention de Francis DASPE)

         L’intérêt général : objet politique non identifié ?

      -         Le grand débat de l’AGAUREPS-Prométhée :

      (Intervention de Xavier DUMOULIN)

      Entre crise et alternatives : faire sauter les verrous européens 

      Hollande : dur avec les écolos, doux avec Chevènement

      Posté par le 11 nov 2011 | Dans : Parti socialiste

      Gérald Andrieu et Chloé Demoulin -- Marianne | Vendredi 11 Novembre 2011

      Quelle que soit l’issue des négociations avec Europe écologie, François Hollande aura profité de cette séquence pour apparaître plus dur que nous le décrivaient ses adversaires de la primaire. Une rigidité qui tranche avec la manière, toute en douceur, dont lui et son entourage ont accueilli la candidature de Jean-Pierre Chevènement.

       «C’est l’heure des caractères, pas des fromages pasteurisés », avait déclaré Jean-Luc Mélenchon à Libération à l’occasion d’une interview dans laquelle il avait fait savoir, pour la première fois publiquement, qu’il se sentait « capable » et « prêt » à être le candidat du Front de gauche. Mais à quel type de fromage a-t-on affaire avec François Hollande ? Aurait-il la pâte aussi molle que nous l’avait dit Martine Aubry et que laissait entendre un de ses multiples surnoms : « Little Gouda » ? Ou sait-il aussi avoir, à l’occasion, la main ferme ?
       
      La teneur des récentes négociations avec les écologistes et l’accueil qu’il a réservé avec ses proches à la candidature de Jean-Pierre Chevènement nous apportent un début de réponse. Lui qui le plus souvent, à la tête de Solférino, recherchait le consensus et se refusait à dire « non » à ses interlocuteurs, a alternativement joué les durs et les doux dans cette séquence tactique et stratégique, fidèle à un autre de ses surnoms : « Culbuto ».
       
      Doux avec Chevènement, à l’évidence Hollande et les siens l’ont été. Dans l’entourage de l’ancien candidat à la présidentielle de 2002, on note que les premières déclarations des lieutenants du Corrézien ont été « respectueuses » et « encourageantes » : « Ils semblent être dans une logique de non-agression », explique-t-on, appréciant également le fait qu’Hollande n’ait pas décroché son téléphone dans les trois jours pour joindre Chevènement : « Ça aurait été lui manquer de respect ». Et l’on veut croire, pour l’instant, qu’il existe un espace pour qu’Hollande se « républicanise », se « chevènementise », prenant d’ailleurs en exemple ses récentes prises de positions sur le nucléaire auquel est attaché le sénateur de Belfort.
       
      Car Hollande a surpris son monde en annonçant vouloir « préserver la construction » de l’EPR de Flamanville en pleine négociation avec les écolos. Accusé d’être mou lors de la primaire, François Hollande utiliserait les Verts pour afficher une dureté qu’on ne lui connaissait pas. C’est du moins ce qu’explique un de ses plus proches : « Martine Aubry leur avait tout cédé a priori alors que le rapport de force nous est favorable. Je lui ai dit : “Si tu bouges, t’es mort” ».
       
      « Sa sortie sur l’EPR n’arrivait pas au moment le plus pertinent et les rapports de force, ça change avec le temps », explique quant à lui le négociateur des Verts, Jean-Vincent Placé. Alors en attendant que le rapport de force change (et avec une Eva Joly aux alentours de 5%, ce n’est pas encore pour demain), l’idée d’avoir été utilisé comme faire-valoir par Hollande passe mal chez les écolos : « Nous on ne lui a jamais dit qu’il était mou !, déclare l’élu parisien Denis Baupin, Est-ce qu’il vaut mieux être dur avec les écolos ou avec le lobby nucléaire ? » « Pour qu’un accord se fasse, ajoute Sergio Coronado, le directeur de campagne d’Eva Joly, il faut une volonté d’avancer, pas une pratique consistant à chercher à humilier en permanence son partenaire ». Voilà donc une séquence qui aura permis à François Hollande de se refaire la cerise sur le dos des écolos, mais qui, quelle que soit l’issue des négociations entre PS et Europe écologie, laissera sans doute des traces entre les deux formations alliées…

      L’euro, victime des pièges de l’idéologie ?

      Posté par le 11 nov 2011 | Dans : Economie, Pour une autre Europe

      Chronique « International » | LEMONDE | 10.11.11 | par Alain Frachon (Chronique « International »)

      Il suffirait d’une phrase pour endiguer la crise de l’euro, affirment nombre d’économistes. Une petite phrase que devrait prononcer la Banque centrale européenne. La BCE devrait dire haut et fort qu’elle jouera le rôle de prêteur de dernier recours pour les membres les plus endettés de l’union monétaire. Et l’euro se porterait mieux.

      Et les marchés seraient tenus en respect. Et, ô ! Joie suprême, on se ficherait pas mal de ce que racontent les agences de notation. Et on pourrait desserrer quelque peu l’étau de l’austérité budgétaire, assouplir les conditions de la rigueur. Et cela favoriserait un début de reprise de l’activité, qui faciliterait l’apurement de la dette. Et, sans promettre de raser gratis, on sortirait de ce cycle sinistre qui voit se défaire la zone euro, comme dans une méchante partie de bowling quand la grosse boule noire vient faucher les quilles les unes après les autres : d’abord Athènes, puis Dublin, Lisbonne, Madrid, Rome -- en attendant Paris…

      L’institut d’émission battant monnaie -- c’est l’une de ses fonctions -, ses ressources sont, par définition, illimitées. Si la BCE dit qu’elle sera l’assureur de dernier ressort, elle dissuade la spéculation. Les marchés seront rassérénés. Ils n’exigeront plus des taux de rémunération faramineux pour souscrire aux emprunts des Etats les plus endettés.

      Ceux-là échapperont à l’emballement des coûts de leur dette. Ils sortiront d’une infernale spirale dont on connaît parfaitement les étapes. L’Etat ignoblement endetté est d’abord condamné à ne plus pouvoir se financer sur le marché en émettant des bons du trésor : il devrait verser des taux d’intérêt prohibitifs. Il est amené à tendre la sébile. Il sollicite une aide auprès de créanciers extérieurs. Mais ces derniers n’accordent leur assistance qu’à des conditions d’austérité draconiennes qui épuisent le malade. Voir, bientôt, l’Italie…

      Dans l’hypothèse où la Banque centrale dit à l’avance qu’elle souscrira aux emprunts d’un Etat qui a du mal à payer ses dettes, le schéma est tout différent. Les achats de l’institut d’émission vont rabaisser les taux à des niveaux praticables, si la seule déclaration d’intention de la banque centrale n’a pas suffi à le faire.

      C’est ce qui se passe hors zone euro, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, au Japon, par exemple. A des titres divers, ces trois pays n’alignent pas un carnet de notes plus brillant que la moyenne dans l’union monétaire européenne. Mais il est clair pour tout le monde que la Réserve fédérale, la Banque d’Angleterre ou celle du Japon n’hésiteront pas.

      En cas de difficulté de financement de l’Etat, elles achèteront ses bons du Trésor, directement. Les marchés ne s’y frottent pas ou guère ; ils savent que les ressources d’un institut d’émission sont illimitées. Inutile de faire grimper les taux.

      Pourquoi la BCE n’agit-elle pas de même ? Parce qu’elle est liée par une doctrine qui prône la séparation des pouvoirs. A la banque de s’occuper du monétaire, au gouvernement du budgétaire ; à la banque de garantir la stabilité de la monnaie (pas d’inflation), au gouvernement de gérer sa dette. Autrement dit, ce n’est pas à l’institut d’émission à venir au secours du Trésor -- chacun son mandat. Celui de la BCE lui intime expressément de ne s’occuper que de la stabilité des prix, pas de combler les trous budgétaires des paniers percés de la zone.

      « C’est de l’idéologie, tonne Jean-Paul Fitoussi, directeur de recherche à l’OFCE. On se refuse à monétariser une partie de la dette, on se condamne à l’impuissance, on se lie les mains avec une doctrine qui ne tient pas la route, mais qu’on a gravée dans nos textes. » « En s’interdisant de disposer d’un prêteur de derniers recours, on s’expose, en cas de difficultés financières, au choix suivant : soit la faillite, soit une aide mais conditionnée à une telle austérité qu’elle n’empêchera d’ailleurs pas la faillite », dit-il.

      Son incompréhension est partagée par nombre de ses confrères américains qui, du Prix Nobel Paul Krugman à Jeffrey Sachs, en passant par Kenneth Rogoff, disent tous la même chose : « Si la BCE prenait en charge les dettes européennes, la crise s’allégerait considérablement » (Paul Krugman, New York Times, le 23 octobre).

      Les risques ? A l’évidence, l’inflation. Les tenants de la séparation des pouvoirs font valoir que le rachat direct de la dette d’un Etat par sa banque centrale équivaut à faire marcher la planche à billets. A plein régime. C’est de la création monétaire pure et simple. Et cette crainte de l’inflation, celle d’une monnaie qui entre dans la spirale d’une dévaluation continue, le souvenir de cette tragédie qu’elle vécut dans les années 1920 et qui conduisit à Hitler, voilà ce qui hante la mémoire collective de l’Allemagne ; voilà qui explique qu’elle n’accepta d’abandonner son très solide deutschemark pour l’euro qu’à la condition qu’on n’assigne qu’une seule tâche à la BCE : la lutte contre l’inflation.

      Les tenants de la doctrine évoquent d’autres raisons. Il faut préserver la crédibilité de l’institut d’émission, et donc ne pas grever son bilan de créances douteuses -- mais la BCE achète en sous main, sur le marché secondaire, pas directement, des quantités importantes de dette souveraine des Etats les plus faibles de la zone euro… Autre argument des partisans de la « séparation des pouvoirs » : ne pas encourager le laxisme budgétaire en disant à l’avance qu’on garantira les dettes des irresponsables.

      A quoi Jean-Paul Fitoussi et Paul Krugman répondent que la création de monnaie ne crée pas d’inflation dans des économies déprimées comme les nôtres. Et pour empêcher qu’un assouplissement de la doctrine monétaire de la BCE ne soit une incitation au vice de la dette, il faut l’accompagner d’une stricte discipline budgétaire. Relâchement doctrinal contre sévérité budgétaire : donnant-donnant.

      Paul Krugman conclut ainsi son article : « Sur les ruines de la guerre, les Européens ont créé des sociétés qui, sans être parfaites (…) sont sans doute les plus décentes de l’histoire de l’humanité. Et cela est menacé parce que l’élite européenne (…) arrime le continent à un système monétaire qui recrée des rigidités (…) aux allures de piège mortel. »



      frachon@lemonde.fr

      Chè 2012 : une pêche d’enfer !

      Posté par le 14 nov 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D, Battre campagne, Le Che

      Je sais pas vous mais moi je l’ai trouvé au zénith de sa forme. Tout plein d’humour et de verve avec sa tranquille capacité de raisonnement que rien ne vient entraver. 

      Tenez par exemple quand cette sotte question de son logement est revenue sur le tapis, l’honorable parlementaire  n’a même pas cru bon de préciser qu’il pourrait vivre tranquillement de sa retraite de député, chose dont il ne peut jouir étant encore et toujours au service de la république.  C’est pourquoi il loue en toute légalité dans le 5° un appartement au troisième étage d’un immeuble sans  ascenseur au parc immobilier de la ville de Paris pour un montant  qui n’a rien de scandaleux et représente même le quart de son indemnité de sénateur. Tout ça pour dire que  l’élu socialiste parisien à l’origine de la calomnie en sera pour ses frais malgré cette artillerie lourde! Comme l’avait été en son temps la tentative de s’opposer à son élection de sénateur en maintenant une candidature PS au second tour. 

      Dans le même genre la rengaine d’un Chevènement qui serait responsable d’un certain 21 avril est apparue complètement décalée. Cette fatwa jospiniste était à vrai dire de la plus mauvaise inspiration.  Comme l’adoption par les dirigeants socialistes, de concert avec l’UMP de toutes les mauvaises décisions historiques à l’origine de la crise actuelle : traité de Maastricht, pacte de stabilité d’Amsterdam, accords de Barcelonne, projet de traité constitutionnel mis en échec par référendum avant la ratification du traité de Lisbonne par voie parlementaire…

      Mais le Che n’a pas le regard dans le rétroviseur. Il sait aller de l’avant avec une certaine grandeur et sans rancœur. Avec des mots presque aimables à l’endroit d’un François Hollande qui apprend à résister au lobby antinucléaire ou d’un Jean-Luc Mélenchon qui chemine dans le bon sens. Ce dernier qui avait voté oui à Maastricht et fait la campagne de Jospin en 2002 revient en effet de loin ! 

      En substance le Che a su donc évacuer sereinement toutes les chausse-trappes pour aller à l’essentiel. Il faut donc écouter l’émission poad-castée sur son blog. 

      Vous y trouverez des analyses pertinentes sur la crise financière en Europe et surtout des propositions adaptées à la situation actuelle. Je vous le demande : qui peut aujourd’hui porter de façon crédible un projet alternatif en France pour changer la donne et ouvrir la voie à une autre Europe ? qui possède la détermination et la légitimité pour le faire ? 

      Ne sont-ce point là les seules questions qui vaillent la peine de trouver réponses dans la tourmente qui pourrait bien tout emporter ? Et ces réponses là ne s’improvisent pas. Elles appellent des décisions courageuses qui prépareront des confrontations difficiles dans une Europe qui doit faire peau neuve à commencer par la France !

      Ce « miraculé de la république » -- qui disait avec humour que ni le diable ni le bon dieu n’avaient encore voulu de lui -- me fait penser à « ce diable de CERES » qui avait redonné ses aîles à la gauche. Avec cette même intelligence, cette même vigueur et cette même audace. Avec en prime la sagesse, la réflexion sur cette période d’échec de l’Europe néolibérale et une riche expérience gouvernementale. Un enfer pour la bienpensance cette capacité à faire bouger les lignes!

      X.D

      « Je veux redresser la France »

      Posté par le 14 nov 2011 | Dans : Battre campagne, Blog du Che, Le Che, Projet politique


      Entretien de Jean-Pierre Chevènement à L’Est républicain, lundi 14 novembre 2011.


       

      L’Est républicain: En 2002, quand vous aviez présenté votre précédente candidature à la Présidence de la République, vous ambitionniez de « faire turbuler » le système. Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous motive ?
      Jean-Pierre Chevènement: Comme en 2002, le souci de la France. Mais cette fois-ci, en plein dans la crise contre laquelle je mettais en garde il y a dix ans. Le système de la monnaie unique est au bord de la dislocation. L’Italie va devoir emprunter 300 milliards d’€ à un taux supérieur à 6 %. Ce n’est pas tenable. Les banques françaises sont très engagées dans la Péninsule. Après l’Italie qui risque de faire défaut, la France sera le maillon faible. Comme je l’ai expliqué dans mes deux livres « La France est-elle finie ? » et « Sortir la France de l’impasse », il y a deux types de solutions. Mon plan A, c’est de mobiliser toutes les ressources de la Banque Centrale Européenne pour assurer la survie de la monnaie unique. Mon plan B, si l’Allemagne persiste dans son refus, c’est d’assurer la mutation progressive de l’euro de monnaie unique en monnaie commune, en évitant les dévaluations sauvages et en préservant si possible un espace économique européen cohérent.

      Quel serait l’intérêt de ce changement de nature ?
      Cette devise internationale, dont le cours comme aujourd’hui, serait fixé par le marché, sans doute à un niveau plus bas, serait un panier de monnaies nationales utilisées, elles, dans les transactions internes. Ce projet respectueux des nations a été malheureusement écarté en juin 1989 au Conseil européen de Madrid au bénéfice d’un projet de « monnaie unique », issu des travaux du groupe Delors, qui était la simple transposition à l’Europe des règles de la Bundesbank allemande. La monnaie unique a été une erreur, mais il n’est jamais trop tard pour rectifier une erreur. Redresser la France avec la construction européenne est la motivation principale de ma candidature. Pour cela, j’entends marquer quatre repères : une monnaie moins chère pour soutenir les exportations et restaurer la compétitivité ; favoriser la croissance en Europe plutôt que la récession ; préserver la souveraineté budgétaire et fiscale de la France, constitutive de son indépendance ; bâtir enfin une « Europe européenne » confédérale qui s’appuie sur ses nations, démocratique donc et à géométrie variable.

      Lire la suite »

      Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Journal de Saône et Loire, mardi 15 novembre 2011.

      Posté par le 15 nov 2011 | Dans : Battre campagne, Blog du Che, Le Che, Projet politique

      Vous visitez l’usine d’Areva Saint-Marcel, pourquoi êtes-vous convaincu que l’on ne peut pas sortir du nucléaire, comme l’Allemagne et d’autres voisins européens en ont la tentation ?
      Jean-Pierre Chevènement:
      Le nucléaire représente 75 % de notre électricité, et c’est surtout moins cher. Ailleurs, comme en Allemagne pour ne citer qu’eux, la facture est 40 % supérieure. Je tiens à rappeler que le kilowattheure nucléaire est deux fois moins cher que l’éolien et 8 à 10 fois moins cher que le kilowatt solaire photovoltaïque. En plus, le nucléaire émet très peu de gaz à effet de serre. Il faut souligner que le nucléaire, c’est 125 000 emplois directs et 400 000 si l’on rajoute tous ceux liés à des sous-traitants. Chez vous, le Pôle Nucléaire Bourgogne (PNB) c’est 10 000 emplois, et ici à Areva Saint-Marcel environ 1 000 emplois, pour la plupart en CDI, selon le plan de charge de l’usine. Je demande à ce que l’on ne massacre pas ce qui reste de notre tissu industriel. Il faut avoir des arguments sérieux, traiter ce problème de manière responsable et ne pas en faire l’enjeu d’une carabistouille électorale, comme dirait M. Mélenchon, où l’on échangerait des réacteurs nucléaires contre des circonscriptions.

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      « La réindustrialisation doit être le cœur de cible de toute action publique »

      Posté par le 15 nov 2011 | Dans : Articles de fond, Economie, Projet politique

      Point de vue | Fondation Res-Publica | 15.11.11 | 15h58

      par Baptiste Petitjean, directeur de la Fondation Res Publica

      Conserver le triple A, à tout prix. L’Etat ne serait-il plus que le représentant d’un stock de dette, contraint de satisfaire aux critères des agences de notation ? Certes, selon la formule de Pierre Mendès-France, « gouverner c’est choisir, si difficiles que soient les choix ». Encore ne faut-il pas confondre l’exigence de l’effort et le sacrifice de la croissance !

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      Tribune de Jean-Pierre Chevènement parue dans Les Echos, mercredi 16 novembre 2011.

      Posté par le 16 nov 2011 | Dans : Battre campagne, Blog du Che, Economie, Le Che, Projet politique

      la fin de la France ?

      Le sort de la monnaie unique se joue en Italie. Ce pays doit lever 300 milliards d’euros en 2012 à un taux qui dépasse 6 %. Intenable.

      Le remplacement d’hommes politiques élus par des technocrates européens non élus, MM. Monti en Italie comme Papadémos en Grèce (à quand M. Trichet à Matignon ?) ne réglera rien.

      En effet, les ressources disponibles du Fonds européen de stabilisation financière (FESF), soit 250 milliards d’euros, sont radicalement insuffisantes pour faire face à la montagne de dettes des pays « sous tension » (plus de 3.000 milliards d’euros) et particulièrement au risque d’un défaut italien.

      Le fameux « effet de levier » évoqué par le sommet européen de Bruxelles du 24 octobre 2011 pour multiplier les ressources du FESF par cinq a fait long feu : le « véhicule spécial » qui devait embarquer des « émergents » (Chine, Brésil, etc.) pour venir au secours de la monnaie unique est rentré vide du sommet du G20 à Cannes.

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      « Ce n’est pas une erreur, c’est une stratégie », par Thomas Coutrot, coprésident d’Attac

      Posté par le 17 nov 2011 | Dans : Economie, Gauche anti-libérale, Pour une autre Europe

      Point de vue dans Le Monde du 15.11.11    

      Début 2010, la « troïka » (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) impose à la Grèce son premier plan d’austérité. Il apparaît alors qu’on a décidé de profiter de la crise financière pour porter des coups décisifs aux compromis sociaux concédés après la deuxième guerre mondiale. La parenthèse « keynésienne » – consistant à laisser filer temporairement les déficits publics pour éviter que l’effondrement de Lehman Brothers ne se transforme en cataclysme incontrôlable – est refermée, et l’offensive décrétée contre les dépenses publiques et les droits sociaux en Europe.

      L’Espagne, le Portugal, l’Italie, la France, la Grande-Bretagne, et même l’Allemagne, suivent ensuite le même chemin : blocage des salaires et/ou réduction du nombre des fonctionnaires, réformes des retraites, de l’assurance-maladie, remise en cause des politiques et prestations sociales, privatisations… Des mesures – qui n’ont qu’un rapport très lointain avec les déficits et la dette – sont imposées avec la même urgence : les patrons grecs et espagnols pourront licencier plus facilement et se débarrasser des conventions collectives, le salaire minimum irlandais est réduit… Dans une incroyable lettre secrète, expédiée le 5 août, M. Trichet enjoint à M. Berlusconi de réformer le système de négociation collective, de réduire la protection des salariés contre les licenciements et de mener « une vaste réforme de l’administration publique afin d’améliorer l’efficacité administrative et la bienveillance à l’égard des entreprises »…

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      Entre crise et alternatives : faire sauter les verrous européens sera le thème du grand débat de L’AGAUREPS-Prométhée mardi 22 novembre 2012 à Mont de Marsan

      Posté par le 17 nov 2011 | Dans : Pour une autre Europe

          L’AGAUREPS-Prométhée vous convie à une réunion de débat et d’échange

      le mardi 22 novembre 2011

      à Mont-de-Marsan,

      Hôtel des Pyrénées (20 avenue du 34° RI ou Régiment d’Infanterie)

      à partir de 18 heures 30

      Ordre du jour : (animation Xavier DUMOULIN)

      -         La demi-heure de l’actualité politique et sociale :

           (Intervention de Francis DASPE)

         L’intérêt général : objet politique non identifié ?

      -         Le grand débat de l’AGAUREPS-Prométhée :

      (Intervention de Xavier DUMOULIN)

      Entre crise et alternatives : faire sauter les verrous européens 

      « L’Homme libre est celui qui aide l’Autre à le devenir » – Danielle Mitterrand Présidente de la Fondation France-Libertés

      Posté par le 20 nov 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

      daniellemitterrandblogcitoyen.pngarchives photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain -- une réunion publique de France-Libertés avec Danielle Mitterrand

       Danielle Mitterrand nous laisse son humanité en héritage… Avec cette devise qui résume tout le sens d’une existence :

      « L’Homme libre est celui qui aide l’Autre à le devenir »

       

      A lire dans le blog citoyen

      Danielle Mitterrand dans son interview au JDD : “Il y a quinze ans, je fusillais déjà le capitalisme”

      A propos du 10 mai : “Du pouvoir des idées à l’idée du pouvoir”

      L’entretien exclusif de Danielle Mitterrand au blog citoyen

      Revue de blogs citoyens

      “C’est David qui a gagné”

      Quilès : « Danielle Mitterrand n’était pas politiquement correcte »

      Posté par le 22 nov 2011 | Dans : Non classé

      Celle qui a été Première dame de France pendant 14 ans s’est éteinte dans la nuit de lundi à mardi à l’âge de 87 ans. Paul Quilès, ancien ministre de la Défense de François Mitterrand l’a côtoyé pendant de nombreuses années. Il raconte au JDD.fr le souvenir qu’il garde de celle qu’il décrit comme « sincère, généreuse, convaincue et engagée ».

       Comment avez-vous accueilli l’annonce de sa mort?
      Avec tristesse. Avec son décès, une période se termine.

      Quel souvenir garderez-vous de Danielle Mitterrand?
      Celui d’une personnalité humaine, simple, chaleureuse et généreuse. Contrairement à beaucoup de gens, elle est restée ce qu’elle a toujours été, quelqu’un d’engagé, exprimant avec force ses convictions, parfois peut-être de manière un petit peu trop forte. Elle était dans les cercles du pouvoir mais elle n’était pas adepte du politiquement correct. Elle ne s’encombrait pas beaucoup des précautions traditionnelles de la diplomatie. Elle créait autour d’elle, et notamment chez son mari, quelques irritations. C’était amusant de voir avec quelle force elle défendait ses convictions. Quand Danielle Mitterrand disait quelque chose, elle ne lâchait pas. Elle affirmait son point de vue, elle allait jusqu’au bout. Ce qui pouvait mettre son mari dans tous ses états. Mais elle ne le faisait pas pour choquer, elle était comme ça.

      Vous souvenez-vous d’une anecdote particulière?
      Après le premier meeting de campagne de 1981, à Chalon-sur-Saône, nous avions dîné tous ensemble. Tout le monde était de mauvaise humeur. Elle m’avait demandé de ne plus mettre l’Internationale à la fin des meetings mais la Marseillaise. François Mitterrand m’a alors demandé à son tour de mettre l’Internationale à la fin des meetings. S’en est suivie une discussion d’une demi-heure, où chacun vantait les mérites de l’International et de la Marseillaise. Finalement, on a mis l’Internationale et la Marseillaise entre les deux tours.

      Avait-elle une grande influence sur les choix politiques de François Mitterrand?
      Ses prises de position assez péremptoires énervaient Mitterrand. Mais il n’était pas du genre à se fâcher publiquement avec sa femme. Quand il était à l’Elysée, il était obligé de prendre les précautions habituelles de la diplomatie. Quand elle défendait les Kurdes, François Mitterrand lui disait : « On ne vas pas se fâcher avec la Turquie! »

      Vous souvenez-vous de sa réaction au soir du 10 mai 1981?
      C’était un grand bonheur. Elle se disait : ‘Enfin, la gauche gagne. C’est historique et on va pouvoir faire des choses fortes et appliquer des mesures qui vont changer profondément ce pays’.
      Tous ses combats étaient dirigés vers la justice, contre les inégalités, pour les droits de l’Homme. Pour elle, arriver au pouvoir représentait la capacité de réaliser tous ses combats. Mais elle détestait les mondanités. Elle n’a pas changé de vie parce que son mari était à l’Elysée. Elle avait sa façon militante d’être Première dame.

      Caroline Vigoureux -- leJDD.fr

      mardi 22 novembre 201

      Danielle Mitterrand, soixante-dix ans de combats

      Posté par le 22 nov 2011 | Dans : Non classé

       http://www.lejdd.fr/Politique/Images/Danielle-Mitterrand-soixante-dix-ans-de-combats/L-esprit-latin-427365/

      Danielle Mitterrand 1997

      A la fin des années 90, Danielle Mitterrand a beaucoup voyagé en Amérique latine, rencontrant Fidel Castro ou rendant hommage, comme ici en 1997, à Che Guevara. Un positionnement en faveur des peuples de gauche d’Amérique.

      Reuters

      Danielle Mitterrand, les combats d’une militante

      Posté par le 22 nov 2011 | Dans : Non classé

      LEMONDE | 22.11.11 | 08h55   •  

      Danielle Mitterrand, le 4 octobre 2011.

      Danielle Mitterrand, le 4 octobre 2011.AFP/MIGUEL MEDINA

      « Je continuerai mon action jusqu’à ma mort » : promesse, conviction, évidence d’un destin, Danielle Mitterrand ne se trompait pas, en cette année 1992. La femme de l’ancien président de la République, qui s’est éteinte, mardi 22 novembre, à 87 ans, à l’hôpital Georges Pompidou à Paris, venait alors de réchapper d’un attentat à la voiture piégée, en plein Kurdistan irakien. Sept personnes avaient été tuées et dix-sept autres blessées dans le convoi de la présidente de la fondation France-Libertés.

      Tiers-mondiste, altermondialiste, Danielle Mitterrand s’est consacrée avec opiniâtreté aux causes qu’elle estimait justes. Une première alerte de santé, en septembre, ne l’avait pas empêchée de préparer le 25e anniversaire de sa fondation, le 21 octobre. « Il faut que j’écrive mon discours ! », répétait-elle, encore alitée.

      Une photo nous la montre, le jour de la cérémonie. Les yeux de chat sont rieurs et sur l’éternel pull noir brille le bijou qu’elle ne quittait jamais : un pendentif en or où se mêlent les branches du chêne et de l’olivier, l’arbre imaginaire et symbolique de François Mitterrand. Cet homme brillant, séducteur, charismatique, qui fut son mari cinquante et un ans durant… Une autre sorte de combat.

      « J’AI UN FIANCÉ POUR TOI… »

      La première rencontre ne la convainc guère, pourtant, dans cette brasserie parisienne où sa sœur Madeleine leur a donné rendez-vous, un soir d’avril 1944. La résistante, qui deviendra l’épouse de Roger Hanin et productrice de cinéma sous le nom de Christine Gouze-Rénal, lui a écrit quelques semaines auparavant : « J’ai un fiancé pour toi… »

      Dans son réseau, Madeleine-Christine a fait la connaissance du « capitaine Morland », autrement dit François Mitterrand. Du haut de ses 19 ans, Danielle Gouze explique ingénument à sa sœur : « C’est un homme. Moi ce que j’aime ce sont les garçons ! » Mais la guerre, où l’on joue son identité et sa vie, ne se prête pas aux atermoiements. Cet homme-là, après s’être beaucoup cherché à Vichy, est maintenant recherché par la Gestapo.

      En juin 1944, il se cache en Bourgogne « en compagnie d’une jolie fille dont les yeux de chat admirables restent fixés sur un au-delà dont j’ignore les bornes et les accidents », écrit-il à une amie (Les Mitterrand, Robert Schneider, Perrin, 2011). Et elle, que sait-elle des bornes et des accidents de ce bourgeois de province, lettré, catholique, beau comme une médaille romaine ? Même pas son nom ! Elle croit toujours qu’il s’appelle Morland. Elle ignore qu’il vient de connaître une immense peine d’amour avec Marie-Louise Terrasse, la future speakerine Catherine Langeais. Danielle ne sait rien, non plus, du clan Mitterrand, cette fratrie serrée, solidaire, nombreuse, éclose dans un milieu éclairé, mais conservateur.

      NÉE À VERDUN EN 1924

      Ses parents, en revanche, Antoine et Renée Gouze, un couple d’enseignants de gauche, ont tout de suite mesuré la profondeur intellectuelle du jeune Charentais. Danielle, née le 29 octobre 1924 à Verdun, a déménagé, comme son frère et sa sœur aînés, au rythme des nominations de leur père. Ce directeur d’un collège de Villefranche-sur-Saône, franc-maçon au Grand-Orient, militant à la SFIO, a refusé d’établir la liste des enfants et des professeurs juifs de son établissement : Vichy l’a suspendu sans traitement. « J’avais 16 ans. J’ai dû sortir de l’insouciance et mesurer ma capacité de révolte devant l’injustice, celle que subissaient ces enfants, celle que subissait mon père », écrit-elle dans Le Monde en mai 1986. Le couple Gouze s’est réfugié dans la maison familiale de Cluny et vit en donnant des cours particuliers. Surtout, ils cachent Henri Frenay, chef du réseau Combat, et sa compagne Bertie Albrecht qui sera torturée par la Gestapo.

      Mitterrand, très lié à Frenay, entre dans la famille Gouze plus que Danielle n’entre dans la sienne. Il n’y a pas meilleur brevet de Résistance que cette tribu-là. Le mariage a lieu à la mairie du VIe arrondissement de Paris, puis à l’église Saint-Séverin, le 28 octobre 1944. Avant la fin du banquet, il part pour une réunion du Mouvement national des prisonniers et déportés (MNPGD), qu’il préside. Le gâteau n’est même pas coupé. « Je vous accompagne ! », s’écrie-t-elle. Et la voilà, en robe de mariée, au fond d’une salle enfumée. Le lendemain, elle a 20 ans et toute la vie pour méditer ce qu’il lui arrive.

      L’ambition le dévore et le pousse, elle suivra. Le parti qu’elle a pris, c’est celui de son mari. Partout, toujours, et publiquement, jusqu’à excuser tout. La francisque ? « Une couverture pour ses activités de Résistant » ! Sa maladie, qu’elle ne découvre qu’en 1991, comme elle l’assure à L’Express ? « Il avait simplement préservé notre tranquillité d’esprit. »

      Lorsque Gilbert naît, en 1949, trois ans après Jean-Christophe, elle n’a que 24 ans et son mari a déjà été député et ministre. Rien ne l’a rebutée, ni les campagnes harassantes, ni les mondanités, qu’elle déteste. Quant à ses incessantes conquêtes… Le jour où elle parle de divorce, il se récrie. Danielle est sa femme, devant Dieu et devant les hommes, ils forment un couple, quoi qu’on dise. Mitterrand apprécie aussi beaucoup sa belle-famille. Et puis, divorcer alors que s’annonce une carrière brillante ?

      UN PACTE

      A l’aube des années 1960, il lui propose un pacte, selon lequel chacun pourra vivre sa vie de son côté, tout en préservant leur couple social, racontent Ariane Chemin et Géraldine Catalano dans Une famille au secret (Stock, 2005). Elle gardera pour elle ce qu’il lui coûte de l’accepter. Un jour, elle le prendra au mot, avec Jean, professeur d’éducation physique, que les visiteurs de la rue Guynemer, puis de la rue de Bièvre, prendront l’habitude de croiser.

      De la naissance de Mazarine, la fille de Mitterrand et d’Anne Pingeot, en décembre 1974, elle dira que ce ne fut « ni une découverte ni un drame ». Mais la révélation publique de son existence, à l’hiver 1994, fut un choc terrible. En juillet, elle a subi une double opération cardiaque pour « réparer son pauvre petit cœur », dira-t-elle. Danielle Mitterrand eut en tous cas l’élégance, au yeux de la France entière, d’accueillir Mazarine entre ses deux fils, lors des funérailles de l’ancien président à Jarnac, en 1996 et de l’embrasser. Elle reçut « un courrier considérable ».

      Elle est là, présente, attentive, à toutes les étapes de l’ascension politique de François Mitterrand, en militante et en femme de gauche. Le 19 mai 1974, elle pleure de rage, quand la victoire tient à 0,62 % des suffrages, qui sont allés à Valéry Giscard d’Estaing. Le 10 mai 1981, elle verse de discrètes larmes de joie quand son mari le bat à son tour, avec plus de 3,5 points d’écart. Et lui, qui murmure dans son oreille à Chateau-Chinon, ce soir-là, « que nous arrive-t-il mon Danou ? »

      MILITANTISME ET IDÉALISME

      Au lendemain de l’élection, elle promet qu’elle ne renoncera pas à son rôle de militante. Elle va tenir parole. A l’Elysée, Danielle Mitterrand prend une sorte de revanche. Au président, la realpolitik ; à son épouse, le militantisme et l’idéalisme, à gauche toute. C’est un partage qui arrange Mitterrand plus qu’il ne l’embarrasse. En 1986, alors que le premier ministre de cohabitation, Jacques Chirac, vient de créer un secrétariat d’Etat aux droits de l’homme, Mme Mitterrand réunit ses trois associations en une, sous le nom de France-Libertés, bien décidée à lui faire pièce.

      Quels opprimés n’a-t-elle pas soutenus ? La femme du président deviendra le cauchemar des ambassades, la bête noire du Quai d’Orsay, un enfer pavé de bonnes intentions pour les conseillers du palais. La cause des Kurdes fait figure d’obsession, au point de susciter cette plaisanterie affectueuse de Roger Hanin : « Vous lui demandez l’heure, elle vous répond cinq heures moins quatre Kurdes. »

      La femme du président a l’art de se mettre à dos quelques dirigeants du monde, tout en réjouissant « le peuple de gauche ». Si les Chinois s’irritent de son amitié avec le Dalaï-Lama, Hassan II est son meilleur ennemi. Il lui fit payer très cher son absence dans les voyages officiels du chef de l’Etat au Maroc, son soutien déterminé au Front Polisario ou aux prisonniers politiques. Non seulement, il entrava ses déplacements, mais le souverain alaouite aura le front, en 1991, sur TF1, de qualifier la femme du président d’« épouse morganatique ». Elle embrasse Fidel Castro, au mépris de solides contradictions, porte aux nues le sous-commandant Marcos, sillonne l’Afrique ou l’Amérique latine.

      Le président cubain Fidel Castro accueilli par Danielle Mitterrand à Paris, le 15 mars 1995. Cette rencontre fera grand bruit en France.

      Le président cubain Fidel Castro accueilli par Danielle Mitterrand à Paris, le 15 mars 1995. Cette rencontre fera grand bruit en France.AFP/JEAN-LOUP GAUTREAU

      L’ARGENT VIENDRA À MANQUER

      Dix ans avant le printemps arabe, elle fustige le pouvoir tunisien « dans son entreprise de dévastation de la société civile ». Sa bataille des dernières années ? L’accès de toutes les populations à l’eau potable. La première dame – une appellation qu’elle déteste – a eu cependant ses ambiguïtés : cette femme « libre » n’aurait pas compris que les riches amis du président, donateurs habituels de la gauche, Pierre Bergé (actuel président du conseil de surveillance du groupe Le Monde) Max Théret, le cofondateur de la Fnac, Loïc Le Floch-Prigent, PDG de Elf, ou même Georgina Dufoix, la présidente de la Croix-Rouge, ne versent pas une confortable obole à France-Libertés.

      Quand l’argent viendra à manquer, deux ans après la mort de François Mitterrand, en 1998, la présidente de la fondation vendra une grande partie des cadeaux qui lui ont été offerts à ce titre. Il n’y a guère que la situation de son fils aîné Jean-Christophe, qui la détournera de ses croisades. Pour lui, qui sera condamné dans le procès de l’Angolagate, elle vend des meubles et hypothèque la rue de Bièvre. Elle le défend avec la dernière énergie.

      Le tout dernier combat, pourtant, elle le perdra. François Mitterrand a renoncé à une sépulture commune, son vœu à elle, dans le parc national du Morvan. L’enterrement a lieu à Jarnac, « où sa famille l’a récupéré, en quelque sorte », dira-t-elle. Il est inhumé près de ses parents, elle sera enterrée à Cluny, auprès des siens. « Je ne me suis jamais ennuyée en partageant sa vie, ni dans la joie ni dans la peine », écrit-elle dans son livre En toutes libertés (Ramsay, 1996). « Rien de banal ou de médiocre, je ne regrette rien. Pour tous ceux qui nous aiment, François et Danielle sont inséparables, indissociables ». Ainsi l’a-t-elle voulu, acceptant d’en payer le prix.

      Danielle Mitterrand, itinéraire d’une femme engagée

      Posté par le 22 nov 2011 | Dans : Non classé

      L’épouse de l’ancien président de la République est décédée ce mardi à 2 heures du matin.  

      Danielle Mitterrand, veuve de l’ancien chef de l’Etat, est morte à 87 ans à Paris dans la nuit de lundi à mardi. «Elle est décédée à deux heures du matin à l’hôpital Georges-Pompidou», a déclaré une source médicale.

      Lundi soir, un proche de la famille avait indiqué que la présidente de France Libertés, hospitalisée depuis vendredi et placée dimanche en coma artificiel, était dans un état «stationnaire».

      Danielle Mitterrand avait déjà été admise à l’hôpital Georges-Pompidou en septembre pour une insuffisance respiratoire. Elle avait néanmoins participé le 21 octobre à l’anniversaire des 25 ans de France Libertés-Fondation Danielle Mitterrand. Ce jour-là, «elle était fatiguée, mais très présente» intellectuellement, a témoigné Me William Bourdon, avocat et membre du conseil d’administration de l’association.

      Ces derniers temps, elle était apparue «ralentie dans ses déplacements mais opérationnelle dans ses combats», a confirmé un autre proche.

      Le maquis à 17 ans

      Veuve de François Mitterrand, a toujours refusé d’être une «potiche», plus à l’aise dans le rôle de militante en faveur des droits de l’Homme que de première dame.

      Soutien aux peuples kurde, tibétain, à Cuba, au sous-commandant Marcos (Mexique), partage équitable de l’eau ou dénonciation de l’esclavagisme: les causes qu’elle a ardemment défendues étaient nombreuses.

      Née le 29 octobre 1924 à Verdun (Meuse), Danielle Mitterrand est la fille d’un directeur d’école – révoqué en 1940 par Vichy pour ne pas avoir dénoncé les élèves juifs de son collège – et d’une institutrice, tous deux militants de la SFIO. Elle rejoint le maquis à 17 ans comme infirmière bénévole et sera l’une des plus jeunes médaillées de la Résistance.

      C’est à Cluny (Saône-et-Loire), dans la maison familiale où s’est réfugié son père, qu’elle rencontre le capitaine «Morland», alias François Mitterrand, recherché par la Gestapo. Elle l’épouse le 27 octobre 1944.

      Entraînée malgré elle dans le tourbillon de la politique, elle accompagne son mari lors des nombreuses campagnes qu’il mène entre la guerre et 1981. A l’Elysée, elle refuse de se laisser enfermer dans le protocole et parvient à utiliser la tribune que lui offre sa place d’épouse du chef de l’Etat pour se consacrer à la défense des droits de l’Homme. En 1986, elle crée la fondation France-Libertés qui a fêté en octobre son 25ème anniversaire.

      En 1992, elle échappe à un attentat (avec le ministre de la Santé et de l’action humanitaire, Bernard Kouchner) lors d’un voyage dans le Kurdistan irakien. Elle suscite la polémique en embrassant Fidel Castro sur les marches de l’Elysée lors de la visite du chef de l’Etat cubain en 1995.

      Lauréate du prix Nord-Sud (1996), Danielle Mitterrand, qui s’est rendue à plusieurs forums sociaux mondiaux, s’était, ces dernières années, éloignée du PS, jugeant en 2007 que «les dirigeants socialistes n’ont pas la fibre socialiste».

      Mère de deux fils, Gilbert et Jean-Christophe, grand-mère et arrière grand-mère, elle ne ménageait pas son temps pour honorer la mémoire de son époux, mort en 1996. Lors de ses obsèques, à Jarnac (Charente), on se souvient qu’elle a étreint avec tendresse Mazarine, la fille longtemps cachée de François Mitterrand.

      Cette amatrice de reliure a écrit plusieurs livres, dont son best-seller En toutes libertés (1996) et Le livre de ma mémoire (2007). Elle était la soeur de la productrice Christine Gouze-Rénal, décédée en 2002 et épouse de l’acteur Roger Hanin.

      (AFP)

      L’AGAUREPS-Prométhée planchait hier soir à Mont de Marsan sur les scénarios de sortie de la crise financière en Europe

      Posté par le 23 nov 2011 | Dans : a3-Civisme, citoyenneté et militance chez X D

      La question de la dette souveraine est au centre d’une actualité turbulente. Le vertige des chiffres plaqués sur des notions souvent mal maîtrisées pervertit le sens d’une réalité. Pour imposer sa lecture de la crise et ses solutions régressives, le discours néolibéral voudrait masquer la situation objective que traverse l’Europe : celle d’une fuite en avant dans le cercle vicieux de politiques d’austérité pour les peuples au motif de rassurer les marchés financiers et, en fait, pour mieux les gaver. 

      Mettre à nu ce discours suppose quelques précisions sur la dette et son évolution en France et en Europe. Les questions à choix multiples et les nombreux graphiques qui appuient la présentation pédagogique de la question dans l’ouvrage récent de Raphael Didier « comprendre la dette » -- éditions ellipses, septembre 2011 - peuvent y aider.

      Vous y trouverez, sans vous y perdre, des éléments de cadrage sur les notions basiques et les chiffres. Parmi bien d’autres : la LOLF, le montant du poste « dette publique et garanties de l’Etat », la part des différentes recettes fiscales, la définition du déficit budgétaire, celle de solde public, intégrant plus largement celui des administrations publiques, celle de déficit public  notifié au sens de Maastricht qui sert de référence commune, la dette publique, son montant, sa gestion, à ne pas confondre avec la dette extérieure… Avec un état des lieux chiffré des finances publiques en Europe et dans le monde. D’une lecture agréable et accessible, le livre permet de sortir des lieux communs sur la dette publique et d’aborder le fond des choses.

      C’est l’objectif de l’AGAUREPS-Prométhée qui abordait hier ces questions dans un débat permettant de revenir sur les derniers rebonds de la crise du néolibéralisme.en Europe et dans le monde. 

      Une analyse dans un dialogue ouvert qui permet d’identifier les scénarios de sortie de la crise du capitalisme financier mondialisé comme l’exprime cet extrait du compte-rendu du secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée, Francis Daspe. 

      Le grand débat : Entre crise et alternatives, faire sauter les verrous européens

      X D introduit la question mise en débat. Il note le singulier de crise et le pluriel d’alternatives. C’est l’assurance d’un débat riche qui contribuera à déranger le petit confort des pratiquants du politiquement correct et de la pensée unique.

      Une première partie est consacrée à la compréhension des mots clés. Les notions de dette et de déficit font par exemple l’objet de très larges précisions. Elles servent malheureusement trop souvent à alimenter des peurs visant à impressionner les peuples afin de réduire leur capacité de réaction. Le tournant de la rigueur de 1983 fut déterminant.

      Un second temps est réservé au diagnostic de la situation et à l’inventaire des problèmes à l’origine de la crise. Tour à tour sont abordés la responsabilité de la finance américaine, les tentatives dérisoires de moraliser la capitalisme, les coupables dérives spéculatives des banques, les politiques de déflation salariale, la construction de l’Europe contre les peuples par le biais d’une méthode se perpétuant de Monnet à Merkel, le recours aux délocalisations et à toutes les formes de dumping etc… Il est rappelé que cette crise est surtout une crise du partage des richesses.

      Une troisième séquence évoque les trois scénarios de sortie de crise. Le premier, porté par la Commission européenne, préconise la poursuite de politiques néolibérales extrêmement dures pour les peuples. Il conduit à une impasse.  Un second scénario intègre l’hypothèse d’un éclatement de la zone euro avec la sortie de pays du Sud de l’Europe. Les distinctions entre monnaie unique et monnaie commune sont alors précisées. Un dernier scénario envisage comme seule solution de changer l’Europe ou de changer d’Europe. Les conditions nécessaires à ce défi sont listées et examinées. Toutes nécessitent de faire sauter les verrous, et notamment le plus important d’entre eux, la Banque centrale européenne. Cette alternative est incompatible avec la vision à court terme d’un capitalisme financiarisé prédateur.

      En définitive, il importe d’inverser rapidement le rapport de force entre capital et travail. Le vrai verrou à faire sauter, c’est celui de la reconquête de l’hégémonie culturelle perdue depuis plusieurs décennies devant l’offensive libérale. L’AGAUREPS-Prométhée, fidèle à sa raison d’être, s’y emploie résolument.

      Des Actes plus développés et circonstanciés seront rédigés et permettront de retranscrire la grande richesse des débats. 

      Union européenne : la révolution par en haut ?

      Posté par le 24 nov 2011 | Dans : Pour une autre Europe

      Par ETIENNE BALIBAR philosophe  dans Libé du 21/11/2011

      Que s’est-il donc passé en Europe entre la chute des gouvernements grec et italien et le désastre de la gauche espagnole aux élections de ce dimanche ? Une péripétie dans la petite histoire des remaniements politiques qui s’épuisent à courir derrière la crise financière ? Ou bien le franchissement d’un seuil dans le développement même de cette crise, produisant de l’irréversible au niveau des institutions et de leur mode de légitimation ? Malgré les inconnues, il faut prendre le risque d’un bilan.

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      Haute magistrature?

      Posté par le 24 nov 2011 | Dans : a6-Les colères du dogue patriote

      hpim2336.jpgarchives photographiques du blog citoyen

      Lorsque j’entends le concert des voix médiatiques autorisées autour de déclarations inconséquentes sur un (non) désistement après l’épisode des tergiversations autour de la filière MOX, je me dis qu’il y a là de quoi pervertir la politique. La magistrate et ses favoris rivaux feraient bien de ne pas démoraliser nos concitoyens en dégradant ainsi le débat public.

      A l’heure de la crise du capitalisme financier qui conduit à l’impasse tragique, les peuples attendent de la part des leaders d’opinion et autres mal nommés responsables politiques bien autre chose qu’une focalisation sur la compétition électorale et ses grosses ficelles.

      Le commerce entre le PS et EE-Les verts atteint des sommets de cynisme et d’outrance! Il en dit long sur l’incapacité à prendre à bras le corps les questions centrales de l’élection majeure. Après le troc de sièges de député contre des centrales nucléaires, un tel fiasco disqualifie par avance les promoteurs d’une pareille contre-performance.

      Tout ça sent le renfermé et pollue le débat. Ils ne manquent pas d’air ces pompeurs d’oxygène qui voudraient nous priver d’énergie! Voudrait-on préparer la litière de Marine Le Pen? on ne s’y prendrait pas mieux! Pas besoin de grosses lunettes pour voir ça!

      Un peu de hauteur, diable! Et vive la France!

      Le dogue patriote

      Chevènement dans le mode spirituel et spiritueux sur la « fée verte » Eva Joly

      Posté par le 25 nov 2011 | Dans : Battre campagne, Blog du Che, Le Che, Projet politique

      Dépêche AFP, jeudi 24 novembre

      Jean-Pierre Chevènement, candidat à la présidentielle, a ironisé jeudi sur les relations compliquées entre les prétendants socialiste et écologiste, François Hollande et la « fée verte » Eva Joly.

      « Je souhaiterais que la fée verte continue d’inspirer Verlaine et pas François Hollande », a dit M. Chevènement à la presse à Toulouse.
      Il faisait référence à l’absinthe, aussi appelée « fée verte », dans laquelle de grands artistes comme le poète Paul Verlaine cherchaient l’inspiration au 19ème siècle.

      Le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) et sénateur du Territoire de Belfort n’a pas été tendre avec l’accord récemment conclu entre le PS et Europe écologie -- les Verts pour 2012.

      « Quand je lis le texte de l’accord PS-Verts, je sursaute sur beaucoup de points, par exemple l’européanisation du siège permanent de la France à l’Onu; ça ne tient pas debout », a-t-il dit.

      Néanmoins, « quel que soit le je ne sais qui » auquel François Hollande serait opposé au second tour de la présidentielle, M. Chevènement votera Hollande s’il est bien au second tour. « Mais j’aimerais que, si c’était moi, Hollande aussi me soutienne », a-t-il ajouté.

      Interrogé sur la possibilité qu’il retire sa candidature au profit du candidat socialiste, M. Chevènement a rappelé avoir dit qu’il était « candidat pour faire bouger les lignes. Pour le moment, elles bougent, mais pas dans le bon sens. Donc il faudra redresser tout cela, je le dis en toute amitié ».

      Dans l’éventualité où les « lignes » bougeraient à sa convenance à gauche, il a rappelé qu’il avait retiré sa candidature à la présidentielle de 2007 « sur la base d’un accord politique ».

      M. Chevènement dit avoir recueilli presque 300 signatures pour sa candidature.

      Sommet Merkel-Sarkozy-Monti: Chevènement dénonce une dérive « disciplinaire »

      Posté par le 25 nov 2011 | Dans : Blog du Che, Le Che, Pour une autre Europe, Projet politique

      Dépêche AFP, jeudi 24 novembre 2011

      Jean-Pierre Chevènement, candidat à la présidentielle française, a dénoncé jeudi dans le sommet Allemagne-France-Italie à Strasbourg la manifestation que l’Europe entrait dans un « espace disciplinaire ».

      Le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et le nouveau chef du gouvernement italien Mario Monti « vont aborder la question du fédéralisme budgétaire purement coercitif, avec plafond de ressources, plancher de recettes, avertissements, amendes, traduction devant la cour de justice », a dit M. Chevènement à la presse lors d’une visite à Toulouse.

      « Personnellement, je combattrai cette conception d’un fédéralisme qui n’a rien de redistributeur, qui est un fédéralisme qui débouche sur un espace disciplinaire », a-t-il ajouté.

      M. Monti n’est en fait qu’un « gouverneur » que « M. Sarkozy et Mme Merkel se proposaient même d’aller installer », a dit M. Chevènement.

      « Nous entrons dans un espace disciplinaire (..) où notre budget est fait à Bruxelles », a-t-il dit, en posant la question: « Qu’est-ce que c’est qu’une démocratie où le Parlement ne vote plus le budget? »

      Contre les vents dominants

      Posté par le 26 déc 2011 | Dans : Battre campagne, Blog du Che, Le Che

      La constance des positions de Jean-Pierre Chevènement légitime sa candidature. Depuis des années, contre vents et marées, il a défendu des idées simples : une monnaie moins chère, une politique de réindustrialisation, un Etat fort, des règles claires pour nos concitoyens dans une République redressée, une politique étrangère indépendante.

      [Le fil de la campagne n°7] Contre les vents dominants
      La campagne est lancée depuis quelques semaines et, malgré les pressions, Jean-Pierre Chevènement réaffirme avec force sa candidature, plus que jamais légitime. « La gauche doit élever la conscience des citoyens. C’est la raison pour laquelle je suis candidat », a-t-il expliqué dans un long entretien à Mediapart.

      « Et je pense être légitime pour le faire, étant donné l’ancienneté de mon opposition au tournant libéral, dès 1983, à la politique de la monnaie forte, à l’abandon de la politique industrielle, à l’application de l’acte unique à travers la libération des mouvements de capitaux, puis à la monnaie unique en 1992, qui m’a amené à quitter le PS. »

      « Je suis d’abord un républicain »

      Jean-Pierre Chevènement avait alors une grande longueur d’avance, en terme d’analyses et de propositions. « Tout ce qui s’est passé depuis 2008 m’a malheureusement donné raison », a-t-il rappelé lors d’un échange avec d’anciens partisans, retranscrits dans la revue Causeur. « Presque tous les dirigeants, de droite comme de gauche, se retrouvent coincés par les effets de la dérégulation à laquelle ils ont prêté la main ».

      Désormais, pour surmonter cette crise profonde, il faudra rassembler « et au-delà de la gauche ». Jean-Pierre Chevènement affiche clairement son appartenance à la gauche, mais aussi son indépendance : « bref, je suis d’abord un républicain ».

      Et la République est menacée de nombreux périls. Ces derniers jours encore, le vote du texte de loi réprimant la négation des génocides a porté atteinte à la liberté d’expression. Ce texte porte la marque de « la perte du sens de l’intérêt national et de la capitulation face aux lobbies », comme le déplore notre candidat sur son blog.

      En direct sur Twitter

      Grâce à vous, ces idées républicaines prennent de l’ampleur. Continuez de nous faire parvenir les questions et rumeurs qui circulent sur la candidature de Jean-Pierre Chevènement. L’équipe de campagne y répond sur le blog Vrai/Faux, à vous d’y puiser vos prochains arguments ! Les derniers en date rétablissent les faits sur ses positions concernant la dissuasion nucléaire, le siège de la France au conseil de sécurité de l’ONU, l’Europe ou encore l’éducation civique.

      Mercredi 28 décembre, il défendra ses idées dans l’émission Bourdin 2012, diffusée à 8h30 sur BFMTV et RMC.

      Quelques moments forts sont d’ores et déjà programmés pour janvier. Notez dans vos agendas le mardi 3, date à laquelle Jean-Pierre Chevènement répondra en direct sur son compte Twitter aux questions des internautes, avec le hashtag #che2012.

      Il sera aussi l’invité le 18 janvier de YouTube Elections 2012, un programme en partenariat avec l’AFP, le CFJ et Twitter. Très présent sur le web et dans les médias, Jean-Pierre Chevènement l’est aussi sur le terrain, avec des déplacements à Marseille et à Strasbourg, respectivement les 11 et 19 janvier prochains.

      D’ici là, bonnes fêtes de fin d’année à tous !

      Ils sont aux affaires…

      Posté par le 26 déc 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

       

      crédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicainCrédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain : Athènes — l’acropole

      C’est ainsi qu’on désigne les responsables ; ceux d’ici et du monde entier. Responsables parfois coupables de coups tordus qui seraient restés sous silence sans une médiatisation qui prend souvent les choses à l’envers et dans le plus grand désordre. Allez comprendre ce qui fait l’actualité des affaires. Est-ce leur gravité intrinsèque ou bien le battage médiatique à des fins inavouées? Avec des petites affaires qui n’en sont même pas quand les grandes restent cachées avant de surgir dans la scène politico- médiatique.

      En substance, celles de la prostitution avec ce déferlement de voyeurisme médiatique en ces temps  d’abolitionnisme puritain. Sur un autre registre — celui du financement occulte des partis — c’est Montebourde en justicier, et Jack, dépité mais prêt à en venir aux mains , qui rivalisent publiquement jusqu’à en faire perdre le Nord au P.S. Et pendant ce temps, à Bruxelles, on prétend sauver l’Europe et l’Euro en faisant tout une affaire du jeu solitaire des puritains. Pas conservateurs pour rien ces gentlemen de la City qui ne livreraient pas leurs juteuses affaires contre celle de l’euro. Au rique d’exaspérer l’Establisment. Vous l’avez vu, le Nicolas, faire un vent au premier ministre conservateur, David Cameron, sur l’air du casse toi pauvre con? Ah! la perfide Albion, elle a bon dos!

      Mais nos responsables, jamais coupables, continueront-ils longtemps à s’affairer dans des bavardages stériles autour d’une impossible auto-régulation de l’Europe telle qu’elle est? Car s’il est une affaire urgente entre toutes, c’est bien celle de la remise en ordre de marche d’une Europe enferrée dans les contradictions des gestions néolibérales. Autrement dit, une remise en cause radicale du monde des affaires. Il serait grand temps de prendre l’affaire en main!

      X.D

      Courage, authenticité et vérité en politique

      Posté par le 26 déc 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

      La vie publique tend parfois des pièges aux cyniques qui croient abuser leurs compatriotes avec quelques ruses ou propos lénifiants de circonstance. Entre légèreté et manquement à la parole donnée, il  existe en effet mille moyens de se gausser des autres et de se trahir soi-même. L’ironie de l’Histoire se charge parfois du destin des personnages aux attitudes indignes. On l’aura vérifié tout récemment sans pour autant en apprécier la façon! A l’échelle individuelle, la somme de nos actes reste bien la seule mesure de nos vies. Et nos engagements militants, professionnels ou personnels la vraie trajectoire d’une existence. Mouvementée, ordonnée ou modeste, peu importe si celle-ci s’accomplit dans l’authenticité et l’unité de la parole et de l’acte.

      La liberté de Danielle Mitterrand, le parler vrai de Pierre Mendès-France ou l’humilité de l’abbé Pierre tranchent avec les postures et les arguties de tous nos importants Pour se mentir trop souvent à eux-mêmes, experts en communication et leaders d’opinion n’atteignent jamais que des gloires éphémères, dépossédés de cette force d’esprit qui donne sens aux combats d’une vie. La solide réputation vaut mieux que la célébrité du moment mais moins que la considération qui conduit au respect. Ce respect qui se gagne par la force de l’exemple et que l’on réserve aux personnages hors du commun, des plus illustres ( les Gandhi, Jaurès, Moulin, Martin Luther King et autres Che ) jusqu’aux plus humbles militants d’une cause juste.

      L’air du temps n’est pas celui de l’esprit sublime et tout semble démentir ces considérations optimistes sur la reconnaissance sociale de l’engagement sincère. Mais la fugacité des cotes de popularité ne rend -t-elle pas justice de la vertu  en politique ? Nos prétendues élites feraient bien de s’inspirer du grand art machiavélien qui est de savoir utiliser la virtù — cette capacité subjective — pour faire fructifier la fortuna - les conditions objectives -, au lieu de se couler dans le cours objectif de l’histoire en s’y livrant pieds et poings liés. Cherchez donc la grande politique dans cette pré-campagne présidentielle où l’on entend l’Establisment sonner l’hallali contre les Chevènement et Montebourg qui font bouger les lignes et tracent une autre voie?

      En ces temps de crises aux rebonds inconnus, nous gagnerions tous à nous interroger sans esprit de parti sur le fond des propositions, leur cohérence et la cohésion de leurs supporters. Et à adopter cette conscience citoyenne élémentaire, dégagée du conformisme ambiant, dans le respect de soi et pour le bien commun.

      X.D le 3/12/2012

      Amis internautes ici et maintenant continuons en toute fraternité le combat républicain pour l’émancipation sociale…

      Posté par le 01 jan 2012 | Dans : a-le quartier libre de X D

      Quelques retours sur cette année 2011 croquée dans mon blog au fil d’une cinquantaine d’articles qui partent du réel pour aller à l’idéal… Du printemps arabe à la pré-campagne présidentielle sans oublier la crise financière, quelques gasconneries, un peu d’exotisme et beaucoup d’auto-critiques avec des billets d’un citoyen ordinaire, travailleur de la plume et voyageur du web à ses heures. Avec pour devises ces mots, l’un de Régis Debray : « ceux qui vont à contre-courant arriveront les premiers », l’autre de France-Libertés : « l’Homme libre est celui qui aide l’Autre à le devenir ».
      Pour une année 2012 de mouvement de reconquête citoyenne dans la fidélité à nos valeurs de justice, de progrès social et d’émancipation humaine.  
        
      X.D
       
      N.B : Ce clin d’oeil avec ce premier article en guise de réponse anticipée aux voeux de Nicolas Sarkosy!
       
       

      Courage, authenticité et vérité en politique

      Posté par le 26 déc 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

      Ils sont aux affaires!
       Posté par le 26 déc 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

       

      Vox Populi, Mox Dei

       Posté par le 18 nov 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

      Posté par le 14 nov 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

      De l’égarement verbal à l’imposture

       Posté par le 09 nov 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

      Posté par le 11 oct 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

      La démondialisation serait-elle la ligne de clivage du 2° tour ?

      Posté par le 27 août 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

      Posté par le 11 août 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

      Posté par le 28 juil 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

      L’Union sacrée en terres gasconnes…

       Posté par le 30 juin 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

      Posté par le 31 mai 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

      Avatars médiatiques

      Posté par le 21 mai 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

      Posté par le 25 avr 2011 | Dans : a-le quartier libre de X D

      Prostitution : Bachelot verse dans la réthorique vis à vis des péripatéticiennes et de leurs clients!

      A cheval sur les principes… d’un art de vivre et de penser en toutes libertés!

      Posté par le 28 déc 2010 | Dans : a-le quartier libre de X D

      a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D

      Relever la République!

      Posté par le 26 sept 2011 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D

      Leçon de choses

      Posté par le 09 août 2011 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D

      De la commémoration de Playa Giron au sixième congrès du Parti communiste cubain

      Posté par le 17 avr 2011 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D, Amérique Latine

      Le bêtisier présidentiel

      Posté par le 12 fév 2011 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D

      MAM et les raccourcis d’une diplomatie bien mise à mal!

      Posté par le 03 fév 2011 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D, a4-Le blog citoyen croque Sarkozy et sa politique

      « Je ne suis pas plus impatient d’être candidat que le Christ de monter sur la croix »

      Posté par le 14 jan 2011 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D

      Fric, krach et gueule de bois

      Posté par le 12 jan 2011 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D

      Serviles platitudes journalistiques

      Posté par le 01 jan 2011 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de X D

      a3-Civisme, citoyenneté et militance chez X D
      L’AGAUREPS-Prométhée planchait hier soir à Mont de Marsan sur les scénarios de sortie de la crise financière en Europe

      Posté par le 23 nov 2011 | Dans : a3-Civisme, citoyenneté et militance chez X D

      a5-Les entretiens du blog citoyen

      Pour AgoraVox, Jean-Pierre Chèvenement tacle Angela Merkel et BHL

      Posté par le 14 mai 2011 | Dans : a5-Les entretiens du blog citoyen

      Présidentielles : le jeu fermé DSK/Sarkosy/ Le Pen… est-il une fatalité?

      Posté par le 06 mai 2011 | Dans : a5-Les entretiens du blog citoyen, Battre campagne

      Suite des entretiens du blog citoyen et d’AgoraVox avec J.P Chevènement: « Je ne suis pas contre l’Europe. Je suis contre la superposition à l’idée européenne d’un logiciel néolibéral à travers l’acte unique! »

      Posté par le 06 mai 2011 | Dans : a5-Les entretiens du blog citoyen, Battre campagne

      Les entretiens du blog citoyen : »tordre le bâton dans l’autre sens » à l’occasion des prochaines élections en France, en Allemagne et en Italie

      Posté par le 05 mai 2011 | Dans : a5-Les entretiens du blog citoyen, Battre campagne

      Les entretiens du blog citoyen : Chevènement et la présidentielle

      Posté par le 05 mai 2011 | Dans : a5-Les entretiens du blog citoyen, Battre campagne

      Un président pour la reconquête d’une France républicaine

      Posté par le 04 mai 2011 | Dans : a5-Les entretiens du blog citoyen, Battre campagne

      Jean-Pierre Chevènement, en visite à Bordeaux, livre au Blog citoyen, socialiste et républicain son analyse sur l’évolution de l’intervention en Libye après les évènements des jours derniers

      Posté par le 03 mai 2011 | Dans : a5-Les entretiens du blog citoyen


      Haute magistrature?

      Posté par le 24 nov 2011 | Dans : a6-Les colères du dogue patriote

      Lire tous les billets de X D sur le blog citoyen en cliquant sur les catégories référencées ci-dessous

       

      Réactions aux vœux de Nicolas Sarkozy ‎dans l’Huma

      Posté par le 01 jan 2012 | Dans : Non classé

      « Au sommet de ses talents de prestidigitateur« , pour l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, « 2012 doit être l’année où tout doit être fait pour se débarrasser de Nicolas Sarkozy » estime le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, « pourquoi ne s’est-il pas contenté de nous dire adieu » afirme Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche à la présidentielle, « jamais un président de la République n’aura autant maltraité les Français » souligne le porte-parole du PS, Benoît Hamon. Retrouvez toutes les réactions aux voeux de Nicolas Sarkozy aux Français pour 2012.

      Le fil de la campagne : Un projet pour affronter la crise de l’euro et du capitalisme financier

      Posté par le 07 jan 2012 | Dans : Battre campagne, Blog du Che, Le Che

       

      Refusant de céder à l’agenda médiatique et aux querelles préélectorales, Jean-Pierre Chevènement poursuit sa campagne sur les questions de fond, pour faire bouger les consciences.

      La crise de l’euro et du capitalisme financier : voilà le véritable enjeu de l’élection présidentielle de 2012, auquel peu de candidats semblent apporter de solutions viables, préférant céder à la démagogie et à l’air du temps médiatique.Jean-Pierre Chevènement, quant à lui, se concentre sur le fond, avec un vrai projet pour relancer la croissance à l’échelle européenne, qu’il détaille sur BFMTV et dans un entretien à Marianne2.fr : « fin de la surévaluation de l’euro, rôle actif de la banque centrale, emploi européen, eurobonds, et à défaut, mise à l’étude de la mutation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune ».

       Un temps d’avance

      Des idées qui commencent à faire leur chemin, alors que le monde politique se rend compte seulement maintenant des erreurs de la construction européenne. En 1997, Jean-Pierre Chevènement prévenait déjà des vices constitutifs de l’euro face à François Bayrou, partisan de la monnaie forte :Aujourd’hui, un candidat comme Jean-Luc Mélenchon reconnaît que Jean-Pierre Chevènement avait raison sur le traité de Maastricht. Un temps d’avance que le président d’honneur du MRC conserve aujourd’hui, à force de travail et de réflexion sur ces questions (voir La France est-elle finie? et Sortir la France de l’impasse, ses deux derniers ouvrages). « Ma candidature a une vocation pédagogique », a-t-il rappelé sur RFI. Elle doit « faire bouger les consciences ». « Le débat républicain doit s’élever et c’est à cela que sert ma candidature. »

       Des soutiens engagés

      Une candidature soutenue par un certain nombre de personnalités, dont vous retrouverez régulièrement les portraits sur le site Chevenement2012.fr. A commencer par un court entretien avec Marie-Françoise Bechtel, directrice de la campagne. A suivre, un échange avec Julien Landfried, l’un des trois porte-paroles de la campagne et responsable de la campagne en ligne.D’ici là, rendez-vous lundi 9 janvier sur Twitter pour échanger en direct avec @chevenement, sur le fil de discussion #che2012. Jean-Pierre Chevènement sera aussi, après un déplacement à Marseille mecredi 11, l’invité de la matinale de Radio Nova le 12 puis des « Débats de la présidentielle » sur France Inter le lendemain. Vous pouvez également, jusqu’au 14 janvier, lui poser vos questionsen vue de son passage sur YouTube Elections 2012.

      Et pour participer vous aussi, n’hésitez pas à transférer cet article par mail à votre carnet d’adresses.

      Mort de Pierre Lefranc, l’un des derniers barons du gaullisme, à 90 ans

      Posté par le 08 jan 2012 | Dans : Non classé

      AFPPar Par Frédéric DUMOULIN | AFP

      Pierre Lefranc, l’un des barons du gaullisme, est mort samedi à Paris à l’hôpital du Val-de-Grâce à la veille de son 90e anniversaire, a annoncé à l’AFP son neveu Olivier Germain-Thomas.

      Ancien résistant et proche du général de Gaulle, M. Lefranc avait été le fondateur de la Fondation Charles-de-Gaulle. Il présidait jusqu’à sa mort l’Association nationale d’action pour la fidélité au général de Gaulle.

      Il « était un homme de fidélité (…) au Général de Gaulle (…), à l’esprit de résistance (…), à l’indépendance de la France qui était le combat de sa vie. Avec lui nous quitte un homme de loyauté (…). C’est un acteur privilégié de l’histoire du gaullisme qui disparaît », a déclaré le Premier ministre, François Fillon, dans un communiqué.

      Né le 23 janvier 1922 à Paris, Pierre Lefranc était marié et père de deux enfants. Son cercueil sera exposé mercredi à la Fondation Charles-de-Gaulle avant des obsèques dans l’intimité familiale, a précisé son neveu.

      Agé de 18 ans en 1940, il faisait partie des 1.000 manifestants qui avaient défilé sur les Champs-Elysées, le 11 novembre, contre l’occupant allemand. Il avait été blessé à cette occasion et placé en détention pendant six mois. Libéré, il avait alors rejoint la France libre puis le général de Gaulle qui, lors de leur première rencontre à Gibraltar, lui avait lancé: « Vous en avez mis, du temps, à venir ! Il nous reste beaucoup à faire ».

      Resté toujours fidèle au général, notamment pendant sa « traversée du désert » des années 50, Pierre Lefranc l’avait suivi à partir de 1958 à Matignon puis à l’Elysée.

      Il avait également dirigé sa campagne présidentielle en 1965 et été l’un des organisateurs de la grande contre-manifestation gaulliste du 30 mai 1968. Devant le succès de ce défilé sur les Champs-Elysées, André Malraux lui aurait lancé avec humour: « Maintenant, Lefranc, vous pouvez aller à la pêche… ».

      Plus récemment, Pierre Lefranc s’était montré critique envers les présidents Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Il figurait d’ailleurs, en 2008, parmi les signataires de « l’Appel républicain », aux côtés de François Bayrou, Ségolène Royal et Dominique de Villepin notamment.

      Sans mentionner le nom de l’actuel chef de l’Etat, les signataires y réaffirmaient « leur attachement au principe républicain » et « leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective ».

      En 2002, estimant que « le RPR n’a jamais représenté le gaullisme », il avait appelé, avec d’autres « gaullistes de conviction », à voter pour Jean-Pierre Chevènement, sans pour autant se définir comme un gaulliste de gauche.

      Il jugeait d’ailleurs que le gaullisme n’existait pratiquement plus au sein de la classe politique d’aujourd’hui: « le gaullisme aura duré 30 ans. Une génération, en somme… », déclarait-il sous le premier mandat de Jacques Chirac.

      Pierre Lefranc avait consacré plusieurs ouvrages au général de Gaulle et au gaullisme. Il était Grand Croix de la Légion d’honneur et de l’Ordre national du mérite, Croix de guerre 1939-45 et médaillé de la Résistance.

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