Pour Jean-Pierre Chevènement, les Français ont choisi le renouvellement des visages mais pas la continuité des politiques

Créé par le 26 avr 2017 | Dans : Non classé

Les Français, en mettant Emmanuel Macron au second tour, ont choisi le renouvellement des visages et d’un personnel politique usé par un bipartisme devenu de plus en plus artificiel.

Mais ils n’ont pas choisi la continuité, comme en témoigne le score élevé sinon majoritaire des candidats souverainistes. Emmanuel Macron devra s’en souvenir à l’heure des choix.

Une période est close. Les forces qui ont gouverné la France depuis un demi-siècle ont dévissé. Le Parti socialiste est divisé en trois. Le cycle d’Epinay est allé à son terme logique et depuis longtemps prévisible. La droite républicaine a perdu une élection qui paraissait imperdable. Comme le PS, elle entre dans une crise profonde et durable.

Dans l’immédiat, il faut que nos concitoyens se mobilisent pour écarter Marine Le Pen au second tour. Son score sans précédent doit obliger les forces républicaines à réviser enfin leur politique, comme elles ne l’ont pas fait après 2002 pour répondre au besoin de protection qu’exprime le pays. C’est dans cet esprit que j’appelle à un vote résolu pour Emmanuel Macron au second tour.

A cheval sur les principes… d’un art de vivre et de penser en toutes libertés! Lettres dédiées à Hippone qui s’est endormie ce dimanche 26 mars pour un monde où les hommes et les chevaux sont toujours des amis…

Créé par le 28 déc 2010 | Dans : a-le quartier libre de Xavier Dumoulin

Accaparé par mille tâches rustiques harassantes mais gratifiantes, je retrouve, ce jour, l’esprit avisé de l’ homme de cheval qui va en avant, calme et droit, débutant sa journée de vacances dans la gelée matinale de ce froid décembre pour distribuer le foin odorant et l’avoine susurrante. Le bruit de mes pas éveille les joyeux hennissements de la cavalerie. Les » Merens », – Hippone et sa pouliche Walkiry -, et  les « Connemara », – Bracken, Fany et son poulain Alba dont j’ai la fierté d’être reconnu le « naisseur » sur les papiers délivrés par les Haras nationaux.

Alba, ce nom qui sonne aussi beau que celui de l’alliance bolivarienne, et que j’ai choisi, en cette année de la lettre A, en révérence aux libertadores. Ceux-là  qui de San Martin à Bolivar – mille fois représentés dans des statues équestres en Amérique du Sud – ont délivré les peuples en combinant l’action militaire insurectionnelle et l’importation de notre république, de ses idéaux issus des Lumières et de la révolution française. Références toujours vivantes et plus que jamais respectées en pays latins du nouveau monde.

Après le bon picotin et le pansage, Hippone, poulinière Merens, se laisse brider et seller dans une posture impassible. L’ancienne vice championne de sa race au concours national de Bouan, récemment acquise par Michèle,  séduite par le charme et la puissance de cette princesse d’Ariège au sang froid, m’accorde pour la troisième fois une ballade en sa compagnie. Et nous voilà partis à travers champs et bois dans un pas soutenu, conversant, au gré de nos rencontres, avec des bûcherons toujours curieux à la vue d’un cheval, et atteignant enfin l’ancien chemin de halage qui longe la Midouze, cet affluent de l’Adour. Des vols de palombes, sous ce beau ciel bleu ensoleillé, agrémentent la ballade rytmée par le craquement des flaques glacées sous les sabots de ma monture. Dans ce trot allongé qui me laisse en suspension un temps sur deux, pour mon plus grand confort, la nature pénètre mes sens attisés par l’air vivifiant et la magie de cette clarté hivernale. Un panneau annonce une palombière et exige un sifflement continu pour prévenir de notre arrivée. Ici nous stoppons notre élan pour observer le pigeon blessé, sans doute par quelques plombs de cartouche, et qui traverse péniblement le sentier avant de plonger dans la rivière où il se laisse dériver dans le courant qui l’emporte pour sa dernière course.

Je songe à Crin-Blanc, chevauché par le jeune Falco poursuivi par les manadiers implorant trop tardivement son pardon et se jetant dans le fleuve pour atteindre un monde où les hommes et les chevaux sont toujours des amis… Et à ce parrain disparu l’an passé, qui m’offrit ce beau livre illustré dans ma prime jeunesse. Et de là, à mon père défunt qui eut, un jour d’août, cette idée délicieuse de nous conduire à la foire de Saubusse pour y rencontrer les éleveurs de chevaux venus concourir et vendre leur poulains. Avec la médiation du Docteur Soulé, ce vétérinaire qui assura la sauvegarde du patrimoine équin landais au cours des années soixante dix, nous acquérions auprès d’un éleveur de Rivière, un « Landais » bai brun de dix huit mois,  poney arabisé en provenance du berceau de la race, ces barthes de l’Adour. Je sus le dresser avec intelligence, tact et sang froid dans mes années d’adolescence. Ce « Barthais », élégant dans ses proportions et allures, mais robuste et rustique, constituait jadis avant-guerre l’une des deux branches du petit cheval landais. L’autre évoluait dans les dunes du littoral  de la côte d’argent. Chaque métairie avait alors sa jument pour l’attelage et les petits travaux agricoles. Chétif mais plein de tempérament, « le Lédon » vivait comme le « Barthais » en liberté. Son extinction fut exigée en raison de la promotion de la civilisation de l’automobile – l’état sauvage devenant incompatible avec la sécurité des routes – et du règne des maïsculteurs, ces déforestateurs insatiables qui ne voyaient en cet animal qu’un prédateur au même titre que le chevreuil, le cerf ou le sanglier. A Saint-Julien-en-Born, où chaque métayer possédait plusieurs poneys, le troupeau du « Braou » était évalué à près d’un millier de chevaux  selon un reportage du journal  »Le sport universel » de 1908. En réaction aux arrêtés municipaux qui interdirent aux éleveurs de laisser vaquer leur cavalerie – d’abord pendant la période hivernale, pour que le cheptel bénéficia d’une alimentation fourragère, puis toute l’année pour préserver la sécurité routière -, les propriétaires exigèrent des pouvoirs publics le dédommagement des frais de fil de clôture, ce qui leur fut refusé.

On ne mesurera jamais les conséquences de cette erreur politique, cause de l’extinction de la race. Imaginons  l’attractivité qui serait celle du « cheval landais » en liberté comme ses voisins « Pottokak » du pays basque sur les montagnes de la Rhune ou des « Camarguais » de l’estuaire du Rhône. Mon beau département maritime, forestier, diversifié à l’intérieur de ses terres gasconnes de la Chalosse, du Tursan, du Marsan, du Gabardan, du Bas Armagnac ou de la Haute-Lande et de surcroit célèbre pour ses corridas et courses de vaches landaises, élevées localement, n’aurait-il pas joui d’une réputation égalant celle de la Camargue? Ce pays notoirement réputé pour ses manadiers et leurs gardians de chevaux et taureaux dont il entretient le folklore et en qui il trouve un de ses attraits touristiques majeurs en dépit de son espace borné et écologiquement fragilisé.

J’offris à mon tour un « Pottok » de robe pie alezan à  mon fils aîné, alors âgé de huit ans. Il conserve, – peut être pour cela, - avec son cadet, cet esprit généreux et ouvert, cette éthique du  »caballero » – pour ne pas dire chevaleresque en raison de l’ambivalence du qualificatif – tous deux devenus plus tard des jeunes militants syndicalistes et associatifs bien trempés. Comme « leurs frères » de Cuba ou d’Argentine, nations équestres par excellence ; dans l’île des caraïbes, ils  attellent leur cheval trop  maigre mais toujours allant, sur la chaussée partagée avec les cyclistes, les camionneurs et les rares automobilistes; dans l’immensité de la Pampa, ils chevauchent leur créole infatigable, agile et trapu en habits de péon, sur une selle revêtue d’une peau de mouton…

Ma jument dresse ses oreilles et ralentit soudainement : j’aperçois en bout de ligne du chemin de halage, cinq faons bondissant dans une traversée gracieusement cadencée. Ils quittent les fourrés des bords de la rivière et remontent vers la forêt de pins qui la surplombe. Une borne, vestige du temps du commerce par voie d’eau entre Mont de Marsan et Bayonne, annonce celle-ci à 118 Km. Je dépasse la borne à main droite et tourne le regard vers le côté adjacent qui signale Mont de Marsan à 18 Km. Sauf erreur de mémoire le chemin de halage s’étendait donc sur près de 140 Km. Les syndicats de communes landaises préservent aujourd’hui ce bien commun, loin des petits calculs de rentabilité quand le conseil général finance les ponts qui enjambent les centaines de petits ruisseaux venant se déverser dans la rivière.

Dans les Landes, – soit dit en passant -, l’eau est aussi un bien commun qui échappe, autant que possible à la gestion privée pour le plus grand bénéfice des populations locales; « Ca coule de source » pour reprendre le slogan du canton voisin de Morcenx – où vont aussi les chemins de Saint Jacques – et qui abrite la commune d’Arjuzanx et ses vingt mille grues. Elles viennent hiverner chaque année en très grand nombre depuis la reconversion, dans les années quatre vingt dix, du site minier ouvert d’EDF en étendue de lacs. Je les observe religieusement chaque fin de semaine hivernale. Je confesse ce culte envers ce peuple migrateur qui m’offre de novembre à mars des vols majestueux que je scrute à l’oeil nu ou avec des jumelles depuis le lac ou sur un observatoire. Celui de Villenave me permet même d’observer les grues se posant et se regroupant par centaines pour la nuit en zone marécageuse, inaccesible aux prédateurs, avant de repartir au petit matin vers les champs de Solférino, s’alimenter de grains et  vermines.

Ma chevauchée, fréquemment interrompue par des descentes de cheval qui dégourdissent mon corps, s’agrémente de longues marches à pied aux côtés d’Hipone. Je vais ainsi, au pas cadencé mais léger, méditant, le corps et l’esprit libre en harmonie avec la forêt giboyeuse, traversée par cette rivière au lit de sable et aux eaux vives et boueuses, couleurs de l’ocre de ces fougères fanées qui la bordent de toutes parts. Les grasses herbes des berges régalent aussi ma jument vagabonde.

A droite, un sentier fend les broussailles. Je prends le parti de le suivre à la recherche intuitive d’une hypothétique découverte. Nous voici au bout de cinq cents mètres récompensés de cet effort d’enjambement de troncs et de branches laissés sur place après quelques coupes rases. Un paysage féerique s’offre à nos yeux éblouis par la blanche lumière réflétée dans les eaux glacées de petits étangs alignés. Des cygnes et des canards glissent sur ces eaux froides survolées par des vols de ramiers tourbillonnant à la recherche d’un site accueillant. Des clôtures interdisent une exploration de ces lieux merveilleux, frustrant un peu ma curiosité de pénétrer dans ce jardin anglais et d’y visiter ses trois cabannes d’observation, construites sur des promontoirs dominants les étangs.

Nous reprenons le sentier dans l’autre sens pour retrouver les berges plus hospitalières. Là nous coupons par un chemin de traverse qui nous conduit sur un bout de route tranquille, réservé à la desserte de quelques habitats dispersés au coeur d’une nature accueillante bien qu’éprouvée par la tempête de janvier 2009.

Nous abordons quelque vieille connaissance et son épouse, évoquant à l’occasion des temps révolus ; quand les mules étaient encore utilisées pour les travaux agricoles, l’attelage des charrettes sur les chemins ou le débardage dans la pinède.  Cette époque  postérieure à celle des moutonniers landais et à l’utilisation massive des boeufs. Ceux-ci tractaient, depuis le chemin de halage, les gabarres en partance des cales de Mont de Marsan, où l’on stockait, dans des entrepôts, des produits de Gascogne, eaux-de-vie d’Armagnac, vins, blés, miel,  laines, essence de térébenthine et potaux. Ces derniers destinés aux mines du pays de Galles, par ailleurs, grosses utilisatrices de poneys, recherchés, parait-il, jusque dans nos Landes. Ces pinasses, revenaient à contre-courant, pleines de sels mais aussi de morues et de sardines, d’étoffes étrangères, de fromages de Hollande, d’huile, de houille, de minerais de métaux… La descente de la Midouze depuis l’ancien port de Mont de Marsan via Tartas et Dax ne prenait que trois jours quand la remontée depuis celui de Bayonne, d’une lenteur désespérante aux dires des plus érudits, exigeait une tirée à cordelle depuis le chemin de halage, la galupe, dénomination gasconne de la gabarre, étant aussi équipée d’énormes avirons. Un dur labeur phénoménal et quotidien pour ces mariniers fluviaux!

Ce marché devait ressembler un tantinet à celui des temps néolithiques, à base de troc, durant la toute première civilisation agro-pastorale, hormis la technique de navigation et la médiation monétaire accompagnant la diversification des échanges et leur promotion à un niveau bien supérieur. Jusqu’à  l’accumulation originelle de puissants capitaux, après les premières grandes coupes du début du siècle dernier de la vaste forêt de pins, plantée quarante ans plus tôt. A l’instar du capitalisme industriel, l’exploitation du pignada vécut une sévère crise dans les années trente, le département des Landes se trouvant fragilisé de sa monoculture pourtant à l’origine des fortunes insolentes des générations montantes. A l’opposé, la pauvre vie des résiniers n’avait sans doute rien à envier à celle des métayers. Lesquels virent leur sort s’améliorer sous la poussée syndicale du monde agricole soutenue par l’action législative des socialistes, des communistes et des chrétiens-démocrates à la Libération.

Depuis, la civilisation technicienne a certainement contribué à l’évolution positive des modes de vie quand les luttes sociales firent reculer l’intensité de l’exploitation des travailleurs des villes et des champs. Car il faut surtout considérer la part  des conquêtes sociales du mouvement ouvrier dans l’amélioration des conditions de travail ; l’affranchissement de l’homme des tâches les plus ingrates dans un cycle de travail plus limité ne saurait en effet se réduire à la substitution du moteur et de la mécanique à la force musculaire animale ou humaine. Sans éprouver de nostalgie pour ces temps de misère, je reste cependant saisi de vertige en songeant à cette fuite en avant récente, depuis la révolution informatique, d’un monde capitaliste marchandisé et globalisé où l’argent fêtiche règne en maître absolu dans cette civilisation du bruit, de l’éphémère et du clinquant. Ce monde qui est aussi celui de la précarité, chargé de frustrations en tous genres avec ses replis sécuritaires et identitaires à connotations racistes. N’est-ce point le retour à la barbarie annoncée, des années cinquante jusqu’au milieu des années soixante, dans la revue « Socialisme ou barbarie » portée par un groupe d’intellectuels d’inspiration spartakiste?

C’est justement un spartakiste qui va occuper notre amicale conversation téléphonique du même jour avec mon ancien professeur de littérature. Nous évoquons Carl Einstein, cet homme de lettres, passionné d’art nègre et de peinture cubiste et par ailleurs militant intrépide de la révolution spartakiste belge et des brigades internationales. Combattant contre le fascisme franquiste dans la colonne Durruti, il eut le triste privilège de prononcer l’éloge funèbre du dirigeant anarchiste tombé au combat. Nous parlions ensemble de ce personnage pourchassé par les nazis parce que juif, intellectuel, exilé allemand et de surcroît révolutionnaire, fuyant les troupes hitlériennes et trouvant asile en juin 40 à l’hôpital civil mixte de Lesbazeilles au coeur de la cité montoise pour un court séjour de soins de trois jours avant de reprendre, à l’arrivée des Allemands le 28 juin, la route vers Pau, d’où il devait mettre fin à sa vie en se jetant d’un pont. L’homme d’art m’a confié introduire, dans le récit de son livre à paraître prochainement, ce personnage rayonnant d’esprit, de courage et de convictions.

Au fil d’une journée champêtre remplie d’heureux moments de partage avec mes proches, ma progéniture et même ma plus noble conquête, je goûte enfin ce temps de vivre. Temps trop rare avant de se retrouver « cendre et givre » pour reprendre l’expression crue de Francesca Solleville. Cette même chanteuse qui me fait toujours rêver en annonçant dans ce refrain :

« Il y aura des promenades,

En amis, en camarades,

Le jour où nous aurons le temps,

Le temps de prendre enfin le temps

De nous retrouver dans les yeux

De femmes et d’hommes d’un monde heureux… »

dans sa chanson pour l’ami d’un soir

https://www.musicme.com/#/Francesca-Solleville/albums/Avanti-Popolo-0602547850393.html

 http://www.musicme.com/#/Francesca-Solleville/albums/Venge-La-Vie-:-1959-1983-3259130181128-05.html

« J’en ai connu beaucoup, moi qui voyage,

Ami d’un soir qui m’ont parlé ainsi

Avec des mots qui venaient de la vie.

ils m’ont laissé malgré tout confiante

Et c’est pour eux, avec eux que je chante! »

Xavier Dumoulin, « naisseur » de chevaux et poneys de races françaises.

Le Merens, prince noir d’Ariège mais cheval populaire

Connaissez-vous le Mérens? Ce petit cheval des pyrénées ariégeoises, originaire de la commune éponyme de ce département montagnard, très prisé en raison de sa grande polyvalence possède un excellent mental et un aspect fascinant : avec du cadre, de l’os, du lustre et du crin, cette morphologie athlétique marie robustesse et finesse dans une robe « noir zain ou pangaré » à l’instar de ses cousins Frison ou Minorquin, ces deux autres perles du monde équin.

Par delà cette éblouissante présentation, le Mérens rassemble surtout des qualités équestres essentielles. Elite en cheval de loisir, le Mérens a le pied sûr, un équilibre, un allant et une puissance qui vous transportent aux trois allures sur des terrains variés en toute sécurité, de la carrière de dressage aux chemins de crête et autres sentiers escarpés de basses montagnes.

Il faut assister, pour mieux vérifier cette adresse, à la spectaculaire descente dite « des éboulis » de la montagne de Bouan. En fin d’après-midi, depuis le pré où se tient annuellement (depuis 1979 à Bouan et cette année les 20 et 21 d’août dernier) le concours suprême de la race (les concours de la race existent depuis 1872), le spectacle de cette chevauchée cavalière sur des pentes caillouteuses à trente cinq degrés d’inclinaison, s’accompagne d’un silence religieux d’un public médusé. Public nombreux d’éleveurs, de cavaliers utilisateurs et d’amateurs régionaux, nationaux, voire internationaux avec cet engouement tout particulier des Hollandais, des Belges ou des Italiens. Dans ce canton de « Les Cabannes », à proximité d’Ax- les-Thermes et de Tarascon, le concours national des modèles et allures du Mérens honore les poulains et pouliches des « un et deux ans » manipulés, les poulains et pouliches de trois ans montés, les poulinières suitées ou les étalons approuvés. La désignation des champions suprêmes de la race, mâle et femelle des catégories des juniors ou séniors vient couronner le travail des éleveurs.

Avec près de cinq cent naissances annuelles déclarées, la race n’est plus menacée d’extinction. Une race fixée depuis près d’un siècle par une politique d’indigénat pertinente arrêtée par ses défenseurs et promoteurs et dont on mesure à présent toute la réussite. Pour comprendre toute l’intelligence de cette  politique, il faudrait revenir sur la longue résistance des populations locales, en terres ariégeoises comme dans tous les  autres pays d’élève – c’est à dire principalement dans les zones de grands marécages ou de montagnes, impropres à la culture des sols mais riches en vaines pâtures,- aux injonctions multiséculaires des haras royaux puis nationaux obligeant la saillie des juments autochtones par les étalons agréés.

Cette recherche, apparemment bien intentionnée, d’un apport des étalons de « pur sang » pour relever les produits et régénerer les races autochtones, – avec aussi des visées militaires comme celle de la préparation de la guerre franco-prussienne à la fin du second Empire qui visait à croiser les poulinières ariégeoises avec des étalons arabes pour obtenir une cavalerie légère – n’en produisait pas moins des effets délétères en dénaturant et débilisant les produits des jumenteries locales par la perte des qualités de robustesse et de rusticité attendues principalement de populations paysannes utilisatrices de petits chevaux de bât et de trait. Mais les poulinières qui montaient à l’estive avec leurs poulains de l’année dès la saison printanière des amours pour s’y régaler jusqu’à l’automne des herbages de montagne, retournaient à la ferme  après avoir été honorées par l’étalon de la race en capacité de saillir et de remplir une trentaine de juments échappant ainsi aux soupirs des prétendants de race supérieure mis à la disposition des éleveurs dans les dépôts des haras nationaux! Avec, soyons honnête, des exceptions notoires qui ont laissé quelques traces indélébiles du sang arabe de ces étalons orientaux ( la station de Mérens verra se succéder neuf étalons dont sept arabes et deux anglo-arabes de 1870 à 1879 ) qui font aussi tout le chic et la distinction du Mérens à la tête expressive et au chanfrein droit ou camus.

Un grand malentendu historique donc, source d’affrontement ici comme dans les autres pays d’élève des juments, entre deux visions du cheval. L’une, aristocratique privilégiant les qualités du cheval de manège et de cour, l’autre, populaire recherchant un cheval économique d’entretien, donc rustique mais aussi fort et robuste pour assurer les travaux des champs et des forêts – labours, moissons, débardage – de traits, de bâts et d’attelage ainsi que le transport des hommes ou des produits de la ferme jusqu’aux marchés locaux…

D’où la contestation d’une réglementation nationale imposant les saillies des juments autochtones par les étalons des écuries royales devenues plus tard haras nationaux. Des prescriptions mises en échec, comme nous l’évoquions, par la résistance passive des éleveurs de l’Ariège qui n’avaient, du reste, pas le loisir de conduire depuis leurs vallées encaissées leur jumenterie aux lieux de dépôts et de mise à disposition onéreuse des étalons nationaux quand la relève naturelle des générations s’accomplissait dans les luxuriantes – et non moins luxurieuses - montagnes d’estive !

Une tradition qui se perpétue encore grâce à l’intelligence de deux éminentes personnalités du monde équestre convaincues de la nécessité de préserver les qualités de la race Mérens : celles de Gabriel Lamarque, personnalité du monde hippique qui présidait la société d’Agriculture de l’Ariège et créa en 1908 des concours de sélection des meilleurs produits issus de l’indigénat; celle de Lucien Lafont de Sentenac, directeur du dépôt des Haras nationaux  de Tarbes, lui-même originaire du pays, qui accorda une place importante au Mérens dans une circonscription s’étendant au Languedoc et à la Corse. On lui doit tout l’appareil réglementaire de promotion de la race, l’arrêté préfectoral du 27 mars 1947 ouvrant un livre généalogique dont la tenue était confiée au syndicat hippique d’élevage de la race chevaline pyrénéenne ariégeoise dite de Mérens.

Depuis cette époque le dynamisme des éleveurs soutenus et accompagnés par le SHERPA Mérens, présidé par Mme Foisnel, porte ses fruits. Mais la crise aggrave les difficultés d’un élevage en soi peu rentable avec des coûts de production alourdis, des débouchés plus restreints et un désengagement de l’Institut Français du Cheval- Haras Nationaux (établissement touché lui-même par la vague de libéralisation avec son souci d’optimisation, de commercialisation et de fermeture des dépôts de proximité…). Dans ce contexte on doit se réjouir de l’attention toute particulière des politiques d’encouragement et d’aide à l’élevage du Mérens promues par le conseil régional de Midi-Pyrénées et le conseil général de l’Ariège dont la présence personnelle de son président à la manifestation de Bouan n’est pas fortuite. Il faut donc saluer cette entreprise de promotion d’un cheval de sang qui possède son propre Stud-Book en France et à l’étranger et améliore ses performances sportives pour en faire un cheval complet dans toutes les disciplines équestres du TREC au loisir et à l’endurance jusqu’à la compétition de dressage et bien sûr de l’attelage dans laquelle il excelle également. Ce cheval élégant et polyvalent constitue par ailleurs la meilleure ressource en équithérapie du fait de ses qualités mentales inégalables.

Pour toute ces raisons, la promotion du Mérens  reste un challenge majeur dans le monde du cheval. Etant moi-même, en amateur, cavalier et éleveur, vous comprendrez tout le sens de cette évocation des qualités du Mérens qui n’a rien d’incongrue dans ce blog citoyen qui encourage aussi le maintien de la biodiversité et d’un mode de vie et de développement soutenable.

Et, en ces temps d’universités d’été, cette référence trop ignorée de nos ténors à la devise du cavalier :  « En avant, calme et droit »!

X.D, le 27 août 2011

Europe: la supranationalité a échoué, faisons confiance aux nations

Créé par le 24 mar 2017 | Dans : Articles de fond, Blog du Che

Tribune collective de Jean-Pierre Chevènement, Marie-Françoise Bechtel, Éric Conan, Franck Dedieu, Coralie Delaume, Éric Delbecque, Estelle Folest, Jean-Pierre Gérard, Christophe Guilluy, Emmanuel Lévy, Michel Onfray, Jean-Philippe Mallé, Natacha Polony, Jean-Michel Quatrepoint, Claude Revel et Paul Thibaud, parue dans Le Figaro, vendredi 24 mars 2017

Nous avons connu l’Europe balbutiante, puis l’Europe triomphante, le temps est maintenant venu de l’Europe affaissée que même les coups de boutoir d’un Trump ne réveillent pas. À ces phases d’une «construction» dont le ciment est aujourd’hui irrévocablement fissuré ont correspondu de la part des peuples d’abord l’indifférence, puisla résignation («c’est l’Europe»), enfin le rejet. Une seule certitude aujourd’hui: l’Europe ne va plus de soi. Trente années de dérégulation sur le marché et de mise sous contrôle des politiques nationales ont rendu ce constat aveuglant.

Le plus préoccupant dans l’affaire est l’incapacité de la classe politique dans son ensemble à répondre à cette nouvelle «crise de la conscience européenne». Les principaux partis de gouvernement se taisent ; ils ont enfin compris que l’invocation à «l’Europe mieux expliquée», à «l’Europe des projets», à l’Europe à laquelle «il faut redonner du sens», tout cela est dépassé. Mais ils n’osent franchir le pas vers une vision nouvelle.

En face d’eux, les casseurs d’Europe prédisent un avenir de tumulte: dénonciations désordonnées et improductives, confondant dans un même opprobre le tout marché et l’immigration incontrôlée, chez le Front national. Insoumission fondée sur la révolte des peuples chez Jean-Luc Mélenchon comme si la seule désobéissance aux règles et directives les plus choquantes tenait lieu en soi d’horizon politique.

Dans un appel lancé il y a quelques mois à la suite du Brexit, nous avions appelé à la réunion d’une conférence sur le modèle de la Conférence de Messine en 1955. Nous rappelions ce simple fait que, à la faveur de la crise, les peuples se réveillent d’une longue duperie politique. Nous disions que l’Europe ne suit pas un rêve de puissance politique et d’indépendance stratégique. Depuis ses débuts, elle nourrit à l’endroit des peuples une méfiance hautaine et fait de la Commission son auxiliaire technocratique, son agent réfrigérant des passions démocratiques. Aujourd’hui, six décennies plus tard,le vice contractuel entre les peuples d’Europe et les institutions apparaît dans sa vérité crue. Il faut donc revoir de fond en comble le contrat. Il faut le faire en gardant à l’esprit le triple objectif que dessine en creux le rejet populaire: une Europe démocratique, prospère, indépendante.
Union nouvelle

Comment y parvenir? Nous appelons aujourd’hui les chefs d’État et de gouvernement élus d’ici à la fin de l’année en France, en Allemagne, en Italie à lancer une invitation aux pays constituant le nouveau cercle fondateur: il serait composé des principaux pays membres en population et en PIB. Il s’agirait de réunir une conférence refondatrice – pourquoi pas à Rome? – qui poserait le socle de l’Union nouvelle. Son objet serait de redéfinir les principes essentiels fondant les institutions et les compétences de cette Union, principes qui seraient ensuite soumis au vote populaire par référendum – pourquoi pas le même jour? – dans chaque pays refondateur.

Cette conférence des refondateurs redéfinirait en profondeur la vocation des principales institutions actuelles de l’Union européenne: un Conseil des chefs d’État et de gouvernement, seule autorité chargée des grandes décisions avec droit de veto de chaque membre, un Parlement composé de délégations de parlementaires de chaque pays, une Commission chargée de la seule exécution des décisions du Conseil et du Parlement, une Cour de justice chargée d’arbitrer non d’imposer.La conférence déciderait aussi des domaines dans lesquels les compétences de l’Union seraient exercées: politique agricole, énergétique, recherche… La question de l’Europe de la défense serait quant à elle subordonnée à la ferme volonté d’une indépendance de l’Europe. À défaut de ce choix commun, devraient être envisagées des alliances partielles au cas par cas.

À l’issue des référendums approuvant cette refondation, des conventions composées de membres de gouvernements et parlements nationaux déclineraient le traité nouveau, en prévoyant le passage du système ancien avec sa réglementation foisonnante au système nouveau.

Ne nous résignons pas à laisser la crise de l’Europe faire de celle-ci un continent à la dérive dans un monde où se nouent les grands enjeux de demain. Ne laissons pas la génération qui vient dans un bateau ivre, conduit par des courants venus d’ailleurs. Est-ce trop demander à l’heure où la France va décider pour cinq ans de son destin?

Henri Emmanuelli, figure emblématique de la gauche du PS…

Créé par le 23 mar 2017 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, Parti socialiste

La disparition du député des Landes laisse ses compatriotes orphelins. Président du conseil départemental jusqu’à sa mort, l’ancien premier secrétaire du PS et président de l’Assemblée nationale aura bataillé toute sa vie pour une certaine idée de la gauche dont il voulait défendre les fondamentaux. Dans une posture combative qui pouvait s’accommoder de quelques raccourcis, ce cacique du parti socialiste a maintenu cette ligne du « tenir bon » malgré les vents hostiles. Cet orateur cinglant et offensif n’a pourtant jamais désespéré et sut imposer sa marque au fil des congrès socialistes tout en composant, presque malgré lui, avec cette dérive sociale libérale que visait pourtant son discours critique.

Je fus sans doute le premier étudiant socialiste et militant du CERES à le rencontrer dans la période qui entoura le congrès de Pau de 1975, date à laquelle ce jeune loup, fondé de pouvoir à la banque Rotschild, se tournait vers les Landes à l’invitation de François Mitterrand. Je revois sa silhouette élancée et son sourire avenant envers ses camarades quand, débarqué du train qui le ramenait de Paris pour le congrès fédéral de Morcenx, avec quelques numéros de l’Unité sous le bras, il nous tendait le journal en assortissant son geste de propos pertinents d’un homme très au fait de la vie nationale du parti. C’était ses toutes premières apparitions dans cette fédération des Landes tenue par le formidable Scognamiglio qui travaillait auprès du premier secrétaire fédéral au développement du nouveau parti socialiste. Je fis part à mes amis bordelais du CERES de cette forte personnalité émergente de la « mitterrandie » qui devait s’imposer comme nous en fîmes très vite l’expérience au congrès de Metz qui voyait se renouveler l’alliance CERES-Mitterrand sur une ligne de gauche…

Mon retour dans les Landes, beaucoup plus tard, m’a fait découvrir un autre personnage, plus distant, qui avait l’expérience du gouvernement et dirigeait d’une main de fer, mais avec brio, le département pour lequel il réalisa de grandes et bonnes choses dans un champ très vaste. Les rares rencontres personnelles avec ce mentor d’un socialisme ancré dans la ligne d’Epinay m’ont toujours montré un visage souriant et d’une extrême amabilité, tranchant avec cette dureté d’expression de l’homme de pouvoir. Il savait prendre ce ton et ce visage plein d’empathie envers ceux qu’il considérait de son camp fussent-ils, comme moi, des opposants notoires à ce délitement du PS. Pour autant, j’ai aussi subi ses regards désapprobateurs dans les années de rupture quand nous fondions le mouvement des citoyens après le vote du traité de Maastricht et la première guerre du Golfe. Et surtout lors de la campagne à la présidentielle de 2001 de Jean-Pierre Chevènement auprès duquel il tenta quelques éphémères rapprochements après la campagne du Non au référendum de 2005. Tout a été dit et écrit sur cet épisode qui signa la rupture d’avec une ligne accommodante avec la gestion sociale libérale.

Par delà la candidature de Benoît Hamon qui garde l’empreinte de son mentor, Henri Emmanuelli, malgré toute l’ambivalence de l’héritage rocardien, on peut questionner la réalité du socialisme français et se demander s’il reste en lui encore une place dans la fidélité de ce témoignage d’une vie militante au service du peuple et de l’intérêt général. S’il y avait une référence à ne jamais renier, ce serait sans doute, par delà les hommes susceptibles de l’incarner aujourd’hui,  celle d’un républicanisme solidaire et laïc dans la tradition du socialisme français…

Xavier DUMOULIN

Un plan pour sauver l’euro : sa nationalisation, par Bruno Moschetto

Créé par le 19 mar 2017 | Dans : a-Fédérations MRC d'Aquitaine, Mouvement Républicain et Citoyen

Tribune Assemblée citoyenneCrédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain : Bruno Moschetto, à droite, en réunion publique à Mont de Marsan en 2014

Par Bruno Moschetto, Secrétaire national du MRC aux questions économiques, mardi 14 mars 2017.
Avant que ne se produise une désintégration anarchique de l’euro ainsi que le préconisent certains responsables politiques de droite comme de gauche, une gestion pragmatique par tous les pays membres pourrait se concevoir en amont. En effet, bien que la banque centrale, sise à Francfort soit européenne, les billets émis par chacune des banques centrales nationales ne le sont pas. En France, en particulier, la définition de l’euro témoigne d’un ancrage national. L’article premier du chapitre premier de notre code monétaire et financier stipule que : « la monnaie de la France est l’euro » et que « l ‘euro est divisé en 100 centimes ». On peut en déduire que l’euro est la monnaie de chaque Etat membre avant d’être la monnaie de la zone euro. Pour chaque Etat, ceci est illustré par le fait que les pièces de monnaie ont une face nationale et que les billets ont un code national qui précède son numéro, par exemple : U pour la France, X pour l’Allemagne, Y pour la Grèce. Ainsi, pour ce qui concerne la France dans une volonté de nationalisation de l’euro, rien ne lui interdirait de débaptiser son unité monétaire actuelle, l’euro en euro-franc. Une banque commerciale française dont le déposant, résident ou non, souhaiterait convertir ses avoirs en compte en billets, se verrait offrir des billets portant explicitement la mention euro-franc, marqués du signe distinctif existant U. Ceux-ci cohabiteraient au sein de la zone euro avec les autres euros nationaux des pays qui auraient adopté une telle réforme monétaire. Cela pourrait donner lieu pour chacune des monnaies à des dépréciations ou des appréciations sur les marchés qui tempéreraient le passage d’une euro-monnaie à une autre sans que cela nécessite l’établissement d’un contrôle des changes. Les risques d’un tel passage procèdent de la définition de la monnaie. Pour ceux qui la détiennent, qu’ils soient résidents ou non, il s’agit de créances sur l’appareil bancaire des pays concernés. Des créances sur les banques commerciales pour les avoirs en compte (monnaie scripturale) et des créances sur le la banque centrale pour les avoirs en poche (monnaie fiduciaire). Ces créances ont pour contrepartie des crédits, pour l’essentiel sur chacune des économies nationales. En définitive, en matière monétaire, tout ou presque se ramène aux territoires nationaux. Ainsi, pour un pays donné le passage de l’euro à l’euro national ne change en rien la nature et le montant de ses dettes. Ce passage pour la France serait comparable à la réforme monétaire de 1958 pour l’adoption du nouveau franc.
 

 

Ce qui est vrai pour les avoirs monétaires, le serait aussi pour les avoirs obligataires et en particulier les créances souveraines. A leur échéance, celles-ci seraient payées en euro nationaux et à leur valeur de remboursement laquelle n’aurait pas été modifiée par cette mutation monétaire. Tant que les détenteurs d’avoirs monétaires en euros nationaux ne les convertissent pas en euro-euros, leur pouvoir d’achat sur le marché national ne change pas. Il en est de même pour les détenteurs de créances obligataires, pourvu qu’ils attendent les échéances respectives de leurs créances. Seuls les détenteurs non résidents d’euro- nationaux, et notamment les banques pourraient voir éventuellement la valeur de leurs créances monétaires ou obligataires, se déprécier sur les marchés secondaires. Libre à eux, face à une dépréciation significative de leur valeur, de constituer des provisions compensatrices. Rien n’interdirait de penser que celles-ci pourraient être reprises en cas d’appréciation ultérieure de leur valeur sur les mêmes marchés secondaires. Dans ce nouvel univers monétaire né de la nationalisation des différents euros, chacun retrouverait sa compétitivité globale sur les marchés des biens et des services, sans avoir à rendre compte à une quelconque troïka en cas de difficultés. Celles-ci auraient été par avance résolues et éliminées par l’adoption de changes multiples en lieu et place d’une monnaie unique. La France et les autres pays de la zone euro retrouveraient ainsi leur souveraineté monétaire tout en conservant leur euro. La fluctuation des euros-monnaies les unes par rapport aux autres favoriserait aussi les investissements internationaux et les déplacements touristiques des détenteurs d’euro monnaie forte vers les pays à euro monnaie faible. On retrouverait ainsi un système de régulation non contraint, potentiellement plus efficace et bien moins douloureux que le système de régulation fixe imposé par Bruxelles du fait de l’adoption de la monnaie unique qui empêche tout ajustement monétaire externe. Une telle nationalisation de l’euro demeurant toujours la monnaie de la France débaptisée en euro-franc, implique en revanche que la France sorte de l’Union économique et monétaire (UEM). A ce titre la Banque de France redeviendrait notre banque centrale, notre participation au capital de la Banque centrale européenne (BCE) devrait être rachetée par nos partenaires et nos réserves publiques de change antérieurement « communautarisées » seraient rapatriées de Francfort à Paris. L’adoption d’une telle réforme monétaire qui n’implique pas de dévaluation externe mais des dépréciations ou des appréciations monétaires sur les marchés, est préférable à une dévaluation interne c’est-à-dire un ajustement des salaires et des retraites à la baisse. Cette politique a été adoptée par certains pays tels que l’Allemagne et le Royaume Uni, lesquelles en vertu d’une politique de l’offre à vocation compétitive ont déclenché un ralentissement généralisé de l’activité économique de l’ensemble des partenaires de la zone. Une politique de la demande, permise par une souveraineté budgétaire retrouvée, pourrait être enfin mise en place. Pour l’Europe, tout sauf l’austérité !
 
Bruno Moschetto
Secrétaire National aux questions économiques

A La Havane Colloque : « Les droits de nos ainés dans le monde »

Créé par le 18 mar 2017 | Dans : Non classé

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