Mémoires de Jean-Pierre Chevènement, « Qui veut risquer sa vie la sauvera »

Créé par le 21 sept 2020 | Dans : Blog du Che, Le Che

Mémoires de Jean-Pierre Chevènement, "Qui veut risquer sa vie la sauvera"Les Mémoires de Jean-Pierre Chevènement, parution le 15 septembre 2020 (Editions Robert Laffont, 506 pages, 22 euros).

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Mémoires de Jean-Pierre Chevènement,

« Jean-Pierre Chevènement nous fait entrer, pour la première fois, dans sa vie personnelle et familiale pour mieux nous raconter cinquante ans d’histoire française, d’engagements et de combats hors du commun. D’une enfance meurtrie dans la France occupée, il tirera l’énergie de paris successifs, mû par l’idée que celui « qui veut risquer sa vie la sauvera » (saint Matthieu). Il rencontre « l’Histoire en train de se faire » durant la guerre d’Algérie. À son retour, il entreprend avec une poignée de camarades de construire une autre offre politique à gauche, qui passe par la création du CERES, la rencontre avec François Mitterrand, le congrès socialiste d’Épinay, d’où s’élance une génération avide de « changer la vie ». Le « Che » nous raconte la conquête du pouvoir de 1971 à 1981 comme un véritable roman, où se mêlent audaces stratégiques et luttes opiniâtres. Multipliant savoureuses anecdotes et portraits sans concession, il démythifie la « deuxième gauche » et croque avec une douce ironie son leader, Michel Rocard. Il évoque Mitterrand à différents moments d’une relation de trente ans, où la complicité le dispute à l’affrontement. Il dépeint aussi les figures de Laurent Fabius et de Lionel Jospin, et rappelle le rôle injustement sous-estimé de Pierre Mauroy et de Jacques Delors qui surent dire « non » à Mitterrand. Éducation nationale, Défense, Intérieur : pendant près de dix ans, Chevènement donnera une colonne vertébrale à l’État. Quand viennent, en 1989-91, le grand retournement du monde et le triomphe planétaire du capitalisme financier, il ne renonce pas : non à la guerre du Golfe et au clash des civilisations ! non à Maastricht et à une Europe coupée des peuples ! Il éclaire les raisons toujours actuelles qui le conduisirent à mettre en pratique à trois reprises sa célèbre formule « Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l’ouvrir, ça démissionne », contre la « parenthèse libérale » en 1983, contre la guerre du Golfe en 1991 et contre le démantèlement de l’État républicain en Corse en 2000. Bref, il nous explique comment nous en sommes arrivés là. Ce récit majeur passionnera tous ceux qui se demandent comment relever les défis d’aujourd’hui et de demain. Il permet aussi de mesurer la dimension exceptionnelle de l’homme d’État, son exigence morale et intellectuelle qui lui valent aujourd’hui respect et considération. »
 
Retrouvez la table des matières ci-après et :
– faites connaître du livre autour de vous en partageant cette page sur vos réseaux sociaux (Facebook, Twitter) avec les boutons prévus à cet effet
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Préface

Première partie : Une jeunesse entre deux guerres
1 – Enfance d’une passion
2 – Apprentissages
3 – L’Algérie, engagement et tragédie

Deuxième partie : L’aventure de l’Union de la gauche
4 – Génération CERES
5 – D’Épinay au Programme commun : inventeurs de l’avenir ou faiseurs de roi ?

Troisième partie : La conquête du pouvoir
6 – Mai 1981, Mitterrand, Rocard et le CERES
7 – Belfort, citadelle républicaine

Quatrième partie : Ni périr ni trahir
8 – Recherche et Industrie : les ides de mars 1983
9 – De l’Éducation nationale à la Défense, le détour républicain

Cinquième partie : Le retournement du monde
10 – 1990, la grande rupture
11 – De la guerre du Golfe à Maastricht, l’effacement de la France

Sixième partie : À l’Intérieur, l’idée républicaine en action
12 – La parenthèse républicaine
13 – Un aller-retour au Val-de-Grâce
14 – Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée

Septième partie : D’une turbulence l’autre
15 – 2002, la recherche d’une alternative
16 – Résister
17 – Sagesse et, à nouveau, turbulence
18 – Pouvait-on faire autrement ?
19 – La crise du système

Conclusion : Puissance des idées

 

Chevenement.fr

Quelles perspectives pour cette gauche française saisie du remord du pouvoir dans l’urgence de sa refondation systémique et d’ensemble ?

Créé par le 11 mai 2020 | Dans : a0-blog citoyen, socialiste et républicain par temps de coronavirus, a2-Blog-notes politique de XD

Note de Xavier Dumoulin actualisée le 17 juin 2020

Quelles perspectives pour cette gauche française saisie du remord du pouvoir dans l’urgence de sa refondation systémique et d’ensemble ? P1030266

Crédits photographiques du blog citoyen, socialiste et républicain Statues dans la rue à  La Havane

 

« Nous croyons à la force de nos idées … il faut rebattre le jeu, redistribuer les cartes et nous faisons confiance en nos idées pour – dans un cadre plus vaste – progresser, s’affirmer, devenir majoritaire. Donc, c’est un calcul stratégique qui fait fond sur l’analyse que nous faisons de la crise de la mondialisation, qui fait fond aussi sur les espaces qu’elle ouvre à une gauche digne de ce nom ! »  Extrait d’un entretien avec Jean-Pierre Chevènement pour le blog citoyen, socialiste et républicain en 2008

« La vraie question s’est d’abord d’être au clair… pour construire ensemble une nouvelle dynamique… Moi, je plaide pour qu’on crée une université populaire et permanente de la gauche avec toutes les forces intellectuelles de gauche de ce pays pour qu’on se confronte, qu’on aille au bout des discussions pour savoir ce qui nous fédère et ce qui nous divise. »  Extrait d’un entretien avec Marie Noëlle Lienemann pour le blog citoyen, socialiste et républicain en 2008

« Ce qui a constitué le progrès de l’humanité, c’est le fait que les gains en efficacité obtenus par la raison, par la technique, par la science, ont permis aux êtres humains d’avoir plus de mieux être et moins de  mal être tout en ayant plus de libertés, plus de temps libre, plus de temps disponible pour autre chose que le travail, que l’affrontement à la nature.»   Extrait d’un entretien avec Jacques Généreux pour le blog citoyen, socialiste et républicain en 2008

« Pour moi, le parti communiste français, c’est comme une nappe phréatique. Il a subi, certes, beaucoup de défaites. Le communisme a été trahi ! Horriblement trahi  par certains dans le monde. Mais la nappe phréatique du communisme français, elle est toujours vivante… Et lorsque certains abandonnent les mots communiste et révolutionnaire, je pense qu’il est important pour nous de les conserver. Mais bien sûr, de les faire vivre avec les temps d’aujourd’hui et les temps de demain… »   Extrait d’une table ronde avec Claude Cabanes et d’autres militants lors de la fête des Pins à Tarnos en 2008

« Donc ce qui est important, aujourd’hui (… ) c’est de travailler à une vraie refondation et à quelque chose qui sera mieux qu’un rebond. C’est à dire faire ce que les hommes du mouvement ouvrier tentent depuis toujours de réaliser – enfin plus exactement depuis l’industrialisation de la France, fin 18° et au 19°siècle quand les ouvriers sont arrivés dans les villes, les métropoles régionales… avec des salaires très bas, les enfants dans les usines… Mais malgré le massacre de la commune, grâce à tout ce qui va se produire sous la Troisième république, il y aura un changement profond. Et puis ce sera l’école publique, gratuite ! Ce sera bien entendu, le droit du travail qui avancera- ce sera plus long – et puis ce sera un pays qui deviendra profondément républicain – c’est à dire un peuple  souverain qui ne s’en laisse pas conter ! »  Extrait d’un entretien avec Georges Sarre pour le blog citoyen, socialiste et républicain en 2008

« Mais la gauche, elle existe ! Elle travaille ! Elle est là ! Ce n’est pas parce qu’elle a des représentants qui ne la représentent pas qu’elle n’existe plus ! Je vous assure qu’elle travaille et elle travaille bien ! Pas seulement en France, mais dans le monde entier… Croyez-moi, le mouvement, il est parti ! Il est irréversible ! La seule inquiétude, c’est de savoir où en sont les dégâts. Et s’il n’y a pas une situation irréversible dans les dégâts et dans le processus de la destruction de l’humanité. Actuellement, le régime, le système actuel, il est à bout de souffle. Cet argent qui a étouffé tout le monde, il s’étouffe lui-même aujourd’hui. Et il ne faut pas le laisser mourir tout seul. Il faut l’aider à mourir et le combattre mais la relève est là et croyez-moi, l’alternative elle est prête, elle est là ! »  Extrait d’un entretien avec Danielle Mitterrand pour le blog citoyen, socialiste et républicain en 2008

Synthèse de l’article dédié à Jean-Marie, citoyen accompli.

Douze ans après la crise financière, la période présente agit comme un révélateur et ouvre un regard nouveau sur un monde en proie au coronavirus. En France, les sous-capacités hospitalières en réanimation, l’absence de masques, de tests et de matériels médicaux jettent un trouble profond dans une opinion médiatisée et retournée qui retrouve les vertus des « premiers de corvée », soignants, caissières, livreurs, les plus exposés, dans une insécurité certaine en début de pandémie.

« C’est le kairos, le moment où il faut saisir le retournement idéologique » selon le politologue Rémi Lefebvre.

Les développements contenus dans l’article proposé ci-dessous bénéficient d’un éclairage concret au travers de l’authenticité de nos humbles engagements dans les courants socialistes et républicains, de l’exercice de nos responsabilités professionnelles au sein du service public de l’emploi et de la santé et, plus largement, de nos pratiques et questionnements éthiques et politiques de « citoyen ordinaire » et « spectateur engagé ».  On trouvera dans la rubrique « à propos du blog citoyen » nos éléments de présentation.

Sur les thèmes développés, nous assumons une posture idéologique apparentée à un « réformisme révolutionnaire » sans doute plus révolutionnaire que réformiste, même dans son acception traditionnelle, le terme étant à présent totalement dévoyé par les réformes néolibérales. Nous nous  interrogeons sur les perspectives d’une gauche à refonder pour donner sens à son retour aux responsabilités nationales et nous situons résolument dans une optique de changement complet de paradigme dans une visée de reconquête démocratique des souverainetés élémentaires et nécessaires à la vie intellectuelle, politique, économique et sociale de la nation, à commencer par la première de toutes, la souveraineté populaire. Ce mouvement n’a de réelles chances d’amorcer une révolution dans les modes de production de richesses au service d’une humanité réconciliée avec son environnement qu’à la condition de s’émanciper de la doxa néolibérale. L’audace de nos « pistes » programmatiques et projectives à court, moyen, voire très long terme (il ne s’agit pas, ici, dans ce mode libre, purement exploratoire que nous livrons en débat, du niveau de précision d’un programme électoral d’élaboration collective soumis aux électeurs : calendrier, financement, détail dans l’articulation des mesures, etc.,), vient ainsi à point pour secouer les réflexes pavloviens d’une gauche frileuse et repliée, idéologiquement défaite ou confuse, et qui « s’éclate » ainsi malgré tout.  Cette contribution citoyenne en croise des milliers d’autres aujourd’hui dans un débat public dé confiné, souvent informel et spontané, qui concerne citoyens, militants et traverse les formations associatives, syndicales et politiques. Les développements sont articulés autour des points et résumés suivants : Lire la suite »

Bella Ciao

Créé par le 05 août 2017 | Dans : a-le quartier libre de XD, autres articles

Voir aussi Actes du colloque de la Fondation Res Publica : « Max Gallo, la fierté d’être français »

Les actes du colloque du 21 novembre 2017 sont disponibles en ligne sur le site de la Fondation Res Publica.

lBella Ciao

« Et voilà qu’à mon tour, je sacrifie à la mode de l’egocentrisme. Je ne vaux pas mieux que mes congénères, pire, je suis peut-être pire qu’eux puisque j’entreprends d’écrire sur moi, sur Max, enfin sur nous, sur notre désarroi. Je ne me pose pas la question de savoir si l’épreuve que nous traversons mérite d’intéresser quiconque. Écrire m’apparaît comme le seul moyen de résister, résister à ma manière, non pas à l’invasion des Allemands, mais à la maladie de l’homme que j’aime, un homme qui n’est plus celui que j’ai aimé. Moi non plus, je ne suis plus celle qu’il a aimée. J’ai pris conscience, il y a bien longtemps, qu’il existait plusieurs versions de soi-même. » 

Le rapport à la maladie de Parkinson, la vie de couple perturbée dans une relation d’amour qui n’endigue pas l’épuisement, générant parfois la colère, sont évoqués dans une totale sincérité et laissent place à l’interrogation sur la nature humaine.

Dès les premières pages de son récit de vie avec Max, Marielle soulève la question de la dualité de l’être – « il existe plusieurs versions de soi-même » qui peuvent être « concomitantes » – dans « une multiplicité de temps individuels, superposés mais discordants ». Tout est rassemblé en quelques phrases. Mais au fond cette problématique n’est elle pas beaucoup plus large?

La maladie exacerbe à l’évidence ce difficile rapport à l’Autre. Elle ne saurait résumer les contradictions de l’existence. Marielle évoque sa vie compliquée avec ses trois enfants issus de trois pères, constat d’une vraie difficulté dans la vie de couple. Avec cette situation rocambolesque des retrouvailles des époux Gallo dans la garçonnière de Max pour s’adonner aux jeux de l’amour, loin des risques de promiscuité avec leurs enfants respectifs qui pourraient faire irruption dans la chambre d’amour quand Julien, le fils de Max déjà trentenaire au moment de l’écriture du roman, avait fait élection de domicile chez son père, Max refusant la recomposition parentale sous un même toit.

Ses moments de tendres complicités, Marielle en parle avec pudeur et drôlerie évoquant  quand même ses tenues affriolantes et ses talons aiguilles avec sa garde robe, précieusement rangés dans leur nid d’amour. Lire la suite »

Quelle alternative à cette gauche des chimères et des renoncements? Comment sortir de cet enlisement et de cette étrange connivence entre discours maximalistes et frilosité politicienne?Pourquoi faut-il mettre le cap sur la reconquête d’une république sociale?

Créé par le 23 fév 2016 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de XD, a2-Blog-notes politique de XD, AGAUREPS-Prométhée

 marianne.gif« Même je prie les lecteurs de n’ajouter point du tout foi à tout ce qu’ils trouveront ici, mais seulement de l’examiner et de n’en rien recevoir que ce que la force et l’évidence de la raison les pourra contraindre à croire. » Descartes

Présentation du plan d’ensemble

Introduction: Du décryptage des fausses évidences  des gauches protestataires ou social-libérales accoucheuses de chimères et de renoncements

A la dénonciation de cette étrange connivence d’un maximalisme verbal et d’une frilosité politicienne

Pour rompre avec une politique qui désespère le peuple, nourrie la droite extrême et tue la gauche

1° partie – Du glissement islamophobe – au prétexte de la laïcité- à la liquidation de la politique arabe de la France

§1 -Une polémique entre un écrivain et des chercheurs en sciences sociales révélatrice d’une intériorisation de l’islamophobie

1- Une chronique de l’écrivain Kamel Daoud sur les évènements de Cologne qui fait réagir le monde des sciences sociales

2- Une brèche dans le camp des laïcs

§2-Les virevoltes de la diplomatie française au Proche-Orient et dans le dossier syrien comme symptôme de l’absence de perspective face aux enjeux de la menace terroriste

§3-Le grossier amalgame de Valls entre la volonté de comprendre et la culture de l’excuse

2° partie – Du discours « écolo » radical, comme critique du progrès, à l’accompagnement des politiques de désindustrialisation et de déflation

§1-Le fondamentalisme écologique comme négation de l’héritage humaniste et progressiste et de la perspective d’éco-socialisme.

§2-De l’écologie à la théorie de la décroissance :

1-vert de rage ou de raison?

2- l’embrouille autour de la question du nucléaire Vox Populi,  Mox  Dei

§3-Européisme, austérité et chômage de masse

1-La Grèce, l’Europe et la souveraineté par Jacques Sapir

2-La leçon grecque par Jean-Pierre Chevènement

3° partie – De la déconstruction de l’idée de nation à l’enlisement
de la France dans le néolibéralisme et le capitalisme financier mondialisé

§1-Le grossier amalgame du fait des élites mondialisées entre le nationalisme, la conception citoyenne de la nation et la nature des institutions pour brouiller les repères historiques de la gauche, masquer leur domination et entretenir la confusion entre souveraineté populaire et régression populiste

1-La notion de Nation est-elle obsolète ? Pascale FOURIER, Jean-Pierre CHEVENEMENT

2-Quelques vrais enjeux autour de la réforme des institutions

§2-De la réfutation de l’intérêt national à la fuite en avant dans l’européisme

§3-La soumission aux dogmes de l’ordo-libéralisme et du capitalisme financier mondialisé

4° partie – Du dénigrement du droit à la sûreté et à la sécurité à la liquidation de l’ordre public social

§1-Du refus de l’ordre juste

§2-A l’acceptation des zones de non droit et au détricotage du code du travail

Problématiques en guise de conclusions provisoires

§1-Comment sortir la gauche de sa torpeur et de son essoufflement?

§2-Le communisme et la gauche de la gauche ont-ils encore un avenir?

1-PCF : quelle mutation?

2-L’avenir des gauches (de gauche ou à la gauche de la gauche?)

§3-Pour la rupture démocratique : sortir du néolibéralisme et combattre le néo-conservatisme

§4-Une position centriste radicale et républicaine par refus des vieilles politiques de chimères ou de renoncements

§5-Pour la refondation de la gauche sans mythe ni mirage

1- Quelle refondation? Avec qui? pourquoi? pour qui?

2-Pour prolonger notre conversation entre amis socialistes et républicains…

3-Le pari de la citoyenneté

Introduction:
Du décryptage des fausses évidences  des gauches protestataires ou social-libérales accoucheuses de chimères et de renoncements
A la dénonciation de cette étrange connivence d’un maximalisme verbal et d’une frilosité politicienne
Pour rompre avec une politique qui désespère le peuple, nourrie la droite extrême et tue la gauche Lire la suite »

Rompre avec les stratégies perdantes : la chronique d’Evariste extraite de la lettre de Respublica du 20 septembre 2020

Créé par le 21 sept 2020 | Dans : Non classé

La Chronique d’Evariste est celle de la lettre de Respublica ( à ne pas confondre avec la fondation ResPublica) qui est tout à fait indépendante de notre rédaction malgré sa proximité d’inspiration et d’orientation. C’est à l’invitation de diffusion du rédacteur de cette chronique ( de la lettre à laquelle nous sommes abonnés)

« Cet article vous a plu, diffusez-le » (en bas de page de la chronique)

que nous publions cette dernière sur le blog citoyen, socialiste et républicain en reconnaissance de la grande pertinence des analyses et propositions de son rédacteur.

dimanche 20 septembre 2020
Par 
Pour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org
 

« Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards, ni patience. » René Char

« On ne pardonne jamais à un homme les injustices qu’on lui a fait subir. » Galilée

Pourquoi la gauche a-t-elle participé au progrès social et politique pendant près de deux siècles et depuis plus de 30 ans n’y arrive-t-elle plus ? Nous vous proposons ici quelques pistes de discussion (sur lesquelles nous sommes prêts à venir débattre avec vous lors d’initiatives montées dans vos territoires).
En effet, du siècle de la Révolution française jusque dans les années 1980, la gauche a eu une histoire mouvementée mais l’histoire n’est pas avare de dates qui ont marqué le progrès de l’humanité. Où sont alors les différences avec les dernières décennies ?

⇒ Hier, elle agissait pour le progrès social, aujourd’hui elle croit pouvoir être majoritaire dans le pays en ne proposant pas d’agir sur les causes des injustices sociales !
Malgré ses divergences internes, la gauche proposait d’améliorer le sort des travailleurs les plus défavorisés, des sans-culottes de la Première République jusqu’à la classe populaire ouvrière et employée dans la deuxième moitié du XXe siècle. Aujourd’hui, elle n’est plus pro-active, elle n’est que réactive, une partie de la gauche devient l’opposition de Sa Majesté, passant son temps à critiquer passivement le recul organisé par le patronat et la droite. Le 10 août 1792 a produit le suffrage universel, aujourd’hui la gauche ne dit plus rien avec une abstention de 60 à près de 80 % des ouvriers et des employés !

⇒ De la Révolution française jusqu’au serment de Vincennes de 1961, le principe universel de laïcité est partie intégrante du combat de gauche, aujourd’hui, le néolibéralisme soutenu par une partie de la gauche, opposition de Sa Majesté, produit la fin de l’universel humaniste et le développement du communautarisme, du financement public des cultes, du racialisme indigéniste destructeur des solidarités et de la fraternité, du clientélisme (1) Le combat universaliste antiraciste et anticolonial a été porté par une partie de la gauche minoritaire mais importante dès la Révolution française et par une part de plus en plus grande de la gauche au fur et à mesure de l’histoire. Aujourd’hui, la gauche ne dit plus rien des différentes formes de néo-colonialisme français, en Afrique par exemple, et ne porte aucune action sérieuse pour défendre un antiracisme radical et universaliste. Pire, une partie d’entre elles fait des compromis avec des réactionnaires communautaristes.

⇒ La gauche agissait dans le cadre de la lutte des classes pour le progrès social et politique. Aujourd’hui, elle laisse le patronat, la droite et Warren Buffet dire que « bien sûr que la lutte des classes existe puisqu’on est en train de la gagner » en se vautrant dans toutes les déviances en utilisant le mot creux de populisme de gauche qui n’a existé que dans les pays sous-développés à forte économie informelle, et encore pendant une courte période, ou carrément la collaboration de classes. Et que dire des concepts débiles d’économie sociale de marché, de revenu de base, d’effondrement (en lieu et place de la lutte écologique écosocialiste), d’isolationnisme, ou d’union de la gauche sans contenu concret, etc. !

⇒ C’est la gauche qui a créé, par la pression populaire, les systèmes de protection sociale, la sécurité sociale, les services publics, les congés payés pour tous, la journée de 8 heures, Aujourd’hui tout cela est détruit. Et quel est le dirigeant de gauche qui présente un projet désirable de sécurité sociale pour mobiliser ? Pire, toute la gauche aujourd’hui encense Lionel Jospin, le champion toutes catégories des privatisations (avec 26 milliards, il explose Villepin et Balladur – respectivement 20 et 15 milliards), celui qui a tué les mutuelles solidaires avec son code assurantiel de 2001, qui a même réussi à détruire les avancées de sa première loi sur les 35 heures par sa deuxième loi deux années plus tard ! Il n’est pas revenu sur la loi Balladur de 1993 sur les retraites ni sur celle de Juppé sur la Santé-Assurance-maladie de 1995. Il a accentué la désindustrialisation avec sa piteuse position sur Renault Vilvorde où il a théorisé l’incapacité de l’action de l’Etat, pourtant le plus gros actionnaire. Hier, la gauche avait un projet de société, aujourd’hui elle pavane avec des mots creux ou des généralités dont le contenu n’est plus actualisé (pôle public du médicament, pôle public financier, maison des retraites prônée par la CGT, sécurité sociale professionnelle, etc.).
Ainsi, on n’est pas crédible avec pour seul discours contre le projet néolibéral sur les retraites « non au système à points », comme si le système actuel de répartition était désirable ! Il aurait fallu dire « non au système actuel de répartition, et non au système à points encore pire que le système actuel ! »

⇒ La gauche ne sait pas analyser l’impasse de l’affrontement direct aux forces de répression. La violence légale est le monopole de la police. Aujourd’hui l’oligarchie capitaliste ne peut se maintenir qu’en renforçant la répression. L’affrontement direct avec les forces de l’ordre est contre-productif et fait le jeu de ladite oligarchie qui réprime en donnant des images aux médias dominants qui en profite pour cacher les revendications réelles des mouvements sociaux et la violence patronale. La gauche doit donc développer une pédagogie montrant que cet affrontement direct favorise l’oligarchie. Il faut donc lutter avec d’autres moyens. Et pour cela, la pratique d’une éducation populaire refondée dans les mouvements sociaux est indispensable. Et pour cela, il ne faut pas mépriser les mouvements sociaux du type gilets jaunes.

⇒ La visibilité médiatique ne sert à rien sans un travail d’éducation populaire dans les mouvements sociaux mobilisés. Pratiquer l’éducation populaire refondée auprès des jeunes, des ouvriers, des employés, des paysans, des salariés, des couches moyennes intermédiaires en lutte est plus pro-actif que de se contenter d’une visibilité médiatique qui s’estompe en quelques jours.  Ceux qui font l’inverse tomberont de haut car on ne change la société qu’avec une société mobilisée et non avec des consommateurs médiatiques sidérés. Les consommateurs médiatiques sont des alliés du système.
Renoncer au mythe de l’immédiateté pour pratiquer un travail éducatif et politique de moyen terme est indispensable. Contrairement aux croyances altermondialistes, le spectaculaire n’a pas l’efficacité qu’elles lui donnent.
Dit autrement, il faut produire une parcelle de monde nouveau. Comme Cédric Herrou qui a agi de façon illégale, certes, pour créer un droit positif du primat de la solidarité et de la fraternité humaniste pour tous les êtres humains donc aussi pour les migrants. Comme ceux qui occupent leurs usines pour monter une coopérative à la place de la propriété lucrative (les 1336 par exemple).
Ou encore, contrairement à ce que font la plupart des organisations naguère d’éducation populaire, il faut politiser les actions pour mener la bataille pour une nouvelle hégémonie culturelle face au système bourgeois actuel
D’ailleurs, la conception réactionnaire ordolibérale n’a pas été obtenue par la droite en passant du nazisme aux formes modernes de l’ordolibéralisme par de la simple visibilité médiatique. Qui connaît la Société du mont Pèlerin et toutes les officines qui ont permis à l’oligarchie d’être infiltrée pour produire l’ordolibéralisme dès le traité de Rome de 1957 – combattu par Mendès-France pour de bonnes raisons ? (2) Et qui a fusionné ensuite avec le tournant néolibéral de 1979 de Thatcher et Reagan.

⇒ La gauche doit adopter une stratégie pro-active et constituer un nouveau bloc historique autour de la classe populaire ouvrière et employée (53 % de la population) et des couches moyennes intermédiaires (24 % de la population). Mais pour cela, il faut agir, selon leurs intérêts. Le slogan par exemple « fin de mois, fin du monde même combat » n’est qu’un slogan de la petite bourgeoisie intellectuelle n’ayant pas de problèmes de fin de mois, un scandale fini ! Car pour la majorité de la classe populaire, les fins de mois, c’est tous les mois et donc il faut commencer par cela. Il y a bien d’autres explications pour lier la bataille sociale à la bataille écologique sans prendre un slogan qui met les deux au même niveau.
Dit autrement, il faut allier des couches sociales avant de penser alliances partisanes. Si une union de la gauche se fait sans la classe populaire ouvrière et employée, elle a perdu d’avance. Même François Mitterrand avait compris ce théorème puisqu’il justifiait l’alliance avec le PCF sur cette seule base !

⇒ Par ailleurs, faire croire que le virus Sars-Cov-2 allait préparer un monde meilleur « le jour d’après », fut une illusion de courte durée des partisans de la méthode Coué au sein de la gauche. Nous savons maintenant que ce sera pire qu’avant. Croire ne remplace pas le raisonnement rationnel ! La lutte des classes a repris de plus belle, pourquoi avoir cru à sa fin, alors que le discours de l’oligarchie reste celui de la solidarité nécessaire avec les patrons et les banquiers !
De ce point de vue, il convient de débattre sur le nouveau régime de sécurité sociale et non pas apparaître soutenir une Sécu inégalitaire et pas assez solidaire. Se battre sur les nouvelles copropriétés d’usage pour réformer le droit de propriété, sur la promotion du salaire socialisé par la cotisation aux côtés de l’impôt mais sans mélanger l’un avec l’autre, sur les nationalisations nécessaires mais cette fois-ci démocratiques, sur les biens communs, sur l’écosocialisme pour contrer le syndrome de l’effondrisme et du communautarisme, etc.

La gauche se doit de construire un imaginaire positif
autour de la notion du travail

Les soignants hospitaliers, médecins et paramédicaux ont montré dans la crise sanitaire du virus Sars-Cov-2 qu’ils étaient capables de s’organiser sans la technobureaucratie, largement parasite, installée par le nouveau management néolibéral. C’est à partir de cela que l’on doit réfléchir à une nouvelle organisation. Et il en est de même dans bien d’autres organisations sociales.
Par ailleurs, c’est bien parce que le pouvoir de cette bourgeoisie parasite, cette technobureaucratie néolibérale, a montré son inconséquence, que le pouvoir est obligé d’être de plus en plus autoritaire, jusqu’à utiliser la violence policière contre des infirmières, contre des pompiers !
Mais, c’est bien autour du concept de l’auto-organisation que les discussions doivent se tourner. La technobureaucratie néolibérale joue le rôle joué par l’aristocratie dans le système féodal, toutes choses étant différentes par ailleurs.

⇒ Auto-organisation veut dire de réfléchir à une sortie du salariat en devenant travailleur associé ce qui renvoie à un nouveau statut du travailleur associé adossé à une sécurité sociale refondée et donc à une modification des rapports sociaux de production. C’est le changement des rapports sociaux de production qui détermine le passage d’un système de production à un autre. Bien évidemment, cela est aujourd’hui possible grâce aux nouvelles forces productives numériques et électroniques.

⇒ Le travailleur associé, c’est aussi un autre versant de l’acquisition de la souveraineté populaire sur son propre travail, souveraineté populaire qui donne de nouveaux droits au travailleur associé par rapport aux salariés qui sont en état de subordination par rapport au capital. Mais aussi souveraineté collective qui donne également des droits à la collectivité des travailleurs associés. Redonner la souveraineté à des travailleurs associés peut se comprendre avec l’analogie, toutes choses étant différentes par ailleurs, avec la libre disposition du corps des femmes par les femmes elles-mêmes pour lutter contre la domination patriarcale.

Répétons, que changer de système ne consiste pas seulement à la prise du pouvoir d’Etat mais aussi à la prise du pouvoir sur le travail par les nouveaux travailleurs associés. Si on s’arrête à la prise du pouvoir dans l’Etat, on obtient une nouvelle aristocratie d’Etat pilotant une technobureaucratie qui peut être soit néolibérale de plus en plus autoritaire (ce qui va advenir si la gauche ne se met pas à la hauteur des enjeux), soit soviétique (nous avons vu où cela a mené).

Dans ce cadre, le secteur des travailleurs associés deviendrait le secteur pro-actif dans le nouveau système en transition face à l’Etat et aux survivances du secteur capitaliste contrairement aux coopératives et mutuelles actuelles qui subissent la subordination directe de la formation sociale capitaliste.

 

Mais gardons-nous de vouloir proposer le paradis. Restons-en à la formule matérialiste d’Engels que l’on « ne peut pas faire bouillir les marmites de l’avenir ». Dit autrement, nous pensons que toute pensée téléologique est erronée, car c’est l’activité matérielle et ses contradictions qui font surgir la « force des choses » et ce ne sont pas les idées qui créent les futures activités matérielles. Les hommes et leurs idées ne peuvent qu’agir dans le cadre de cette « force des choses » qui arrive toujours mais pas forcément quand on le souhaite. Mais ils peuvent agir positivement que si, et seulement si, ils ont correctement analysé la période, qu’ils ont préparé les conditions de la bifurcation là et qu’une organisation collective peut prendre en charge la rupture politique. Nous avons de ce point de vue expliqué dans des conférences sur les grandes révolutions que ce qui précède est corroboré dans toutes les périodes révolutionnaires sans exceptions. Car il n’y a pas plus de fin de l’histoire, n’en déplaise à Kojève ou Fukuyama que de finalité écrite d’avance par une téléologie, fût-elle de gôche.

 

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Audition de JPC 5 février 2020 relations avec la Russie Public Sénat : l’analyse de Jean-Pierre Chevènement

Créé par le 26 août 2020 | Dans : Le Che, Pour une autre Europe

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La chronique d’Evariste lue dans Respublica : Situation politique générale : l’arbre cache la forêt et la lutte des classes prend un chemin de traverse

Créé par le 09 juil 2020 | Dans : Non classé

mercredi 8 juillet 2020
 

« Partir du réel pour aller vers l’idéal », Jean Jaurès

Débattre sur l’idéal sans partir du réel, c’est comme vouloir grimper sur l’Everest sans en définir le chemin, c’est comme dire comment on pourra coloniser la planète Mars sans savoir comment s’y rendre. Et dans cet exercice, il y a pléthore de propositions dans tous les partis. Par contre, si on décide de « partir du réel pour aller vers l’idéal », c’est un peu plus difficile. Et là, il y a moins de candidats – c’est un euphémisme ! Mais n’est-ce pas nécessaire de partir du réel?

L’arbre vert qui cache la forêt…

Essayons ensemble d’y voir plus clair ! Les médias dominants y compris les mini-médias des organisations politiques et syndicales de gauche et des écologistes ont tranché : il y a une forte poussée verte ! La peinture verte est dévalisée dans tous les supermarchés ! Heureusement, le Canard enchaîné nous met sur la voie de la raison raisonnante avec sa formule : « un vert à moitié vide ou un vide à moitié vert » ? Et puis, les instituts de sondage posent malicieusement la question : « Si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, pour qui voteriez-vous ? ». Et là, patatras, selon les candidats en présence, le candidat EELV arrive le plus souvent en 5e position au premier tour ! Ce n’est qu’une indication qui ne correspondra sans doute pas tout à fait au réel de 2022, mais cela nous permet de relativiser la course au verdissement d’un discours sans grande conséquence concrète. Car bien entendu, la dite poussée verte n’a lieu principalement que dans les villes centres des grandes métropoles et non dans les villes moyennes et petites, et pas plus en zone rurale et périurbaine. 

Si la cause écologiste est une cause sérieuse, impérieuse et centrale pour un projet humaniste de bifurcation économique, sociale et politique, savoir comment incarner cet indispensable combat n’en est qu’à ses débuts, n’en déplaise à ceux qui en restent à l’arbre qui cache la forêt. 

Conflits à tous les étages…

Concernant le capital, nous voyons qu’il est dans une restructuration intense qui a pour conséquence une concurrence de plus en plus violente entre tous ceux qui luttent pour le pouvoir. Sur la plan économique, les risques s’amplifient tant à cause d’un niveau de dettes de plus élevé, surtout dans le secteur privé, des risques de krach  bancaire et financier, que des risques pandémiques possibles. Sur le plan international, nous ne pouvons que prévoir une intensification des conflits inter-impérialistes avec des configurations très différentes ici et là sur le globe ce qui rend l’analyse globale plus complexe et les risques plus grands. (Voir dans ce journal « Dans quelle crise sommes-nous ? » n° 12.)

Sur le plan national, essayons de clarifier le complexe et surtout pas de simplifier.
Du côté du capital, la forte baisse du soutien des bases d’appui des collectivités territoriales au dispositif macronien, relance l’intensité du conflit stratégique du capital entre la tentative d’élargissement du dispositif macronien (à droite, finalement, plutôt que vers les écologistes) et celui de l’union des droites. Là, non plus, rien ne relèvera d’un long fleuve tranquille car pour l’instant, la défaite électorale en rase campagne des listes de la « République en marche arrière » aux municipales n’entraîne pas encore sa disqualification pour le deuxième tour de la présidentielle.
De ce point de vue, les deux élections de 2021 seront cruciales pour l’engagement politique du capital. Les militants auraient tort de s’en désintéresser. Du côté des forces populaires, la décomposition politique s’est approfondie. L’accroissement du vote abstentionniste de la classe populaire ouvrière et employée a franchi un nouveau seuil. Si on part d’un niveau d’abstention générale de près de 60 % des inscrits aux dernières élections municipales; de la croissance du nombre de non-inscrits et du fait que la classe populaire ouvrière et employée (elle-même majoritaire dans le pays) frise les 75-80 % d’abstention par rapport aux inscrits dans les communes et quartiers populaires (dont la majorité ne sont pas en banlieue des métropoles contrairement à ce que laissent croire les militants de la gauche communautariste, indigéniste ou racialiste), on voit alors que la décomposition politique de notre camp continue de se développer. D’autant que les votes des jeunes sont du même ordre que ceux de la classe populaire ouvrière et employée.

Quel « bloc historique » ?

Sauf pour les différentes écoles de l’idéalisme philosophique et politique (qui foisonnent dans la gauche et chez les écologistes) qui ne peuvent que nous proposer des impasses bien connues, nous savons qu’une approche matérialiste exige que toute bifurcation économique, sociale et politique réponde à certaines conditions, dont la nécessité de constituer un bloc historique dont la classe populaire ouvrière et employée est partie prenante en son cœur !
Oui, le mouvement destituant doit se lier à un mouvement constituant. Mais croire à un mouvement constituant sans constitution d’un bloc historique  avec une partie conséquente de la classe populaire ouvrière et employée, des couches moyennes intermédiaires et de la petite bourgeoisie intellectuelle, serait  une nouvelle impasse. Le populisme de gauche a un avenir provisoire dans les pays à forte économie informelle mais pas dans un pays développé comme la France.
Rappelons une des difficultés actuelles dans la constitution de ce potentiel bloc historique, c’est que la grande majorité des militants syndicaux et politiques sont des militants vivant dans les métropoles, alors que la gentrification a rejeté des pans importants de ce bloc historique potentiel hors des métropoles. Le mouvement des gilets jaunes en porte témoignage.

Les écologistes sont comme tous les autres courants engoncés dans de profondes contradictions qui n’ont pas fini d’éclater. Des épisodes du type De Rugy, Cohn-Bendit, Pompili, Lipietz, Canfin etc. sont à prévoir. Certaines  alliances de listes se réclamant de l’écologie ou de l’écosocialisme pour le deuxième tour des municipales du 28 juin 2020 ne manqueront pas de surprendre : alliance d’écologistes et d’écosocialistes avec un milliardaire de droite à Montpellier, alliance des écologistes EELV avec LR à Choisy-le-Roi, alliance de la liste écosocialiste FI avec LR à Arcueil… ailleurs alliance avec la « République en marche arrière », etc… 

Ceci est à rajouter aux alliances du PCF avec l’indigénisme et le communautarisme, comme à Ivry entre autres, ou des socialistes avec le communautarisme religieux comme à Créteil (82 % des investissements culturels pour les structures religieuses de la ville avec 805 000 euros pour le budget en cours) au détriment du social….

Et comme une politique écologique ne peut pas sur le moyen terme s’effectuer dans le capitalisme, toutes les alliances EELV-PS ne manqueront pas de vivre rapidement des tensions insupportables. Voilà pourquoi l’indispensable question écologique ne peut pas se traiter à part et ne peut pas être surplombante. Elle doit se lier aux autres questions démocratique, laïque, sociale, féministe et politique. Par ailleurs, sans prise en compte majeure des forces productives (et de leurs développements récents), des rapports de production et de leur interaction, de l’action du capital et des forces qui s’opposent à lui,  toute perspective sociale est bouchée.

Voilà ce qu’est notre perspective d’action pour l’automne : participer au débat argumenté nécessaire partout en France à l’invitation de toute structure visant à la refondation de l’éducation populaire dans une perspective alternative au système dominant. Nous avons déjà plus d’une vingtaine d’invitations au moment où nous écrivons. Il ne tient qu’à vous d’agir en ce sens si vous le voulez bien !

Bonne trêve estivale et rendez-vous à fin août pour de nouvelles aventures ! 

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Communiqué de Jean-Pierre Chevènement suite au 2nd tour des élections municipales du 28 juin 2020

Créé par le 29 juin 2020 | Dans : Battre campagne, Blog du Che, Projet politique

La poussée écologiste dans les métropoles est incontestable mais ne doit pas faire oublier deux choses. L’électorat des métropoles n’est pas tout l’électorat, loin de là. L’hétérogénéité du vote exprime déjà la fracture sociale. Par ailleurs, devant l’urgence environnementale, il y a l’urgence démocratique. L’abstention touche principalement l’électorat populaire. La poussée écologiste risque de télescoper la crise sociale à l’horizon. Il faudra beaucoup d’intelligence aux responsables politiques, quelle que soit leur sensibilité, pour concilier la lutte pour une économie décarbonée et le souci d’une croissance sociale.
 

Rédigé par Chevenement.fr le Lundi 29 Juin 2020 à 09:56 

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