Elle se lance dans un sprint avant la campagne officielle.

Par David REVAULT D’ALLONNES

QUOTIDIEN LIBERATION : mardi 13 mars 2007

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Vue et revue à la télé. Après M6, dimanche, Ségolène Royal sera ce soir au 20 heures de TF1, jeudi sur France 2, samedi sur France 3 et dimanche sur LCI. Ce sprint tient d’abord au fait que, dès l’ouverture de la campagne officielle, lundi, les chaînes seront contraintes d’accorder le même temps de parole à tous les candidats sans exception, de Sarkozy à Schivardi. Royal entre aussi «dans la dernière phase, avec une semaine très intense», indique un proche. Et trois problèmes à gérer.

Résister aux sondages 

Ségolène Royal a fixé la ligne, dimanche soir, lors de la réunion du pôle «expression publique» de son équipe : «On ne commente pas les sondages.» Alors que sa capacité à l’emporter sur Nicolas Sarkozy avait constitué, pendant la primaire, un de ses meilleurs arguments de vente… «Quand les sondages démontraient qu’elle battait Sarko, ils avaient toute leur importance, ironise un élu. Aujourd’hui, ils ont toute leur relativité.» Un socialiste résume : «La consigne est stricte : surtout, faire bonne figure. Pas d’états d’âme.» Une ligne qui ne convainc pas l’ensemble du PS. «On ne commente pas les sondages, mais on ne fera jamais croire qu’on ne s’y intéresse pas, assure une élue. Surtout pour Ségolène Royal…» 

Incarner le «vrai changement» 

«Le désir de Ségolène est toujours là, estime un socialiste. Le problème, c’est qu’il est entravé par un impromptu qui s’appelle Bayrou.» Et que cet «impromptu» vient contester à Royal le créneau du changement : 42 % des sondés jugent «peu» ou «très peu différents» les projets de Royal et Bayrou. Les socialistes expliquent la cote sondagière de ce dernier par des tempos de campagne différents. «On ne demande rien à Bayrou, car il est considéré comme la nouveauté», estime Claude Bartolone. «La question Bayrou est secondaire, veut croire un proche. Il faut démontrer que le pacte présidentiel sera appliqué et que ça va marcher.» L’heure est donc au martèlement des propositions. «Ségolène a marqué des points en annonçant son pacte, il faut qu’elle reste sur son application», juge un membre du staff de campagne convaincu que la candidate peut y retrouver ce qui fit sa force : être porteuse d’un vrai changement. Car, après avoir créé la surprise, imposé ses différences et ses idées parfois iconoclastes pendant la campagne interne, Royal s’est installée dans le paysage. Et s’est normalisée aux yeux de l’opinion, notamment en rappelant à la rescousse les éléphants du PS. Lire la suite dans Libé http://www.liberation.com/actualite/politiques/elections2007/240537.FR.php