par Patrick Champagne,sociologue, membre du Centre de sociologie européenne,

Trois sondages publiés ces deux derniers jours donnent des résultats sensiblement différents, non seulement concernant les intentions de vote mais aussi leurs évolutions. Comment expliquer ces différences ?- La cause la plus importante de ces résultats non concordants entre instituts de sondage qui cherchent pourtant à mesurer la même chose au même moment réside dans la constitution des échantillons qui ne sont représentatifs que… des enquêtés qui veulent bien répondre. Accessoirement, également, dans les techniques utilisées par les différents instituts pour forcer les réponses. Les « non réponses » des enquêtés qui ont accepté le questionnaire (et qui ne sont pas des abstentions contrairement à la présentation qui est faite de ces enquêtes) varient, en effet fortement. Par exemple, pour la question sur les intentions de vote, il y avait 4% de non réponses pour l’IFOP contre 24% pour CSA, 18% pour la SOFRES, 14% pour IPSOS, etc. Mais il faut aussi compter les refus de répondre aux enquêteurs (probablement autour de une personne contactée sur deux) et au fait que, avec la diffusion du téléphone portable, les téléphones fixes qui sont appelés par les instituts sont de moins en moins une base de sondages fiable. La conséquence de tout cela est que les échantillons fabriqués par les instituts sont formellement représentatifs du corps électoral mais pas réellement car ceux qui, aujourd’hui, veulent bien répondre ou sont joignables par le téléphone fixe ne sont qu’une fraction de la population qui n’est pas superposable, malgré toutes les techniques de redressement, à ce que sera le corps électoral réellement mobilisé au moment du vote. Lire la suite de l’article dans Le Nouvel Obs http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/