Troublante la « retraite » d’un Sarkozy, fraîchement élu, dans une débauche de luxe, troublants l’accueil fait au renégat Besson, les manoeuvres de débauchage d’un Kouchner et autres missionnés venus de la gauche mais aussi des proches de Bayrou, troublantes les captations d’héritage en tous genres depuis le début de la campagne, troublante cette agilité verbale à récupérer valeurs et symboles de ses adversaires, troublante cette façon d’être très « star’ac », troublante cette confusion du people et de la politique, troublante cette prétendue auto-censure des media sur les sujets qui fâchent, troublante cette capacité de s’exonérer de tout bilan. Troublante cette perversion des mots, des valeurs, des signes et peut être même des hommes.

Ce renversement du sens fonctionne à plein. Depuis les mensonges reconnus de Blair et Bush sur les faux prétextes de la guerre d’Irak sans que leur légitimité en fût ébranlée, on peut s’interroger sur les nouvelles postures de l’intrigue en politique. Adieu le mensonge d’Etat et vive le cynisme érigé en principe d’action. Quand la renommée supplante le mérite, quand l’apparence balaye la compétence, à quoi bon s’encombrer de principes exigeants ! A bas la vertu et vive l’instantané ! Comme un chien crevé au fil de l’eau, laissons donc filer le sort du pays en faisant comme-ci le contraire prévalait. L’essentiel n’est-il pas de déréguler, dérèglementer, défiscaliser, libéraliser comme le dit le MEDEF qui représente, comme chacun sait, l’intérêt général bien compris des entreprises du CAC 40 .

  Dur de savoir ce qu’il en sera vraiment. Une chose est certaine : c’est l’embrouille totale ! Une embrouille qui tord le cou à tous les principes sans que l’on ne puisse la dénoncer. Vous l’aurez compris : il n’y a pas de principes, il n’y a que des opportunités.

Xavier DUMOULIN