Par Thomas CALINON

QUOTIDIEN LIBERATION : samedi 9 juin 2007

Jean-Pierre Chevènement ? « Un homme exceptionnel, solide, expérimenté » a dit cette semaine Ségolène Royal. L’ex-candidate socialiste à l’élection présidentielle était à Belfort pour soutenir celui qui l’a soutenu dans la course à l’Elysée. Pas sûr que ce renvoi d’ascenseur connaisse davantage de succès… Chevènement, maire de Belfort et président d’honneur du MRC, lutte pour reconquérir le siège de député de la 2e circonscription du Territoire-de-Belfort. Il l’a perdu en 2002, premier échec depuis 1973. Le député sortant, Michel Zumkeller (UMP), entend bien «rebattre» JPC, histoire de faire taire ceux qui estiment qu’il a été élu «sur un coup de chance» il y a cinq ans. Le scrutin présidentiel, remporté dans la circonscription par Nicolas Sarkozy (52,99 %), joue en sa faveur. De même que la dissidence du socialiste Alain Dreyfus-Schmidt (exclu du parti, mais soutenu par certains cadres), qui refuse l’accord PS-MRC réservant la circonscription à Chevènement au motif que ce dernier «a trahi le PS à tours de bras depuis quinze ans». Pris entre deux feux, Jean-Pierre Chevènement joue de sa stature nationale pour emporter la mise. En cas de désaveu, il en « [tirera] les conséquences». La phrase annonce une possible fin de règne à la mairie de Belfort.