Avec un taux de participation à peine plus élevé qu’au premier tour, il est hélas permis de considérer que la tendance du premier tour se confirme et que la droite rafle la mise. L’espoir d’un sursaut citoyen semble bien improbable. On peut donc craindre le pire pour nos candidats qui, partout en France, avaient fort à faire pour remonter la pente. Cette situation résulte de la victoire idéologique et de l’habileté politique d’une droite hégémonique soutenue sans réserve par la finance et les médias. Cette défaite est aussi celle des gauches désunies, incapables de relever les défis républicains, sociaux, européens et internationaux de cette dernière période faste aux entreprises du CAC 40 et plus que jamais dure aux faibles. La gauche ne doit plus accepter de se laisser désarmer par une droite qui n’hésite pas à se revendiquer de valeurs dont elle pervertit le sens tout en promouvant sans complexe des idées nauséabondes qui dressent contre elles deux France, idées trouvant leur source dans l’exaltation des mécanismes du néolibéralisme et du triomphe du marché.

Ce soir de défaite, nous restons particulièrement attentifs aux résultats locaux dans l’espoir de voir quelques grandes figures échapper à la débacle pour préserver la voix d’une gauche digne de son nom et largement à reconstruire. Mais, à la recherche d’une nouvelle voie s’émancipant des pesanteurs du modèle néolibéral et du capitalisme financier, c’est avec les citoyens, le monde du travail et la jeunesse qu’il faut à présent oeuvrer de toutes nos forces en se méfiant de toute allégeance susceptible de capter cette démarche unitaire pour la déprécier à des fins strictement politiciennes. Il nous faut du courage dans ces moments d’annonces de tristes résultats, parsemés, nous l’espérons, de quelques exceptions qui n’en seront que plus remarquables.

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