La difficulté du débat à gauche réside en partie dans les erreurs d’analyses sur les valeurs républicaines. Celles-ci appartiennent à l’héritage de la gauche avec la remarquable synthèse jauressienne entre la République et le Socialisme. Les critiques gauchistes de la campagne de Ségolène Royal sont très largement révêlatrices d’une confusion entre valeurs de droite et de gauche. Parce que N Sarkozy a habilement habillé son discours de références républicaines, celles-ci seraient devenues suspectes à la gauche ! Quel retournement de sens ! C’est donner raison au faussaire que de mettre en cause l’original ! Car si la gauche ne devrait pas avoir le monopole de la défense et la promotion du travail, de l’ordre juste, de la République et de sa symbolique, elle se doit d’agir pour promouvoir sur ce socle une démocratie sociale.

Et, que dire de cette démission de la pensée de gauche qui conduit à l’exaspération des différences au détriment du principe d’égalité et de laïcité, au risque d’encourager le communautarisme. Comment se résigner à la lente agonie des valeurs du progrès, de la justice sociale et de la raison sous prétexte de la prédominance des mécanismes d’une société de marché et d’un système médiatique qui broient ces références implacablement ? Il faudrait donc se couler dans la culture de l’immédiateté, du réflexe consumériste et se  réfugier dans un hyper individualisme avec une atrophie des devoirs et une hypertrophie des droits ! Ce serait accepter toutes les conséquences d’une défaite idéologique ! Comment alors résister à ces processus en oeuvre dans une domination sans partage du marché qui tend à liquider les dispositifs de solidarité ? C’est toute la question pour ressourcer une gauche complexée qui a fini de penser par elle même dans un monde déboussolé. Non, ce n’est pas la fin de l’histoire et il reste un avenir humain ! Mais qui saura l’affirmer ?

Xavier DUMOULIN | – 25.06.2007 – 23h28

http://www.20minutes.fr/article/166598/20070625-Debats-Ou-va-le-PS.php