Le  président Sarkozy poursuit infatigablement son entreprise en gardant le cap sur les mesures annoncées. Il veut à tout prix concrétiser ses objectifs :  abaisser les charges et les impôts des entreprises et des hauts revenus tout en faisant supporter aux pauvres les augmentations de TVA, réduire les dépenses de l’Etat en supprimant des emplois publics par centaines de milliers,  baisser le coût du travail en comprimant les bas salaires et en organisant la précarité, remettre totalement en cause les dispositifs protecteurs de l’emploi en adoptant un contrat atypique, limiter singulièrement l’exercice du droit de grêve en s’attaquant d’abord au secteur public… Et nous n’évoquons là que les questions économiques et sociales quand le président travestit les institutions dans une hyperconcentration du pouvoir.

Sans opposition forte et structurée, nous pouvons craindre une capacité de Nicolas Sarkozy à traduire ces objectifs actuels dans la réalité de demain. C’est une visée politique fondée sur des présupposés idéologiques d’une inspiration « libérale », façon néo-conservatrice,  en dépit des discours de campagne volontaristes.  Cette méthode emprunte certans aspects du thatchérisme dont on connaît les résultats : affaiblissement des syndicats après une épreuve de force gagnée par le patronat ou le gouvernement, démantelement de la protection sociale et des services publics. Ce programme de liquidation de l’Etat social comporte le risque de casser la machine économique tout en exacerbant les conflits sociaux.

Dans une période traversée par de tels enjeux on doit montrer plus d’intelligence à gauche. Après avoir plombé sa candidate à la présidentielle, trahi les accords électoraux avec le MRC dans des circonscriptions phares, assisté impuissant au débauchage de socialistes en vue,  le PS donne libre cours à l’exacerbation de ses rivalités internes. Et à la gauche du PS on risque de revenir à de vieilles et illusoires chimères.

Ce sont décidemment toujours les mêmes comportements qui prévalent : maximalisme verbal, frilosité dans l’action, dénonciations et divisions. Faut-il n’avoir rien appris de l’histoire pour donner tant de signes d’incapacité ? Faute d’une remise en cause profonde, la gauche pourrait bien passer à côté des défis majeurs ; ceux de la relève de la France en remettant concrètement à l’ordre du jour, dans les têtes, les coeurs et surtout les actes la devise exigeante de la République. Comme nous y invite Jean Pierre Chevènement, il y a une réelle urgence à oeuvrer à «  la reconstruction et au rayonnement de ce courant républicain civique dont la gauche et la France ont plus que jamais besoin « . En avons-nous la volonté ? En serons-nous capables ?

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