PARIS (AP) – « La victoire était possible » à l’élection présidentielle, lance Laurent Fabius à Ségolène Royal, regrettant le « triple déficit » de l’ex-candidate socialiste sur sa « présidentialité », sa « crédibilité » et la « collégialité » avec le PS.

« Rien n’est jamais gagné à l’avance, mais je crois, oui, que la victoire était possible », estime l’ancien Premier ministre dans un entretien au « Monde » daté de jeudi. Et d’avertir Ségolène Royal, qui se refuse pour l’heure à tout autocritique et préfère parler de « non-victoire »: « Il faut expliquer cet échec, non le nier ».

Lors de la campagne, « un triple déficit est apparu: présidentialité, crédibilité, collégialité », regrette-t-il. Il épingle au passage les débats participatifs chers à l’ex-candidate. « On ne gagne pas une élection présidentielle en demandant à chacun ce qu’il ou elle veut, mais en proposant une vision, un dessein ».

Laurent Fabius, qui avait imposé le SMIC à 1.500 euros dans le projet du PS, se pose la question de la « sincérité » de Ségolène Royal après ses déclarations jugeant cette proposition, qu’elle avait reprise, pas « crédible ». « Si on affirme lors d’une élection être favorable à son augmentation, et qu’on déclare ensuite qu’on n’y croyait pas, cela devient un problème de nature quasi éthique et suscite un doute sur l’ensemble des propositions qu’on défend », gronde-t-il.

Enfin, l’ancien adversaire de la présidente de la région Poitou-Charentes lors de la primaire au PS déplore qu’elle ait « plutôt choisi de tenir à l’écart les principaux responsables socialistes. Ce fut sa décision. Pour ma part, j’étais totalement disponible ».

Après la défaite, il se dit « préoccupé par l’atmosphère délétère qui règne parmi les dirigeants socialistes ». Des tensions dont Laurent Fabius entend se tenir à l’écart, se définissant comme un « sage actif ». AP