L’intention présidentielle d’ouverture est louable, le casting gouvernemental médiatique, l’impact politique génial pour la droite et les dommages collatéraux nombreux à gauche. Nicolas Sarkozy marque des points dans l’opinion et ce ne sont pas les petits soucis de carte banquaire où le détonnant « salope », à l’encontre d’une candidate malchanceuse, d’un défenseur de la meute contre les nouveaux intrus qui suffit à ternir l’image d’une politique dite d’ouverture. Ca marche !

Pourtant la ficelle est grosse. Dans ce jeu malsain, rendu possible par la complicité d’une petite bande de déserteurs, le président tire tous les marrons du feu devant une opinion ébahie par l’allant de la nouvelle présidence impériale. Après une incontestable réussite dans la formation d’un gouvernement féminisé et « diversifié », la nomination de « missionnaires  » venus de la gauche vient compléter l’exercice. S’il n’y a vraiment rien à redire sur la respectable posture de l’ancien ministre  Hubert Védrine – qui a cru utile à l’intérêt du pays de mettre son expérience et ses compétences au service d’une réflexion  sur la mondialisation -, tout autre est le risque de court-circuitage du Parlement dans la mise en place d’une commission ad hoc sur la réforme des institutions.

Ne s’agit-il pas là d’un contournement évident des procédures démocratiques ? Coup double dans cettte tentative. On écarte le Parlement avec la bénédiction d’un notable socialiste ( Lang n’a pas encore répondu) et on sème la zizanie dans les rangs d’une gauche groggy. Résultat des courses immédiat : ça tangue au PS. Le rappel à l’ordre d’Henri Emmanuelli, incitant ses amis à se mettre au travail, suffira-t-il à relever des troupes réfugiées dans les appels incantatoires à la refondation et prêtes à se déchirer dans le plus grand désordre ? Saluons en tous cas la posture du  député des Landes et ancien secrétaire du Parti socialiste qui voudrait sans doute entraîner ses amis sur un tout autre terrain ; celui du combat politique contre une droite décompléxée qui met tranquillement en oeuvre ses réformes. L’engagement contre le traité constitutionnel et la demande pressante d’un référendum concrétisent cet appel. Puisse-t-il être entendu de ses proches tombés dans les chausse-trapes de l’adversaire !

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