Par Gérard Bon Reuters – Mardi 7 août, 12h56

PARIS (Reuters) – Peu satisfaits des explications de Nicolas Sarkozy, des élus de gauche insistent sur la nécessité de faire toute la lumière sur les conditions de la libération des infirmières bulgares par la Libye.

Le Monde s’interroge pour sa part, dans son édition parue mardi, sur plusieurs « zones d’ombre » du dossier, notamment le contenu exact de l’accord de coopération militaire signé le 25 juillet lors de la visite du président français à Tripoli.

« Nous voulons comprendre ce qui s’est passé. La vérité est loin d’être dite et faite sur cette affaire », a déclaré le député PS Jean Glavany sur Europe 1.

Il a estimé que les déclarations du fils du colonel Kadhafi, Saïf al Islam, étaient « suffisamment floues » pour justifier la demande de commission d’enquête parlementaire formulée par le PS et acceptée par Nicolas Sarkozy et l’ensemble de la droite.

« Il ne peut pas y avoir de diplomatie secrète dans une grande démocratie comme la nôtre », a souligné Jean Glavany.

Il a souligné que les parlementaires n’ont pas constitutionnellement le droit d’entendre Nicolas Sarkozy mais que la question du contrôle de l’action du chef de l’Etat pourrait être abordée dans le cadre de la réflexion sur la réforme des institutions.

Démentant un quelconque marchandage avec le colonel Kadhafi, l’Elysée s’est efforcé de désamorcer la polémique en distinguant la libération des infirmières bulgares détenues en Libye d’éventuelles contreparties, en particulier des contrats d’armement signés avec Tripoli.

« Le contrat n’était pas lié avec la libération des infirmières », a répété Nicolas Sarkozy lors d’une rencontre avec des journalistes, dimanche, sur son lieu de vacances aux Etats-Unis.

AVENTURE NUCLÉAIRE ?

Mais Jean Glavany souligne les « contradictions » du chef de l’Etat. « Voilà que le président déclare innocemment : ‘Qu’est-ce qu’on me reproche ? D’avoir ramené du travail pour les ouvriers français ? Je l’assume’. Il faut que M. Sarkozy assume aussi ses contradictions », avance-t-il.

Le responsable socialiste avait déjà épinglé la veille le commentaire du président sur un pays « en voie de démocratisation ». »Un pays qui torture et viole des infirmières indûment emprisonnées en voie de démocratisation ? », demandait-il.

Outre la question de l’accord de coopération militaire signé avec Tripoli, Le Monde s’interroge sur le rôle joué par le Qatar qui aurait contribué à résoudre la question de l’indemnisation financière des familles libyennes, selon les propos de Saïf al Islam.

« Pour les spécialistes, il est peu probable que le Qatar ait pu consentir un tel geste sans rien obtenir en échange », avance le quotidien.

Il s’interroge également sur la nature réelle de l’aide prévue par la France à l’hôpital de Benghazi.

Dans le même quotidien, le député socialiste Jean-Louis Bianco et Bruno Rebelle, ancien conseiller de Ségolène Royal, dénoncent le choix « géopolitiquement irresponsable et énergétiquement inutile » d’offrir de la technologie nucléaire à la Libye.

Tous deux estiment que l’argument énergétique avancé est « totalement inepte », la Libye n’ayant pas particulièrement besoin, selon eux, d’usines de dessalement et étant riche en pétrole et en gaz.

« Nous ne pouvons accepter que, pour assurer un ‘nouveau coup d’éclat médiatique’ du président Sarkozy, le gouvernement français propose à la Libye de Kadhafi une nouvelle aventure nucléaire », écrivent-ils.

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