Certains socialistes peuvent bien accueuillir dans le mépris littéraire le livre de Ségolène Royal. Celle-ci par delà ses règlements de compte de campagne et les psychodrames de sa vie voudrait encore incarner la rénovation de la politique. Si l’on en croit le compte rendu de son intervention d’hier dans une tribune qui rassemblait pêle-mêle des socialistes jusqu’au fondateur de la LCR, elle entend bien déplacer le curseur en vantant le modèle de la gauche italienne. Marier compromis social et radicalité, impartialité de l’Etat et altermondialisme, tel paraît le challenge auquel nous invite Ségolène Royal.

Toutes ces bonnes idées généreuses pourraient peut être convaincre s’il y avait dans sa démarche plus de cohérence et de constance. A ce jour, l’ex-candidate a surtout donné le flanc à toutes les critiques en faisant preuve d’une totale désinvolture sur les sujets majeurs. Après avoir justifié a postériori la critique de gauche avec ses déclarations intempestives sur le SMIC, la voilà à présent confessant sa vision d’une alliance au centre que d’aucuns supputaient depuis belle lurette. Mais il y a pis encore après son abjuration de ses propositions de campagne sur l’exigence de la tenue d’un référendum. Dans ces conditions, Ségolène Royal perd beaucoup de crédibilité  quand elle avait chèrement acquis un capital de sympathie avec une approche renouvelée de la politique. N’était-ce que bluff? Une posture plus mendésienne exigerait de la rigueur dans les choix. Gouverner n’est-ce point choisir? A vouloir trop embrasser, Ségolène Royal risque de perdre sur tous les fronts. Son entêtement à tendre la joue droite devient un peu obsessionnel et décalé quand il s’agirait plutôt de foutre un grand coup de pied dans la fourmilière!

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