Dans notre revue de blogs citoyens, nous lisons les bons billets de ce début de semaine de Danielle Mitterrand et d’Henri Emmanuelli qui interpellent avec intelligence et conviction les fossoyeurs de notre République. Au passage, Danielle Mitterrand dénonce le déni de démocratie que nous venons de subir. « En France même, que penser lorsque les députés élus par le peuple votent contre la décision de ce peuple, manifestée dans un référendum populaire sans équivoque ? Le peuple nous embête, au diable le peuple !! »

 Mais plus fondamentalement, la présidente de France Libertés évoque la Res Publica, rappelant, « pour ceux qui l’auraient oublié,(que) notre  démocratie est fille de la République. C’est parce que celle-ci a considérée que le bien public était  l’affaire de tous qu’elle a instauré la participation de chacun. »

 Danielle Mitterrand relève les défis démocratiques en opposant deux logiques : l’éthique de la vie et de l’humain qui doit remplacer l’éthique dominante, celle de l’argent-roi, de l’argent valeur, richesse argent. La première « nous suffit comme directive, car toute majorité politique inspirée par le souci de l’autre ne pourra que se déterminer pour le bien être de tous….On connait les effets dévastateurs (de la seconde) sur les hommes, sur les ressources naturelles, et l’action dégradante sur l’imaginaire appauvri de ceux qui ne rêvent plus de liberté égalité fraternité mais de gros lots, et d’euro millions. »

Avec pédagogie, Danielle Mitterrand poursuit  une opposition constructive et exemplaire contre la logique de l’aliénation dans un  projet émancipateur construit sur les éléments d’une autre façon de vivre ensemble. C’est là, résumé, tout le sens de son digne combat qu’elle conduit en France et dans le monde au travers de son témoignage et du travail de sa fondation.

Le parlementaire socialiste, Henri Emmanuelli, continue de dénoncer une certaine imposture dans l’adoption du traité par la voie parlementaire et souligne « l’incroyable aveu de N. Sarkozy ». Dans une critique implacable, le député des Landes relève les contradictions du discours sarkozien qui voudrait nous faire avaler « que l’éviction du peuple français du processus de décision était une condition posée par nos partenaires… Si je comprends bien le français, cela signifie que nos partenaires (qui, quand, où ?) ont posé comme condition à leur acquiescement une clause d’éviction du peuple français. » Et le dirigeant socialiste de s’interroger sur la conception de son rôle par le chef de l’Etat avant  de conclure par une pique à l’adresse du PS. « Et que dire des silences et des connivences ubuesques, du lâche soulagement du Parti auquel j’appartiens : ne voit-il pas que le désastre programmé n’épargnera personne ? ».

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