Dans les joutes électorales, la tripotée de bois verts échangée de part et d’autre à la face des concurrents, traités à l’occasion de tous les noms d’oiseaux, vient pimenter des fins de campagnes harrassantes. Ces attaques ad hominem stigmatisent l’adversaire et interdisent les échanges sereins. Les plus sages peuvent bien dénoncer ces outrages dégradants, d’un usage pourtant constant. Leur jugement sévère mais par trop idéaliste fait fi d’une implacable réalité psychologique héritée du tréfonds de nos origines : celle de la horde aux moeurs archaïques et mue par cette agressivité animale.  Est-ce à dire qu’en politique il faille faire son deuil de préceptes civiques et moraux dans ces moments d’écart quand la pulsion prend le pas sur la raison de l’homme moderne ? Je n’ai sur ce point aucune autre opinion à professer que celle de ma propre expérience plutôt bien inspirée pour n’avoir jamais confondu ou réduit le militant en un homme de mains. Mais je n’ai jamais feint d’ignorer l’instinct grégaire du clientélisme de la Rome antique aux comités électoraux de la France républicaine. Il n’empêche que si l’homme est un animal politique, pour passer du registre psychologique à celui de la philosophie politique, dans ces considérations de tripots, il n’en demeure donc pas moins homme avec toutes ses passions et ses pulsions lorsque la fidélité aveugle, fille du clientélisme, l’emporte sur  le soutien critique. A l’heure où l’on voudrait réhabiliter les valeurs refuges, en recherchant peut être à l’excès ce supplément d’âme terriblement absent, on ne saurait oublier que la vie politique est faite aussi de contingences, de rencontres fortuites, et sans doute contradictoires, entre ambitions personnelles et mandats publics, affrontements d’idées et disputes triviales, inhérentes aux poussées paroxystiques du combat politique, lequel ne mérite guère ce regard trop moralisateur et quelque peu désincarné. Car nos novices contempteurs de la chose politique feraient bien de ne pas tirer prétexte de cette réalité politique multiséculaire d’opportunismes et de récupérations d’enjeux élevés à des fins personnelles, pour s’exonérer à bon compte de leurs devoirs citoyens plutôt que de retrousser les manches pour tenter de montrer un meilleur exemple à leur tour. A ne pas vouloir se coltiner avec le réel ces bonne âmes finissent par ressembler à ces chérubins d’anges aîlés, à jamais éloignés des contingences humaines. Ils peuvent bien garder les mains jointes, ces culs bénis qui pavoisent en choeur dans les retables et les culs-de-four des églises. Pour être plus explicite,  permettez-moi, cette triviale référence à Pascal : « Qui veut faire l’ange fait la bête ».

X D

P.S : Retenu dans mon institution depuis près de deux mois par de nobles et exigeantes tâches professionnelles chronophages (tous les professionnels autorisés vous le confirmeront), en cette période de campagne, je suis, bien malgré moi, resté coi et bouche bée. Je ne voulais surtout pas que l’on allât s’imaginer je ne sais quelle stupide et lâche posture vis à vis de tel candidat ou candidate. Je suis pleinement des vôtres camarades-citoyens ! Et j’aurai bien donné de ma petite voix pour repousser les calomnies et autres insultes de mauvaise guerre de Parentis à Saint Martin de Seignanx en passant par Mont de Marsan. A tous et à toutes, je souhaite la victoire et félicite par avance, en ce jour de la gent féminine, l’heureuse élue, de demain, communiste et républicaine du canton de Sore qui renouvelle le genre, ce qui nous change – c’est une litote - de ces trop nombreuses et masculines têtes de linotte !