Tibet, OGM, carte « famille nombreuse »: Nicolas sarkozy tance ses ministres qui mettent à mal la cohésion gouvernementale. « La prochaine fois, c’est la porte » aurait-il menacé en fin de séance du conseil des ministres. « Il n’y aura pas de nouvel exemple » de couac « sans sanction » et « celui ou celle qui manque à la solidarité gouvernementale devra sortir ». Dans un langage plus « soft », Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a traduit ces propos à la presse en indiquant que M. Sarkozy avait « appelé tous les membres de son gouvernement à la loyauté, à la solidarité et à la nécessité d’avoir une équipe soudée autour de lui et du Premier ministre ».

Pour régler les questions de com, le président fait appel à Thierry Saussez, un de ses proches. Ce dernier est nommé délégué interministériel à la communication. Thierry Saussez sera également responsable du service d’information du gouvernement. Malgré ce coup de gueule assorti de menaces et de dispositifs politiques et techniques, le président et son premier ministre auront encore fort à faire. 

Ainsi, l’annonce dimanche par la ministre de la santé du dérembousement total des frais d’optique par la sécurité sociale a provoqué beaucoup de réactions d’hostilité en ce début de semaine avant les fausses rétractations de madame Bachelot. Il y a de quoi car les enjeux sont importants. En premier lieu pour les moins de 18 ans et les bénéficiaires de la CMU qui bénéficient encore d’une prise en charge de la sécurité sociale plus intéressante que celle du droit commun en la matière. En second lieu en raison de la brèche provoquée par une telle disposition dans le principe de la couverture des soins, certes déjà quelque peu bousculé, notamment dans ce secteur si mal remboursé. On notera d’ailleurs le caractère particulièrement inopportun de cette proposition eu égard à la faible part des dépenses d’optique dans les comptes de la  sécurité sociale quand les plus nécessiteux diffèrent ou renoncent déjà aux dépenses de ce type du fait de leur manque de solvabilité.

Alors que le président vient expliquer aux Français, ce jeudi, sa réforme hospitalière, à la suite du rapport Larcher, ces déclarations  ministérielles laissent plutôt sceptiques sur la volonté de promouvoir l’accès aux soins pour tous, mission essentielle de l’hôpital public. Plus que de communication, il s’agit bien là d’une question politique de première importance sur laquelle le président a déjà donné le ton avec l’instauration des franchises médicales. Avec tous ces couacs, il n’y a plus que les sots pour n’y comprendre que couic !

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P.S : un nouveau couac après le conseil des ministres.

Le quotidien « Le Monde » affirme dans son édition datée de jeudi qu’un décret « passé inaperçu » réforme les bonifications accordées pour les adolescents, qui ne seraient plus versées dès les 11 ans, mais après 14 ans. »Au total, sur l’ensemble des versements accordés entre le 11e et le 18e anniversaire, les familles perdront près de 600 euros par enfant », écrit le quotidien. Cette modification « devrait permettre à la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) de réaliser 138 millions d’économies par an », calcule « Le Monde ». »J’ai eu un échange avec (la secrétaire d’Etat à la Famille Nadine) Morano ce matin sur ce sujet qui m’a indiqué que rien n’était prévu pour l’instant », a répondu M. Chatel, le porte-parole du gouvernement,  interrogé sur cette question après le conseil des ministres.

Le Premier ministre François Fillon a pourtant confirmé mercredi soir qu’une majoration unique des allocations familiales à 14 ans sera instaurée à compter du 1er mai prochain, mettant ainsi un terme à un nouvel épisode de cacophonie sur la politique familiale du gouvernement. Pour les futures familles bénéficiaires, cette mesure pourrait effectivement se traduire par des allocations diminuées d’environ 600 euros. 

Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel qui affirmait à l’issue du conseil des ministres que rien n’était « prévu pour l’instant » sur le sujet n’est cependant pas démenti après le communiqué de Matignon. La secrétaire d’Etat à la Famille Nadine Morano a même assuré sur France-2 que « ce n’est pas du tout un couac gouvernemental. Nous sommes complètement sur la même ligne avec Luc Chatel » ( sic).