Pour ceux qui, dans son propre camp, désespéraient à jamais de  voir s’accomplir cette mue présidentielle qu’ils appelaient de leurs voeux, c’est à présent chose faite. Après un an de ton gouailleur, d’annonces désordonnées mêlant impréparation et provocation, et d’exhibitions à ravir la presse people, Nicolas opère un virage de com’ à 180 degrés. Quel désaveu cinglant pour celui qui croyant banaliser les valeurs et les façons d’être de l’establisment dans une exubérance médiatique, se trouve acculé, face au jugement des petites gens, à en rabattre dans cet étalage malsain.

Mais sur le fond, l’obstination domine. Tout se tient, affirme -t-il, pour justifier son action gouvernementale brouillonne et parfois cahotique. On avait bien compris et mesuré la direction unilatérale des réformes : du cadeau fiscal aux retraites, le pouvoir d’achat des couches populaires reste le grand perdant de cette politique tout à l’avantage de la finance. Car lorsque le président fait mine de retrouver le ton volontariste de la campagne, sa politique le cloue au pilori. Le traité européen a normalisé la politique de concurrence libre et non faussée. Le gouverneur de la Banque centrale européenne continue sa politique délétère de taux d’intérêt élevés, au grand dam de toutes les forces productives du pays quand la crise financière et la hausse des matières premières menacent déjà, dans ses intérêts vitaux, une humanité affamée.

Pas un regret sur ses déclarations provoquantes de Latran et Ryad, rompant avec la vision laïque et républicaine de la France. Pas d’inflexions sur la politique d’immigration, le président stigmatisant au passage la politique de régularisation pourtant fort équilibrée du ministre de l’intérieur du gouvernement Jospin en 1997, celle de Jean Pierre Chevènement.

On se réjouira, bien à la marge, d’une certaine inflexion comportementale. Mais on déplorera l’entêtement dans une politique qui contredit tout volontarisme affiché. Remplir les caisses …des profiteurs et de la finance, assurément ! Au détriment du monde du travail, résolument.

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