A lire et entendre les commentaire de la presse, on en déduit que la présence de Rama Yade obéirait à un jeu de rôle travestissant le message humanitaire de la France. La diplomatie sert aussi les affaires, certes ! Mais comment qualifier de tels faux-semblants de la part d’un président qui prétendait il y a peu replacer les droits de l’homme au coeur de la politique extérieure de la France ?

 Madame Rama Yade donne ainsi le change. Une seule rencontre de quarante cinq minutes, sous condition et en catimini, avec le représentant de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, Mokhtar Trifi. Lequel aurait  jugé la rencontre aussi «positive» que le discours de Sarkozy «décevant». Une façon sans doute diplomatique de marquer les limites de l’exercice.

De son côté Nicolas Sarkozy affirmait que «l’espace des libertés progresse» en Tunisie. «Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais […] de m’ériger en donneur de leçons». «Certains observateurs sont bien sévères avec la Tunisie qui développe sur tous les points l’ouverture et la tolérance» devait-il plus tard renchérir. De quoi ravir son hôte Ben Ali qui reçoit le compliment quand Khadija Chérif, la présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), voit son rendez-vous annulé en raison du « programme chargé » de Rama Yade.

En faisant l’apogée du nucléaire civil, énergie  bon marché, arme de développement et rempart contre la pauvreté, cause du terrorisme, le président français prétend écarter le risque d’une déstabilisation du régime. Une justification du soutien au gouvernement autoritaire de la Tunisie qui appuie par ailleurs l’initiative de la France pour l’union méditerranéenne.

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