De la figure de Pierre Bérégovoy à la refondation républicaine de la gauche dans a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin Beregovoy-V2_copie 

L’émission 2000 ans d’histoire sur France Inter évoquera à 13H30 la mort tragique de Pierre Bérégovoy en ce jour anniversaire de sa disparition, il y a maintenant quinze ans.

Dans une lettre à un camarade socialiste que j’engageais à suivre la démarche du Mouvement des Citoyens, j’évoquais l’annonce de cette terrible nouvelle à l’issue du conseil politique du MDC en ces termes approximatifs que retrace mon brouillon.

«  Ce samedi 1° mai, lorsque j’arpentais l’île Saint Louis et celle de la Cité … pour venir contempler les trois portails de la cathédrale Notre Dame … avant de franchir le Pont-au-double et la rue de Bièvre …. pour me rendre à la Mutualité, j’avais dans la tête l’idée qu’une certaine gauche avait vécu et qu’il fallait oeuvrer gaillardement pour relever l’idéal de mes quinze ans.

Je n’imaginais pas en repoussant aimablement les mille brins de muguet tendus vers moi à cette heure encore matinale, ce que serait l’épilogue de cette journée pour cet homme que j’avais rencontré lors de mon premier meeting socialiste, un homme courtois, portant en lui, et jusqu’au plus profond de ses racines populaires, la générosité de l’âme socialiste.

Lorsque j’appris sa mort,  à l’issue de la réunion du conseil politique du Mouvement des Citoyens qui se tenait en fin d’après-midi, je fus pris d’une sorte de vertige, entouré d’amis retrouvés d’autres départements et meurtris dans leur coeur par le symbole de ce désarroi tant l’affection dont jouissait Pierre Bérégovoy était restée forte.

Je venais de vivre une journée de débats et de rencontres d’une richesse inouïe car il y avait fort longtemps que j’attendais ce jour ( NDLR : celui du lancement officiel du Mouvement des Citoyens par Jean Pierre Chevènement, les 1° et 2 mai 1993 à la Mutualité en présence de nombreux invités tels le regretté Léo Hamon ou le trépidant porte parole de la LCR, Christian Picquet).« 

 Dans la violence de cette annonce, je compris le désarroi qui frappait tout ce peuple de gauche. Le lendemain, à la reprise de nos travaux, l’orateur ( je ne sais plus s’il s’agissait de J P Chevènement, de G Sarre ou de D Motchane ) devait traduire notre émotion dans un message d’hommage au militant disant à peu près ceci : parce que la tragédie de la mort de Pierre Bérégovoy frappe toute la gauche elle est aussi la nôtre … Ce message fut salué par une assemblée debout, recueillie et digne dans une longue minute de silence avant de reprendre la réflexion sur la relève de la gauche.

Quatre jours plus tard, je concluais ainsi ma lettre à mon ami socialiste : « Avec Léo Hamon, je crois que notre responsabilité historique est immense, peut être égale à celle des premiers résistants. Je ferai tout ce qu’il me sera possible pour activer dans ce département l’éclosion d’un authentique mouvement républicain se situant dans la perspective de la recomposition de la gauche … « 

Quinze ans après nous sommes encore à la tâche… et en rendant cet humble hommage, je réitère cet appel à l’unité pour ouvrir enfin une perspective d’alternative !

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