Retranscription de la prise de parole du Premier secrétaire fédéral du Mouvement républicain et citoyen des Landes - enregistrée lors de la table ronde réunissant syndicalistes et responsables politiques de la gauche à la fête des Pins de Tarnos le 6 juillet 2008.

Pour rebondir sur ce que disait Claude Cabanes, effectivement - puisque le thème c’est  » des luttes d’hier aux perspectives politiques d’aujourd’hui «  -, effectivement, la gauche a perdu la bataille des idées ! Et elle l’a perdu déjà – paradoxalement on a évoqué avec les syndicalistes la période de flux du mouvement ouvrier, le temps du programme commun (avec ) cette forte capacité de la gauche à proposer des solutions à ce moment là. ( Mais) au moment où la gauche est arrivée au pouvoir, il y avait Reagan et Thatcher et c’étaient les néo-cons, les néo-conservateurs américains qui gagnaient la bataille des idées ! Et c’est dire que la gauche est arrivée paradoxalement  à cette époque alors qu’elle avait été portée par une décennie de luttes pour un projet ambitieux – même si il y avait eu beaucoup de discussions autour de ce projet et sur le contenu du programme commun -. A cette époque là, donc, il y a eu une victoire électorale, victoire électorale qui n’a pas été transformée socialement et politiquement par la mise en place d’un programme qui pouvait  faire évoluer autrement notre pays.

Même s’ il y a eu une rupture franche au niveau économique  avec des nationalisations.  Mais très rapidement – et je crois qu’il faut le dire parce que si l’on veut aujourd’hui recomposer la gauche,  si l’on veut aujourd’hui refonder les choses, il faut le faire sur des bases claires ! – ce qui s’est passé, c’est que l’Europe a été un magnifique substitut – on n’osait pas employer le terme libéralisme - mais au lieu de poursuivre dans une voie qui certes était difficile, dans un environnement international qui n’était pas facile, la gauche a baissé les bras. Et ce volontarisme dont parle Claude Cabanes, il eut été possible pour peu que  nous ayons eu l’ambition de résister à cet environnement ! Et au fond, nous avons capitulé sur les idées !

 Et aujourd’hui, je dis cela pourquoi ? Parce que si l’on refait les choses - et je suis obligé de brosser le tableau très rapidement pour ne pas vous ennuyer et qu’ensemble on débatte – nous avons perdu d’autres batailles ! Encore que le peuple était là. Je pense au grand combat contre l’Europe de Maastricht  qu’on nous préparait – qui était celle évidemment de l’Europe financière d’aujourd’hui dont on connaît tous les ravages à présent ! Nous avons aussi eu sur le plan international cette affreuse guerre du Golfe -y compris la première – !

Le Mouvement républicain et citoyen par rapport a ce qu’a été sa politique, par rapport à ce qu’est sa volonté, est pleinement ouvert à la recomposition de la gauche sur des bases qui sont des bases radicalement différentes de cette gauche molle, gestionnaire, qui n’offre absolument aucun avenir, aucune perspective, qui a perdu complètement le lien avec le peuple ! Nous le disons mais nous le disons sans sectarisme. parce qu’aujourd’hui, une chose est certaine : de toute façon, il n’est pas possible d’avancer avec une attitude purement tribunitienne qui consisterait à cantonner une gauche dure, polarisée sur une fonction tribunitienne, et à laisser un large espace qui serait celui d’une gauche molle.  Ce serait un boulevard pour Nicolas Sarkozy si nous avions cette situation là, si nous avions au fond une gauche qui aurait renoncé à être elle-même, qui serait représentée par une attitude de centre-gauche gestionnaire avec quelques uns au bout qui épouseraient une fonction plus radicale ! 

Donc ce que nous voulons, c’est ce que nous avons dit au dernier congrès du Mouvement républicain et citoyen – c’est un congrès qui s’est tenu il y a quinze jours . Nous sommes pour une posture ouverte … celle qui veut construire le parti de toute la gauche ! Alors, je ne dis pas ici à Claude Cabanes, je ne dis pas ici aux communistes qui sont dans cette salle, je ne dis pas ici aux amis radicaux et socialistes : nous allons signer le mois prochain un accord qui va permettre de fonder ce parti. Ce que je dis ici c’est qu’aujourd’hui par rapport à la réalité, par rapport à la domination idéologique de la droite, par rapport au combat d’idées qui est à mener, par rapport au combat politique qui est à mener, il n’est pas question de se chamailler sur des histoires de chapelles, sur des querelles de boutiques, sur des affaires d’épicier !

Le parti socialiste – c’est son affaire – se bat sur un certain nombre de thèmes. Il y a des voix – et des voix intéressantes y compris à l’intérieur de ce parti – et qui disent des choses fortes ! Il y a un parti communiste qui a une capacité forte à résister ! Il y a une droiture, il y a une ligne, il y a une capacité à ne pas se laisser enfermer dans le capitalisme financier, dans ces processus atroces qui sont ceux que l’ont connait aujourd’hui ! Les licenciements boursiers ! Tout à l’heure, je disais en aparté, il y a ici une entreprise qui a osé, qui a osé proposer à ses salariés de signer une clause renonçant au droit de grève ! Renonçant à cet ordre public qu’est le droit du travail pour pouvoir prétendre à une prime ! Ce sont des choses, chers camarades, qu’il faut refuser frontalement ! Qu’il faut refuser avec les forces sociales, avec les forces syndicales et les organisations. Et au niveau politique il faut arrêter le double langage ! Hier, au congrès de Versailles, on a vu se dérober devant la parole donnée  du référendum, un certain nombre de gens qui auraient dû exiger!  Exiger ! On aurait pu le faire ! Et on avait l’appoint éventuellement de forces… Aujourd’hui, il faut retrouver sur l’Europe l’initiative ! Il faut retrouver l’offensive !

Nicolas Sarkozy nous fait croire qu’il a du volontarisme. Il dit que les taux élevés de la banque centrale ce n’est pas raisonnable… Mais qu’est-ce qu’il fait ? Depuis qu’il est arrivé au pouvoir les taux de la banque centrale augmentent ! Il n’a aucune capacité à imposer une autre Europe ! Ce qu’il faut voir, c’est que nous avons avec Nicolas Sarkozy, au fond, un néo-conservateur libéral ! Et il faudrait veiller – puisqu’on est dans la bataille des idées, je parlais des néo-cons toute à l’heure -, il vaudrait bien réfléchir à ce mariage du néo-conservatisme et du néolibéralisme ! Car ce sont aussi  les forces de l’obscurantisme qui reviennent ! Sur la laïcité par exemple ! On l’a vu, on voit Nicolas Sarkozy… Je pourrais sur ce plan là rappeler un certain nombre de choses !

C’est dire que la république, la république reste, mes chers camarades, quelque chose qu’il ne faut pas oublier ! Et je crois en ce mot de république ! Qui n’est pas la république ringarde ! Qui n’est surtout pas la république conservatrice mais qui est la république sociale ! Dans notre constitution, nous avons la république sociale, démocratique, une et indivisible ! Ca veut dire quoi ? Ca veut dire que c’est une pente de résistance aussi ! Et ça veut dire que dans ce combat d’idées que nous menons, il faut articuler concrètement le combat pour la démocratie, le combat pour la république avec le souci, l’aspiration à une véritable alternative politique. Nous avons quatre crise majeures. Elles ne sont pas confinées dans l’hexagone ! C’est la crise de la famine, (pour) ceux qui meurent de faim, c’est la crise financière, bien évidemment, qui n’en n’est peut être qu’à ses débuts ! C’est la crise écologique – hein, la crise écologique qui est une crise majeure aujourd’hui … (avec la crise énergétique) !

Donc il faut relever tous ces défis ! Il faut les relever ensemble ! Et si aujourd’hui, nous étions encore à tirer les coûteaux, à faire quelques petits calculs électoraux, ça ne serait surtout pas à la hauteur de ce que nous attendons ! Donc je le dis très tranquillement parce que le Mouvement républicain et citoyen est un grand mouvement mais un petit parti ! Mais je le dis très décompléxé ! Nous n’avons pas d’apparatchiks.. (Claude Cabanes : Nous non plus !) Dans les Landes, nous n’avons quasiment pas d’élus. Mais nous sommes sur une posture d’ouverture pour travailler à l’unité de la gauche ! Et nous allons le dire !

Parce que dans la bataille des idées, chacun compte ! Chaque mouvement, chaque association, chaque syndicat ! Il faut mener ensemble cette bataille des idées ! Et je suis sûr que nous gagnerons cette bataille des idées et que nous irons vers ce processus d’unité de la gauche ! Ca passera peut être par une fédération. Mais ce jour arrivera parce qu’aujourd’hui, vous l’avez tous dit, ce n’est pas sur la base du congrès de Tours que peut s’envisager l’avenir ! C’est sur une base beaucoup plus offensive avec une perspective républicaine et d’un changement –  dans les politiques économiques – radical … Pas de tabous sur l’intervention publique ! Retrouver effectivement les capacités à proposer la planification, les nationalisations, tout ce que vous dites. Je m’inscris pleinement dans ce débat – hein – et j’ai à coeur de dire haut et fort comment il faut marier la république et une politique alternative à celle que l’on connaît aujourd’hui ! ( Applaudissements !)

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