Rien à cirer !
Posté par sr07 le 09 nov 2008 à 09:17 | Dans : a1-Abc d'une critique de gauche. Le billet de X D, Parti socialiste
Tel pourrait être le cri de la multitude face aux turpitudes des prétendants à la succession de F.Hollande. Depuis le vote de défiance des militants (45% d'abstentions et un vote sanction vis à vis de Hollande qui supportait, avec Jospin et Ayrault, la motion Delanoë ) et après le départ de Mélenchon et Dolez qui constatent aujourd'hui l'impossibilité de changer le PS ( la minorité de Dijon frôlait les 40%), les cercles dirigeants du PS sont confrontés à un vrai casse-tête.
Alors qu'une majorité de sondés ferait valoir sa préférence pour Madame Royal à la tête des socialistes, dans un sondage à paraître demain, la machine semble pourtant grippée. Après le refus conjugué du député des Landes, Henri Emmanuelli, et des fabiusiens d'envisager une perspective de recomposition autour de la motion Royal, les chances respectives des Peillon, Dray et Rebsamen semblent bien faibles. Et ce d'autant qu'on ne sent pas non plus de volonté de synthèse avec le camp Royal du côté de la maire de Lille et de ses lieutenants.
Faut-il voir dans ces blocages le retour du refoulé d'un Arnaud Montebourg ? Lequel se voyait trahi au précédent congrès du Mans par ses amis du NPS, Vincent Peillon appuyant à l'époque le député des Landes favorable à la synthèse avec François Hollande. Ou bien doit-on considérer comme un argument décisif et de fond le refus de l'alliance au centre, alliance qui permit à Martine Aubry de garder sa ville ?
On peut toujours s'interroger sur les vrais mobiles qui permettront vraisemblablement un front commun Delanoë - Aubry avec ou sans Hamon. Lequel a sans doute de bonnes raisons de ne pas saisir la main tendue de Ségolène Royal, montrant sur ce point qu'il n'est pas loin de considérer les choses en des termes voisins de ses amis Mélenchon et Dolez. Ceux-ci n'auraient-ils pas génialement anticipé une situation rocambolesque ? Celle d'une pieuse synthèse aussi creuse que vide !
X D
Stéphanie Marteau, mariaunaute
Ségolène voudrait bien y aller, mais elle ne peut pas. Du coup, Dray s’y voit. Peillon ne veut pas en parler. Delanoë veut rester dans la course. Hamon se rêve en Premier secrétaire. Le problème, c’est qu’il ne reste que quatre jours avant l’ouverture du congrès de Reims…
Elle a beau avoir été choisie par les militants, Ségolène Royal, faute de majorité, ne peut prétendre diriger le parti seule. L’ex-candidate à la présidentielle doit donc trouver des alliés avant que ne s’ouvre le congrès de Reims, qui débouchera sur l’élection, le 20 novembre, du nouveau Premier secrétaire du parti.
Quelles alliances ?
Sur le papier, tout est possible. Vendredi matin, Ségolène Royal a téléphoné à Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon pour jeter les bases d’une synthèse. Le moins que l’on puisse dire est que l’accueil n’a pas été des plus chaleureux. Or, si Ségolène Royal ne parvient pas à bâtir de majorité, - et c’est mal parti - la Poitevine pourrait voir les clans Delanoë et Aubry se fédérer contre elle. Il n’est en effet pas exclu que les maires de Paris (25%) et de Lille (24%) constituent un front « tout sauf Ségolène ». Le risque ? Excéder les militants socialistes qui ne comprendraient pas que leur choix en faveur de Royal ne soit pas respecté.
Qui sera le premier secrétaire ?
Ou plutôt : qui est candidat? Là encore, les jeux sont ouverts : la motion de Ségolène Royal désignera le sien dans les 48 heures. «Tous les noms qui ont circulé ne sont plus dans la course », a lâché son lieutenant, Vincent Peillon, hier matin. Une allusion à peine voilée à Bertrand Delanoë et Martine Aubry. Ségolène Royal, qui se sent « légitime », ira-t-elle? Sans doute pas. Les « barons », ses puissants alliés de province, ne « veulent pas d’un présidentiable à la tête du parti », ainsi que l’a rappelé samedi Jean-Noël Guérini. Julien Dray, candidat au poste de « Premier secrétaire de synthèse », a clairement offert ses services dimanche sur Canal+ alors que Vincent Peillon, dont le nom circule depuis 10 jours, préfère éluder : « Il ne faut pas croire que le “name-dropping” médiatique est la réalité politique. Je n’ai jamais été candidat. (…) A ce stade ce n’est pas la question. » Pour compliquer le tout, Bertrand Delanoë n’a pas l’air de vouloir jeter l’éponge : certes, samedi, il a appelé au rassemblement. Mais vendredi, il laissait planer la menace d’une candidature maintenue, histoire d’augmenter la pression sur le camp Royal : « J’étais candidat, je peux l’être, mais je ne veux pas être un problème. Ce qui m’intéresse, c’est le fond ». Quant à Benoît Hamon, galvanisé par son score (19%),il veut rester candidat.
En somme, le vote des motions n’a rien réglé : le PS en est toujours au stade du « un fauteuil pour quatre ». Quatre, c’est aussi le nombre de jours qui reste aux socialistes pour régler le problème. Des nuits blanches en perspective !
Dans Marianne en ligne du Lundi 10 Novembre 2008 - 06:00
PS : pas d’alliances en vue… sur Marianne2
Les résultats du vote de motion au PS n’ont pas calmé les ardeurs des Mariannautes : candidat par candidat, retour sur les débats autour de la triomphante Royal, le ronchon Delanoë, l’ambigüe Aubry et le surprenant Hamon.
« Rien n’est réglé », résume Arisam. Au parti socialiste comme sur Marianne2, le débat sur l’avenir de la gauche est loin d’être clos. En parcourant les commentaires suite à la publication des votes de motion du 6 novembre, quelques tendances se dégagent : les partisans de Royal semblent un peu plus nombreux que les autres, reconnaissables à leur enthousiasme ou à la défense de leur candidate face à un front uni de « Tout sauf Ségolène ». Les pendules socialistes seraient-elles restées bloquées, dans le parti comme sur le web, à 20 heures le 6 mai 2007, c’est-à-dire à l’échec de Royal face à Nicolas Sarkozy ?
Ségolène Royal : Sarah Palin ou espoir du PS ?
Ouvrant le bal sur l’ancienne candidate à l’élection présidentielle, Popov ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec Sarah Palin : « gaffeuse tout comme notre Ségolène Royal qui a pourtant été mise en tête par les socialistes. Pauvre PS ! » Remarque très vite reléguée par Emilie à une interprétation machiste de la situation, qu’elle envisage avec optimisme : « J’espère que les titulaires des autres motions comprendront combien l’union est importante et que le Congrès de Reims verra la renaissance du PS et le début d’une vraie reconquête. » Un enthousiasme qu’approuvent de nombreux autres commentateurs, qui soulignent notamment le virage opportun à gauche en réaction à la crise financière.
Mais les contradicteurs ne sont pas loin ! Laulau note que ne pas dépasser 30% pour l’ancienne candidate relève plutôt de la contre performance : « J’aimerais connaitre son score, hors Bouches du Rhône, ça doit être cocasse. » Un point de vue partagé par Patrick qui voit dans le résultat de Royal l’influence des fédés « bourreuses d’ urnes ». Si certains, comme Laulau, analysent ce vote comme un « gauchissement », d’autres s’inquiètent de voir la présidente de Poitou-Charentes manquer le coche de la radicalisation : « je vais peut être aller soutenir le petit facteur moi alors, envisage Miftau. Hors de question de voire cette cruche et ses idées de droite continuer de pourrir le PS… »
Bertrand Delanoë : le candidat qui a fait pschitt !
Si Royal se fait volontiers affubler du masque de Sarah Palin, Bertrand Delanoë est comparé par Bast à… John McCain ! « Comment voulez-vous que Delanoë gagne si son principal soutien c’est Hollande : c’est comme si John McCain était soutenu par Bush ! » Au delà de cette note d’humour, beaucoup de Mariannautes s’insurgent contre la « bulle médiatico sondagière » qui avait fait du maire de Paris le favori.
« Il n’y a AUCUN sondage réalisé auprès des adhérents du PS, donc personne n’ a pu faire la course en tête », s’énerve Patrick. Le plantage du favori tient pour Red2 à l’occasion manquée de présenter une motion avec Martine Aubry pour contrer Ségolène Royal. Marie le voit déjà hors course : « je pense que Delanoë va se désister car il a trop d’orgueil. Il voulait la majorité. »
Martine Aubry : gagnante au téléchargement, perdante dans les commentaires
Les Mariannautes ne sont pas un paradoxe près : alors que la motion D arrivait en première place des consultations sur le site, Martine Aubry est celle que vous avez le moins encouragée ! Si certains ne retiennent d’elle que sa vocation ratée d’alliée du maire de Paris, Lisez le plan B la jette dans le même sac que Delanoë et Royal, « élue à la mairie de Lille grâce, en partie, au MoDem. » Le trio de tête des motions ? « Ces trois là en regardant à droite chaque jour enterrent la gauche. », ajoute le Mariannaute sèchement.
Benoît Hamon : un joli score pour un bon signe ?
A l’inverse, le score de 18% pour Benoît Hamon serait « un début de conversion », se hasarde George Glise. « Le quadra Hamon, que tous les médias oubliaient, a fait un bon score », se réjouit Chloé qui voit dans la poussée de cet « outsider » un signe que le PS lorgne sur sa gauche.
Mais l’eurodéputé ne déchaîne pas réellement les passions et éveille même les doutes de Jean Maiboroda pour qui il n’est que « le jeune favori des vieux archéos. » Pour la plupart de ceux qui s’y intéressent, Benoît Hamon sera surtout le pivot sur lequel s’appuieront Royal ou Aubry pour passer au congrès… mais en échange de quoi ?
« Au final, au travers de nos commentaires, il ne ressort pas de majorité », note Isabelle. Après le débat, le « champ de bataille », comme le surnomme un Mariannaute est toujours désert d’alliance : pour Chicot, le PS souffre d’antiségolénisme primaire. Pour Fabie, le parti n’a, au contraire, pas fait le bilan de l’échec de Royal. Malgré les querelles, il note une conséquence indiscutable de la situation au PS : « Continuez, de toute façon c’est bien Nicolas Sarkozy qui se frotte les mains. » Au final, il n’y a effectivement que lui qui reste majoritaire !
Dimanche 09 Novembre 2008
Sylvain Lapoix dans Marianne en ligne