La dialectique serait, nous dit-on, l’art de retomber toujours sur ses pattes et, sans doute,  ne fais-je point exception  dans l’usage de la vulgate.  Cette critique vraie trouve à s’illustrer au quotidien dans nos coups de gueule et nos propos parfois lénifiants et dogmatiques. Les nôtres, bien sûr, et ceux de la multitude militante avec nous ! Serait-ce pure paresse de l’esprit ou aurait-on besoin de se rassurer à bon compte avec nos visions souvent réductrices tant la réalité à affronter fait peur ? 

Il y a d’ailleurs bien de quoi s’effrayer de la marche d’un monde désenchanté. Mais la critique politique triviale participe, je le concède volontiers, du processus de défoulement collectif. On doit même la dénoncer avec virulence lorsqu’elle emprunte des tours populistes et démagogiques à la recherche d’un exutoire et d’un bouc émissaire.

De là à interdire l’expression des gens de peu, il n’y a qu’un pas que franchissent, sans toujours s’en vanter, nos grands et petits intellectuels. Ceux ci ne supportent pas la gouaille du titi parisien, dénonçant,  depuis le comptoir du bistrot en buvant son pt’it noir, les « importants » et les « grands » qui nous gouvernent. Nos « intelligents » n’ont guère davantage d’estime pour cette « lumpen intelligentsia »,  dénoncée récemment sur France Culture par le promoteur de l’Université de tous les savoirs, Yves Michaud, qui ne veut voir dans l’émergence du blogueur que la nouvelle figure du vulgaire. Et de se lamenter sur les effets pervers d’un libre accès aux nouveaux médias interactifs, phénomène qui explique, selon lui, la formidable ampleur du mouvement lycéen.

Je concèderais bien quelques vérités à ce propos sévère tout en louant le  précédent heureux de la campagne du Non au TCE quand surgit par bonheur l’avènement du blog militant, ce nouveau lance-pierre du David qui vit en chacun de nous. Dans un monde dominé par l’Establisment politico-médiatique, n’est-il pas sain que des voix politiquement incorrectes se fassent entendre ?

Revenons à nos moutons noirs en proposant à la multitude de se divertir un court instant devant un spectacle de rue à l’initiative de nos amis. Ils font la nique à leur manière à la finance internationale. Lien sur youtube :
>
http://www.youtube.com/watch?v=m_LLHjvI86g

X D

P.S : Quant à moi, promis juré, je n’oublie pas de mettre en ligne prochainement l’entretien avec Jacques Généreux, lequel démonte avec force et intelligence le paradigme néolibéral. Une contribution essentielle pour sortir la gauche de sa torpeur.