Le principe de primaires ouvertes pour la présidentielle de 2012, acté vendredi par la numéro un du PS, Martine Aubry, a reçu, samedi 29 août, un accueil mitigé des partenaires de l’ex-gauche plurielle, invités pour la première fois à l’université d’été de La Rochelle. Même chez les socialistes, passé le moment l’euphorie de la veille, l’heure était davantage aux interrogations, chacun y allant de son explication sur la définition du mot « primaires ». 

Après l’affiche de Marseille, le week-end dernier, rassemblant autour de Vincent Peillon un éventail large, de Daniel Cohn-Bendit à Marielle de Sarnez (MoDem), Martine Aubry a préféré réunir à La Rochelle les leaders de l’ex-gauche plurielle, rebaptisée « gauche solidaire » par la première secrétaire socialiste. Mais là, pas d’images, Mme Aubry ayant prévenu qu’elle préférait « le collectif » aux « belles photos ».

« LE CHEMIN DE LA DÉFAITE À GAUCHE »

Cependant, l’annonce du principe de primaires ouvertes, ainsi que l’éventualité d’un rapprochement entre le PS et le MoDem, a quelque peu rafraîchi l’humeur de ses invités – PCF, Verts, PRG et MRC. Particulièrement critique, Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, n’a pas caché sa lassitude devant « la gauche qui n’arrive pas à se relever », une « gauche qui donne le spectacle d’un débat politicien ». Pour lui, une seule question compte : « Oui ou non, sommes-nous pour la constitution d’un projet à gauche ? » Et de stigmatiser une alliance PS-MoDem dont la gauche « ne se relèverait pas ». Depuis le Vieux-Boucau, dans les Landes, où se tient l’université d’été du PCF, la numéro un Marie-George Buffet a tranché plus clairement encore : les primaires, « c’est le chemin de la défaite à gauche ».

La secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, a appelé à répondre « à la crise du modèle de civilisation », estimant que « s’inquiéter de questions de tactique et de stratégie » n’était « pas à la hauteur de l’enjeu ». « On ne s’en sortira pas par un nouveau meccano électoral », a-t-elle souligné. Mme Duflot était la seule des responsables de gauche – sans compter Mme Buffet, retenue au Vieux-Boucau – à ne pas être présente au déjeuner offert par Martine Aubry à ses amis de « la gauche solidaire ». « Non, je ne boude pas », a rassuré la responsable Verts.

Seul à afficher sa satisfaction à l’ des primaires ouvertes, le président du PRG Jean-Michel Baylet, faisait valoir que son parti avait été le premier, en 2006, à déposer une proposition de loi en ce sens. Mais à une condition: que des candidats non socialistes puissent également concourir. « S’il s’agit de désigner le candidat socialiste, alors c’est pas la peine de nous inviter », a-t-il prévenu.

« PARVENIR À UNE GAUCHE UNIE »

Ancien socialiste, Jean-Pierre Chevènement, président du MRC, qui n’était pas intervenu depuis vingt ans devant les militants PS, n’a pas dit un mot des primaires. Il a réclamé un « débat entre les partis de gauche exigeant, rigoureux, sans concession et sans polémiques excessives ».

Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, a insisté sur le rassemblement des partis de gauche visant à « une alternance à gauche ». « On ne pourra pas toujours repousser à demain l’unité de la gauche. Nous sommes beaucoup plus semblables qu’on ne veut le croire », a renchéri le porte-parole du PS, Benoît Hamon.

A ses partenaires, Mme Aubry a fait valoir qu’il « fallait parler d’abord des idées pour parvenir à une gauche unie ». Dans les rangs socialistes, avant le vote des militants le 1er octobre, les primaires divisent toujours. François Hollande et Laurent Fabius veulent les réserver aux seuls candidats socialistes alors que d’autres, comme Arnaud Montebourg, plaident pour les ouvrir à des candidats de la gauche non socialiste.

LEMONDE.FR avec AFP | 29.08.09