Avec Hadopi 2, le gouvernement réussit à faire adopter par sa majorité un mécanisme de contrôle  permettant de sanctionner l’internaute fautif, ce téléchargeur voyou qui violait jusqu’alors la propriété intellectuelle en toute impunité. Sous l’impulsion de Frédéric Mitterrand qui a repris ce dossier difficile, les droits d’auteurs seraient à présent mieux défendus avec cette possibilité de priver les coupables d’accès à internet.

Ces terribles internautes, potentiels délinquants, ne cessent d’être stigmatisés par une élite qui entretient ses liens privilégiés avec les médias officiels. Lesquels, c’est écrit dans la presse, ne racontent jamais de bêtises. Tout ce qu’ils disent, publient et diffusent fait l’objet d’une large critique préalable. On ne cherche pas l’émotion, encore moins le scandale. La presse régionale, la presse people, les radios et les chaines privées illustrent à merveille cette déontologie professionnelle. Vous l’avez tous constaté et ça se passe de commentaires !

Le Net, par nature, ouvre la voie à toutes les aberrations et peut même constituer une source de désinformation ou d’imbécilisation des esprits. Mais c’est là un autre débat qui rejoint celui de la profusion médiatique actuelle qui cache mal l’absence de pluralisme et d’originalité. Nous pourrions même concéder au conseiller Guaino quelque part de vérité dans son assimilation de la transparence au totalitarisme si sa dénonciation ne visait pas ce cas d’humour de fort mauvais goût qui frise la délinquance raciste. Cette adversité frénétique envers les blogueurs fait suite à l’impossible censure des vidéos à succès faciles mettant à mal tel ministre ou président se laissant aller en public à quelques vilains mots.

En répliquant avec une mauvaise foi avérée aux blogueurs qui les titillent, nos dirigeants se prennent les pieds dans le tapis. Ils ne feront croire à personne que la différence, de nature commerciale, entre les médias d’entreprise et les blogs amateurs justifie cette farouche dénonciation du Net qu’ils peinent à contrôler.

Etudiant en droit, j’apprenais que nul ne peut arguer de ses propres turpitudes. Lorsque celles-ci s’affichent sur la toile, nos importants, pris en flagrant délit de grossièreté publique, gagneraient à se montrer plus fair-play et à en tirer les conséquences pour l’avenir. S’ils devaient pour cela mieux se tenir ne s’en trouverait-on pas tous mieux ? En attendant ne faut-il pas envisager de leur verser des droits d’auteurs ? ou, à défaut,  priver les blogueurs indélicats à leur encontre de l’accès au net ?

X D

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