La défaite du SPD allemand permet aux libéraux de tracer le nouvel axe majoritaire avec la CDU d’Angela Merkel. A droite toute pour une politique décomplexée !  La longue histoire du socialisme allemand est pleine de ces contre-sens historiques d’une social-démocratie qui commence par se renier avant de liquider les siens et de laisser place à l’adversaire de classe. Les sociaux-démocrates, aujourd’hui au pied du mur, sauront-ils tirer les leçons de cet échec cinglant ?

Dans les régions des alliances existent bien entre le SPD et Die Linke, cette formation, soutenue par Oskar Lafontaine, qui semble tirer son épingle du jeu en devenant à présent un partenaire incontournable d’une gauche en reconquête d’influence. Après les contre-exemples anglais et italien de dilution de la pensée de gauche ou de recomposition des alliances au profit d’une politique d’accompagnement néo-libérale, la situation allemande devrait conforter les tenants d’une véritable alternative en France et en Europe.

Malgré la rapide intrusion du contexte européen dans la politique française, celle-ci reste encore incapable de tirer des enseignements de la situation actuelle des pays voisins. Attitude paradoxale que cette sacralisation des contraintes européennes qui justifieraient tous les renoncements et cette fascination envers nos voisins en dépit de leurs échecs répétés à gauche ! N’entendait-on pas, récemment encore, de la bouche de quelques  sociaux-libéraux en recherche de crédibilité, vanter les stratégies des prétendues gauches italiennes et anglaises qui ont pourtant montrer leurs limites et incapacités ? La notoriété d’Anthony Giddens, ce sociologue théoricien de la structuration qui mériterait sans doute d’être vraiment lu, servant d’alibi intellectuel à la conscience discursive de nos réformateurs.

Ici, rien ne permet d’envisager une sortie de cette impasse délétère dans laquelle la gauche patauge. Entre la tentation de l’isolement d’une gauche de gauche éprouvée par les renoncements successifs des « partis de gouvernement » et la candide ouverture au centre qui fait l’impasse sur le contenu d’un projet politique, on peine à avancer sur de bonnes bases.

Cette expression républicaine authentique qui porterait l’intérêt général au delà des intérêts particuliers, des puissances financières et des lobbies de toutes sortes existe. L’hypothèse d’une recomposition autour d’un projet d’une gauche républicaine désireuse de rompre avec la société de marché et l’Europe libérale peine pourtant à trouver son expression politique. Le Mouvement Républicain et Citoyen, porteur de cette vision à gauche, éprouve une difficulté manifeste à traduire cette ambition collective dans une stratégie gagnante.

En l’absence d’une mouvance républicaine, le pire peut arriver. Celui d’un effondrement électoral de la gauche de gouvernement, laissant place à une gauche de la gauche sans stratégie de conquête du pouvoir facilitant une hégémonie des molles combinaisons avec des variantes centristes, social-libérales ou écologistes en face d’un pouvoir sarkozyste. Alliances létales qui gèleraient toute perspective de progrès et de reconquêtes populaires.

Un propos en guise d’avertissement à l’endroit de nos froids stratèges !

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