Innocence, inconscience ou inconséquence? A écouter notre ministre, bien étrangères à ses affaires, il n’y aurait que malice politicienne à lui demander des comptes. Elle affiche, comme à son habitude, sur un ton prude et emprunté, sa parfaite innocence dans ces procès journalistiques et politiques.

Peu importe qu’elle et son compagnon, Patrick Ollier, lui même ministre des relations avec le parlement, aient bénéficié entre Noël et le jour de l’An de l’avion du tunisien Aziz Miled, entre Tunis et la ville de Tabarka, pour y passer des vacances dans un hôtel lui appartenant.

Peu importe que cet Aziz Miled soit un proche du beau-frère de l’ex-président Zine el Abidine Ben Ali et qu’il fasse partie d’une liste de personnalités tunisiennes dont la Suisse a gelé les avoirs le 19 janvier.

«Honnêtement, je n’ai pas pensé que ça pouvait causer le moindre problème» affiche-t-elle sur le ton désinvolte d’une plénipotentiare oublieuse de ses lourdes charges. Pour un peu, MAM serait victime d’une machination politico-médiatique tout comme Aziz Miled qu’elle présente comme une victime du clan Ben Ali dans une cession de parts de sa société de transport aérien au profit de Belhassen Trabelsi, le beau-frère du dictateur déchu.

Mais nous voilà à présent rassuré car «vu l’émotion, la polémique suscitées», elle ne referait plus ce voyage. «Oui», un ministre doit s’interdire de monter dans un avion privé, a-t-elle soutenu, précisant qu’elle faisait «toujours attention» à ne pas le faire, mais qu’elle n’avait dans ce cas précis «pas vu le mal sur le moment» car «il s’agissait d’amis».

Des amis décidément bien encombrant et dont on ne sait plus, de proche en proche, où ils s’arrêtent.

De quoi semer le doute, après la regrettable affaire de l’ offre d’une coopération policière au régime de l’ex-président tunisien, alors que les manifestations se multipliaient ce 11 janvier 2011.

Laurent Wauquiez, peu bien dénoncer une « campagne indigne d’acharnement » contre la chef de la diplomatie. Celle-ci n’en demeure pas moins « totalement disqualifiée ». A-t-elle encore  » sa place au gouvernement » avec ce séjour dans un pays alors en révolte contre son président? En reprenant les termes d’éminentes personnalités de ce pays, on peut bien s’interroger à voix haute!

X.D