La mission parlementaire d’information sur la prostitution présidée par Danielle Bousquet (députée PS)  entend  » placer le client devant ses responsabilités, par des actions de sensibilisation et de formation mais en prévoyant aussi une sanction « .  Et, dans le droit fil de ces propositions, la ministre Roselyne Bachelot entend sanctionner les clients dans un prochain dépôt de projet de loi punissant d’une amende de 3000 euros ou d’une peine de six mois de prison les amateurs de sexe tarifé.

Ce projet rencontre l’opposition de la philosophe et féministe Elizabeth Badinter qui réagit vivement dans l’Express de cette semaine : « Autant nous sommes tous convaincus de la nécessité de faire un effort considérable contre la traite des filles de l’Est et du Sud, qui est de l’esclavage, autant je trouve détestable cette politique des moeurs menée au nom d’un moralisme victorien, qui n’a davantage que de ne rien coûter et de remettre un ministre à la Une des medias. Je suis pour la liberté sexuelle absolue entre les adultes consentants.  » Cette appréciation rejoint en partie celle de François Bayrou qui dénonce à son tour la  pénalisation des clients de la prostitution. « Je ne crois pas davantage à un monde pur, qu’à une société de saints. La loi ne doit pas être confondue avec la morale. Et la prohibition, dans tous les domaines, n’a aucune chance de marcher. »

On souscrira aux objectifs affichés  de renforcement de la lutte contre la traite des êtres humains aux échelles nationales et internationales  sans pour autant ignorer les effets  pervers de la loi de 2003 interdisant le racolage passif. Ces dispositions ont eu pour effet d’éloigner des villes les lieux de prostitution aggravant ainsi l’isolement des filles.  Face aux arguments du rapporteur UMP de la mission Guy Geoffroy  vantant les effets de la  loi suédoise de 1999 qui criminalise « l’achat de services sexuels » - les Suédois auraient selon lui diminué de moitié la prostitution de rue -, Elizabeth Badinter  rappelle que là bas,  » la prostitution a quitté la rue pour se réfugier aux frontières et sur Internet » et  qu’il faut combattre les réseaux mafieux.

Le plaidoyer de nos députés pour une « une prise de conscience » des clients ne convainc pas vraiment la philosophe. Pas plus que le président du MODEM qui «  ne supporterait pas l’hypocrisie de notre société. » «  On est plongé dans un bain d’obsession sexuelle permanente, et parallèlement, vertueusement, on se drape dans la morale pour punir et montrer comme objet de scandale les clients de la prostitution. D’un côté on dépense et on investit des milliards pour faire monter les pulsions et pour surfer sur les besoins qu’elles créent, le sexe est un marché en soi et un atout pour le marché en général. Mais parallèlement, la vertu outragée s’offusque et veut poursuivre les victimes de ses propres stratégies. «  

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PS : Primo, n’interprêter en aucun cas cet emprunt à Bayrou comme une quelconque débauche de votre blogueur citoyen qui garde, comme sa ligne, sa convergence républicaine de Mélenchon à … X et réciproquement en passant par Chevènement.

Secundo, pour l’acnecdote et sans clôturer le débat, cette information  lue dans le quotidien des usagers du métropolitain, jeudi dernier, qui titrait :

« Marine Le Pen: son parrain arrêté pour proxénétisme aggravé à Pigalle »

«L’Empereur de Pigalle» est tombé. Henri Botey, 77 ans, plus connu sous le surnom de Monsieur Eric dans le monde de la nuit parisienne, a été mis en examen pour proxénétisme aggravé et placé en détention à en fin de semaine dernière à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), révèle ce jeudi Le Parisien.

Ce passionné d’art, qui est aussi le parrain de Marine Le Pen, la présidente du Front national, est poursuivi pour avoir tenu, en sous-main, deux bars dans lesquels des hôtesses monnayaient leurs charmes, le Lorelei et le Mucha, situés rue Frochot, indique le quotidien, précisant que l’une de ses principales complices, Isabelle, âgée 50 ans, a aussi été placée en détention provisoire.

«Les deux bars rapportaient environ 50.000 euros mensuels, confie une source proche de l’affaire dans les colonnes du journal. Il n’y a rien au nom d’Henri Botey. Même l’appartement qu’il occupe -dans le 9e arrondissement- est la propriété d’une société civile immobilière dans laquelle il a des parts.» Près de 55.000 euros ont été saisis au cours des perquisitions dans l’appartement parisien et dans le manoir normand de Monsieur Eric. »

Un article qui n’appelle aucun commentaire comme l’indique fort opportunément le quotidien 20 Minutes en bas de la page numérique qui lui est réservée !

« Etant donné les débordements systématiques sur ce type d’article, nous sommes contraints de le fermer aux commentaires. »