livepreview.jpgLes ministres des Finances de la zone euro viennent de conditionner leur second plan d’aide à la Grèce  à l’adoption forcée d’une cure d’austérité qui doit être soumise prochainement au Parlement du pays. Une commission conjointe de l’UE et du FMI se rend ce jour en Grèce pour y discuter des modalités de ce nouveau programme qui fait exploser la colère populaire.

Les inspecteurs de la mission rencontrent le gouvernement pour parler des réformes fiscales. La peur d’un effet domino sur la zone euro (notamment le Portugal, l’Espagne et   l’Irlande) fait craindre le pire aux créanciers (banques françaises notamment) et aux politiques (1). Ceux-ci ont en revanche d’ores et déjà clarifié la manière dont les créanciers privés seraient associés à un second plan de soutien. Il s’agira d’une participation informelle et volontaire, cette modalité étant connue comme l’ «initiative de Vienne» (2).

L’UE reste ferme avant de débloquer la cinquième tranche d’aide de 12 milliards d’euros prévue dans le plan approuvé en mai dernier. Les ministres de l’Eurogroupe entendent bien forcer la main du Gouvernement et du Parlement «compte tenu de la longueur, de la magnitude et de la nature des réformes requises».  Par la voix du président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, ils ont «rappelé avec force au gouvernement grec que d’ici la fin du mois il doit faire en sorte que tous soient convaincus que tous les engagements pris par les autorités grecques soient remplis». «Vous ne pouvez pas imaginer une seconde que nous nous engagions à financer sans savoir si le gouvernement grec a endossé les obligations qui sont celles de la Grèce» devait renchérir le président de l’Eurogroupe!

Ce que pourrait mettre à exécution dès cette semaine le premier ministre grec qui devra affronter la révolte populaire et le mouvement des indignés d’Athènes.

X.D 

(1) Les Etats fragiles de la zone euro auraient du mal à emprunter de l’argent à des taux acceptables et pourraient se retrouver dans la même situation que la Grèce. Une éventualité qui ferait chuter la monnaie unique et pèserait sur l’ensemble des économies européennes.

(2) Initiative par laquelle les banques privées avaient acceptées en 2009 de ne pas se désengager d’Europe centrale.