août 2011

Archive mensuelle

Le Mérens, « prince noir d’Ariège » mais cheval populaire

Créé par le 27 août 2011 | Dans : a-le quartier libre de XD

Connaissez-vous le Mérens? Ce petit cheval des pyrénées ariégeoises, originaire de la commune éponyme de ce département montagnard, très prisé en raison de sa grande polyvalence possède un excellent mental et un aspect fascinant : avec du cadre, de l’os, du lustre et du crin, cette morphologie athlétique marie robustesse et finesse dans une robe « noir zain ou pangaré » à l’instar de ses cousins Frison ou Minorquin, ces deux autres perles du monde équin.

Par delà cette éblouissante présentation, le Mérens rassemble surtout des qualités équestres essentielles. Elite en cheval de loisir, le Mérens a le pied sûr, un équilibre, un allant et une puissance qui vous transportent aux trois allures sur des terrains variés en toute sécurité, de la carrière de dressage aux chemins de crête et autres sentiers escarpés de basses montagnes.

Il faut assister, pour mieux vérifier cette adresse, à la spectaculaire descente dite « des éboulis » de la montagne de Bouan. En fin d’après-midi, depuis le pré où se tient annuellement (depuis 1979 à Bouan et cette année les 20 et 21 d’août dernier) le concours suprême de la race (les concours de la race existent depuis 1872), le spectacle de cette chevauchée cavalière sur des pentes caillouteuses à trente cinq degrés d’inclinaison, s’accompagne d’un silence religieux d’un public médusé. Public nombreux d’éleveurs, de cavaliers utilisateurs et d’amateurs régionaux, nationaux, voire internationaux avec cet engouement tout particulier des Hollandais, des Belges ou des Italiens. Dans ce canton de « Les Cabannes », à proximité d’Ax- les-Thermes et de Tarascon, le concours national des modèles et allures du Mérens honore les poulains et pouliches des « un et deux ans » manipulés, les poulains et pouliches de trois ans montés, les poulinières suitées ou les étalons approuvés. La désignation des champions suprêmes de la race, mâle et femelle des catégories des juniors ou séniors vient couronner le travail des éleveurs.

Avec près de cinq cent naissances annuelles déclarées, la race n’est plus menacée d’extinction. Une race fixée depuis près d’un siècle par une politique d’indigénat pertinente arrêtée par ses défenseurs et promoteurs et dont on mesure à présent toute la réussite. Pour comprendre toute l’intelligence de cette  politique, il faudrait revenir sur la longue résistance des populations locales, en terres ariégeoises comme dans tous les  autres pays d’élève – c’est à dire principalement dans les zones de grands marécages ou de montagnes, impropres à la culture des sols mais riches en vaines pâtures,- aux injonctions multiséculaires des haras royaux puis nationaux obligeant la saillie des juments autochtones par les étalons agréés.

Cette recherche, apparemment bien intentionnée, d’un apport des étalons de « pur sang » pour relever les produits et régénerer les races autochtones, – avec aussi des visées militaires comme celle de la préparation de la guerre franco-prussienne à la fin du second Empire qui visait à croiser les poulinières ariégeoises avec des étalons arabes pour obtenir une cavalerie légère – n’en produisait pas moins des effets délétères en dénaturant et débilisant les produits des jumenteries locales par la perte des qualités de robustesse et de rusticité attendues principalement de populations paysannes utilisatrices de petits chevaux de bât et de trait. Mais les poulinières qui montaient à l’estive avec leurs poulains de l’année dès la saison printanière des amours pour s’y régaler jusqu’à l’automne des herbages de montagne, retournaient à la ferme  après avoir été honorées par l’étalon de la race en capacité de saillir et de remplir une trentaine de juments échappant ainsi aux soupirs des prétendants de race supérieure mis à la disposition des éleveurs dans les dépôts des haras nationaux! Avec, soyons honnête, des exceptions notoires qui ont laissé quelques traces indélébiles du sang arabe de ces étalons orientaux ( la station de Mérens verra se succéder neuf étalons dont sept arabes et deux anglo-arabes de 1870 à 1879 ) qui font aussi tout le chic et la distinction du Mérens à la tête expressive et au chanfrein droit ou camus.

Un grand malentendu historique donc, source d’affrontement ici comme dans les autres pays d’élève des juments, entre deux visions du cheval. L’une, aristocratique privilégiant les qualités du cheval de manège et de cour, l’autre, populaire recherchant un cheval économique d’entretien, donc rustique mais aussi fort et robuste pour assurer les travaux des champs et des forêts – labours, moissons, débardage – de traits, de bâts et d’attelage ainsi que le transport des hommes ou des produits de la ferme jusqu’aux marchés locaux…

D’où la contestation d’une réglementation nationale imposant les saillies des juments autochtones par les étalons des écuries royales devenues plus tard haras nationaux. Des prescriptions mises en échec, comme nous l’évoquions, par la résistance passive des éleveurs de l’Ariège qui n’avaient, du reste, pas le loisir de conduire depuis leurs vallées encaissées leur jumenterie aux lieux de dépôts et de mise à disposition onéreuse des étalons nationaux quand la relève naturelle des générations s’accomplissait dans les luxuriantes – et non moins luxurieuses - montagnes d’estive !

Une tradition qui se perpétue encore grâce à l’intelligence de deux éminentes personnalités du monde équestre convaincues de la nécessité de préserver les qualités de la race Mérens : celles de Gabriel Lamarque, personnalité du monde hippique qui présidait la société d’Agriculture de l’Ariège et créa en 1908 des concours de sélection des meilleurs produits issus de l’indigénat; celle de Lucien Lafont de Sentenac, directeur du dépôt des Haras nationaux  de Tarbes, lui-même originaire du pays, qui accorda une place importante au Mérens dans une circonscription s’étendant au Languedoc et à la Corse. On lui doit tout l’appareil réglementaire de promotion de la race, l’arrêté préfectoral du 27 mars 1947 ouvrant un livre généalogique dont la tenue était confiée au syndicat hippique d’élevage de la race chevaline pyrénéenne ariégeoise dite de Mérens.

Depuis cette époque le dynamisme des éleveurs soutenus et accompagnés par le SHERPA Mérens, présidé par Mme Foisnel, porte ses fruits. Mais la crise aggrave les difficultés d’un élevage en soi peu rentable avec des coûts de production alourdis, des débouchés plus restreints et un désengagement de l’Institut Français du Cheval- Haras Nationaux (établissement touché lui-même par la vague de libéralisation avec son souci d’optimisation, de commercialisation et de fermeture des dépôts de proximité…). Dans ce contexte on doit se réjouir de l’attention toute particulière des politiques d’encouragement et d’aide à l’élevage du Mérens promues par le conseil régional de Midi-Pyrénées et le conseil général de l’Ariège dont la présence personnelle de son président à la manifestation de Bouan n’est pas fortuite. Il faut donc saluer cette entreprise de promotion d’un cheval de sang qui possède son propre Stud-Book en France et à l’étranger et améliore ses performances sportives pour en faire un cheval complet dans toutes les disciplines équestres du TREC au loisir et à l’endurance jusqu’à la compétition de dressage et bien sûr de l’attelage dans laquelle il excelle également. Ce cheval élégant et polyvalent constitue par ailleurs la meilleure ressource en équithérapie du fait de ses qualités mentales inégalables.

Pour toute ces raisons, la promotion du Mérens  reste un challenge majeur dans le monde du cheval. Etant moi-même, en amateur, cavalier et éleveur, vous comprendrez tout le sens de cette évocation des qualités du Mérens qui n’a rien d’incongrue dans ce blog citoyen qui encourage aussi le maintien de la biodiversité et d’un mode de vie et de développement soutenable.

Et, en ces temps d’universités d’été, cette référence trop ignorée de nos ténors à la devise du cavalier :  « En avant, calme et droit »!

X.D

Alire aussi sur le blog citoyen :

A cheval sur les principes… d’un art de vivre et de penser en toutes libertés!

” C’est parce que la route est longue qu’il vaut mieux seller son cheval de bon matin plutôt que de pourrir sur pied en attendant le soir. Car à trop attendre, l’espérance, elle aussi, pourrit toute seule.” Régis Debray

2012 : il faut un socle commun de gouvernement pour la gauche

Créé par le 25 août 2011 | Dans : Articles de fond, Battre campagne, Débats autour de la refondation de la gauche, Gauche anti-libérale

Elus de gauche et écologistes – Tribune publiée dans Marianne | Jeudi 25 Août 2011 à 15:01

A quelques heures de la Rochelle, plusieurs élus de gauche et écologistes appellent à un rassemblement autour d’un socle de propositions sur lequel pourrait être fondé à la fois une riposte et une future politique gouvernementale communes…



Louison

Dessin : Louison

L’été 2011 aura démontré l’irresponsabilité des dirigeants et des acteurs économiques qui avaient préféré renouer les fils d’un système financier condamné plutôt que d’affronter les réalités du monde.

La gravité de la crise est désormais perçue par tous. Alors que les dirigeants actuels prétendent colmater les brèches, « moraliser » le système et qu’ils annoncent régulièrement un retour à la normale, ressurgit, tous les 6 mois, un nouveau spectre. Les G20 qu’on prétendait prometteurs se sont succédés, Nicolas Sarkozy a fait des déclarations tonitruantes contre le capitalisme financier et le pouvoir démesuré des marchés, mais le système poursuit ses dérives de plus belle, tandis que se multiplient dans les pays développés le chômage et les mesures d’austérité.

Face à la menace que pressentent nos concitoyens, il ne faut pas que s’installent durablement la désespérance, le fatalisme, un sentiment d’impuissance collective, un doute de plus en plus marqué à l’égard de la démocratie. A mesure que le temps passe, que les reculs sociaux s’accumulent, l’absence de perspectives positives et d’alternatives politiques réelles risque de miner les capacités de mobilisation, de réactions.

Là est désormais la grande responsabilité de la gauche, qui doit proposer une voie effective de sortie de crise et l’émergence d’un nouvel espoir pour notre peuple. Il serait illusoire d’imaginer gagner en 2012, en surfant sur le rejet de la politique et de la personnalité de Nicolas Sarkozy et en sous estimant les effets de l’abstention et les tentations populistes. La gauche serait une fois de plus vaincue, si elle se laissait emprisonner dans l’hyperpersonnalisation de la Vème République, négligeant l’essentiel, le rassemblement des forces de gauche et écologistes autour d’un socle commun de propositions, capable de donner du sens aux choix qu’exige la gravité de la situation.    

Celles et ceux qui se défausseraient de cette exigence majeure ne tarderaient pas à être sanctionnés par nos concitoyens, car nous sentons que pour gagner dans la durée, il faudra plus que des promesses et des idées. Il faudra définir les conditions de leur réalisation et d’un passage à l’acte qui implique l’exemplarité des comportements du pouvoir et l’audace d’un changement de modèle économique, dans le respect du grand principe qui fonde notre modèle français : la lutte contre les inégalités.

Nous pensons qu’il existe à gauche des convergences, des accords sur des points majeurs, qui constituent un socle sur lequel peuvent être fondées à la fois une riposte commune et une future politique gouvernementale de la gauche. Ce socle doit clairement mettre en évidence les ruptures nécessaires à engager à court comme à moyen terme. Ruptures avec les politiques actuellement suivies, ruptures aussi parfois avec des attitudes passées de la gauche. Il doit tout à la fois fixer les grands objectifs, les grandes lignes qui devront être suivies dans la durée et bien sûr se décliner par des propositions concrètes et immédiates. Dans la période difficile actuelle, il faut éviter de donner le sentiment d’organiser une sorte de concours Lépine des « bonnes solutions » à promouvoir, dans une confusion où nul ne peut clairement retenir ce que la gauche est réellement décidée à entreprendre.

Nous proposons donc une réunion au sommet des dirigeants de gauche et écologistes pour préparer ce socle commun, ce qui n’interdit pas que se manifestent par ailleurs des nuances, voire des divergences. Sans être exhaustif, il nous parait possible que, sur quelques points majeurs, se réalise un accord susceptible d’éclairer les Français sur nos orientations d’avenir. Par exemple :

1) L’affirmation que la crise a surtout des causes structurelles et pas simplement conjoncturelles
 
Il ne s’agit pas d’un simple dérèglement ponctuel du système, d’un phénomène conjoncturel, mais bien d’une crise structurelle du système, dont les racines viennent de la main mise du capitalisme financier sur le monde contemporain. Sans changement profond de logique, sans rupture, il n’y aura pas de solutions durables et de réponses adaptées aux besoins des peuples.

La crise doit donc être traitée dans sa globalité, par des actions concernant des domaines essentiels tels que la régulation et le contrôle de la finance et des marchés, ou une nouvelle organisation des échanges, pour combattre le dumping social et environnemental.

Les actions à court terme ne doivent pas, en tout état de causes, handicaper le long terme, en particulier la préoccupation du développement soutenable de l’économie réelle. La priorité doit être de mener une politique de croissance de l’emploi fondée sur la relance de véritables politiques industrielles intégrant pleinement la transition écologique. Cette priorité ne doit, en aucune façon, être sacrifiée sur l’autel de la résorption de la dette, même si l’objectif de maîtrise des déficits doit être pris en compte.

2) Le refus de faire payer les erreurs et les errements du capitalisme financier par les catégories modestes

Celles-ci ont déjà versé un lourd tribut aux politiques libérales : développement de la précarité, chômage, faible évolution des salaires, remise en cause de la protection sociale. Bon nombre de foyers ont de plus en plus de mal à « boucler » leurs budgets.

L’austérité, c’est les classes populaires et même les classes moyennes  sacrifiées, c’est la fin du contrat social. Elle signifie le refus de pratiquer une relance.

C’est pourquoi tout doit être fait pour soutenir le pouvoir d’achat, réduire la précarité, créer des emplois. Il est à noter que, pour être efficaces, certaines mesures n’exigent pas un engagement important de dépenses, puisqu’elles concernent la régulation, les normes, les contrôles (coûts du logement, excès des intermédiaires dans la distribution…)

3) L’engagement de mettre en œuvre une juste répartition des richesses

Cet engagement, préalable à toute politique de gauche, devra se traduire notamment par l’annonce d’une réforme fiscale d’envergure comprenant: la remise sur pied d’un système progressif d’impôt sur le revenu, la taxation des mouvements spéculatifs de capitaux, la participation des revenus du capital au financement de la protection sociale, l’augmentation du taux d’imposition des hauts revenus.

Le temps n’est plus aux demi-mesures, ou même aux taxations ponctuelles des plus riches. C’est une révolution fiscale qu’il faut mettre en œuvre.

4) La détermination d’agir pour une réorientation stratégique de l’Europe

Le traité de Lisbonne ne pouvait répondre à cette exigence, faute notamment d’engager une véritable avancée démocratique de l’Europe. Il maintenait de fait les insuffisances de l’actuelle construction européenne et de la politique monétaire, la concurrence sans règles et sans limites, les risques de dumping social et fiscal.

Même si ce sujet n’est pas le plus simple à traiter à gauche, l’approfondissement de la crise modifie considérablement la donne et légitime a postériori bien des critiques et des craintes exprimées depuis des années par nos concitoyens et qui n’ont pas été entendues par les dirigeants actuels.

Une nouvelle avancée de la construction européenne ne peut s’établir qu’à travers de nouveaux principes et de nouvelles politiques en matière monétaire, sociale, fiscale, industrielle, d’investissements publics. Il faudra par exemple revoir le fonctionnement de la BCE, inclure dans ses missions la croissance de l’emploi, taxer les transactions financières, contribuer à la résolution des dettes souveraines par la mise en place d’eurobonds, mettre en place une véritable gouvernance économique de la zone euro avec la définition de politiques industrielles européennes, de grands investissements dans les domaines de l’énergie et des transports.

La victoire de la gauche française en 2012 devra s’accompagner d’une feuille de route définissant les éléments clefs d’un nouveau pacte européen. Il faudra en particulier expliquer clairement à nos partenaires que, faute de voir pris en compte la plupart de ces éléments, nous bloquerons le fonctionnement d’un système qui, de jour en jour, éloigne les peuples de la belle ambition européenne. Il s’agira de manifester une volonté, non pas d’engager un repli national, mais de créer un rapport de forces, en alliance avec les autres forces progressistes et écologistes européennes, destiné à permettre une réorientation majeure de l’Europe.

5) La volonté de mettre en place de nouveaux outils publics d’intervention

S’il est clair qu’une sortie de crise exige une dynamique européenne différente, il serait erroné de faire croire à nos concitoyens que la France ne possède pas des marges de manœuvre propres, lui permettant de reprendre davantage la main sur le pouvoir économique. Grâce à de nouveaux outils publics d’intervention, il sera possible de contrer certaines délocalisations, d’arrêter le démantèlement des services publics, de mettre en œuvre de nouvelles politiques industrielles et un développement économique au service de l’emploi et non de l’accumulation maximale de profits non réinvestis.

Nombre de ces éléments se retrouvent aujourd’hui dans la rhétorique des partis de gauche et des écologistes. Il est donc tout à fait possible d’affirmer et de hiérarchiser clairement les priorités, de consigner des mesures concrètes à court terme comme des changements plus profonds à inscrire dans la durée. Ce qui manque, c’est la volonté.
 
La plupart des animateurs actuels de parti ne prétendent pas vraiment à la candidature présidentielle de 2012. Seront-ils capables de montrer qu’en dépit de la présidentialisation, les partis de gauche ne sont pas rangés au musée et qu’ils conservent le rôle décisif de porter une espérance collective et de préparer les grands changements, en mettant en mouvement les forces vives de la société ? Sans cela, sans détermination, sans l’affirmation d’une réelle volonté de changement, pour la gauche, rien n’est possible.

Co-signataires : Etienne Butzbach (maire de Belfort), Gérard Charasse (député de l’Allier), Marie-Noëlle Lienemann (ancienne ministre), Alain Lipietz (ancien député européen), Emmanuel Maurel (secrétaire national du PS), Stéphane Peu (vice-président de la communauté d’agglomération Plaine Commune), Paul Quilès (ancien ministre), Lucile Schmid (membre du Conseil national d’EELV).

Colloque avec Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg: « L’Europe dans la mondialisation: que faire? »

Créé par le 25 août 2011 | Dans : Battre campagne, Fédérations MRC d'Aquitaine, Gauche anti-libérale, Parti socialiste, Pour une autre Europe

Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg débattront ensemble de la crise, de l’Europe et de la mondialisation, après une discussion entre Jacques Sapir, Jean-Michel Quatrepoint et Olivier Ferrand.


Date : mardi 30 août 2011 à 18h30
Lieu : 101 Rue de l’Université, 75007 Paris

Présentation du colloque :
Forum de négociation comprenant désormais 27 pays, l’Union européenne fait face à de nombreux défis. L’enjeu de cette rencontre est de faire émerger des pistes concrètes pour permettre d’affronter la crise de l’euro qui se mue en crise de l’Europe.
Permettre à l’Europe de peser sur la marche du monde, de renforcer son autonomie, d’agir, tel est le but des réflexions de ce colloque. 19H00 : « Protectionnisme, euro et démocratie »
Que peut l’Europe dans la mondialisation ? Comment agir ? Comment convaincre nos partenaires d’une réorientation des politiques économiques sur notre continent ? La place de l’Europe dans la mondialisation est au cœur des solutions politiques à apporter. L’urgence d’agir est désormais évidente face à la crise de l’euro.

Avec :
-Jacques Sapir, économiste, auteur de « La Démondialisation », Le Seuil 2011

-Jean-Michel Quatrepoint, Journaliste, auteur de « Mourir pour le Yuan? », Bourin, à paraitre septembre 2011


-Olivier Ferrand, Président de Terra Nova
 

20H30 : Arnaud Montebourg et Jean-Pierre Chevènement échangeront sur leurs visions respectives de l’avenir de l’Europe.
Loin de confondre internationalisme et supranationalité mais attachés à l’idée européenne et au projet de la voir s’ériger en acteur indépendant face au G2, Arnaud Montebourg et Jean-Pierre Chevènement s’attacheront à définir leur vision de l’Europe, du rôle de la France dans celle-ci et du rapport au monde que peut entretenir notre continent…
Pour assister à ce colloque, envoyer un mél à l’adresse suivante en spécifiant votre nom et votre prénom : inscription.colloque30aout@gmail.com

http://www.chevenement.fr/index.php?preaction=view_nl&nl=95109&id=3394846&idnl=95109

Nélia E SILVA
______________________________________________
MRC – 3 avenue de Corbéra – 75012 Paris
téléphone : 01 55 78 05 40 – télécopie : 01 55 78 05 50
courriel :
contact@mrc-france.org

Crise de la dette: quelle devrait être la politique de la France ? par Julien Landfried

Créé par le 16 août 2011 | Dans : Fédérations MRC d'Aquitaine, Pour une autre Europe

Tribune parue sur LeMonde.fr, lundi 15 août 2011.


quelle devrait être la politique de la France ?

Quelle devrait être, dans la situation actuelle de déflagration de la zone euro, la politique de la France ? L’aggravation des divergences économiques, prévue de longue date par de nombreux observateurs, a d’ores et déjà conduit la zone euro dans une zone d’incertitude telle que c’est l’avenir même de la monnaie unique qui est en jeu. Le temps où l’on pouvait déclarer à qui voulait l’entendre que « l’euro nous protège » est désormais révolu. Rien ne pourra se faire sans une remise à plat du fonctionnement de l’euro, initiative que la France devrait prendre à très court terme. C’est la faute de M. Sarkozy que de n’avoir su mener cette politique et celle du Parti socialiste que de n’y voir qu’une carence personnelle, alors que la politique capable d’éviter l’effondrement de l’euro suppose un changement en profondeur de la stratégie économique en Europe.

La France peut d’abord légitimement faire comprendre à l’Allemagne que le taux de change actuel de l’euro est le principal problème de la zone. Seule l’Allemagne peut aujourd’hui supporter à moyen terme une telle surévaluation de l’euro, qui asphyxie littéralement l’industrie des autres pays (mais aussi ses services, notamment le tourisme), tout particulièrement des pays périphériques. Il ne peut pas y avoir de redressement économique de la zone euro avec un euro surévalué. Telle devrait être la première exigence française : faire baisser le cours de l’euro par une action concertée avec la Banque centrale européenne (BCE), qui nécessite bien entendu l’aval de Berlin. L’Espagne, l’Italie, le Portugal et la Grèce ne pourraient qu’appuyer une telle exigence française. Si l’euro se rapprochait d’une parité stricte avec le dollar (et partant avec le yuan), l’activité économique redémarrerait et les comptes publics se redresseraient de manière significative. Le niveau de pression des marchés financiers sur les dettes publiques européennes se réduirait. Cette politique, il faut le noter, ne commande aucune dépense publique supplémentaire.

La seconde exigence française conduirait à une réforme des statuts et missions de la BCE. D’abord l’ajout de la croissance et l’emploi dans ses statuts, afin d’équilibrer le policy mix européen. Ensuite sa coordination avec un Ecofin chargé de fixer la politique de change conforme à l’intérêt de l’ensemble de la zone (et pas uniquement de la nouvelle « zone mark » comme c’est le cas actuellement). Ici encore, le France recevrait l’appui du Sud mais aussi de partenaires comme la Belgique. Cette coordination marquerait l’entrée de l’industrie et du monde du travail dans la politique de la zone euro, alors que c’est aujourd’hui le secteur financier qui commande les décisions de la BCE. Elle éviterait des cas de surévaluation manifeste et de longue durée de la monnaie unique.

La troisième et dernière exigence de la France : réorienter la politique allemande qui mène depuis dix ans une stratégie non coopérative qui a détruit l’industrie de ses voisins, par contraction de sa demande intérieure et réduction de ses coûts de production. Le salariat outre-Rhin ne verrait pas d’un mauvais œil un rééquilibrage de son pouvoir d’achat, pas plus que les partenaires commerciaux de l’Allemagne. Cette relance allemande, d’un niveau raisonnable, s’appuierait uniquement sur une relance salariale.

La France pourrait en échange proposer deux séries de contreparties.
D’abord, la substitution des eurobonds aux programmes des fonds structurels européens qui se sont révélés inaptes à donner aux pays périphériques une industrie ex nihilo. Ceci déchargerait les contribuables des pays centraux de la zone euro de subventions dispendieuses qui contribuent à creuser leurs déficits publics. Cela constituerait un signal sans ambiguïtés donné à l’opinion publique allemande que chaque pays entend développer un tissu économique robuste et concurrentiel. Cette réorientation serait d’autant plus crédible qu’elle se déploierait à l’abri d’un taux de change redevenu compétitif.

Ensuite, chacune des économies de la zone devrait s’engager à renationaliser sa dette publique, par un mécanisme dit de « dette perpétuelle », faisant d’abord appel à l’épargne nationale. Ce mécanisme ne pose pas de difficultés majeures aux pays à forte capacité d’épargne comme la France, mais obligera les pays où les ménages sont fortement endettés (comme l’Espagne) à un effort très important. En procédant ainsi, les pays de la zone euro se soustraieraient à la pression des agences de notation en comptant d’abord sur leurs propres forces plutôt que sur de versatiles marchés financiers.

Ces deux conditions sont diamétralement opposées au fonctionnement actuel de la zone qui oppose un centre industrieux (l’Allemagne) et une périphérie spécialisée dans la consommation (les pays du Sud). Cette configuration est bien entendu intenable dans la durée. Ce « pack » de propositions françaises donnerait une véritable crédibilité de long terme à l’euro, et dessinerait un accord acceptable pour chacune des parties.

Il faut parier sur la lucidité du gouvernement allemand à entendre des propositions françaises, conformes à nos intérêts mais aussi à l’intérêt européen tout entier. Si l’Allemagne a été la principale bénéficiaire de l’euro, elle serait aussi la principale perdante en cas de disparition de la monnaie unique. La route de Francfort passe par Berlin. Et la politique de la France suppose de mener une stratégie diplomatique et économique qui ne résume pas à l’asservissement au « triple A » et à un secteur financier qu’il faudra bien réduire dans les années à venir.

—–
source :
LeMonde.fr
Nota Bene : le titre est de la rédaction du Monde.fr

Démenti de Jean-Pierre Chevènement

Créé par le 14 août 2011 | Dans : Blog du Che, Economie

Je démens l’information donnée par LeMonde.fr, selon laquelle j’aurais accepté, même sous certaines réserves, ce qu’il est convenu d’appeler la « règle d’or », c’est-à-dire la révision constitutionnelle qui a déjà été débattue au Parlement.

Dans la conversation téléphonique que j’ai eue avec le Président de la République le mardi 9 août 2011, j’ai souligné l’insuffisante dotation du Fonds de Stabilité Européen : 225 milliards d’euros, effectivement mobilisables pour faire face aux besoins des pays actuellement sous tension, dont la dette cumulée s’élève à 3 400 milliards d’euros. J’ai essayé de convaincre le Président de la République que seule l’intervention en grand de la Banque Centrale Européenne (BCE) permettrait de dissuader la spéculation de s’en prendre à nouveau à l’Espagne et à l’Italie. Cela suppose bien évidemment une révision de l’architecture de la zone euro. Les missions de la BCE (aujourd’hui la lutte contre l’inflation) doivent être élargies à l’achat des titres de dette publique, à la politique de change et plus généralement au soutien de la croissance et de l’emploi.

Sur la « règle d’or », j’ai précisé ma position à la tribune du Sénat dans une intervention le 14 juin 2011, comme je l’avais déjà fait le 27 avril 2011 lors du débat sur le programme de stabilité européen. Ces deux interventions ont été publiées sur mon blog et au Journal Officiel. Sur les deux textes, j’ai émis un vote contre. Il serait de bonne déontologie de ne pas me faire dire en privé le contraire de ce que je dis en public.

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