Démission du président du SAMU social, protestant  la semaine dernière contre le désengagement de l’Etat dans l’hébergement d’urgence, suivie, hier, d’une grève dans le secteur de l’urgence sociale. Dans le même temps, annonce d’une hausse du chômage dans un contexte économique et social particulièrement morose. Ceinture et vacances à la maison pour près de la moitié des familles, victimes d’ une crise qui n’en finit pas. Et pour seule perspective la menace d’une implosion de la zone euro quand l’arrogance du CAC 40 et des milieux financiers contraste avec la  marginalisation en marche de larges couches de la population et de la jeunesse. Avec à la clef une grande inquiétude dans l’avenir et une vraie désespérance populaire! En France et en Europe.

De Madrid à Athènes, le mouvement des indignés exprime la révolte d’une jeunesse. Mais la vie politique française reste atone. Une gauche sans message qui se serait bien passée du feuilleton médiatique de l’été. Un Mélenchon qui ne réussit pas son envol dans un contexte d’essouflement de la gauche de gauche (ou de la gauche de la gauche, c’est selon!). Un Le Pen égal à lui-même après les commentaires sur la tuerie  d’Oslo, au risque même d’embarrasser sa fille à la recherche d’une impossible respectabilité de sa famille résolument fascisante. Et cet appel du pied incessant envers l’électorat frontiste d’une majorité néo-conservatrice qui détricote la République… Jour après jour!

Cette République dans la tourmente qu’il convient bien de relever. En parlant le langage de la vérité et de l’audace pour rompre avec ces décennies d’impasse et d’égarement qui nous ont conduit à ce point de désolation. Point de non retour?

A nous de prouver le contraire sans nous laisser piéger par les discours lénifiants de ces dirigeants déclinologues qui ne s’encombrent d’aucun principe (1). Car la France n’est pas finie et cette grande nation politique  pourrait même être l’âme d’une Europe résiliente! A condition de vouloir une autre politique et de s’y préparer…

 X.D

(1) On pourrait oser un parallèle entre la gestion des questions internationales ( la réception de Kadhafi par le président Sarkozy en 2008, le soutien jusqu’au bout des dictateurs tunisien et égyptien avant de prôner, pour faire oublier ce manque de vision, l’intervention militaire en Libye et la reconnaissance du conseil national de transistion conduit par ­Moustapha ­Abdeljalil, celui-la même qui avait infligé une peine d’emprisonnement aux infirmières bulgares…) et intérieures (volonté de constitutionnaliser la dite règle d’or d’équilibre des finances publiques et de lutte contre les déficits, lesquels se sont par ailleurs envolés sous la présidence de Sarkosy du fait notamment des cadeaux fiscaux et de l’échec de sa politique économique).