Qu’y a-t-il de commun entre les révolutions populaires du printemps arabe, la rage des populations portugaise, grecque ou irlandaise et l’explosion d’une jeunesse en Europe, en Israël et au Chili? Entre et au sein même de ces catégories mal identifiées, devrais-je dire! Considérations utiles tant le risque d’amalgame peut dévoyer le sens des meilleures causes.

Prenons les révoltes populaires du monde arabe et leur force d’entraînement. Elles ont mis fin à des décennies de dictature en Egypte et en Tunisie, contraint le roi du Maroc et le gouvernement algérien à quelques concessions, jeté les masses dans les rues du Maghreb au Machreq. Avec cette situation terrible en Syrie et l’exacerbation de ce conflit tribal en Libye, encouragé par la faute de sens des dirigeants occidentaux comme l’attestent à nouveau quelques parlementaires et personnalités politiques de retour d’une mission en toute indépendance. Ces mouvements, trop facilements amalgamés par des médias sans scrupules, expriment des réalités diverses qu’une seule vision synchronique et géographique ne saurait absorbée ou réduire.

A la différence des révoltes populaires en Europe largement fédérées par le rejet des politiques d’austérité sous le diktat des marchés financiers! Ces révoltes qui peuvent ne mener nulle part - droitisation politique au Portugal – ou constituer le départ d’un processus de renouveau à l’échelle des Etats puis de l’Europe. Il n’est pas interdit d’apprécier les choses dans une dynamique positive.

Le cas de la jeunesse semble a priori plus complexe. Certains se risquent à voir dans les émeutes londoniennes qui gagnent le pays, une expression commune avec le mouvement des Indignés. Celui-ci, de Madrid à Athènes en passant par Paris, porte en lui le message authentique délivré avec force succés de librairie par un Stéphane Hessel ces derniers mois!

Une personnalité dont la force de conviction accompagne ces temps d’arrachement aux pesanteurs de l’Histoire.

Si l’on considère bien d’autres situations (1), il y a quelques raisons d’espérer en la capacité d’indignation des peuples pour s’affranchir des tutelles de toutes natures. Et surtout d’y apporter sa contribution citoyenne.

X.D

(1) Celles au sein de l’Etat d’ Israël, à la veille d’une possible reconnaissance internationale de l’Etat palestinien, quand la contestation sociale libère le peuple d’une terrible pression idéologique, ou, au Chili avec le mouvement étudiant qui entend mettre fin au caractère privé d’une université élitiste et ségrégationniste, vestige de la période de la dictature de Pinochet