Dimanche 22h35 : Martine Aubry : « Je crois que tous ensemble nous avons montré une belle image de la politique, du socialisme et du radicalisme de gauche. Nous avons donné un avant-goût d’une belle équipe de France que nous pourrons constituer en 2012.

Il faut une gauche forte pour mettre la finance et les banques au service d’une économie réelle et des Français, et pour faire de l’Europe un continent qui à la fois innove et en même temps protège nos salariés.

Notre peuple sait aussi que pour présider en 2012, il faudra de l’expérience, la justice chevillée au corps. Durant cette campagne, je n’ai pas chercher à plaire ou à flatter. Je n’ai pas changé d’avis au gré des événements, j’ai tenu une ligne qui n’a jamais varié, si je suis précise c’est parce que je veux demain réussir un vrai changement pour notre pays.

Je rétablirai les comptes publics, mais je refuse d’entrer dans une course à l’austérité avec la droite, je serai la présidente  de la justice sociale, j’agirai pour tous ceux qui vivent ou qui aimeraient vivre de leur travail, j’agirai en lien avec ces gisements d’innovation, j’agirai pour établir une démocratie honnête. Ce premier tour est une promesse, mais tout reste à faire pour donner à la France en 2012 une femme présidente de la République. » 

J’entends ce matin à la radio l’évocation du dernier meeting de Martine à la salle Japy.  Dans ce gymnase historique, haut lieu de l’histoire des rassemblements ou des congrès du mouvement ouvrier et de  de la gauche, la candidate, encouragée par près de 3.000 personnes, était entourée de ses fidèles (  le maire de Paris Bertrand Delanoë, l’ancienne ministre Elisabeth Guigou, le président de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon , l’adjointe au maire de Paris Anne Hidalgo, le porte-parole du PS Benoît Hamon, l’ancien Premier ministre Laurent Fabius - et de personnalités comme le généticien Axel Kahn et l’actrice Virginie Ledoyen ).

Dans une ambiance festive mêlant applaudissements, drapeaux et cornes de brume, Martine Aubry devait vite adopter un ton gouailleur, jovial et plein d’ironie à l’encontre de son concurrent. Raillant « la gauche molle », renvoyée tout de go avec « la droite dure », Martine démonte le programme de son rival dénonçant pêle-mêle l’absence d’ambition ( « La fin du cumul des mandats c’est en 2012, pas à la saint glin-glin » ) ou la démagogie ( « Il ne suffira pas de rajouter des enseignants aux enseignants » ). Histoire de rendre coup pour coup ( souvenez-vous des échanges peu amènes entre les deux protagonistes durant le festival d’Avignon autour du budget de la culture…) et de ne pas se laisser enfermer par les pronostics sondagiers très favorables au corrézien. Lequel se voit même reprocher de faire partie des  » tenants de la pensée molle « .

Traits d’expression d’un fichu caractère ou traduction sincère d’une vraie différence, la challenger n’en affiche pas moins une audace certaine :  » Je sais, j’ai du caractère, du mauvais caractere, me dit-on parfois, ça dépend avec qui: pour dompter les banquiers, résister aux financiers, affronter les groupes d’intérêt, je vous assure qu’il va en falloir du caractère! »

Comme d’aucuns s’amusaient sur ce blog à la dépeindre en bébé Delors, soeur jumelle de Flamby (Hollande pour les non initiés), je me devais de rendre justice à ce traitement bien inamical!

X.D

A lire – en cliquant sur le titre –  Martine Aubry racontée dans le blog citoyen

Martine Aubry : Un réformisme moderniste chevillé au corps

En s’inscrivant dans le courant républicain, Martine Aubry donne sens à la modernité du socialisme