Le score du talentueux Arnaud Montebourg qui dépasse de dix points Ségo avec 17% des suffrages et crée la surprise en focalisant l’attention sur le rapport des socialistes à la mondialisation n’exprime-t-il pas, en grandeur nature, l’axe majeur  clef d’une victoire de la gauche?

Aux primaires socialites comme à la présidentielle les Français veulent le changement. Celui-ci suppose bien sûr  un autre cap en matière économique et sociale. D’où l’importance  d’une approche renouvelée des questions européennes, du libre échange, de la politique industrielle, de l’emploi et des services publics. En prônant un protectionisme européen, Montebourg n’hésite pas à aller au coeur de ces thèmes. 

Et pourtant, de Mitterrand à Jospin en passant par Hollande et Aubry, les dirigeants socialistes s’alignèrent successivement sur une conception libérale du grand marché et de la monnaie unique, de Maastricht à Lisbonne en passant par Amsterdam, acculant les opposants irréductibles à quitter le parti socialiste. Avec l’euro cher incompatible avec une politique de croissance et de prospérité, l’Europe constitue à présent une zone fragilisée de dumping social et fiscal en proie aux désordres mondiaux de la finance et de la dérégulation en oeuvre sous l’égide du FMI et de l’OMC. L’adoption du traité de Lisbonne traduisait il y a peu le total ralliement d’une gauche sans âme à cette Europe de la finance et du libre échange, cette même gauche qui se drape aujourd’hui dans les oripeaux du fédéralisme pour mieux organiser cette fuite en avant initiée avec l’Acte unique dès 1986.

C’est dire le chemin à parcourir pour résorber ce grand écart entre la parole et les actes. Montebourg peut être aujourd’hui un des leviers de cette recomposition au prix d’une révision déchirante de la part des prétendants socialistes.

Nous écouterons avec attention ce soir sur la chaîne publique ce nouveau faiseur de roi qui revendiquait ainsi - dans son allocution devant ses partisans à la Bellevilloise dans le XX° arrondissement de Paris –  « l’exploit de faire mentir les sondages, de mettre en minorité les deux candidats institutionnels et [de] mettre au coeur de la campagne la démondialisation ». « Ma détermination à poursuivre le combat est totale. Chacun a mesure la puissance et la force qui m’a conduit aux portes du deuxième tour », devait ajouter le turbulent challenger.

X.D

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