Thomas Legrand sur France-Inter peut bien chercher les causes de la claque royale reçue dimanche par l’ex-candidate à la présidentielle de 2007 avec peut être une piste à privilégier : celle de l’assimilation subliminale des deux protagonistes de la précédente élection majeure source de tant de frustrations de l’électorat de gauche (et soi-dit en passant d’une large fraction de l’électorat populaire de droite). D’où, à gauche, le rejet massif du retour au passé en tournant résolument la page tragi-comique du sarkosysme et de son épopée présidentielle qui renvoie à cette victoire de la bêtise sur l’intelligence!

D’aucuns n’ont-ils pas dénoncés dans une critique radicale la posture équivalente des protagonistes se situant sur le même terrain d’une communication pleine d’astuces mais aussi stérile qu’ apauvrissante? Le « storytelling », cette machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, a bien failli s’installer durablement dans notre paysage.

Pour revenir à la posture royale, force est de constater qu’il ne suffisait pas d’incarner le terroir, la démocratie participative, le refus des licenciements boursiers et des délocalisations sans apporter des réponses de fond sur ces derniers dossiers.

Avec son remarquable manifeste « votez pour la démondialisation » et sa capacité à traduire simplement les enjeux d’une redéfinition du rapport de la France à l’Europe et au monde dans l’expression assumée d’un protectionisme européen, Arnaud Montebourg capte, sans doute bien au-delà du cercle des sympathisans socialistes, l’aspiration à plus de radicalité dans la perspective d’une véritable alternative.

Pour les impétrants de la semaine, la forte mobilisation citoyenne au premier tour des primaires constitue en soi une démonstration grandeur nature d’une volonté afffichée d’en finir avec le sarkosysme. Sans épiloguer sur la sociologie électorale de ce scrutin avec la sur-représentation des couches moyennes, on peut entrevoir, par delà les discours, un hiatus entre la perspective gestionnaire et l’exigence d’un vrai changement en pleine crise du capitalisme financier mondialisé.

Bien au-delà des primaires socialistes, ne s’agit-il pas à présent de penser, au delà de l’alternance, une vraie alternative quand nos deux challengers semblent toujours empêtrés dans les contradictions d’une gauche européiste sans cohérence programmatique?

Tout un programme…ou plutôt tout un projet qui ne se construit pas en quelques heures. Empêtrés dans les lieux communs d’un social-libéralisme, nos impétrants feraient bien de se dépêcher, je veux dire de se dépêtrer!

X.D