Allant complètement à l’encontre de ce que réclament les associations et les villages bretons envahis par les algues vertes, le gouvernement vient de passer un décret assouplissant l’épandage des effluents d’élevage « pour s’aligner sur les autres pays européens ».

Un nouveau décret élargit la base de référence de la surface pour le calcul de l’épandage d’azote autorisé ( à savoir 170 Kg par hectare). Cette superficie n’est plus la surface potentielle d’épandage mais la surface agricole utile de l’exploitation, une notion plus large. Largement contesté par les populations et les élus, ce relèvement du plafond d’épandage de lisier contrevient aux programmes de lutte contre la pollution par les nitrates.

Le porte parole de l’association environnementale Eau et Rivière de Bretagne dénonce » ce mauvais coup porté à la reconquête de l’eau » qui est «  un déni des efforts financiers des Bretons pour se débarrasser des marées vertes » (1). « On voudrait plomber la politique de l’eau et ne pas atteindre le bon état des eaux exigé par les directives européennes qu’on ne s’y prendrait pas autrement »,  explique encore Jean-François Piquot, car selon lui, ce décret permettra « d’augmenter de 20% les quantités d’azote épandues sur les sols ». Et avec elles, la prolifération des algues vertes favorisée par ces rejets d’azote liés à l’élevage industriel et à l’utilisation des engrais chimiques.

Sous prétexte d’alignement sur les autres pays européens, le gouvernement français réglemente en la matière de façon incohérente sur un thème écologique particulièrement sensible. Car comme nous le rappelions dans un précédent article de ce blog citoyen : ulva armoricana : l’algue qui tue en été n’est pas un fait divers !

X.D

(1) Les ménages bretons supporteraient des dépenses additionnelles de 1 à 1,5 milliard d’euros, du fait de ces excédents d’engrais azotés et de pesticides d’origine agricole