REVUE DE WEB – Les journaux étrangers se penchent sur le choix des socialistes français…

François Hollande, ou le «triomphe de Monsieur ordinaire.» La formule du Guardian traduit un sentiment unanime de la presse internationale, qui, comme la BBC, voit dans François Hollande l’ «anti-Sarkozy».

«Il était connu comme l’homme tranquille (en français dans le texte), celui qui ne fait pas de bruit, aimable, à l’humour vif mais quelqu’un de normal et un peu ennuyeux», décrit le Guardian. Die Welt explique-même pourquoi son caractère et son physique lui ont valu le surnom de «Flamby, ein Karamell pudding». Mais le Guardian note «une transformation», avec un candidat qui a perdu «des kilos, ses costumes froissés et ses lunettes cerclées». «Si certains pensent qu’il a également perdu de sa bonhomie, ce Hollande plus sec, sérieux et combatif, pourrait battre Nicolas Sarkozy et devenir président», conclut le quotidien britannique.

Face à «l’hyperprésident Sarkozy», le «gentil» François Hollande va devoir prouver «ses qualités d’homme d’Etat», analyse le Washington Post, qui rappelle que le leader socialiste n’a «jamais occupé de fonctions gouvernementales.» «Il est quasi-inconnu hors de France, et ses critiques disent qu’il dispose d’une expérience internationale trop limitée pour diriger une nation qui dispose de l’arme atomique», relève le quotidien.

Hollande, un «dinosaure»

The Economist, lui, a des problèmes avec Hollande et les «dinosaures» socialistes en général. «Martine Aubry et François Hollande semblent congelés dans le passé, en 1981», écrit l’hebdomadaire. «Ils veulent revenir à l’âge de la retraite à 60 ans et créer 300.000 emplois publics. Ils supportent les réductions des déficits mais refusent d’inscrire le principe d’une règle d’or dans la constitution. Leur refrain, c’est ‘plus d’impôts’ et pas ‘moins de dépenses’.» Le New York Times voit cependant dans François Hollande un «centriste pragmatique». Pour Douglas Yates, de l’Université américaine de Paris, les propositions de cadres socialistes de nationaliser les banques ne sont «que des promesses de campagne pour surfer sur l’anti-sarkozysme»

Hollande peut-il gagner? Il va d’abord devoir «rassembler son camp et surtout une gauche fragmentée», estime le Zeit. Malgré les sondages, Douglas Yates mise sur une victoire de Nicolas Sarkozy, qui pourrait «bénéficier d’un report des voix de Marine Le Pen au 2e tour». En revanche, The Economist conclut qu’après «le tourbillon Sarkozy, un président normal est peut-être ce dont les électeurs français ont envie.»

Philippe Berry pour 20 Minutes le 17/10/2011