Publié le 05-11-11    par Le Nouvel Observateur avec AFP     Le sénateur et ancien ministre a officialisé sa candidature sur le plateau du JT de France 2 samedi soir.

Jean-Pierre Chevènement en août 2010 JEFF PACHOUD / AFP Jean-Pierre Chevènement en août 2010 JEFF PACHOUD / AFP

éagir

L’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a officialisé samedi soir au journal télévisé de France 2 sa candidature à l’élection présidentielle de 2012.

« J’ai beaucoup réfléchi et j’ai décidé de me porter candidat pour faire bouger les lignes, comme je l’avais dit, c’est-à-dire pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qui sont devant nous », a déclaré l’ancien ministre (ex-PS) de François Mitterrand, qui avait déjà été candidat à l’Elysée en 2002 (5,3%).

Jean-Pierre Chevènement se préparait depuis plusieurs mois, mais sa candidature était jugée peu crédible par beaucoup d’observateurs. Elle n’est actuellement pas testée par les instituts de sondage et il faut désormais qu’il réunisse les 500 parrainages de maires nécessaires à sa candidature.

En 2002, « j’avais le tort d’avoir raison »

« J’avais le tort en 2002 d’avoir raison contre tous les autres et je n’accepte pas que ceux qui ont fait le lit du Front National en se ralliant au néolibéralisme puissent me transformer en bouc émissaire », a-t-il ajouté alors qu’il était interrogé sur le fait de savoir si cela ne faisait trop de candidatures à gauche de l’échiquier.

« Le problème est de savoir ce qu’ont dit les candidats. Moi j’ai mis en garde contre l’omnipotence des marchés financiers, j’ai proposé de redresser l’Europe (…), de fixer des repères clairs dans la sécurité, l’école », a poursuivi le sénateur du Territoire-de-Belfort

Interrogé sur la candidat socialiste François Hollande, Jean-Pierre Chevènement l’a qualifié d’ »homme intelligent ». « On peut l’aider à se mettre à la hauteur », a-t-il dit.

Le Nouvel Observateur – AFP

Jean-Pierre Chevènement candidat à la présidentielle
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 06.11.11 | 07h48 • Mis à jour le 06.11.11 | 07h49

Jean-Pierre Chevènement a décidé samedi de se lancer à nouveau dans la course présidentielle, dix ans après une candidature qui lui avait valu d’être considéré comme l’un des tombeurs de Lionel Jospin au premier tour du 21 avril 2002. « J’ai beaucoup réfléchi et j’ai décidé de me porter candidat pour faire bouger les lignes, comme je l’avais dit, c’est-à-dire pour mettre la gauche et la France à la hauteur des défis qui sont devant nous », a déclaré l’ancien l’ancien ministre (ex-PS) âgé de 72 ans samedi soir sur France 2. « J’avais le tort en 2002 d’avoir raison contre tous les autres », a-t-il lancé alors qu’il était interrogé sur le fait de savoir s’il n’y avait pas un excès de candidatures à gauche de l’échiquier politique.
Il avait promis qu’il annoncerait sa décision « à l’automne » soit avant le 21 décembre. Il se préparait depuis plusieurs mois, à renfort dernièrement de livre et de campagne d’affichage. Nombre d’observateurs jugeaient cependant sa candidature peu probable. Candidat à l’élection présidentielle de 2002, il avait obtenu 5,3 % des voix. En 2007, il avait soutenu Ségolène Royal. Il doit obtenir 500 signatures d’élus pour que sa candidature soit validée.

« Je n’accepte pas que ceux qui ont fait le lit du Front National en se ralliant au néolibéralisme puissent me transformer en bouc-émissaire », s’est-il encore justifié pour défendre sa candidature.
Défendant des idées « proches » de celles d’Arnaud Montebourg, le 3e homme surprise de la primaire socialiste, le sénateur du Territoire-de-Belfort, et électron libre de la gauche, ne s’est pas privé d’une pique contre François Hollande le candidat PS. « C’est un homme intelligent. On peut l’aider à se mettre à la hauteur », a-t-il dit.

M. Chevènement, lors de cette interview de quelques minutes, a déroulé son argumentaire : « le vice est dans la monnaie unique! ». « Il y a deux solutions à la crise : soit on renforce le moteur, la banque centrale et on garde la monnaie unique soit on ne peut pas parce que l’Allemagne s’y refuse et il faut envisager la solution qui fasse le moins souffrir les Européens c’est-à-dire la mutation d’une monnaie unique en une monnaie commune », a-t-il expliqué sur France 2. Il a fixé quatre « repères fondamentaux »: « une monnaie moins chère », « la croissance plutôt que la récession », « la souveraineté de la France, budgétaire et fiscale » et « une Europe redressée et confédérale ». « Je suis un patriote », dit-il dans un entretien au Parisien dimanche, présentant sa candidature comme « pédagogique à l’égard des citoyens mais aussi des autres candidats ».

Ancien ministre de François Mitterrand à l’industrie, l’éducation puis la défense (il avait claqué la porte en raison de son désaccord sur la guerre du Golfe en 1991), M. Chevènement passe pour avoir été l’agent majeur de la réconciliation de la gauche avec l’idée de sécurité. Il a été sous Lionel Jospin ministre de l’intérieur (1997-2000). Là aussi, il est parti sur un différend, concernant la gestion du dossier corse. Auteur à ce poste d’une formule restée célèbre sur les « sauvageons » — pour qualifier les jeunes délinquants — il aime cultiver une éloquence classique et et un vocabulaire choisi. Avant le référendum sur Maastricht, cet énarque fondateur du Ceres, aile gauche du PS, avait quitté ce parti afin de faire campagne pour le non. Il avait ensuite fondé le Mouvement des Citoyens, devenu le Mouvement républicain et citoyen (MRC). Il avait été frappé, fin 1998, par un grave accident d’anesthésie qui l’avait plongé dans le coma. Il en était ressorti sans dommage. « Un miracle républicain », avait-il lancé.