Sa candidature est lancée, mais ira-t-elle jusqu’au bout? Au lendemain de l’annonce sur France 2 de son entrée en lice pour l’élection présidentielle de 2012, Jean-Pierre Chevènement fait comme si, ce dimanche, en se disant assuré d’ »à peu près la moitié » des 500 parrainages de maires nécessaires à sa candidature. « Je crois en la dynamique de ma campagne », déclare le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) au Parisien Dimanche.

« Faire bouger les lignes »

Le sénateur et ex-ministre (PS) présente sa candidature comme « pédagogique à l’égard des citoyens mais aussi des autres candidats ». Avec François Hollande en ligne de mire (« c’est un homme intelligent… On peut l’aider à se mettre à la hauteur ») et un médiateur pour rapprocher les points de vue des deux candidats, Arnaud Montebourg, dont Jean-Pierre Chevènement expliquait sur France 2 qu’il avait des idées « proches des siennes ».

« Souveraineté et Europe confédérale »

L’élu du Territoire de Bellefort a fixé quatre « repères fondamentaux »: « une monnaie moins chère », « la croissance plutôt que la récession », « la souveraineté de la France, budgétaire et fiscale » et « une Europe redressée et confédérale ». Pour sortir la France de la crise, « il y a deux solutions à la crise, explique-t-il, soit on renforce le moteur, la banque centrale et on garde la monnaie unique soit on ne peut pas parce que l’Allemagne s’y refuse et il faut envisager la solution qui fasse le moins souffrir les Européens c’est-à-dire la mutation d’une monnaie unique en une monnaie commune. » Plus globalement, Jean-Pierre Chevènement affirme qu’il ira « dans les usines. L’avenir de la France passe par sa réindustrialisation. La reconquête de l’électorat ouvrier, cela me paraît essentiel ».

L’appel du pied au PS

La candidature du sénateur et ancien ministre (ex-PS) est scrutée de près par le Parti socialiste. Le PS a en mémoire le premier tour des Présidentielles de 2002, au cours duquel l’ex-ministre de Lionel Jospin avait recueilli 5,3% des suffrages. Ce dimanche, Arnaud Montebourg a donc répondu sur Canal Plus à l’appel du pied du nouveau candidat. « Il faut savoir écouter Jean-Pierre Chevènement ». Cette candidature « est parfaitement compatible avec celle de François Hollande, mon travail sera d’aider à faire ce pont » entre les deux, a lancé l’ex-candidat aux primaires socialistes. « Le mieux, ce serait que François Hollande reprenne une partie de ses idées », et ainsi « de rendre inutile la candidature de Jean-Pierre Chevènement. »