20 Minutes 

Créé le 06/11/2011 à 18h32 — Mis à jour le 06/11/2011 à 18h55

L'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, le 22 août 2010 à Frangy-en-Bresse.L’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, le 22 août 2010 à Frangy-en-Bresse. Jeff Pachoud afp.com

La candidature de Jean-Pierre Chevènement à l’Elysée a été accueillie …

La candidature de Jean-Pierre Chevènement à l’Elysée a été accueillie sereinement à gauche, notamment dans le camp de François Hollande où l’on espère pouvoir discuter avec le fondateur du MRC, même si la crise de l’euro peut donner du crédit à sa candidature.

«Je ne suis pas candidat contre François Hollande», a lui-même dit le sénateur de Belfort, qui s’est déclaré candidat samedi soir, tout en déplorant que le projet socialiste ne cherche pas «une issue progressiste à la crise».

Evidemment, cette entrée en lice réveille à gauche le souvenir difficile du 21 avril 2002. «Il y a un vrai risque de dispersion des voix», affirme le sénateur PS André Vallini, proche de François Hollande, rappelant que la candidature Chevènement s’ajoute à celles d’Eva Joly et de Jean-Luc Mélenchon.

Scénario à la 2007

Mais le PS mise sur un scénario à la 2007, où l’ancien animateur du courant CERES au sein du parti avait soutenu la candidature de Ségolène Royal, après avoir fait mine de se présenter.

«Il y a encore un espace pour la discussion», veut croire André Vallini, «Jean-Pierre Chevènement a envie d’influer sur la campagne de François Hollande. On peut discuter sur le rôle de la banque centrale (européenne)», dont le candidat souverainiste veut renforcer les missions.

M. Chevènement, porte-parole du «non» de gauche au traité de Maastricht en 1992, refuse tout «saut fédéral» pour l’UE. M. Hollande ne s’est pas exprimé sur la question, fait observer M. Vallini.

«Mon travail sera d’aider à faire ce pont» entre MM. Hollande et Chevènement, a déclaré Arnaud Montebourg, fort de ses 17% à la primaire du PS sur le thème de la «démondialisation» et de la protection des frontières de l’Europe.

«Rendre inutile» la candidature Chevènement

«Le mieux, ce serait que François Hollande reprenne une partie de ses idées», et ainsi «de rendre inutile la candidature de Jean-Pierre Chevènement», espère le député de Saône-et-Loire.

«Plus le temps passe et plus les qualités de ma candidature ressortent», a réagi la candidate écologiste Eva Joly, semblant minimiser la candidature de celui qu’elle qualifie de «nucléocrate » et «souverainiste ».

A droite, l’ex-ministre et ami du chef de l’Etat Brice Hortefeux a salué la candidature d’un de ses prédécesseurs place Beauvau, alors que François Hollande devance encore largement Nicolas Sarkozy dans les sondages.

«Jean-Pierre Chevènement est un homme de gauche, sincère et expérimenté, c’est-à-dire tout le contraire du projet socialiste porté par François Hollande», a déclaré M. Hortefeux sur Radio J.

Loin de vouloir diviser pour continuer de régner, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a choisi l’ironie: «J’ai beaucoup d’admiration pour Jean-Pierre Chevènement, repartir au combat en sachant qu’on fera, quoi, 3, 4, 5 pour cent, c’est une force d’âme qui mérite le respect».

Course aux parrainages

Pour l’instant, le sénateur de Belfort n’est même pas testé dans les intentions de vote, rappelle Gaël Sliman de l’institut BVA.

«Le problème, c’est qu’il est peu audible depuis longtemps. Son image est liée au 21 avril 2002. Les gens pensent à tort qu’il a fait perdre Jospin». Et le politologue de conclure: «cela serait dommage de terminer sa carrière politique en faisant entre 1,5 et 2%».

Déjà candidat en 2002, l’ancien ministre de François Mitterrand et Lionel Jospin avait recueilli 5,3% des suffrages. Dimanche dans le Parisien il a affirmé qu’il était déjà assuré d’«à peu près la moitié» des 500 parrainages de maires nécessaires à sa candidature.

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