L’embrouille entre le PS et les écolos sur la question du Mox, ce carburant  de l’EPR, en dit long sur les désaccords de fond sur la filière nucléaire. Quels besoins énergétiques pour le présent et l’avenir ? quelle part de l’électricité nucléaire dans cet ensemble ? quels types de réacteurs garantissant l’avenir de la filière et sa sécurisation ?

Autant de questions, autant de flou savamment entretenu à des fins électorales. Avec cependant, et il faut s’en réjouir, une certaine résistance du candidat Hollande face au camp d’une Eva Joly momentanément déroutée. 

C’est un peu une habitude chez les socialistes de considérer ces accords politiques avec légèreté. «Une reconversion à emploi constant de la filière du retraitement et de fabrication du MOX», cela paraissait fort ambigu car sans Mox pas d’EPR. Bernard Cazeneuve, député PS de la Manche dans la circonscription duquel est construit l’EPR, avait bien de quoi s’inquièter de cette ambiguïté. Il alerte ses amis et François Hollande. Le bureau national du PS raye le paragraphe litigieux. On connait la suite.  Cette affaire me fait songer à deux précédents épisodes révélateurs.

Fin 2006, l’accord conclu entre le MRC et le PS reprenait très au-delà de nos espérances le contenu politique de notre approche des questions européennes. Nous y trouvions ainsi des bases permettant de soutenir la candidate socialiste. Après sa défaite, le vote d’une majorité de parlementaires socialistes permettait cependant la ratification du traité de Lisbonne en congrès du parlement. Cet acte de félonie en disait long sur le grand écart entre les paroles et les actes. 

Pendant le congrès de Reims, le PS adoptait une motion de synthèse dont la première livraison ne contenait aucune allusion au contrôle du crédit et des banques alors que nous entrions en pleine crise financière. Le contenu de la motion dans sa seconde livraison médiatique devait ensuite intégrer cette question. Pour le blog citoyen, ce couac trahissait une certaine insouciance, pour ne pas utiliser de mots plus sévères à l’égard de cet acte manqué!

Pour revenir à notre dossier nous invitons à la lecture de l’interview de Jean-Pierre Chevènement au journal Sud-Ouest duquel nous extrayons ce passage. 

 Que pensez-vous de l’accord entre le PS et EELV sur le nucléaire? 

« Infaisable. Cela revient à mettre 250 milliards d’euros en l’air. Et suppose de revenir aux chaudières à gaz et à charbon alors que les émissions de CO2 explosent. Le fameux audit sur l’EPR de Flamanville n’ira pas loin. François Hollande a conclu un accord politique qu’il nuancera s’il est élu avec une majorité élargie. Il a montré une fermeté certaine sur l’EPR. Il ne pouvait faire moins, tant celui-ci est vital pour nos exportations.

Entre ce qu’elle nous rapporte à l’export et les économies qu’elle nous procure, la filière nucléaire pèse 12 milliards d’euros par an. Ce n’est pas sérieux de vouloir la démanteler quand le problème numéro un du pays est le déficit de 75 milliards de la balance commerciale. 

Il y a urgence à réindustrialiser le pays. J’avais démissionné de mon poste de ministre de l’Industrie en 1983 parce que le gouvernement n’allait pas dans ce sens. Aujourd’hui, cette idée s’impose. » 

Saluons celle belle constance, gage d’une vraie cohérence dans la recherche d’une politique industrielle au service de la croissance et de l’emploi ! 

X.D 

A lire sur le blog citoyen en argumentaire :

Rectificatif suite à la communication du texte final d’orientation deuxième post à Marie-Noëlle Lienemann en réaction au contenu de la motion présentée par M. Aubry et ses alliés

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