La vie publique tend parfois des pièges aux cyniques qui croient abuser leurs compatriotes avec quelques ruses ou propos lénifiants de circonstance. Entre légèreté et manquement à la parole donnée, il  existe en effet mille moyens de se gausser des autres et de se trahir soi-même. L’ironie de l’Histoire se charge parfois du destin des personnages aux attitudes indignes. On l’aura vérifié tout récemment sans pour autant en apprécier la façon! A l’échelle individuelle, la somme de nos actes reste bien la seule mesure de nos vies. Et nos engagements militants, professionnels ou personnels la vraie trajectoire d’une existence. Mouvementée, ordonnée ou modeste, peu importe si celle-ci s’accomplit dans l’authenticité et l’unité de la parole et de l’acte.

La liberté de Danielle Mitterrand, le parler vrai de Pierre Mendès-France ou l’humilité de l’abbé Pierre tranchent avec les postures et les arguties de tous nos importants Pour se mentir trop souvent à eux-mêmes, experts en communication et leaders d’opinion n’atteignent jamais que des gloires éphémères, dépossédés de cette force d’esprit qui donne sens aux combats d’une vie. La solide réputation vaut mieux que la célébrité du moment mais moins que la considération qui conduit au respect. Ce respect qui se gagne par la force de l’exemple et que l’on réserve aux personnages hors du commun, des plus illustres ( les Gandhi, Jaurès, Moulin, Martin Luther King et autres Che ) jusqu’aux plus humbles militants d’une cause juste.

L’air du temps n’est pas celui de l’esprit sublime et tout semble démentir ces considérations optimistes sur la reconnaissance sociale de l’engagement sincère. Mais la fugacité des cotes de popularité ne rend -t-elle pas justice de la vertu  en politique ? Nos prétendues élites feraient bien de s’inspirer du grand art machiavélien qui est de savoir utiliser la virtù — cette capacité subjective — pour faire fructifier la fortuna - les conditions objectives -, au lieu de se couler dans le cours objectif de l’histoire en s’y livrant pieds et poings liés. Cherchez donc la grande politique dans cette pré-campagne présidentielle où l’on entend l’Establisment sonner l’hallali contre les Chevènement et Montebourg qui font bouger les lignes et tracent une autre voie?

En ces temps de crises aux rebonds inconnus, nous gagnerions tous à nous interroger sans esprit de parti sur le fond des propositions, leur cohérence et la cohésion de leurs supporters. Et à adopter cette conscience citoyenne élémentaire, dégagée du conformisme ambiant, dans le respect de soi et pour le bien commun.

X.D le 3/12/2012