En affichant avec un tempérament d’acier une résolution courageuse, le candidat Hollande emprunte peut être un nouveau chemin. Ses paroles précisent des engagements en faveur d’une France qui se retrouve autour d’une perspective de reconquête démocratique face au monde de la finance et des marchés. Redistributeur, le candidat socialiste pose avec clarté les principes d’une refondation fiscale et sociale dans un esprit de justice. On peut lui reprocher cependant sa trop grande prudence sur la question des bas salaires.

La défense des services publics s’articule avec des priorités affichées : celle de l’école et de l’instruction de la jeunesse en premier lieu. Mais aussi la sûreté de nos concitoyens et le renforcement de la justice. Le candidat entend bien oeuvrer pour désenclaver les espaces de paupérisation aujourd’hui stigmatisés. Il a le courage d’afficher une politique d’équilibre entre prévention et répression prônant ainsi le développement des centres d’éducation fermée. Dans ses soixante propositions, le socialiste entend bien favoriser l’accès aux soins en dotant l’hôpital public d’un financement adapté à ses missions tout en luttant contre la désertification médicale.

Son projet de croissance et d’emploi ne manque pas de recherche de cohérence. François Hollande reste plus convainquant sur sa politique volontariste d’incitation à l’emploi des jeunes et au maintien des seniors dans leurs entreprise qu’il ne l’est sur la question des retraites. Mais on sait gré au candidat de rechercher un processus de rupture avec le dogme néo-libéral qui fait de l’emploi la variable d’ajustement en sacrifiant la croissance sur l’autel de la spéculation financière. En refusant l’asphixie de nos économies par les marchés financiers, le soldat Hollande campe un nouveau décor avec la renégociation du traité de Lisbonne qui passe aussi par une demande ferme auprès de nos partenaires allemands : celle de redonner les possibilités d’action à la BCE pour financer la dette souveraine des Etats et soutenir la croissance en Europe. Ce projet politique franchement assumé semble donner sens aux autres propositions en faveur du soutien à l’activité productrice des PME, au contrôle et à la réorientation du secteur bancaire.

Conforté par le tempérament et les explications du candidat on sera donc particulièrement attentif à la cohérence de son dispositif dans cette volonté de réorienter l’Europe en s’appuyant sur le peuple de France. En concluant sur ces bases sa confrontation avec Alain Juppé, le candidat socialiste marque une détermination nouvelle qui ne manquerait pas de force d’entraînement si elle devait dépasser le niveau du discours. On retrouverait alors avec lui le souffle mendésien pour aller vers une république moderne. C’est cet esprit que nous nous efforçons, encore et toujours, d’imprimer dans cette campagne décisive!

X.D