Sobre et équilibré dans sa pensée, sa façon d’être et son expression, le président rassembleur veut imposer une posture nouvelle. François Hollande exprime à sa manière la volonté d’un changement de cap dans une Europe en proie à la récession. L’affirmation de l’exigence de croissance affichée lors de sa première rencontre avec la chancelière allemande entend ouvrir des perspectives de réorientation. Mais ce projet d’une Europe solidaire ne pourra s’épanouir sans une lutte de chaque jour contre le conservatisme étriqué des grandes puissances financières et des forces régressives.

L’exercice du pouvoir par un démocrate socialiste ne suffit pas à la reconquête républicaine dans un pays fragilisé par des décennies de renoncement. Faire reculer le chômage et la précarité, réindustrialiser la France, promouvoir la croissance sociale et écologique, l’éducation et la recherche, la solidarité, la laïcité, la citoyenneté et le civisme, cela suppose le rassemblement et la mobilisation de larges secteurs de la société.

Par delà les symboles et les références utiles au grand dessein républicain, le message concret de la France peut amorcer une ère nouvelle pour les peuples d’Europe. Il doit s’appuyer, dans les profondeurs du pays, sur un vaste front de classes  porteur d’une nouvelle hégémonie culturelle progressiste opposée au néoconservatisme des droites extrêmes.

Les tenants d’une République sociale assise sur la souveraineté populaire peuvent aujourd’hui mesurer le chemin parcouru depuis leur longue marche à rebours des modes libérales. De quoi retrouver la vigueur de l’intelligence et de la volonté pour continuer ce chemin! Et donner la force de battre le fer contre tous les obscurantismes et les coalitions des intérêts économiques et financiers pour initier et construire avec les peuples d’Europe une vraie politique de civilisation et d’humanité.

X.D