Au lendemain de l’installation du nouveau gouvernement et en pleine campagne des élections législatives, les chefs de l’opposition s’agitent éperdument. L’acharnement d’un Coppé qui lance ses foudres contre la ministre, garde des sceaux, exprime cette posture, chevillée au corps, d’une animalité politique qui fait foin de toute morale. Le même personnage réagit par ailleurs avec la férocité de la bête traquée à l’auto-désignation de Fillon comme leader naturel de la droite. Cette auto-proclamation qui en dit long a posteriori sur les relations entre les chefs d’une l’UMP (Union des Mauvais Perdants comme d’aucuns la désignent aujourd’hui)  orpheline de celui qui lui a offert cette défaite dans le déshonneur d’une campagne calamiteuse. Fillon, l’ancien premier ministre, a déterré la hache de guerre. Son ex-ministre Juppé réplique et tranche dans le vif. En récusant l’idée d’un leader naturel il tente de s’affirmer ainsi comme l’ homme du recours.

Les rivalités internes de cette troïka qui constituait, il y a peu encore, le pivot du système Sarkozy, ne révêlent-elles pas le caractère abject de l’esprit clanique qui se dissout en un quart de temps lorsque la horde perd son chef ? Quelle désolation ce spectacle indigne d’une soif d’appétit que rien n’arrête! Cette guerre des chefs d’une même formation qui prétend solliciter le suffrage de nos concitoyens paraît bien décalée. Ces troyens qui n’hésitent pas à véroler leur propre camp offrent ainsi une belle leçon de choses politiques.

Nous connaissions depuis longtemps la porosité des « idées » du Front national et de l’UMP. Le déversement de haine contre Christine Taubira en offre une énième illustration. Ce nouveau remue-ménage interne et auto-destructeur, dans la vieille tradition politicienne, ne peut qu’inspirer le dégoût envers ceux qui n’ont pour tout horizon que leur ambitions personnelles. On les savait proches de  l’extrême droite quand ils revendiquaient et légitimaient les thèmes du Front national. Ils s’affichent, dans ces luttes fratricides, avec les mêmes dispositions mentales que leur frère ennemi, eux qui se présentent aujourd’hui  comme  » la droite forte ».

X.D