Les coups fourrés de nos importants ne cessent de questionner notre éthique civique, citoyenne et professionnelle. Les dispositions mentales des prétendus  »dominants » sont elles par définition orientées à ce point vers la ruse, la tricherie, le mensonge aux seules fins de satisfaire un insatiable appétit de pouvoir  ? Ces vices dont on mesure quotidiennement les effets sociétaux délétères avec cette accélération des tendances au repli sur soi, sectaire ou identitaire.  Ceux-là ne dominent même pas leur propre existence et voudraient gouverner le monde sans offrir la moindre perspective de progrès à la multitude. Ils savent par contre tirer le meilleur profit personnel de leur capital économique, social ou culturel, souvent hérité d’une histoire de vie antérieure à la leur.

Ces élites voient leur statut particulier s’agrémenter des fabuleuses passerelles entre le monde des affaires, des médias et de la politique. Elles veulent ainsi façonner l’opinion tout en tirant le meilleur parti d’une société de marché et de la finance qu’elles voudraient légitimer et enfermer dans une anthropologie à la petite semaine faisant du pouvoir, de l’argent et du gain personnel les mobiles de toute activité humaine. Ainsi va l’Establisment médiatico-politico-financier que l’on peut encore distinguer de la haute fonction publique, laquelle n’est pas totalement préservée de cette contamination des moeurs.

Les vélléités de moralisation des rémunérations des dirigeants du secteur public – plafonnement à vingt fois le SMIC – et des pratiques de pantouflage constituent une bonne nouvelle. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps et il y a gros à faire en la matière pour rompre avec cette logique qui détruit toutes les digues. Celles qui jusqu’alors faisaient de la fonction publique et, plus largement, du secteur public un domaine préservé des formes de management mal inspirées.

Dans ces temps de mise à mort des services publics par une pseudo-gouvernance qui entame des pans entiers de services rendus à la population et sacrifie les personnels en proie aux affres d’un management imbécile et odieux, on attend des signes forts d’un gouvernement socialiste. La préparation de l’avenir dans les secteurs de l’éducation ou de la santé, pour ne prendre que ceux-ci, est une exigence forte. Elle doit s’accompagner d’une remise en cause des pratiques de management qui sacrifient les principales ressources du service public : le professionnalisme, la compétence, la motivation et la déontologie de ses personnels au service du bien commun, ce que l’on appelle les ressources humaines. Cette performance là s’est forgée au cours des décennies qui suivirent la mise en oeuvre partielle du programme du Conseil National de la Résistance. Il faut en faire aujourd’hui une priorité nationale en tirant vers le haut la qualité des services de proximité rendus à la population.

X.D