Le groupe parlementaire socialiste, républicain et citoyen entend être le moteur de la majorité présidentielle et les trois députés du MRC, qui veulent agir pour la réussite du redressement de la France et la réorientation de la construction européenne, formeront une composante de ce groupe, tout en disposant de la liberté d’expression et de vote (1). On se réjouira de cette précision explicite de la part des députés MRC, dans un climat de tentation hégémonique du P.S.

Ceux que Martine Aubry désignent comme « citoyens » devront montrer beaucoup de détermination et d’intelligence dans leur travail parlementaire aux côtés de leurs collègues socialistes pour traduire en acte leurs positions très claires sur les questions économiques et sociales. Dossiers brûlants et tout à fait liés au traitement de la crise financière à l’échelle européenne. Or celle-ci appelle des réponses fortes qui ne sauraient se laisser enfermer dans un compromis qui viderait de leur sens les propositions de la France.

A la différence du MRC, les dix parlementaires du Front de gauche ont constitué, avec quelques députés ultra-marins, un groupe. Ceux-ci disposent ainsi, à l’Assemblée nationale, d’une autonomie vis à vis d’une majorité à laquelle ils apportent un soutien très critique. A la différence des radicaux, autonomes mais plus en symbiose avec leur collègues de la majorité de gauche. 

La pertinence de ces trois stratégies portées par les parlementaires de gauche est d’une appréciation difficile en regard des enjeux propres à chacune des composantes. La recherche d’une capacité d’action autonome de nos parlementaires de gauche apparaît cependant fort utile dans cette période de crise où la chancelière allemande reste crispée sur ses principes dans une renégociation de la dite gouvernance économique de la zone euro. Ce dossier cristallise l’ensemble des questions financières, économiques et sociales qui ne trouveront de résolution positive qu’en sortant de cette spirale vicieuse de l’austérité. Avec ses retombées catastrophiques pour les peuples d’Europe, la gestion libérale et monétariste doit aujourd’hui céder le pas à une approche pragmatique résolument différente. Du service des intérêts de la finance et du grand capital, l’Europe doit muter vers une recherche d’oxygène en privillégiant la croissance et l’emploi. Ce qui suppose de fortes inflexions dans la politique monétaire et la gestion des dettes souveraines sans fuite en avant dans un fédéralisme qui ligoterait les Etats et baillonnerait les peuples.

La volonté française, partagée par d’autres nations, ne peut s’imposer sans une dynamique portée par un mouvement social et un combat politique à l’échelle de l’Europe. Pour contrer les politiques économiques et sociales néolibérales, il serait vain de s’en remettre aux seules autorités européennes qui ont accompagné la faillite des Etats par leur politique de renoncement et de capitulation devant la finance.

A court terme, les changements politiques en Allemagne et en Italie devraient contribuer à dévérouiller cette Europe neolibérale qui doit profondément muter. C’est dire l’importance de la force d’entraînement de la France et, en conséquence, les responsabilités de la majorité présidentielle et de toute la gauche pour peser sur ses propres bases dans les négociations en cours!

X.D

(1) Lors des élections législatives de juin, trois députés MRC ont été élus :

 -          Christian Hutin, maire de Saint-Pol-sur-Mer, a été réélu député du Nord

-          Marie-Françoise Bechtel, a été élue pour la première fois députée de l’Aisne

-          Jean-Luc Laurent, maire du Kremlin-Bicêtre, a été élu pour la première fois député du Val-de-Marne

 Ces trois candidatures s’inscrivaient dans l’accord politique législatif PS-MRC signé le 9 mars par Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste, et Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen.

Mardi 26 juin, les députés du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) ont constitué un groupe avec les députés du Parti Socialiste (PS) et des députés divers gauche. Ce groupe s’appellera « Socialiste, Républicain et Citoyen ».