L’actualité sociale, économique et politique des mauvaises nouvelles va bon train. Dans cet environnement international particulièrement grave, avec un dossier syrien qui suppose beaucoup de sang froid -   les conséquences d’une action intempestive risquant de faire basculer la région dans une effroyable tempête (1) -, le gouvernement de la France n’aurait-il pas mieux à faire que de s’aligner sur les principes contre lesquels une grande partie de la Gauche s’était mobilisée?

Il en est ainsi du dossier des campements dits de Roms. Les populations font l’objet d’une politique qui peut bien se draper dans la légalité sans convaincre vraiment les défenseurs des droits de l’Homme de sa légitimité. Avec de bien piètres arguments à l’appui, les dangers sanitaires restant entiers pour ces populations ainsi délogées, en errance et sans autres perspectives que celles de contrôles à répétition favorisant une psychologie de victimisation. Disons le clairement, une telle politique fait peser un soupçon de démagogie aux antipodes des principes  et de la posture affichés lors de la campagne du candidat socialiste.

L’autre erreur, celle du glissement vers la ratification par voie parlementaire du pacte de stabilité Merkosy adopté en début d’année par ces deux figures européennes du libéralisme largement contestées dans les urnes par leur peuple respectif, pourrait bien être fatale. A l’heure d’une nécessaire remise en cause radicale des bases même de l’union européenne, cette pirouette du président français, justifiée par l’illusion d’une perspective de croissance (2) , est de bien mauvais augure.

Quant à la règle d’or qui met à mort l’idée de souveraineté budgétaire, chacun comprendra que son intrusion dans une loi organique plutôt que dans la constitution ne change en rien la perspective ; celle d’un effet de cliquet supplémentaire qui conforte les logiques de Maastricht et d’Amsterdam - ces deux pilliers originaux du néolibéralisme en Europe après l’acte unique tourné vers la construction du grand marché - tout en aggravant les pressions anti-sociales dans les budgets, dans le droit fil des traités de Lisbonne et du pacte Merkozy qui complètent à présent ce dispositif rejeté par les peuples. Avec pour seules ambition l’essor de la finance et, son corollaire, l’austérité pour les peuples, dans cet espace de marché européen, marchepied de la mondialisation libérale.

N’ y a -t- il pas une sorte de schizophrénie dans cette continuité de gouvernance chaotique quand, dans le même temps, le turbulent ministre Montebourg – que l’on sait inspiré d’une volonté de protectionisme européen pour entamer la démondialisation - déclare partir à la reconquête de l’industrie nationale, de la croissance et de l’emploi?

Arnaud boira donc le calice jusqu’à la lie quand tous les Ponce-Pilate s’accordent dans leur silence époustouflant pour taire ces vérités élémentaires. De quoi  donner raison à Frédéric Lordon qui, dans la livraison du Monde Diplo de ce mois, dénonce la posture de « cet infortuné ministère du redressement productif (qui) se trouve de fait établi comme le lieu de totalisation de toutes les tensions du capitalisme mondialisé…mais sans aucun moyen – structurel – d’y apporter la moindre réponse. Si c’était une vilénie de M Hollande destinée à faire de la guipure d’un rival encombrant, autant l’en avertir tout de suite : il finira happé par sa propre machine et en sortira lui aussi en quenouille. Car le ministère de la transformation du capitalisme mondialisé sans aucun désir de transformation du capitalisme mondialisé fait partie de ces turbines à claques qui promettent de laisser les joues rouges à leurs malheureux ingénieurs. » (3)

X.D

(1) La crise syrienne divise les gauches arabes, le Monde diplomatique, Nicolas Diot-Pouillard, août 2012

(2) Cf l’appréciation de l’économiste Jacques Sapir sur les résultats du sommet européen http://www.marianne2.fr/Sapir-Un-sommet-en-trompe-l-oeil_…

(3) Peugeot, choc social et point de bascule, Frédéric Lordon, Le monde diplomatique, août 2012

Post-scriptum du 13/08/12 :

« Syrie : une solution politique et non une aventure militaire. » , communiqué de M.F Bechtel, vice-présidente du MRC, député de l’Aisne

« Malgré l’aveuglement volontaire du Conseil Constitutionnel, le traité européen (TSCG) porte atteinte à la souveraineté budgétaire » communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC