A quelques heures de l’annonce officielle de son futur premier secrétaire, le P.S connait des heures de turbulences internes. Celui qui sera désigné par la première secrétaire pour figurer en tête de sa motion conjointe avec le premier ministre creuse l’écart sondagier avec son rival Cambadélis, un temps en faveur mais en peine d’image auprès des militants et sympathisants. Même rejet de cette figure, jadis intime de DSK, au sein du gouvernement. A quelques exceptions près Jean-Cristophe qui avait la préférence d’un Vidalies ne trouve guère de supporters au sommet de l’Etat. Lequel se préoccupe surtout de la cohésion d’un P.S godillot prêt à accompagner le cap d’une austère gestion gouvernementale.

La gauche du P.S se divise face aux contradictions d’un appareil incapable d’infléchir une perspective d’enfermement dans le carcan européiste et libéral en dépit de sévères critiques internes sur les premiers mois du quinquennat. On passera sur les rivalités intra-gouvernementales de ces ministres caporalisés par le chef du gouvernement, les plus importants d’entre-eux, à l’instar d’un Manuel Valls, s’adressant directement au chef de l’Etat, y compris par SMS, pour contourner Matignon. Il y aurait, dit-on dans les hautes sphères, un problème Ayrault!

Mais la vraie question politique pour la gauche du P.S est celle de sa stratégie pour le prochain congrès de Toulouse. Un pacte semble scellé entre les amis de Benoît Hamon et la première secrétaire avec deux problèmes majeurs à la clé. Dans l’hypothèse d’une motion commune la gauche du P.S pourrait perdre sa cohésion avec une motion concurrente (1) menée notamment par la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Linemann, Filoche et Emmanuel Maurel. Ceux-ci jouent les troubles-fête en affichant une cohérence et une continuité qui feraient défaut dans le camp des ralliés, lesquels risqueraient alors de payer chèrement leur signature au bas de la motion commune. En effet, et en toute logique, Martine Aubry  propose à son ami Hamon qui conditionne sa signature à l’obtention de places dans les instances à la hauteur de la représentativité de l’ensemble de son courant, de  déduire de cette part le score de la motion concurrente de gauche.

Dans cette conjoncture de déficit démocratique, la base s’inquiète. Son désarroi ne traduit-il pas celui d’un parti en panne d’avenir?

XD

P.S :

(1) En fait nous savons à présent qu’il y aurait deux motions issues de la gauche socialiste, l’une menée par Lienemann, l’autre par Filoche, en sus de la motion Désir/Ayrault à laquelle se rallient la majorité des amis de Benoît Hamon.

A propos de Guillaume Bachelay, ce futur numéro 2 qui a le sens des bons mots («La présidentielle, Hollande y pense même en nous rasant», c’est lui. «La gauche molle», c’est lui. «Quand c’est flou c’est qu’il y a un loup», c’est encore lui.), lire aussi nos articles prémonitoires et élogieux de cet inconnu du grand public en qui nous revélions déjà dès 2007 tout le talent politique  :

Désert d’avenir à gauche ?

Posté par le 11 juil 2007 à 6:08 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, a2-Blog-notes politique de Xavier Dumoulin, a3-Civisme, citoyenneté et militance chez Xavier Dumoulin, Débats autour de la refondation de la gauche Editer

Ne plus se payer de mots mais agir à gauche !

Posté par le 14 oct 2007 à 10:14 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, a2-Blog-notes politique de Xavier Dumoulin, a3-Civisme, citoyenneté et militance chez Xavier Dumoulin Editer

EXTRAITS de nos billets autour de cette jeune figure intellectuelle du parti socialiste :

« Libé nous apprend que Guillaume Bachelay s’interroge sur l’avenir de la gauche dans un ouvrage à paraître à la rentrée. Titre possible : « Désert d’avenir ? ». Le quotidien qui fait une large place à la guerre des générations au PS, présente la problématique du livre. « Comment le PS peut-il s’adapter à la mondialisation libérale sans pour autant se droitiser ? »

Est-ce bien le reflet du questionnement de ce brillant et jeune socialiste fabiusien ? Si tel était le cas nous ne pourrions que lui conseiller de réfléchir davantage à la problématique.

Certes, la France et l’Europe se meuvent dans un environnement international donné incontournable. Est-ce à dire, comme on l’affirme trop péremptoirement dans les cercles idéologiques libéraux, qu’il n’y aurait aucune alternative aux politiques en oeuvre aujourd’hui dans notre région du monde ?

Faisons le pari qu’il existe à gauche des forces disponibles pour une réflexion décompléxée sur ces questions. On souffre depuis trop longtemps d’un non-dit sur une mondialisation libérale, prétexte à tous les renoncements et à toutes les trahisons. Faut-il analyser cet impensé comme le symptôme  « d’une décomposition intellectuelle du social-libéralisme » évoquée hier par Jean Pierre Chevènement sur son blog ? Ce mentor de la gauche républicaine et sociale qui oeuvre avec courage et intelligence depuis des lustres pour sortir la gauche de sa torpeur et de ses impasses sait de quoi il parle pour avoir payé de sa personne cet affront à la bienpensance de l’Establisment. Les étroites et fragiles marges de la gauche du PS  ne l’ont  pas beaucoup suivi jusqu’alors et il a fallu la dynamique de la présidentielle pour entamer un nouveau dialogue sur l’Europe.  Autour de sa personne et bien au-delà de son mouvement, il y a pourtant beaucoup de militants disponibles pour une profonde remise en question du social libéralisme. C’est à l’ordre  du jour, ça  cristallise  des divergences bien réelles et ça engage l’avenir de la gauche.

Il n’y a plus d’échappatoire possible pour ceux qui veulent reconstruire la gauche.  Je concède qu’une franche posture de rupture avec trois décennies d’engourdissement suppose quelques exercices de préparation. Le temps de la critique est pourtant venu. Qu »est-ce qu’on attend pour avancer ensemble et poser les bases d’un avenir désirable ? »

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« Plutôt que de se contenter d’ériger, en bons sophistes, les faits en arguments d’autorité – comme ils le firent pendant la campagne en proclamant le dépassement des contradictions entre les camps du oui et du non lors du référendum sur le TCE ou bien en rappellant que le socialisme français a déjà fait son Bad-Godesberg un certain 23 mars 1983 à 11 h du matin -, nos ténors de gauche seraient aussi bien avisés de procéder à une analyse plus minutieuse  des vingt cinq dernières années. C’est d’ailleurs ce que réussit parfaitement Guillaume Bachelay dans son ouvrage  » Désert d’avenir ? Le Parti socialiste, 1983-2007  » publié dans l’encyclopédie du socialisme. De notre point de vue, cette critique assez radicale des retournements de la gauche de gouvernement, atteint un degré qualitatif pertinent qui permet de réelles convergences à gauche pour entamer la reconquête sur de solides bases. Ce livre dont je vous recommande la lecture analyse, à sa façon, la dérive social-libérale, laquelle est aussi excellemment évoquée par Jean Pierre Chevènement dans « La faute de M.Monnet » aux éditions Fayard. A la différence de Jean Pierre Chevènement qui mena le combat contre le tournant de la rigueur et le dévoiement du socialisme français dans le paradigme européiste, Guillaume Bachelay n’était peut être pas en âge de voter lors du traité de Maastricht qui paracheva une construction européenne complètement libérale. C’est sans doute ce qui explique sa grande liberté de ton et la fraîcheur de son propos. De quoi conforter, ceux qui, à gauche, n’ont jamais renoncé à combattre haut et fort, contre les vents dominants, un européisme responsable de tant de démission.

Nous reviendrons sur ces ouvrages qui vont au fond des choses pour appréhender la réalité et tenter d’apporter des réponses utiles pour un véritable changement de cap à gauche! »