« La politique de l’offre de Hollande, « une vraie rupture » dans l’histoire de la gauche » titre Alexandre Lemarié dans un article du Monde. Nous devons apporter quelques correctifs à cette affirmation. Depuis le tournant de la rigueur des années 80, le P.S n’a -t-il pas fait son Bad-Godesberg rampant sans le dire comme se plaisait à le rappeler le député Henri Emmanuelli du courant « Un monde d’avance » évoquant ainsi les propres turpitudes de son parti depuis le ralliement au franc fort en mars 1983 et à la monnaie unique lors de la signature puis de la ratification du traité de Maastricht en 1992 ?

Ce qui semble nouveau aujourd’hui, c’est peut être l’attitude  décomplexée de la gauche de gouvernement vis à vis des voies du redressement économique qui, dans certains champs, peuvent converger avec les objectifs d’un patronat entreprenarial, distinct en cela du monde de la finance mondialisée.

De ce point de vue nous ne partageons pas l’idée que les débats actuels sur le terrains économiques se résumeraient au clivage historique entre la première et la deuxième gauche (2). La référence toujours actuelle à l’action rigoureuse de Pierre Mendès-France va bien au-delà de ces clivages. Dès le début des années 80, le CERES lançait un slogan plutôt révolutionnaire à gauche : « Aux entrepreneurs de nouveaux marchés, aux travailleurs de nouveaux droits »! Rien d’étonnant donc dans le communiqué des parlementaires républicains et citoyens du groupe socialiste à l’A.N (3).

N’en déplaise aux esprits enfermés dans un maximalisme verbal à vocation tribunitienne érigé en principe d’inaction… Car l’heure appelle hic et nunc des réponses concrètes dans la France d’aujourd’hui, avec les rapports de forces que l’on connaît sur les terrains économiques, politiques et sociaux. Rapports de forces qu’il faut à l’évidence faire évoluer par une pédagogie militante sur le terrain des idées. Une raison de plus pour ne pas désespérer la France qui souffre et s’intéresser à l’essentiel (4). Une autre façon de traduire cette approche toute jauressienne : « Partir du réel pour aller à l’idéal »!

Xavier Dumoulin

(1) La politique de l’offre de Hollande, « une vraie rupture » dans l’histoire de la gauche

Le Monde.fr   15.11.2012 Par Alexandre Lemarié

(2) Extrait de l’article précédemment mentionné

« A l’origine, ce que l’on appelle « la première gauche » est un courant idéologique apparu en 1905 avec la création de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO). La SFIO, qui donnera naissance au PS en 1969, est de culture marxiste et jacobine. Elle préconise l’instauration d’un Etat fort dans la tradition de la centralisation à la française, avec des nationalisations des grands groupes industriels du pays. Ce courant de la première gauche regroupait les partisans de François Mitterrand.

La « deuxième gauche », de son côté, s’est construite en opposition avec la « première ». Elle est apparue dans la seconde moitié des années 1970 avec Michel Rocard. Ce courant de pensée regroupait autour de l’ancien premier ministre, le Parti socialiste unifié (PSU) fondé en 1960 avant de s’auto-dissoudre en 1989, et une partie de la CFDT. « La ‘deuxième gauche’ n’était pas libérale. Rocard soulignait qu’il fallait prendre en compte les intérêts des entreprises. Mais il n’a jamais été pour autant favorable à une politique de l’offre. Il reste davantage un keynésien », explique Gérard Grunberg.

Par ailleurs, la « deuxième gauche » avait la particularité de « se méfier du communisme et s’opposait à la ‘première’ en disant que l’Etat ne devait pas s’occuper de tout, notamment de l’économie. C’est pour cette raison qu’elle prônait la décentralisation », explique-t-il. »

 

(3)

COMMUNIQUE DE JEAN-LUC LAURENT

PRESIDENT DU MOUVEMENT REPUBLICAIN ET CITOYEN

DEPUTE DU VAL-DE-MARNE

 

 « Conférence de
presse de François Hollande : un nouveau rendez-vous démocratique  »

 

« Le Président de la République a donné aujourd’hui sa première conférence de presse du quinquennat. Je tiens à saluer la liberté de ton de ce nouveau rendez-vous démocratique qui aura lieu tous les six mois et qui permettra de balayer l’ensemble des questions et de mettre sur la table les nombreux défis auxquels notre pays doit faire face.

Le Président de la République  a confirmé l’orientation choisie au printemps dernier : celui du redressement dans la justice.

Le Pacte de Croissance annoncé la semaine dernière constitue la traduction en actes du nécessaire redressement productif affirmé dès la campagne.
La réorientation de la construction européenne que le Président cite parmi ses trois objectifs majeurs est un impératif que le Mouvement Républicain et Citoyen partage mais sur lequel il sera particulièrement exigeant»

 Paris, le mardi 13 novembre 2012

Les trois députés MRC sont Jean-Luc Laurent (94), Marie-Françoise Bechtel 02) et Christian Hutin (59). Au sein du groupe Socialiste, Républicainn et Citoyen, ils forment une composante ayant liberté d’expression et de vote.

(4) http://www.chevenement.fr/Les-reformes-societales-ne-doivent-pas-detourner-de-l-essentiel-le-chomage-et-redonner-a-la-France-de-la-competitivite_a1449.html?preaction=nl&id=18484378&idnl=124474&

  • François Hollande donne un coup de pouce aux entreprises pour qu’elles investissent dans la recherche, l’innovation, pas pour distribuer des dividendes.
  • Le rapport Gallois a formulé un diagnostic clair, lucide, convaincant de ce qu’est la perte de compétitivité de l’économie française. Nous sommes passés de 5,5% du commerce mondial à 3,3% en 10 ans. Le commerce extérieur, véritable baromètre de cette compétitivité, dépasse les 70 milliards d’euros de déficit.
  • François Hollande prend les moyens de remonter cette pente. Est-ce que cela suffira ? En temps ordinaire, nous aurions dévalué. On ne peut plus le faire à cause de la monnaie unique, qui est une erreur, je l’ai dit souvent.
  • Nous aurons beaucoup de mal à remonter la pente car la politique mise en œuvre sous l’impulsion de Mme Merkel est une politique récessionniste dont on voit les effets en Europe.
  • Nous sommes dans une phase de décélération économique et il faudrait que l’Allemagne, qui a un excédent de pratiquement 160 milliards, donne le signe de la reprise économique sous forme d’augmentation de salaires par exemple. Quant au niveau européen, il faudrait une politique monétaire plus audacieuse.
  • Le bon compromis entre la France et l’Allemagne implique de cette dernière un effort de solidarité mais également un effort de relance pour entraîner la cohorte européenne. L’Allemagne est la locomotive. Nous aimerions qu’elle ne s’entête pas dans une politique de surcompétitivité mais qu’elle fasse un peu respirer l’Europe, dont elle a besoin.
  • Sur le « mariage pour tous » : A mon avis, le PACS résout quasiment tous les problèmes qui se posent aux homosexuels.
  • Je me place du point de vue de l’enfant. Pour faire un enfant, il faut un père et une mère. Il ne faut pas troubler un certain nombres de repères valables pour toute la société. Par conséquent, si on peut modifier le PACS sur tel ou tel point qui ferait problème, j’y suis favorable.
  • Les réformes sociétales ne doivent pas détourner de l’essentiel : le chômage, redonner à la France de la compétitivité.
  • A propos du droit de vote des étrangers : Je pense que le véritable but, c’est l’intégration, c’est de permettre aux étrangers qui vivent en France de se sentir pleinement citoyens. Je suis donc partisan de faciliter les naturalisations pour ceux qui le souhaitent, aussi largement que possible. On ne doit pas couper la citoyenneté en tranches.