Nos amis socialistes landais organisaient hier soir à Tartas les ateliers du changement. L’orateur, Jean-Marc Germain, secrétaire national du PS à l’emploi et député, a présenté la politique de l’emploi, notamment les nouveaux contrats (emploi-avenir et de génération) et les enjeux autour de la loi dite de sécurisation de l’emploi.

Plutôt convainquant sur le volontarisme gouvernemental dans la promotion des mesures pour l’emploi, le secrétaire national s’est efforcé de dissiper les critiques du contenu de cette loi qui a donné lieu, ces derniers mois, à ces débat très vifs, autour de l’ANI initialement, puis de « l’enrichissement » législatif de l’accord. L’accueil réservé à  cette loi reste encore largement mitigé à gauche en dépit des éléments d’argumentaires positifs présentés par nos parlementaires PS et MRC du groupe socialiste, républicain et citoyen à l’assemblée et des sénateurs de la majorité présidentielle. Ceux-ci mettent en perspective des avancées sur le plan de la lutte contre la précarité de l’emploi, l’accès à la formation professionnelle, l’encouragement à la négociation préalable aux licenciements économiques et à la mise en oeuvre des mesures permettant d’éviter les suppressions d’emploi…

On peut bien accepter, dans le rapport des forces actuel et en raison de la situation concrète d’un grand nombre de salariés, cette vision positive d’un texte entaché cependant d’un vice de conception originel (refus de l’ANI par deux importants syndicats de salariés). A condition néanmoins de prendre toute la mesure de la situation. Le déplacement du rapport de forces au profit de « l’entreprise » n’est pas nouveau depuis l’émergence des accords dits de flexibilité des années 80, rendus possibles – disons le pour être honnête - par les lois Auroux , puis le développement considérable d’accords d’entreprises dérogatoires au code du travail, ces dernières temps, qui ont entamé la protection des travailleurs par «  l’ordre public social », inversant de facto la hiérarchie des normes, sous l’effet de la prédominance patronale dans un  rapport social tout à l’ avantage des employeurs.(1)

Dans ce contexte il convient de ne pas en rester là et  de lier plus que jamais les questions d’emploi et de croissance avec celles de l’Europe. L’euro fort condamne notre industrie et pénalise nos exportations au moment où  nos entreprises ont besoin de regagner des parts de marché. Les nouveaux instruments mis en place par le gouvernement Ayrault : pacte pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, contrats d’avenir et de génération et la loi de sécurisation de l’emploi ne pourront produire d’effets de levier qu’à la double condition de s’accompagner d’un contrôle exigeant sur leur mise en oeuvre et d’une inflexion forte de notre politique à l’échelle de l’Europe.

Sortir de l’euro cher et refuser la logique d’austérité imposée par la finance restent bien les deux tâches les plus urgentes du moment!

Xavier Dumoulin

(1) sur le mouvement de flexibilisation lire les très riches développements d’Alain Supiot, membre de l’Institut, dans son ouvrage « Critique du droit du travail »-PUF-éditions Quadrige-juin 2011 ( les pages 170-177 sur l’entreprise source de droit).