Les fêtes civiques nationales  participent du rituel républicain institué à la fin du XIX° siècle avec en premieu lieu ce choix du 14 juillet, toujours chargé de sens. Adoptée par les députés républicains en 1880, la commémoration du 14 juillet correspond aux idéaux de la jeune république qui affiche sa filiation révolutionnaire. Non pas avec celle de 1830, trop connotée d’orléanisme ou de 1848, lyrique mais éphémère, après la disqualification de l’idée d’une célébration du 4-Septembre 1870 ou du 18-Mars 1871, proclamation de la République et de la Commune.

La référence à la grande Révolution de 1789 s’imposa donc mais le choix de la date souleva aussi bien des interrogations. Dans la chronologie révolutionnaire, l’ouverture des états généraux, le 5 mai, le serment du Jeu de Paume prêté par le Tiers Etat le 20 juin,  la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen le 26 août et les journées des 5 et 6 octobre qui ramenèrent le Roi aux Tuileries, pour ne prendre que l’anné 89, offraient bien des références. Elles souffraient néanmoins de critiques rédhibitoires, au même titre que celles du renversement  de la monarchie, le 10 août 1792, de la bataille de Valmy les 20 et 21 septembre 1792 et de la proclamation de la République à l’unanimité de la Convention, ce même 21 septembre. Le 14 juillet fit consensus et l’emporta sur le choix de  la nuit du 4 août, date symbolique de la double abolition de la féodalité et des privilèges. Cette date bicéphale célèbre tout à la fois la prise de la Bastille et la fête de la Fédération, ralliant ainsi jacobins et modérés. Mais le 14 juillet 1789 constitue la vraie référence des républicains : celle de l’émergence du Peuple dans l’espace national, saluée par cet anniversaire.

Tout à la fois recherche de l’esprit public, vantée jadis par Condorcet, et exercice pédagogique, cette commémoration vise surtout à forger le lien politique. Mais aujourd’hui célébrer ne relève plus de la seule instruction ou institution. Cela engage à la réflexion, conformément à la nature laïque de l’institution des fêtes nationales républicaines dégagées des marques de transcendance religieuse.

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Des censeurs en plein contre sens historique

Posté par le 25 mar 2007 à 19:01 | Dans : a1-Abc d’une critique de gauche. Le billet de Xavier Dumoulin, a3-Civisme, citoyenneté et militance chez Xavier Dumoulin Editer